Review

WrestleMania XXVIII : Once In A Lifetime, tous les ans

C’est une fois par an, c’est super attendu par les fans, c’est d’un tel gigantisme que le Superbowl peut aller se rhabiller, mais vous trouverez toujours des gens pour critiquer la qualité du show. Oui, dimanche c’était WrestleMania et cela n’a échappé à personne. Ce que vous allez lire ici n’est certainement pas la review d’une personne qui a détesté le show, parce que ce n’est pas le cas.

 On a failli se plaindre de ne pas voir les titres par équipe défendus à WrestleMania, mais la WWE a quand même  décidé de leur laisser une place. Bon, certes dans le pre-show, uniquement diffusé sur la chaine Youtube de la compagnie, mais c’est déjà pas mal. Et pour le peu de… non en fait pour l’absence de rivalité construite autour de ces titres, on peut même se dire que c’est plutôt cool. Les cousins Epico et Primo défendent donc leurs titres contre les Usos et une nouvelle équipe de midcarders inutilisés que l’on a dû tirer au sort, Justin Gabriel et Tyson Kidd. Bon, en-soi mettre ces deux lutteurs en équipe n’est pas une mauvaise idée, ce sont deux bon high-flyers et leur technique est loin d’être mauvaise sur les rings.

Beaucoup de bumps dans ce match, beaucoup de petites belles actions, mais pas non plus un grand match. Ça tombe bien, on n’en attendait pas tant. Les cousins Colons remportent le match et conservent leurs titres, et tout va bien dans le monde des tag-teams. Ou presque…

Cette année pas de guest pour chanter America The Beautiful, c’est Lilian Garcia qui s’y colle et c’est plutôt classe. C’est un bon gros moment de patriotisme pour les Américains, mais ça c’est leur truc à eux, nous ça nous fout juste des frissons.

Bon, il y a quand même des choses dont on ne peut pas dire du bien. Car  le show commence réellement et demi-surprise, le show s’ouvre sur le match pour le titre de champion du monde poids lourds. Ce n’est pas la première fois certes, l’année dernière le show avait débuté avec Alberto Del Rio – qui avait remporté le Royal Rumble – contre Edge. Mais l’année dernière, le match avait été construit, il y avait eu un vrai match qui avait duré un bon quart d’heure.

Sheamus

« Problem, Fella? »

Mais cette année la WWE nous a joué un très mauvais tour : non seulement le match était un squash, il n’a fallu que dix-huit secondes à Sheamus pour battre Daniel Bryan. On se souvient du match entre Kane et Chavo Guerrero à WrestleMania XXIV où Kane avait remporté le titre de l’ECW en un chokeslam, huit secondes de match. Le record n’est pas battu mais c’est tout aussi triste.

C’est donc un bon gros doigt d’honneur aux fans que la WWE a fait pour débuter le show. Mais c’est aussi moche pour les deux lutteurs. Tout d’abord et bien évidemment pour Daniel Bryan qui,  il y a plusieurs mois, quand il avait gagné la mallette, disait qu’il ne l’utiliserait qu’à WrestleMania pour avoir un match réglo et un bon WrestleMania moment ; puis pour Sheamus qui, en tant que vainqueur émérite du Royal Rumble, aurait pu avoir un match plus gratifiant, histoire qu’il ait, lui, son WrestleMania moment.

On ne perd pas son temps, puisqu’après un segment en backstage où The Miz tente de motiver les troupes de la Team Laurinaitis, rejoint ensuite par Mr Excitement, on enchaîne sur le match entre Randy Orton et Kane. Si vous avez bien suivi, vous savez que cette rivalité n’a aucun sens, mais il fallait un match pour Orton à WrestleMania donc le voici. Un match qui n’était pas mauvais en soi, mais le public n’avait pas totalement l’air d’être dedans, on y a même entendu des chants « Daniel Bryan ». La surprise c’est la victoire de Kane sur un énorme chokeslam depuis le poteau du ring. La feud n’est certainement pas terminée et un rematch à Extreme Rules est à prévoir.

 On vous passe les détails sur le segment avec Santino Marella, un Gillberg et Mick Foley en train de manger des pattes de crabes et qui finit en gros bordel. Le tout ponctué par un DAMN du désormais Hall of Famer Ron Simmons.

On reprend l’action avec le match entre Cody Rhodes et The Big Show. Une bonne rivalité, on ne va pas s’en plaindre. Mais le match n’était pas aussi excellent qu’attendu. Bon il n’y a pas grand-chose à en dire, le Big Show se faisait humilier publiquement toutes les semaines par Cody Rhodes à RAW et SmackDown, il le lui fait payer à WrestleMania en le battant et lui prend le titre. Seems logic. Et puis cela lui fait son WrestleMania moment avant de partir en retraite.

Un match de Divas à WrestleMania, depuis quelques années maintenant on sait que ce n’est pas le truc sur lequel il faut s’attarder. Il ne s’y passe pas grand-chose, c’est généralement un match pour mettre en avant une célébrité et franchement, si ce n’est juste que pour ça, on s’en passerait. Cette année dans le rôle de la guest: Maria Menounos, qui à l’honneur (si on peut appeler ça ainsi) de faire équipe avec Kelly Kelly. Le match n’est qu’un échange de tirages de cheveux et de cris de meufs. Quelques Glam-Slam tentés, quelques prises pour montrer que l’on est toujours en train de regarder du catch. Les gentilles gagnent et puis c’est tout. Juste un dernier truc, Maria Menounos aurait dû penser à une chose: Pantalon Blanc + Stink Face sur une diva sur-maquillée, ça ne fait pas bon ménage.

L’enchaînement est violent, puisqu’on passe direct au Hell in a Cell entre Triple H et L’Undertaker, avec comme arbitre spécial Shawn Michaels. On aurait pu être perplexe en voyant le match débuter si tôt, seulement une heure après le début du show. Mais quelques minutes après le début du match ont suffi pour écarter toutes mes craintes. On tient certainement le meilleur match de l’année. Même si tu sais que la streak doit rester intacte, on réussit quand même à douter et à se dire que tout peut arriver, même une victoire du cerebral assassin.

Et c’est là que la WWE est forte. Chaque année on a envie de croire que quelqu’un pourrait briser cette streak et pourtant elle perdure. On a vu dans ce match un Undertaker étonnamment en forme, malmener Triple H pendant un bon moment. Shawn Michaels est l’homme parfait à ajouter à l’équation, le combo Sweet Chin Music/Pedigree m’a fait bondir de mon fauteuil. Le match est puissant, on enchaîne nearfalls sur nearfalls, Shawn Michaels au bord du nervous breakdown, Triple H qui demande à HBK d’arrêter le match, l’Undertaker qui refuse, tout ça te monte à la tête et te met à fond dans l’ambiance du match.

C’est le match de la soirée, pas moyen de négocier la chose. Le Hell in a Cell était la meilleure idée pour ce match, on ne pouvait ni se contenter d’un simple match en un contre un, et non plus d’un No Holds Barred puisque c’est ce qu’on a eu l’année précédente, il fallait aller plus loin et marquer le coup pour le 20-0. Promouvoir le match comme la fin d’une ère était aussi une bonne façon de le hyper puisque l’on n’est pas sûr de revoir ces deux là dans un match un jour, du moins surtout pour l’Undertaker. On pourrait facilement écrire un roman pour ce match tellement il fut puissant, mais on va s’arrêter là.

Shawn Michaels, Triple H, Undertaker

Le match entre la Team Teddy et la Team Johnny avait la lourde tâche de passer après le Hell in a Cell, et il fallait maintenir le public chaud après un moment si intense. Et il a plutôt réussi. Le point positif de ce match : The Miz et Drew McIntyre ont eu un match à WrestleMania. Le point négatif: Le Great Khali et David Otunga aussi. Le gros moment du match c’est le somersault plancha à trois, à partir de ce moment le match part dans tous les sens et le public suit. Il a malheureusement suffit – pour la team Teddy – d’une apparition d’Eve sur le ring pour gâcher la fête du côté des faces et permettre au Miz de porter un Skull Crushing Finale sur Zack Ryder et faire gagner la team Johnny. En y repensant, voir Eve dans l’équipe des faces paraissait un coup un peu trop téléphoné à mon gout, on devait se douter qu’elle aurait fini par faire une connerie afin de s’attirer les foudres du public qui la traite de Hoeski au moment où elle quitte le ring.

Juste avant le match qui suit, CM Punk croise le désormais General Manager des deux brands, John Laurinaitis qui lui annonce que s’il perd par disqualification, il perdra quand même le titre.

Le match suivant est donc un match très attendu, entre CM Punk et Chris Jericho. La rivalité ayant pris un tournant personnel entre les deux lutteurs, Punk devait ce soir se venger des attaques morales de Chris Jericho envers sa famille. A noter que ce match est le premier de la soirée à bénéficier d’une promo vidéo – qui te prend littéralement aux tripes – juste avant son commencement. La promo remet quand même un peu l’accent sur la guerre Best In The World vs Best In The World, chose quelque peu oubliée lors des shows d’avant WM.

CM Punk, Chris Jericho

Même si le match n’était pas aussi énorme qu’attendu (c’est le problème des matchs comme celui-ci, on place souvent la barre trop haute), il fut quand même très bon. Jericho qui provoque verbalement Punk en parlant de son père et de sa sœur pour le pousser à bout et le forcer à utiliser une chaise pour se faire disqualifier, c’est un coup classique de heel, mais c’est toujours aussi excellent. Il faut aussi une bonne confiance entre les deux lutteurs pour effectuer certains move sans risque, comme en témoigne cette suplex vers l’extérieur du ring qui aurait pu être dangereuse pour les deux.

Victoire logique de Punk qui fait abandonner Jericho sur un Anaconda Vise. La rivalité n’est pas encore terminée et en plus elle continue sur la lancée de l’alcoolisme, ça promet. Un bon match avec la stipulation qui va bien à Extreme Rules pour en finir et tout le monde sera content.

Oh, l’awkward moment de la soirée, le voilà qui pointe son nez en la personne de Brodus Clay. Un moment qui a dû faire hérisser les poils des associations anti-racisme avec le cliché de la big mamma black au gros fessier. J’ai limite envie d’aller m’excuser devant toute la communauté noire américaine pour ce qu’ils viennent de voir. Mais je suis bien trop fainéant.

Brodus Clay

« Comment? SOS Racisme vous dites? »

Once in a lifetime. On l’a entendu des centaines de fois ces dernière semaines. C’est de cette façon que la WWE nous a présenté le grand match de cette année, le main-event qui voit John Cena affronter The Rock. Et elle a mis les moyens: un documentaire, nommé lui aussi « Once In A Lifetime », un an de build-up, du jamais vu. Et pour chacune des entrées des deux adversaires,  un artiste différent. John Cena a eu droit à Machine Gun Kelly qui vient chanter Invicible et The Rock a Florida & Sia pour Wild Ones.

Alors après tant de hype, tant de promos, de semaines, de mois de build-up, la WWE se devait de nous servir un énorme truc. Et bien… non. Certes le match était acceptable, il avait ses bons moments d’action et de suspense et les enchaînements étaient bons. Mais voilà, ce n’était pas ça, il manquait quelque chose. On s’attendait à quelque chose d’un peu plus brutal, des rockbottom et des AA sur les tables des commentateurs, mais non. La fameuse Spanish announce table n’a d’ailleurs même pas souffert pendant ce show, incroyable.

La surprise, mais alors quelle surprise, c’est que The Rock a remporté le match. Alors que tout était écrit de façon à ce que John Cena gagne le match et la rivalité qui les oppose par-dessus tout depuis un an, c’est Rocky qui gagne et qui laisse un John Cena encore plus dépressif qu’avant.

Le penseur de MacMahon

Fin du show, impressionnant. Oui c’était bien, si on oublie – on ne devrait pas avoir de mal – le squash honteux et incompréhensible de Daniel Bryan par Sheamus, on s’en va sur une note positive. C’est certainement l’un des meilleurs WrestleMania de ces dernières années et celui-là restera dans les mémoires grâce au Hell in a Cell. Mais le truc qui cloche un peu, c’est que le match de la soirée aurait dû être le match entre John Cena et The Rock, et il s’est fait éclipser par une autre grosse affiche. On a quand même eu beaucoup de bons moments et de surprises dans ce Grandaddy of Them All, et même si le match de fin n’était pas à la hauteur de nos espérances, on peut dire que nous l’avons vu, car si la WWE a bien tenu parole, c’est une seule fois dans une vie.

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