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Turning Point 2012 : Au carrefour des échelles

Il y a un mois, la TNA réussissait son pay-per-view phare Bound for Glory, qui avait permis à un trio composé de Jeff Hardy, Chavo Guerrero et Rob Van Dam de mettre la main sur trois ceintures de la TNA tandis que les Aces and Eights gagnaient logiquement le droit d’être vivants étant donné qu’ils sont même en couverture de Turning Point, ce PPV tournant pour certains. Voyons s’il n’y a pas eu sortie de route.

Sur le ring pour commencer on retrouve Taz avec son style vestimentaire très cool qui joue sur la corde émotionnelle. La TNA ouvre son PPV en rendant un hommage aux victimes de l’ouragan Sandy qui a frappé New York entre autres, ce qui amène un DJ connu du coin, Bucklehead, et Bully Ray à venir sur le ring rendre un hommage musical aux victimes.

Après cette introduction on passe d’entrée aux choses sérieuses avec une rivalité très tournante depuis des mois qui arrive à son apogée. Anciens champions par équipe – qu’ils sont toujours au Japon – Magnus et Samoa Joe se bataillent pour le titre Television, ceinture de peu de valeur mais portée par un molosse samoan qui représente beaucoup mieux le titre que d’autres champions. Entre potes, autant régler cela en disqualification pour une furieuse bataille pas forcément des plus physiques, la chaise rentrant petitement mais vicieusement en jeu, pas de sang dont la TNA adore pourtant se délecter. En fait, Magnus résiste, travaille le diving elbow, mais se fait cueillir par un Muscle Buster, pas suffisant, mais le Coquina Clutch. Ouh qu’il porte bien son nom celui-là qui est le pouce indien de Mimi Siku augmenté. Joe conserve son titre.

En coulisses, comme la TNA aime bien faire, Jeremy Borash est avec ODB qui va disputer un match de top niveau dans quelques minutes. Bon, si vous voulez voir une nana aux formes très généreuses buvant de l’alcool embrasser fougueusement un barbu un peu fêlé, foncez c’est pour vous.

A contrario si vous préférez les scènes d’embrassade d’une cougar avec un mec pouvant être son fils allez trente secondes plus loin et vous aurez Tara et Jessie Godderz. Match mixte, enfin presque, car Godderz n’est pas un foudre de guerre et sert de chair à pâté. techniquement c’est la partie Knockouts à laquelle tara la championne participe pourtant très peu, son mamour se faisant fracasser par ODB et Eric Young qui conclue avec un petit move sympa. Au passage c’est un retour qui s’annonce très éphémère pour EY…

On revoit ensuite des images des coups de marteau donnés à papy Sting, un peu hors course du coup. James Storm, lui, est bien en course pour le titre mondial et dit en coulisses qu’il n’est pas bien intelligent mais pragmatique. Olivier Giroud style ?

Scène langoureuse avec le réalisateur de la TNA qui remonte les jambes de la playmate Christy Hemme annoncant le match suivant. Moins sexy mais tout aussi obsédé que le réalisateur, Joey Ryan qui veut rendre la ceinture X-Division interdite aux moins de 18 ans. Quoique Hogan s’est en déjà chargé en mettant Rob Van Dam à la charge du titre dans un match mené à la petite semaine, Ryan servant de figurant, car en fait seul il a l’image d’une buse. RVD gagne fastoche mais ne voit pas arriver le carbon footprint de Matt Morgan en haut de rampe.

Instant catch en coulisses avec Joseph Park en tenue de catcheur qui va faire un jogging (enfin Abyss sans le masque vaut que dalle en gros), cool un gars qui tremble comme une feuille à l’idée d’affronter l’ex-Festus qu’il a pourtant réclamé. Celui qui se fait appeler « Doc » domine tranquillement l’affaire, faisant saigner le pseudo avocat qui à la vue du sang sort une séquence abyssienne, toujours ce personnage schizophrène au possible battu finalement sans souffrance, mais secouru par Bully Ray alors qu’il allait se faire réajuster la jambe avec un marteau. Ray a vraiment franchi le cap du face, qui fricote même avec Brooke Hogan…

Après l’intermède en coulisses avec Bobby Roode, passons aux titres par équipe. Alors grosse incohérence de la TNA qui attend que Christopher Daniels et Kazarian n’aient plus les titres pour leur mettre un thème bien à eux, et pas celui de Daniels. Enfin c’est pas mirobolant ce thème musical et celui de Chavo est aussi particulier. Toujours dans ce besoin perpétuel de faire vivre la flamme d’Eddie, Chavo copie au possible le style de son oncle, avec les émotions en moins. Ouais ça manque de personnalité tout ça, certes c’est gagnant mais pas déclencheur de mouillage. Au moins Kaz et Daniels ont apporté leur touche de Gangnam Style. Oh oh oh oppa gangnam style… pardon, enflammade.

Instant émotion avec AJ Styles en coulisses, balloté, martyrisé toute l’année par une storyline moisie reprise par la WWE pour faire râler John Cena, il se retrouve dans un match pour jouer le titre mais aussi pour tout perdre pendant un an. Bingo ça tombe sur lui, cueilli par le last James Storm qui empoche donc la place de challenger de Jeff Hardy. Le suspens était grand dans ce match, on a même vu deux mecs qui se faisaient saigner le mois dernier étant à deux doigts de nous reformer Beer Money. poudre aux yeux bien sûr, l’affaire est complètement terminé et Storm dégage Roode pour finir Styles.

Devon depuis le tripot des Aces and Eights dit gentiment avec presque des larmes aux yeux que ces derniers l’ont recueilli pendant que personne ne s’intéressait à lui. En attendant, il polarise l’attention en ayant droit à un match contre Kurt Angle. De l’expérience partagée et des Aces and Eights bien couillons au bout du compte, encerclant le ring pour mieux voir une soumission téléphonée d’Angle faisant taper derechef Devon. Tellement doués les Aces and Eights qu’Angle arrive à quitter le ring à la parade. Pour un groupe qui est censé faire des dégâts, le bilan de la soirée est de 1-1 et pas des plus impressionnants.

Reste le main event et Austin Aries qui se voit au pied de l’échelle à essayer d’en déloger Jeff Hardy. La TNA a eu le nez creux de sortir cette stipu car les deux hommes l’ont parfaitement utilisée. Autant dire tout de suite qu’Hardy a gagné, prévisible car un règne d’un mois pour le totem indien vivant aurait sonné comme un désaveu. C’est tout le contraire pour la TNA et pour les échelles qui aiment tellement Jeff Hardy qu’elles l’enrubannent, tel un tacos ou un croque monsieur sans fromage fondu. Il y a donc eu les bumps, l’ingéniosité d’Aries qui sait comment remonter la sangle des ceintures. Toutefois Jeff Hardy décroche sa ceinture customisée. Alors l’autre concrètement il s’en fout, enfin il la prend tout de même m’enfin bon, c’est pas son kiff la ceinture classique et ça se voit. L’image qui finit le show : Brian Hebner d’un côté, Earl Hebner de l’autre qui lève chacun un bras ceinturé de Jeff Hardy.

Turning Point a été un tournant qui n’a pas fini dans le fossé, sauf pour AJ Styles. les Aces and Eights n’ont pas perdu de plume mais ont perdu pas mal de puissance. De puissance, James Storm n’en manque pas et Jeff Hardy ne manque pas de ferraille dans le corps pour encaisser tous ces coups. Engagé mais pas trop, Turning Point se laisse gentiment regarder. toutefois vous verrez qu’acheter des échelles dans un magasin de bricolage c’est économique oui mais pas forcément solide. Ah Dixie…

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