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Survivor Series 2012 : Trois heures de show pour cinq minutes de plaisir

Dimanche la WWE donnait son 26e numéro des Survivor Series. Après un Hell In A Cell décevant et trois semaines de build-up plus tard, la WWE se devait de remonter le niveau. Objectif presque réussi, mais ce n’est pas encore ça.

Pas facile à suivre en ce moment la WWE. Entre des Monday Night RAW interminables et ennuyeux de bout en bout, des storylines bâclées, peu réfléchies, Ryback… Il y a vraiment de quoi être blasé. C’est donc avec appréhension que l’on commence les Survivor Series. Seulement trois semaines séparent ce pay per view du précédent, Hell In A Cell, et ces trois dernières semaines de build-up n’ont pas vraiment été des plus appréciables…

C’est sur un 5 contre 5 surprise que la WWE décide d’ouvrir le show. Un match décidé à la toute dernière minute puisque Justin Gabriel & Tyson Kidd, originellement prévus dans le pré-show contre les 3MB, ont été remplacés par Santino Marella & Zack Ryder (qui ont d’ailleurs perdu), permettant à Gabriel et Kidd de participer à ce 5 contre 5 à élimination avec Sin Cara, Rey Mysterio et Brodus Clay face à Tensaï, Epico & Primo et les Prime-Time Players. Un match sans enjeux, sans build-up et qui a donc pour seul intérêt de faire chauffer la foule et de donner de l’exposition en pay per view à des low-carder. Il est d’ailleurs intéressant de voir où sont aujourd’hui Brodus Clay et Tensaï en qui la WWE voyait de futures grandes stars et qui étaient – surtout pour ce dernier – dans le main-event il y a encore quelques mois. Cela me rassure quant à l’avenir de Ryback qui finira sans doute de la même façon.

Une belle raclée pour les heels, il n’y a pas d’autres mots puisque les faces remporteront le match avec quatre survivants, Brodus ayant été le seul éliminé. Objectif réussi donc, la foule est bien chauffée et les trente premières minutes du show ont été occupées.

On enchaîne avec le match des Divas. Kaitlyn retente sa chance au titre féminin – dans une nouvelle tenue à la Lita qui lui sied bien – face à Eve, la championne. Kaitlyn qui s’est de nouveau faite agressée en backstage avant le match, mais qui a pu cette fois se défendre et découvrir qu’il s’agissait d’Aksana. On ne comprend pas pourquoi mais on note l’effort de la WWE qui construit une rivalité avec des catcheuses, pourvu que ça dure. Malheureusement pour Kaitlyn, elle perd le match, Eve reste championne. C’était bien la peine…

Nouveau moyen de meubler un pay per view qui n’a pas beaucoup de match, le segment RAW-like, qui aurait plus eu sa place dans le show du même nom et qui a surtout servi à annoncer le retour fracassant de Tamina venue agresser AJ Lee pendant qu’elle se moquait de Vickie Guerrero. Si le segment n’avait rien à faire ici, il donne quand même envie de voir un AJ Lee vs Tamina qui peut donner quelque chose de très propre, si on laisse assez de liberté aux demoiselles.

Antonio Cesaro est le parfait champion des Etats-Unis: il n’est pas Américain, ce qui lui apporte de la heat facile, il est arrogant, se débrouille bien au micro et est talentueux sur le ring. Tout ce qu’il faut. Tout, sauf un adversaire à sa hauteur et donc pas de rivalité crédible. Résultat on le retrouve face à des mecs comme Zack Ryder, Tyson Kidd, Santino Marella… et R-Truth contre qui il défend sa ceinture ce soir. Du coup le match, même s’il n’est pas mauvais, reste du niveau d’un match de weekly, pas surprenant ni spectaculaire. Dommage de se priver du talent d’un des meilleurs catcheurs que le circuit indépendant ait connu. Evidemment Cesaro conserve sa ceinture, cela va de soi.

Le titre de champion du monde poids lourd, lui, a bien une rivalité. Une rivalité chiante certes, mais une rivalité. Sheamus affronte le Big Show pour tenter de récupérer sa ceinture. Le match n’est pas long, il n’est pas mauvais, mais il a encore une fin complètement bidon. Faire gagner un heel de façon clean reste encore difficile pour la WWE, du coup on nous refait le coup de l’arbitre qui se fait assommer, cette fois-ci par le Brogue Kick raté de Sheamus. Pauvre Scott Armstrong. Résultat Big Show parvient à prendre le dessus sur Sheamus et conserve le titre. Ça aurait pu tout aussi bien s’arrêter là mais pour nous embrouiller encore plus les officiels décident d’inverser la décision et donnent la victoire à Sheamus. Logique quand tu viens de décapiter l’arbitre.

Le traditionnel match à élimination des Survivor Series a bien lieu, quoi qu’en disent les dirtsheets chaque année. Le problème c’est que cette année il est encore mal booké et ne sert à rien. Initialement prévu entre une équipe formée par CM Punk avec tout ce qu’il se faisait de bon en heel à Stamford et une équipe formée par Mick Foley avec des face choisis un peu aléatoirement, la WWE s’est certainement rendue compte que de ne pas faire combattre CM Punk pour son titre à une journée des un an de règne, ben ça ne le faisait pas trop. On s’est finalement retrouvé avec un match entre l’équipe de Mick Foley (Daniel Bryan, Kane, Kofi Kingston, Randy Orton & The Miz qui penche de plus en plus du côté des faces) et l’équipe de Dolph Ziggler (Dolph Ziggler, Alberto Del Rio, Damien Sandow, Wade Barrett et David Otunga). Un match qui n’a plus rien à voir, et plus vraiment aucun intérêt.

Heureusement le match est bon, mais n’aura eu d’autre utilité que de mettre Ziggler un peu plus sur le devant de la scène avant son éventuel cash-in qui commence à se faire attendre. Triste destinée pour un match traditionnel, c’est comme si l’on utilisait le Rumble pour désigner le prochain mec qui servira de compagnon à Vickie Guererro.

Et enfin, le main-event. Nouvelle défense de titre pour CM Punk qui affronte dans un triple threat Ryback et John Cena. On est à un jour des un an de règne de Punk, franchement qui aurait pu croire qu’il allait perdre ? On notera aussi le silence total pendant l’entrée de Ryback qui montre bien que le public n’en a rien à faire de ce type. Il est bien possible qu’on en entende moins parler après le Rumble, manquerait plus qu’il entre en n°14 et ce sera parfait.

Cela reste un bon match, mais bien loin du niveau d’un pay per view, encore moins des Survivor Series qui est l’un des plus gros pay per view de l’année. Cela dit quand on repense au niveau de la rivalité qui lui servait de build-up, on se dit que finalement c’est pas mal. Le mieux reste quand même le final. On le voyait venir de nulle part celui-là. Trois mecs déguisés en agents de sécurité débarquent pour attaquer Ryback. Rien ne peut plus faire plaisir. Mieux encore, il s’agit de Roman Reigns, Seth Rollins et Dean Ambrose. DEAN AMBROSE, ENFIN.

Le show se termine ici, et au final on se rassure en se disant que ça aurait pu être franchement pire. Mais c’est loin d’être parfait, un 5 contre 5 surprise, un segment « règlement de comptes » qui aurait plus sa place dans un Monday Night RAW et des matchs au build-up pauvre. Heureusement le main-event et surtout sa folle fin sauvent un peu le tout. En attendant, y’a encore du boulot pour TLC, dans un mois…

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