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WrestleMania 29 : Le retour du Cena vainqueur

Ah WrestleMania, son gigantesque show, sa semaine où le monde du catch vit à cent à l’heure, où des légendes sont nées, des grands matchs ont marqué l’histoire. Ce 29e du nom était à la hauteur de ce qui était promis. Il faut dire qu’on en attendait pas beaucoup, alors le peu de bonnes choses vues ce dimanche était bon à prendre.

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Ne nous emballons pas, on est loin d’un grand WrestleMania, notamment parce que la construction des storylines a été catastrophique, et aussi parce qu’aucun suspense n’entourait les matchs de ce soir. La seule chose que l’on pouvait attendre à la limite, c’était le cash-in de Dolph Ziggler, et bien même pas. C’était trop beau pour lui peut-être, la WWE a préféré le faire le lendemain, à RAW.

La WWE a voulu faire fort cette année, si bien que l’on s’est retrouvé avec quasiment six heures de show. Une heure de préshow qui n’aura pas servi à grand chose, juste à caser un match de dix minutes pour le titre Intercontinental et quelques résumés des rivalités, les quatre heures de show habituelles à WrestleMania, et, nouveauté: une heure de post-show, une sorte de débrief des matchs de la soirée. Notons que Kofi Kingston à défaut de catcher s’est trouvé une nouvelle vocation en tant que consultant. Bon petit WrestleMania moment. Ajoutons à tout ça un concert de P. Diddy et vous avez les bonnes bases d’un WrestleMania normal.

Mais WrestleMania 29 a souffert d’une organisation très aléatoire et d’un temps mal géré. Si bien que pour la première fois de l’histoire du Grandest Stage of Them All, par manque de temps, on n’aura pas entendu America The Beatiful résonner dans le stade. Pour la même raison, le match prévu entre les Rhodes Scholars et les Tons of Funk se sera vu annulé à la toute dernière minute, le match entre Jack Swagger et Alberto Del Rio a été raccourci et plusieurs segments prévus au cours de la soirée ont été annulés.

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Au niveau action on avait donc Wade Barrett qui défendait son titre de champion Intercontinental contre The Miz dans le pre-show. Match d’une dizaine de minutes, peu marquant mais dont on retiendra ce bon gros Winds of Change de Barrett qui a dû laisser quelques douleurs aux Miz. The Miz qui remporte le match sur un Figure Four après un peu plus de six minutes de combat et devient donc Champion Intercontinental. Sauf qu’on ne comprend pas bien pourquoi, puisque le lendemain à RAW, il perd la ceinture contre… Wade Barrett. Normal.

En opener du show, le vrai cette fois ci, c’est Randy Orton, Sheamus et Le Big Show qui ouvrent le bal contre The Shield. Un bon match, rien que parce que c’est The Shield qui le remporte. Ambrose, Rollins & Reigns méritaient bien ce WrestleMania Moment, l’équipe a quasiment dominé le match, le spear de Reigns pour la victoire était magnifique. The Shield c’est le bien, Dean Ambrose c’est dieu.

Manque de chance pour Orton, c’est que WrestleMania n’est plus son show. Son dernier match notable remonte à WrestleMania XXV, contre Triple H, et encore, il ne gagne même pas. L’année suivante c’est Cody Rhodes & Ted Dibiase qu’il affronte en triple threat, il gagne bien sûr, mais le match n’a rien de marquant. On peut à la limite se souvenir de son match de WrestleMania XXVII contre CM Punk qu’il gagne, le match était pas mauvais mais comme il n’y avait aucun enjeu… L’année dernière il perd contre Kane, dans une rivalité que personne n’a compris. C’est simple, depuis qu’il est face sa carrière patine, le personnage n’intéresse plus personne, même pas les officiels. Et ses dernières suspensions n’ont pas arrangé les choses. Un heelturn est toujours en discussions s’il ont en croit les rumeurs, mais rien n’a l’air de se faire pour l’instant.

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Ensuite c’est un Mark Henry de retour depuis peu qui devait affronter Ryback – retiré du match précédent et remplacé par le Big Show. Une sorte de confrontation des plus forts entre celui qui a perdu son titre d’homme le plus fort du monde récemment et un Ryback beaucoup plus à sa place dans ce genre de match et à ce niveau de la carte que dans un main-event. Ryback aura beau tenter de montrer que lui aussi est un homme fort, c’est Mark Henry qui domine et qui gagne le match.

Mais pour laisser le public sur une bonne impression, Ryback porte un Shell Shocked sur Henry. Les deux catcheurs n’en sortent pas perdants, Henry reste le monster heel qu’il est et Ryback n’en sort pas moins perdant.

Cette année les titres par équipes avait aussi une vraie place dans ce WrestleMania. C’est pas trop tôt. Même si on a compris que ce match servait à occuper Dolph Ziggler et ne pas le faire trop oublier en attendant le cash de la mallette. Dolph Ziggler donc, est accompagné de Big E. « Friendzoned » Langston pour tenter sa chance aux titres de Kane & Daniel Bryan dans un match appréciable et bien divertissant comme il faut. Le baiser d’AJ Lee et le clin d’oeil de Ziggler à Bryan tout de suite après c’était drôle. Un baiser qui doit porter malheur puisque Ziggler et Langston ont perdu.

Kane et Bryan sont champions depuis septembre et si on les considère comme la meilleure équipe de l’année 2012, cette année le peu d’exposition des deux en tant que champions par équipe ne les rend plus aussi intéressants, ajoutons à cela la tentative abandonnée de séparation aux alentours du Rumble, cela donne l’impression d’une équipe plus très solide et moins divertissante. La seule chose que le public attend désormais, c’est la séparation.

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La grosse arnaque de la soirée c’est le match qui suit. Fandango affrontait Chris Jericho. Déjà rien que l’affiche donnait envie de maudire les mecs à l’origine de ce match. Chris Jericho a dominé les trois quart du match, on pouvait donc s’attendre  à une raclée pour la danseuse mais non, Fandango a repris le dessus sur la fin et a battu Chris Jericho.

Un mec qui débutait sous un nouveau personnage donc, inintéressant, qui n’a même pas lutté en weekly et qui n’a absolument aucun futur à la WWE, bat l’une des plus grandes stars que Stamford ait pu compter dans ses rangs. Jericho Lui même a avoué avoir été déçu d’apprendre qu’il affronterait Fandango à WrestleMania, et ça se comprend. Quand un mec de sa trempe n’est là que quelques mois par an, on ne le fait pas perdre à WrestleMania contre un autre qui ne mérite pas plus qu’une place de low-carder – et encore, c’est gentil, c’est grotesque et irrespecteux.

On entre maintenant dans ce qu’on peut appeler les gros match. Le premier, agréable surprise, ne fait pas l’opener contrairement à ces deux dernières années. Alberto Del Rio défend son titre de champion du monde poids lourd contre Jack Swagger. Si l’on nous avait dit ça quelques mois plus tôt personne  n’y aurait cru, vu le fiasco de son premier règne en 2010.

Le match n’avait lui rien d’excitant. La promo de Zeb Colter n’apporte pas grand chose non plus. Pour une raison qui nous échappe aussi Alberto Del Rio porte un kimono, c’est aussi crédible qu’un japonais avec un sombrero. Le match donc, est un match assez banal, comme Del Rio et Swagger ont pu nous en montrer d’autres. Seule la fin est sympa. Del Rio conserve, on attend Ziggler, on s’imagine que Swagger énervé d’avoir perdu attaque Del Rio mais non. Pourtant un cash-in à WrestleMania pour un vrai WrestleMania Moment ça aurait pu être cool, mais non.

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Mais le sérieux commence vraiment maintenant, ici plus question de s’ennuyer. C’est le moment pour CM Punk de briller. Pour ce match dont on connait déjà l’issue, pas besoin de gagner pour montrer qu’on est grand, juste de tenir le coup, de montrer toute l’étendue de notre talent. Et CM Punk ça, c’est son truc. On attendait pas vraiment l’Undertaker cette année, on s’était dit que « The end of an era » de WrestleMania XXVIII signifiait peut-être le dernier match du Deadman, et puis 20-0 c’était pas mal non plus pour s’arrêter, un chiffre rond.

Puis le 23 février dernier, surprise: l’Undertaker fait son retour à Waco (Texas), dans un house-show. A partir de là aucun doute, un mois plus tôt CM Punk perdait son titre de la WWE au profit du Rock et ratait sa chance de le récupérer à Elimination Chamber. Après un règne de 434 jours de champion de la WWE, la cerise sur le gâteau de cette gigantesque ascension du Chicago Kid ne pouvait être qu’un affrontement contre l’Undertaker à WrestleMania.

On était clairement dans le match de la soirée et le public l’a bien prouvé de part son enthousiasme. CM Punk est entré sur Living Colour, The Undertaker a choisi une entrée style The Walking Dead. Classe. L’Undertaker est surprenant pendant le match, étant donné l’âge et l’état du corps. Les bases d’un match de l’Undertaker à WrestleMania sont là, plusieurs tentatives de prises de finition, nearfalls,  suspense de malade. L’elbow drop de Punk sur la table des commentateurs espagnols était assez violent, surtout parce que la table n’a pas cédé. Il faut vraiment arrêter d’acheter des tables de bonne qualité.

Tout le monde savait que Punk ne battrait pas l’Undertaker, mais pourtant c’est tellement bien orchestré que tu pourrais y croire. C’était le but du match, comme tous les ans, et c’est réussi. Chapeau.

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À peine le temps de se remettre du précédent match qu’on enchaine directement avec une deuxième grosse affiche. Triple H n’allait pas rester sur une défaite à SummerSlam, ce serait trop beau. Donc évidemment à partir de là, du fait qu’on est à WrestleMania, et qu’en plus la stipulation du match voulait que si Hunter perdait, sa carrière prenait fin. Personne n’y aurait cru.

Il fallait donc que le match nous surprenne de part son action à défaut du résultat. Shawn Michaels était là d’ailleurs, Paul Heyman aussi, il a pas eu à partir depuis le match précédent. Bon les deux n’ont pas eu tellement d’impact sur le match, Shawn a switché musicalement Heyman et s’est mangé un F5.

Lesnar paraissait moins brutal qu’à l’habitude dans ce match, mais cela restait tout de même très violent. Etant donnée la stipulation, chaises et escaliers en métal ont bien servi. Evidemment le Kimura Lock a servi, trois fois. Jusqu’à ce que Triple H l’utilise lui aussi, on a bien failli croire que Lesnar allait abandonner. Il l’a utilisé plusieurs fois d’ailleurs, jusqu’à rendre Lesnar vulnérable et pouvoir porter le Pedigree final. Bon match, bien mieux qu’à SummerSlam, le No-Holds Barred apportant beaucoup à la qualité.

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Et puis vient le main-event, une autre revanche, d’une rivalité qui dure depuis bien trop longtemps et qui n’a passionné personne. L’affiche de l’année dernière avait vu The Rock battre John Cena dans un match moyennement satisfaisant pour l’évènement. Passons sur le « Once In A Lifetime » devenu Twice. Ce que l’on attendait ici, c’était un bon match, qui relèverait non seulement le niveau de la rivalité, mais qui serait bien meilleur que celui de l’année dernière. Et puis comme les deux précédents matchs, vu l’absence de suspense quant au vainqueur de celui ci, il fallait bien mettre le paquet.

Or il semble y avoir un souci: The Rock ne tient plus la route. Ses sept ans d’inactivité et le peu de match dans lesquelles il a lutté depuis son retour lui on fait du tort. Et malheureusement pour lui, soulever de la fonte et avaler des protéines par palettes quotidiennement ne suffit pas. On s’est donc retrouvé avec un match lent, des enchainement qui se faisaient parfois attendre. Et même si parfois on peut trouver que le public exagère, cette fois les chants « Boring » étaient justifiés.

Il y avait quand même quelques bons moments dans le match, tout n’est pas à jeter. La feinte de John Cena qui se retient dans les cordes alors que The Rock l’attend c’était cool. Bon Rocky a quand même pu y placer un Rock Bottom ensuite, mais pas suffisant pour la victoire. Tout s’est terminé logiquement sur un Attitude Adjustment et c’était plié. Final un peu trop banal pour terminer une aussi longue rivalité.

Et même si l’après match, le serrage de main et l’embrassade c’était classe, on ne peut s’empêcher de penser : Tout ça pour ça ?

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C’est ainsi que se termine WrestleMania 29. C’était pas mauvais, mais quelques petites frustrations restent: La défaite de Jericho, on fera pas plus putassier que ça à WrestleMania, la piètre qualité du main-event par rapport au teasing et aux attentes et l’absence du titre des Etats-Unis, et celui des Divas aussi.  Retenons-en quand même du positif : La victoire de The Shield bien méritée, CM Punk et l’Undertaker nous ont bien fait kiffer le show dans le match de la soirée. Littéralement. L’année prochaine ce sera le 30e anniversaire et cette fois, la WWE a intérêt de mettre le paquet, autant au niveau construction des storylines que par les matchs.

 Photos : WWE.com

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