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NJPW Invasion Attack : Du changement dans l’air

Le Japon n’est pas en reste durant le plus grand week end de l’année, le Wrestlemania Week end. C’est ainsi que la New Japan Wrestling organisait dans son fief de Tokyo le 7 Avril le pay-per-view Invasion Attack, un nom assez bizarre car ce ne sont pas les Vikings qui débarquent non plus, quoique plusieurs fédérations viennent par petites touches s’ajouter à ce banquet dominical. Au Ryogoku Kokugikan devant un public enthousiaste de 8000 spectateurs et dans une salle où les effets de lumières lors des entrées étaient superbes, le spectacle pouvait commencer.

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Toujours du classique mais nettement plus spectaculaire avec les titres par équipe IWGP Junior poids lourd. Les deux équipes se connaissent parfaitement. Les Time Splitters d’Alex Shelley et KUSHIDA affrontent Apollo 55 de Prince Devitt et Ryusuke Taguchi. Deux attelages de même caractéristique donc mais une domination des champions en titre, Alex Shelley assurant un remarquable début puis KUSHIDA la suite, notamment avec Ryusuke Taguchi. Dans ces moves à risque, le petit raté de Shelley qui ne décolle pas en prenant appui sur le dos de KUSHIDA pour une combinaison d’équipe ne se remarque pas. Et KUSHIDA intelligemment tisse une toile dont Taguchi ne se sort pas pour le tombé victorieux.

L’après match va se révéler tout aussi intéressant, l’Irlandais Devitt ne supportant pas cette défaite. C’est ainsi qu’il veut en mettre plein sur le gueule à Taguchi, poignée de mains finalement pour calmer mais c’est pour mieux attaquer par-derrière. C’est là qu’un nouveau fait son apparition, le Tonguien BadLuke Fale qui a des airs de Jonah Lomu. Taguchi en fait les frais, victime d’un Samoan Drop destructeur et d’un Samoan Spike, le move du pouce qu’employait le regretté Umaga. De son côté, Devitt a réglé le compte de Captain New Japan, qui se fait ainsi piquer son masque. Une équipe brisée, des champions forts, un ensemble très paradoxal.

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Si on veut parler d’Invasion, il y a peut-être le match pour les titres par équipe de la CMLL à noter, mais cela n’apparait pas évidemment sachant que la CMLL et la NJPW entretiennent toujours des rapports d’échange. Et puis, Tama Tonga de la NJPW a ces titres avec Terrible, une équipe de barbus démasqués. En face, les challengers masqués, Valiente et La Mascara. La différence de style se fait rapidement sentir, les champions en titre étant plus terre à terre que leurs adversaires luttant en bons luchadors. Rien de bien fracassant, même si La Mascara sort parfois son épingle du jeu, mais finalement les champions conservent sans émotion.

Les rivalités croisées sont en valeur ensuite avec le match par équipe entre les Complete Players et les Great Bash Heel. Les heels contrairement au nom sont les Complete Players, équipe avec l’expérience et la roublardise de l’ex ECW Masato Tanaka et la jeunesse de Yujiro Takahashi au tempérament de jeune coq. Takahashi à la NJPW est plongé dans une rivalité de peu de saveur avec Togi Makabe, ce dernier étant associé à Tomoaki Honma. Ce dernier est en rivalité avec Tanaka et c’est ainsi que des séquences physiques entre les deux hommes vont dominer le combat, avec notamment un échange d’atémis de haute volée. Makabe est quand à lui un peu emprunté, laissant parfois Honma en minorité, sonné par une spectaculaire Exploder Suplex de Takahashi depuis la troisième corde. Ce dernier va ensuite se battre intelligemment à l’extérieur avec Makabe, permettant à Tanaka de conclure victorieusement en puissance sur le ring.

La revanche est le moteur du combat entre Minoru Suzuki et Toru Yano. Contre toute attente, le soldat de CHAOS avait éliminé le leader de Suzuki Gun lors de la New Japan Cup. Le match a donc une saveur physique particulièrement visible lors d’un début de match exclusivement à l’extérieur du ring. Taichi comme souvent va être un élément changeant du match, l’accompagnateur de Suzuki frappant Yano avec sa béquille. Le style MMA de Suzuki peut alors s’exprimer sur le ring avec bon nombre de soumissions auxquelles Yano résiste majoritairement jusqu’à aller presque surprendre à nouveau Suzuki. Mais ce dernier ne lâche pas l’affaire et s’impose de manière très autoritaire, continuant à frapper après le match pour compléter sa revanche.

L’intensité est au rendez-vous avec l’équipe Laughter7 de Kazuchi Sakuraba et Katsuyori Shibata qui se caractérise par un style atypique et intense. En face, Yuji Nagata et Hirooki Goto résistent comme ils peuvent, surtout Goto qui se voit la plupart du temps opposé à Shibata qui propose une intensité énorme dans ses moves et une remarquable transition entre les prises, enchainées à un gros rythme. Toutefois, Laughter7 perd finalement curieusement, Sakuraba retombant mal sur son bras déjà bien bandé et l’arbitre arrêtant le combat. Une fin un peu trop abrupte d’un combat franchement enthousiasmant qui aura mis le feu à la salle.

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Le moteur de l’invasion arrive là avec le président de la NWA Bruce Tharpe qui veut s’attaquer à la NJPW en imposant son tout récent champion Ron Conway. Cet ancien de la WWE est toujours très affuté mais n’a pas vraiment de grandes qualités sur le ring. Son catch reste simple et rudimentaire. Pourtant, il domine essentiellement Satoshi Kojima pour son titre NWA. C’est donc ironique qu’un angle d’invasion soit plutôt dans le genre « tout à perdre » pour l’envahisseur. Mais Conway a le bonheur de bénéficier de l’apport décisif de Jax Dane à l’extérieur du ring, qui tel un garde du corps aide aussi au mouvement, ce qui rend les chances de Kojima nulles et le suspens de ce match morne est inexistant, Conway s’imposant. Mais il faudra beaucoup plus pour faire croire à une invasion car le monde la NJPW ne semble pas vraiment frémir, même si la NWA a posé ses petites bases avec cette victoire face à un des plus fameux palmarès actuels de la NJPW.

Davey Boy Smith Jr s’attaque à la montagne de sa carrière en solo. Après son pote Lance Archer avec qui il est champion par équipe et qui avait échoué, le membre du clan Suzuki Gun s’attaque au champion Intercontinental Shinsuke Nakamura, un taulier qui représente le dernier test. Par la puissance et la domination avec quelques touches techniques, le fils du British Bulldog a tenu la dragée haute, même si le combat n’atteint pas un haut niveau. Cependant, Nakamura est plus d’une fois en danger comme sur une Powerbomb terrible. Mais une petite séquence finale se concluant par son Booma Ye lui permet de conserver son titre, et d’écarter encore la menace Suzuki Gun.

Reste le main event et le public déjà jusque là bien en température fiévreuse se passionne pour l’affrontement entre Hiroshi Tanahashi et Kazuchika Okada pour le titre IWGP poids lourd. Okada avait échoué en janvier lors de Wrestle Kingdom mais depuis il a réussi à regagner une chance en remportant la New Japan Cup. Il arrive en position de force et Tanahashi est dans l’ensemble dominé dans un combat haletant de trente minutes taille patron. Une furieuse bataille et pléthore de prises et de recherche du KO, Tanahashi essayant d’abord d’affaiblir Okada en visant les bras mais c’est bien Okada qui va martyriser le plus son adversaire notamment par ses drop kicks et ses soumissions. Mais c’est sans doute un péché d’orgueil de Tanahashi qui va le perdre. Il vient d’infliger son frog splash mais il en retente un deuxième qui échoue sur les genoux relevés d’Okada, presque une preuve que sa chance était passée et pourtant, il échappe d’abord au Rainmaker, mais à l’issue d’un superbe retournement de piledriver, Kazuchika Okada enclenche sa séquence finale, avec le terrible Lariato. C’est ainsi le deuxième titre d’Okada qui a été le seul à battre Tanahashi depuis un an.

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Mais après le match, avant la célébration complète, il y a une guerre des clans à régler avec Minoru Suzuki appelé et qui sera le prochain challenger d’Okada pour se première défense de titre en Mai à Wrestling Dontaku.

A défaut de réelle invasion, la NJPW continue à paver une route de qualité. Un show intense et peut-être le plus qualitatif à travers le monde du Wrestlemania week end. Le rythme du pay-per-view mensuel commence à se tenir, à se demander presque si l’invasion n’est finalement pas un souhait de la NJPW.

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