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TNA X-Travaganza : Première X-périence d’un soir

Depuis Janvier, la TNA a décidé d’être plus généreuse avec un pay-per-view tous les mois. Très variés et bien moins chers qu’avant – 15 dollars au lieu de 35 à 45, ces pay-per-views intitulés One Night Only seront l’occasion de revoir d’anciennes gloires et d’avoir un spectacle proposé différent sans tomber dans l’érosion. Avec X-Travaganza en tête du peloton, découverte du nouveau concept made in TNA.

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La X-Division est à la TNA ce que le soutien-gorge est à la femme :  sans, elle ne serait pas regardée de la même manière. Des matchs comme Jerry Lynn vs AJ Styles, des malades mentaux comme Christopher Daniels et Kazarian, de lutteurs atypiques comme Austin Aries et Samoa Joe ont cimenté la X-Division et la popularité de la TNA dans le même temps. Pour rendre hommage à ce brillant passé et tenter d’entretenir la flamme olympique, un dense programme est au menu.

L’Ultimate X, cette stipulation qui met probablement le plus en danger les lutteurs qui s’y soumettent. Avec la présence de quatre catcheurs dans ce match : Zema Ion, Mason  Andrews, Kenny King et Rubix, le rythme est endiablé sans partir dans tous les sens. Chacun réussit à tirer son épingle du jeu. Mention spéciale à Andrews pour son inventivité et sa rapidité d’exécution.

En parlant de matchs à quatre protagonistes, on a eu le droit à deux matchs par équipe dans la soirée, et quels matchs ! Le premier dans l’ordre chronologique : Kid Kash & Doug Williams vs Anthony Nese & Rashad Cameron. La formation Old School est excellente. Ce côté totalement badass de Kash et l’intelligence de Williams qu’on voit trop peu, un peu à la manière de Regal à la WWE, surtout que Williams est bien plus jeune. Le match est bien construit, aucune fausse note. Nese et Cameron sont très propres. Nese plane dans ce match. En plus, la victoire des heels fait un pied de nez aux fans qui pensaient que la rapidité des faces allait l’emporter. Et puis, cette rolling german. Grandiose.

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Le second est encore meilleur. Nous avons d’un côté, aisément, la meilleure équipe au monde : Bad Influence (Christoper Daniels & Kazarian), et deux lutteurs faits pour la X-Division : Petey Williams & Sonjay Dutt. L’Impact Zone fait un bel accueil au Canadien pour son retour. Le match est solide comme on peut s’y attendre. Le comeback en milieu de rencontre de Dutt est flamboyant, il n’y a qu’à regarder la réaction du public. Pour la fin, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu le Fade to Black de Kaz. Suivi du Best Moonsault Ever, encore plus rare. Pour ravir les fans qui avaient espérer voir le Canadian Destroyer pendant le match, la fameuse prise de finition de Williams sera effectuée après le match pour se venger de la tentative de passage à tabac.

Si Williams a fait un retour étincelant, on ne peut pas dire autant des Jimmy Rave, Matt Bentley, Puma et autres catcheurs impliqués dans le Xcape Match qui ouvrait le pay-per-view. Pas moins de sept hommes sur un espace de six mètres sur six, on pourrait penser que c’est une cellule de prison française, mais non, c’était bien cet opener bordélique qui manquait de fluidité. Celui qui s’en sort le mieux, c’est Lince Dorado, qui faisait ses débuts à la TNA. Il arrive à divertir dans le peu de temps où il apparaît à l’écran. Sam Shaw, gagnant du Gut Check en 2012, montre les progrès effectués grâce à l’apprentissage de l’OVW. Puma, surtout connu sous le nom de TJ Perkins sur le circuit indépendant, y est transparent.

Parlons enfin du vainqueur du match, Christian York. Si l’on pouvait autre fois apprécier le garçon à son arrivée il y a quelques mois, avec deux bons matchs en sa faveur contre Bobby Roode et Jeff Hardy, il faut dire qu’aujourd’hui la côte de popularité de l’ex-coéquipier de Joey Matthews est tombée bien abruptement. Au début du match, il ne vend aucune prise, semblant se concentrer sur ce qui va suivre, ce que lui doit faire. Sa « facilité » face à ses adversaires le hisse à la phase finale du match, où il faut sortir de la cage par le haut de celle-ci. Son coude à coude avec Jimmy Rave est là plutôt correct sans être mémorable. Heureusement que le reste du PPV n’est pas du calibre de ce match, on aurait passé une bien terne soirée.

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Autre aspect attristant mais pour une toute autre raison : Jerry Lynn qui combattait pour la dernière fois de sa carrière face à Rob Van Dam. Ancien champion poids-léger de la WWF et champion de la ROH, Lynn avait déjà raccroché les bottes depuis deux semaines à la sortie de X-Travaganza. Problème de ce pay-per-view enregistré qui incombe aussi un peu à Van Dam qui n’est plus sous contrat avec la TNA depuis février. Si on pouvait craindre un match aux spots trop communs, un manque d’engagement d’un Lynn au crépuscule de sa carrière et d’un Van Dam aussi impliqué dans ses combats que le personnage de Joffrey Baratheon dans la série Game of Thrones, l’affrontement parvient à balayer ces prédictions. La stipulation ne doit pas y être pour rien. Jerry Lynn sort encore un bon match du haut de ses 49 ans dont 24 de carrière, preuve que le talent ne s’apprend pas. On pense à Mike Bennett qui avait réussi à faire un match pourri face à Lynn en décembre dernier à ROH Final Battle. Lynn mérite évidemment l’ovation de fin.

Pas d’ovation, mais de l’incompréhension pour le match Robbie E vs Chavo Guerrero. Pourquoi nous proposer une rencontre digne des heures les plus sombres d’Impact dans ce pay-per-view ? A-t-on envie de voir ça ? D’autant plus que Joseph Park est l’arbitre spécial du match ? Certainement pas.

Le main-event qui oppose la « Submission Machine » Samoa Joe au « Greatest Man That Ever Lived » Austin Aries est bon mais en dessous des attentes pour une telle affiche. On trouve un Joe très suffisant, beuglant comme une vache normande pour faire surgir toute l’intensité qu’il n’y avait pas dans ses mouvements. Ça reste solide mais quand Aries annonce le match de l’année en promo d’avant-match, on est forcément déçu.

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Le point noir de ce pay-per-view ne se situe pas dans le ring mais dans nos oreilles, les commentaires de Mike Tenay et Taz, qui sont ni plus ni moins insupportables. Taz arrive à chaque match à parler de tout sauf du match. Lors de l’Ultimate X Match, il passe son temps à se moquer du pauvre Rubix, faisant référence au célèbre Rubik’s Cube. Un Rubik’s Cube qu’on lui carrerait bien quelque part pour tenter de le faire taire. Dès l’opener, il emmène Tenay vers des terres douteuses en imaginant Todd Keneley, leur coéquipier commentateur à Impact, avec le t-shirt à trous de Jimmy Rave. Il faudrait vraiment remplacer Taz par Keneley qui saura faire le job, ce qui n’est pas le cas de ce monstre, non pas de Tasmanie, mais de conneries.

X-Ttravaganza, sans être parfait, délivre un produit agréable à regarder, divertissant et sans prises de tête. On pourra néanmoins regretter l’absence d’AJ Styles, uniquement présent dans les clips remémorant les belles années passées. À voir si la TNA aura les capacités d’animer aussi bien nos soirées plus tard dans l’année.

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