Cinéma

Monster Brawl, du catch monstrueusement loufoque

Le catch est très peu mis à l’honneur sur le grand écran. Cependant, il est parfois source d’inspiration assez directe pour des concepts pour le moins originaux et carrément burlesques. La preuve ici avec Monster Brawl, des monstres plus ou moins connus qui se battent sur un ring.

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Dans le catch on a connu des personnages terrifiants comme The Undertaker en mode zombie, Gangrel le vampire, Vampiro dans le même genre que le précédent, Boogeyman le croquemitaine mangeur de vers. Cependant, l’idée de réunir toutes les gimmicks dans un seul show n’avait pas encore été fait. Un film Canadien à petit budget sorti en 2011 mais disponible en français cette année seulement a tenté cette expérience pour le moins loufoque.

Prenez deux catégories de monstres : les morts vivants et les créatures. Deux divisions sont ainsi créées, et même mieux des catégories de poids avec des titres honorifiques et un grand titre au bout. Il est utile de préciser que les « catcheurs » et « catcheuses » de chaque brand s’affrontent entre eux, et le meilleur mort vivant et la meilleure créature s’affrontent pour le graal : le titre de champion poids lourd.

Côté morts vivants, Lady Vampire et la Momie en poids légers, Frankeinstein et Zombie Man en poids lourds et côté créatures, Cyclope et Sorcière Maudite en poids légers, Loup Garou et le Putride pour les poids lourds. Bon, y a de la prise de liberté avec la légende car le Cyclope est en principe un être réputé gigantesque et le Loup Garou est autrement plus costaud qu’il l’est dans le film où il fait davantage penser au Loup Garou… du Campus (série américaine des années 90).

Monster-Brawl-Werewolf

Dans un décor morbide pas mal fait d’un cimetière plus que louche, l’ambiance d’un film d’horreur-comédie est planté. Car c’est bien entre ces deux genres que le film bascule à tour de rôle, pour un mélange qui en fait un film de Série Z. Volontairement surréaliste, le parti de présenter le film sous l’angle d’un show télévisé avec commentateurs et organisation standard d’un show, sans public, est plutôt culotté. A ce niveau, les caricatures de Michael Cole en alcoolique et de Jim Ross le vieux qui a tout connu sont intéressantes. Tout comme l’habillage du show toujours sur le même schéma avec les vignettes de présentation penchant à tour de rôle entre humour et horreur selon le monstre. S’en suivent des déclarations de chaque camp puis la fiche de présentation et le « Tale of the tapes », ce tableau de présentation du bilan physique et statistique qu’adoptent la ROH et la TNA, de vraies fédérations de… monstres. C’est tout de même assez gonflant à la longue de voir ce schéma répété à chaque fois avant chaque combat.

C’est surement le souci d’un film trop vissé sur le même rythme qui peut vite lasser, très absurde c’est sûr, et souffrant d’un manque de réalisme dans tous les costumes, à faire pâlir d’envie des enfants un soir d’Halloween. Parfois, surtout à la fin, le sentiment que tout a été fait en une prise est fortement présent, mais cela ajoute du réalisme étant donné le parti pris de présenter cela comme un show de catch à part entière. Cela en inspirera surement beaucoup dans leur jardin.

En revanche, deux stars figurent dans le film, l’un ayant préféré surement de ne pas être directement impliqué. Il s’agit de Kevin Nash, assez piteux dans le rôle du Colonel Crookshank, manager de Zombie Man, qui figure notamment dans la toute dernière scène qui laisse en plan complet. Jimmy Hart lui n’a pas de souci, utilisant le nom sous lequel il est connu, étant l’hôte annonceur farfelu du show avec son fameux mégaphone. Il passe le film bien entouré par deux bimbos, c’est là qu’on comprend mieux pourquoi il a accepté d’être comme il est connu dans le film, joignant l’utile au très très agréable…

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Au bout du compte, côté in ring, c’est souvent répétitif comme à SmackDown, évidemment assez bourrin et lent comme avec Khali, Big E et Ryback par exemple, avec des fins qu’on aimerait parfois voir pratiquer sur des catcheurs actuels — prenez ceux que vous détestez, ça peut aider à jouir. Frankenstein, interprété par Robert Maillet, qui a lutté deux ans à la WWE fin des années 90, est de loin nettement plus convaincant que The Great Khali. Si vous avez eu le malheur de voir le show de catch légendaire « Heroes of Wrestling », vous y retrouvez votre compte ici très surement.

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