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TNA Slammiversary XI : à clouer au plancher

Pour célébrer sa 11ème année d’existence, la TNA organisait son pay-per-view annuel Slammiversary, celui qui doit lancer l’été de la TNA dans un contexte où elle est en plein doute avec des audiences hebdomadaires en montagnes russes. Les Aces and Eights sont toujours dominants, et la TNA doit donc éviter le bouillon complet, mais pour cela elle peut compter sur le retour de ses sauveurs dans ce deuxième pay-per-view de…l’année. Il ne faut donc pas manquer ces trois heures.

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Le pay-per-view commence par un Cocorico car l’éclairage est fait sur une nouvelle table de commentateurs made in France avec le duo de Ma Chaine Sport, Célian Varini et Grégory Deas, qui ouvre en quelque sorte la soirée dans une Agganis Arena à moitié vide, le vide étant évidemment du côté derrière la caméra.

Comme d’habitude, en tout cas dans la majeure partie des cas, la X-Division est appelée à lancer le PPV. Et puis, c’est aussi plus simple d’installer avant le PPV les pilonnes et les câbles. Donc autant faire entrer le taulier Chris Sabin, l’impétueux Kenny King et l’énigmatique Suicide, revenu soudainement en grâce par un vote des fans sur Twitter. Et c’est justement Suicide qui apporte le sel d’un match qui met d’abord un certain temps à se lancer avant de trouver un rythme de croisière, avec une action qui se relaye assez bien entre les trois hommes, ce qui a le don de faire monter les décibels de l’Agganis Arena. La remontée en puissance de Chris Sabin revenu d’une grave blessure aboutit à une logique victoire finalement. Toutefois, la lutte par rapport à la stipulation n’a pas été hyper présente, les montées au câble arrivant en toute fin de match.

L’homme à la main brûlée débarque alors contre toute attente car reste à savoir s’il a déjà vu Chris Sabin lutter un jour… Hulk Hogan refait le même coup qu’à Austin Aries l’année dernière mais là, vouloir le titre poids lourd cet été pourrait brûler les ailes d’un Sabin sanglant qui est très surpris. Hogan toujours dans l’emphase et l’alcool n’oublie pas de louer au maximum Boston, d’ailleurs durant la soirée, surtout dans la première partie du pay-per-view, vous pouvez jouer à un jeu : compter le nombre d’allusions directes à Boston. Mr Anderson accompagné des deux stagiaires Wes Brisco et Garett Bischoff débarque pour qu’Hogan sorte son langage fleuri et évite soigneusement d’être en synchro pour annoncer les arrivées de Magnus, Samoa Joe et Jeff Hardy. Christy Hemme avec de la barbe et une main en bandeau, ça n’a pas dû emballer Varini.

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Oui, c’est le retour de Jeff Hardy donc dans un match par équipe où le résultat est connu d’avance. Mais un Jeff Hardy barbu, aux airs de James Storm sans la bière mais avec un joint, pas peinturluré dans tous les sens au visage, ça change. Le style reste le même, spectaculaire avec les moves traditionnels. Et dans ce match déséquilibré, Garett Bischoff est la chair à canon, tabassé et ridiculisé par Samoa Joe, une sensation de jouissance en clair. Le match vaut surtout par sa fin, très solide et très bien enchainée, avec une action dans tous les sens aboutissant à une logique défaite des Aces and Eights. Au passage, Mr Anderson rajouté à la place de Doc, contrairement à ce qui était d’abord annoncé, le manque d’organisation claire s’est fait encore sentir sur le coup. Mais au change on y gagne quand même.

On entre à présent dans le prévisible complet, avec une interview barbante de Joseph Park qui se fait finalement tabasser par Devon et Mike Knox. On voit rapidement vers où les choses vont aller mais rendez-vous dans quelques minutes.

Pour endormir la foule, rien de mieux que la finale du tournoi Gut Check qui est forcément très loin de passionner les foules. Entre Sam Shaw et Jay Bradley, peu importe qui intègrera les Bound for Glory Series car il sera un intermittent du spectacle. Donc inutile de rentrer dans les détails d’un combat court remporté sans surprise par Jay Bradley, celui qui a le plus de bouteille car c’était Ryan Braddock précédemment.

Nous revoilà quelques minutes plus tard après le tabassage en coulisses sur Park, il s’agit maintenant du match pour le titre Télévision, avec ô surprise Joseph Park qui ne se pointe pas, donnant ainsi une victoire par forfait à Devon. Mais on n’est pas au bout des films qu’on a déjà imaginé à l’avance, car Devon parle d’Abyss, erreur assez grande et qui annonce presque aussi efficacement que Christy Hemme la suite car Abyss arrive alors et au bout d’un match relativement équilibré l’emporte tout de même, grandissant sa grande étagère de ceintures. Un avocat finit surement sa carrière et Abyss revient, pas plus mal.

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Dans une première moitié de pay-per-view très blabla quand même, le deuxième membre du Hall of Fame de la TNA qui sera intronisé à Bound for Glory en octobre prochain est annoncé par Dixie Carter. Et le second intronisé est…Jeff Jarrett ! Ah ben non, décidément à la TNA pour être membre du Hall of Fame, il faut donc encore lutter. Il s’agit de Kurt Angle, pour le coup une réelle surprise que cela arrive aussi tôt, peut-être dans le lot de la promo poussée pour la lutte encore aux JOs. Niveau séquence émotion, le segment est efficace, avec une bonne vidéo.

Pour passer à la deuxième moitié d’un pay-per-view somme toute très neutre pour l’heure, les 3 équipes régulières de la TNA et une nouvelle un peu de bric et de broc s’affrontent dans un match à élimination pour les titres par équipe. James Storm, clairement blessé depuis 3 semaines, est soigneusement économisé au maximum, avec un Last Call qui reste au garage. Et pourtant, il finit vainqueur car l’imagination des scripteurs ne va pas très loin en allant promouvoir une équipe James Storm-Gunner, ce dernier revenant de nulle part, et surtout bon pour le Torture Rack final. On est donc loin d’une cohésion par équipe dans un match essentiellement brouillon, sauf pour la fin qui valait pour le travail exceptionnel de Bobby Roode et surtout d’Austin Aries, bien mal payé car il se mange la soumission finale. Pour le reste, rien de trépidant, un sabordage inexplicable de Christopher Daniels utilisant une ceinture pour faire disqualifier son équipe Bad Influence. Première élimination en queue de poisson qui n’a pour seul but que de garder Bad Influence dans le jeu. Dans la foulée, Chavo Guerrero se fait piéger par Bobby Roode et perd les titres avec Hernandez dans l’anonymat général qui caractérise son run à la TNA. Bref, la division par équipe de la TNA reste assez vague, avec un éclopé et un bourrin champions.

La vraie surprise arrive dans le match qui suit. Car Taryn Terrell contre Gail Kim dans un Last Knockout Standing match a tout du match dont on pourrait se passer. Et pourtant, d’abord par l’apport de Gail Kim puis sur la fin par l’apport de Taryn Terrell, ce match va réussir la prouesse d’enflammer la foule et de s’attirer les premiers Holy Shit de la soirée. Un exploit pur car cette rivalité au fond tout le monde s’en moque, mais l’engagement mis sur le ring, avec une chaise, sur la rampe, puis sur le Bulldog fou de Terrell sur Kim dans le vide est complètement irréel et pourtant il captive étonnamment les yeux. Dire que c’est le show stealer équivaudrait à une sortie directe d’un bar des sports un dimanche après-midi avec Roger, et pourtant il y a une part de vérité. Taryn Terrell surprend en construisant le monument d’une faible carrière qui pourrait prendre un bond irréel avec cette victoire d’importance contre Gail Kim qui lui ouvre les portes d’un futur titre des Knockouts.

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Le nouvel Hall of Famer Kurt Angle se pointe pour un classique remis au gout du jour face à un AJ Styles plus musclé, avec un nouveau theme song beaucoup plus sobre et qui indique que le jour de ses 36 ans, l’habit du Phenomenal One est rangé au placard. Mais sur le ring, on ne change pas quelqu’un et AJ Styles montre des prouesses athlétiques, un Lionsault, un 450, une rapidité d’exécution qui donnent un match ébouriffant. Kurt Angle est lui sur son rythme technique avec des German Suplex destructrices. Pas de Styles Clash en vue mais de l’Ankle Lock que Styles veut retourner contre Angle, mais au bout du compte, le finish scotche de déception. Kurt Angle s’impose, biaisant ainsi le retour d’AJ Styles qui a décidément du mal à retrouver grâce en PPV et qui se fait prendre par un roll up ultra forcé. Donc forcément décevant, avec un combat très bon mais sans fin.

Après une promo en coulisses très bonne de Bully Ray qui annonce qu’il fera un Piledriver qui brisera Sting, le No Holds Barred match en main event peut commencer avec le programme ainsi déjà donné mais restant à imager. Il ne s’annonce pas bien long étant donné le temps passé déjà du PPV. Et jusqu’à un passage fortement inutile de Brooke Hogan la potiche dans le match, il n’y avait justement pas de match. Une chaise en action et c’est tout, pas vraiment de destruction, l’ennui domine et les paupières se font lourdes. Mais le retour sur le ring va améliorer les choses par la bénédiction de Bully Ray, auteur de 2 Piledrivers monumentaux, l’un sur le ring traditionnel, puis l’autre à même le plancher en bois du ring, sans le cuir. Le cou de Sting reste en place et il survit même à une powerbomb à travers une table. Son opportunité en or massif arrive alors quand il cloue Bully Ray sur le plancher en bois avec le Scorpion Death Drop. Les Aces and Eights jaillissent comme des fusées éclairantes pour sauver Bully Ray. Sting appréciera le secours inexistant du vestiaire de la TNA, il doit donc se débrouiller seul et il réussit d’abord à s’en sortir comme à ses plus belles heures, notamment en faisant manger la rampe à Bischoff (oh oui !) mais le fameux marteau de Bully Ray abat Sting qui n’aura plus jamais droit au titre TNA. Une page se tourne mais le livre des Aces and Eights grâce encore à Bully Ray qui garde sa page d’or. Un pouvoir étiolé mais finalement dominant au bout du compte dans ce PPV.

3 mois de construction pour un résultat comme cela, c’est décevant. Pourtant l’engagement montré est bon, mais les têtes pensantes n’ont pas forcément bien joué, avec des surprises qui n’en étaient pas. Au bout du coup, malgré des efforts certains en fin de pay-per-view, ce cru de Slammiversary sera rapidement oublié. Le produit TNA s’essouffle, les solutions de relance ne sont pour l’heure pas forcément engageantes, vu qu’en réalité elles sont inexistantes. Du conservateur mais pas un cocktail bien frais au final.

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