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NJPW Dominion 2013 : Le passage de témoin

La New Japan Wrestling, repartie la dernière fois d’Invasion avec ses valeurs sures, voit cette fois quelques possibles certitudes possiblement ébranlées dans le grand rendez-vous de Juin au Colosseum d’Osaka archi comble avec ses 7300 spectateurs. Le nouveau clan Bullet Club redistribue les cartes et frappe à la porte du main event tandis que les trouble-fête de la NWA restent toujours présents sans oublier les électrons libres comme Shelton Benjamin. Avant de partir au soleil d’un été où les challengers se bousculeront au portillon du gros titre, il faut aussi encore faire le boulot pour Kazuchika Okada.

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Le show débute avec du déjà vu et revu mais toujours sympathique à voir. Cela pose la question de l’avenir de cette division par équipes des Junior poids lourds et la fin du match invite à penser qu’elle touche à sa fin. Le « pour toujours » répété par Rocky Romero, compère d’Alex Koslov le mafieux russe dans cette équipe Forever Hooligan qui a écarté ses challengers, pour dire qu’ils sont champions par équipes, invite en effet à penser à la fin. Il va falloir créer d’autres équipes car ce titre sera mort et enterré. Pourtant la répétition des matchs entre les Forever Hooligan et Time Splitters depuis maintenant un an n’est pas lassante.

Toujours quelque chose de nouveau, d’original, des attitudes qui s’adaptent à la situation, tout est fait pour éviter la routine. Avec qui plus est les gabarits explosifs d’Alex Shelley et KUSHIDA qui peuvent chauffer la foule à tout instant. Un avenir discutable, mais un match ouvert et un opener solide.

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Le 3 contre 3 dans cette première partie de show 100% catch par équipes n’est pas le plus emballant. Le nouveau clan Bullet Club qui fait des étincelles avec Karl Anderson, Tama Tonga et le massif Bad Luck Fale, avait une victoire toute écrite face aux vétérans Tomoaki Honma, Yuji Nagata et Captain New Japan. Autant Honma et Nagata ont fourni deux séquences intenses de loin les meilleurs moments du match, autant le reste est moyen et a pour intérêt de mettre Fale en valeur avec Captain New Japan en victime facile, ce dernier n’étant là que pour subir le tombé. Chose faite, mais Fale est pour l’instant Fail car le public n’accroche vraiment pas à cette simplicité des moves surtout pas bien exécutés.

Le catch par équipes n’est pas vraiment florissant au niveau des titres IWGP. Entre TenKoji, la Killer Elite Squad et CHAOS, ils se connaissent tous, se sont déjà affrontés maintes et maintes fois et là en revanche, c’est plus lassant. Le bordel de toute la première partie n’aide pas. Lance Archer et Davey Boy Smith Jr relancent un peu et TenKoji font le reste pour s’imposer et garder leurs ceintures. Mais la troisième équipe est d’une valeur différente, uniquement bourrin, loin de ces combinaisons par équipe plus lourdes. Le souffle par l’expérience doit se retrouver pour ces titres.

A Invasion, l’affaire avait été ratée. Le 7 Avril dernier, la NWA n’avait pas réussi son impact avec son champion Rob Conway. Introduit par son président Bruce Tharpe, parfait communiquant, Conway fait cette fois meilleure impression et parvient à intéresser davantage le public japonais contre le massif Manabu Nakanishi. Un meilleur contenu, pas de gorille intervenant mais Tharpe quand même qui attire suffisamment l’attention de Nakanishi évite le précipice pour son champion qui pliait franchement face à la puissance japonaise. Car tout de même, la NWA a déjà perdu les titres par équipes qui sont chez Lance Archer et Davey Boy Smith Jr donc elle aime bien avoir le vertige en haut du précipice.

Avant l’entracte, la fin des hors d’oeuvre emballe le public. Minoru Suzuki et Shelton Benjamin contre Shinsuke Nakamura et Tomohiro Ishii est la sempiternelle lutte entre CHAOS et Suzuki-gun. Le combat bascule souvent entre très physique et spectaculaire, le tout étant même réuni dans Ishii, au look d’haltérophile qui s’avance vers une rivalité contre Minoru Suzuki à l’avant gout physique et saignant. De l’autre, Shelton Benjamin auteur d’une fin de match explosive en a après Shinsuke Nakamura sur qui il fait un tombé parfaitement propre. Le gros hic est que Nakamura ne détient plus la ceinture de champion Intercontinental qui est maintenant au Mexique sur les épaules de La Sombra. La trame entre Nakamura et Benjamin sera donc très compliquée à trouver dans l’immédiat.

Après l’entracte, un retour. Celui de Kazushi Sakuraba, grand spécialiste du combat libre. Il avait été malencontreusement blessé très sévèrement au bras par Yuji Nagata. Le respect à la Japonaise avec  un match programmé pour plus tard très sagement avec un salut respectif est au menu.

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Moins respectueux, le retour de Tetsuya Naito, grand blessé de la dernière année, absent des débats avec une dure blessure aux jambes. Pour se remettre dans le bain, il retrouve son ancien pote Yujiro Takahashi. Ce dernier se fait toujours autant plaisir avec deux infirmières cochonnes qui l’accompagnent lors de son entrée. Le résultat ne faisait aucun doute, Naito ne pouvant évidemment pas perdre pour son retour. Takahashi s’emploie pourtant à le renvoyer à l’hôpital en ciblant la jambe blessée, l’arbitre jouant même le rôle de sauveur en enlevant des mains de Takahashi une chaise en fer. Naito travaille sa résistance et n’aura finalement raté que son entrée sur le ring pour finir en vainqueur dans un match estampillé « Le lièvre et la tortue » de par son déroulement où celui qui déguste surgit à la fin.

La MMA s’incruste fortement à la NJPW depuis 9 mois, et cette tendance trouve une totale réjouissance à travers Katsuyori Shibata. Contre Hirooki Goto, il faut cette fois un vainqueur et l’intensité est encore folle avec un style de catch rarement vu de nos jours. Plusieurs coups sont lâchés sans aucune retenue, comme sur un ring de boxe, et une intensité peu commune se déchaine du début à la fin. Un coup de boule pas du tout retenu de Shibata montre la volonté de KO, mais cette fois pas un double KO au programme. Goto craque finalement et cède anéanti à un Shibata auteur d’une incroyable séquence finale ultra complète entre prises et soumissions et qui peut s’autoriser l’escalade des sommets. La NJPW tient là une carte joker dans son main event.

Le match entre Prince Devitt, leader du clan Bullet Club, et Hiroshi Tanahashi, étendard de la fédération a tout d’une bataille où le roi a une couronne qui commence à lui échapper. L’ascension de l’Irlandais Devitt est maintenant programmée. Depuis toujours habitué aux batailles chez les Junior poids lourds dont il détient le titre et où il a abattu ses challengers en remportant le tournoi Best of  Super Juniors XXI, il franchit le cap énorme vers les poids lourds. Avec une veste aux lumières éclatantes illustrant ses tendances rock n’roll, Devitt voit en face de lui le spécialiste de la guitare électrique, taulier poids lourds, Hiroshi Tanahashi. Ce dernier décide en quelque sorte du passage vers les sommets de la NJPW. L’abattre est donc essentiel pour Prince Devitt qui joue beaucoup au jeu du chat et de la souris dans un match au rythme spécial où seule la victoire compte plus que la beauté des mouvements même si le savoir faire demeure entre les deux hommes. Devitt peut compter sur son clan, présent à point dans un handicap match voilé pour l’aider à saisir de force le témoin des mains de Tanahashi, qui en deux mois a tout perdu.

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Cette tendance se confirme en main event avec Kazuchika Okada qui devient maintenant le visage de la NJPW. En face de lui, Togi Makabe, taulier ultra respecté qui se voit là l’occasion rêvée de revenir aux sommets de 2010. C’est ce qui se produit qualitativement dans un match physiquement très similaire à la précédente défense d’Okada, Makabe ayant un gabarit proche de Minoru Suzuki. Mais le match s’avère plus équilibré et bascule presque après l’utilisation de la table sur une powerbomb. Mais sans réelle surprise, la conclusion est habituelle avec le Rainmaker qui s’abat sur Togi Makabe. A noter pour illustrer ce côté de visage de la compagnie que la légende Stan Hansen introduisait le match et remettait la ceinture.

Après le match, il n’est pas surprenant de voir Prince Devitt débarquer sur les épaules de son gorille Bad Luck Fale. Il veut saisir ainsi tout de suite l’opportunité, et comme Austin Aries il y a un de cela à la TNA, arriver à avoir le titre poids lourds en étant champion de la catégorie du dessous. Mais comme pour Aries, il lui faut presque lâcher le titre, car avant, il doit se frotter au manager d’Okada, Gedo. L’opportunité d’une carrière pour l’Irlandais mais aussi d’une possible érosion chez CHAOS si Gedo stoppe le chemin paradisiaque de Devitt et vient affronter son poulain.

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Après les certitudes d’Invasion, Dominion a montré de nouveaux horizons, radieux concernant les lutteurs en solo, brumeux concernant les lutteurs en équipe. Des cartes joker dans le jeu, des tauliers qui n’en sont plus vraiment, les certitudes sont ébranlées. Mais un maitre du jeu se dégage franchement en la personne d’Okada. Mais la menace Prince Devitt promet un été qui pourrait être très surprenant.

Photos : Puroresuspirit.com

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