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ROH Best in the World 2013 : des éclaircies à travers la grisaille

La Ring Of Honor ouvre son été par une bagarre familiale. Un Briscoe sera champion de la ROH au sortir du show. Qui l’aurait cru il y a encore trois mois ? En tout cas à Baltimore, la ROH propose le pay-per-view Best in the World, qui est donc le dernier pay-per-view de la fédération qui passera au VOD et au DVD comme avant 2009. L’action qui vous est contée sera parfois troublée par des coupures d’une retransmission montrant une action vive mais très perturbée.

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Dans un grand gymnase avec pour une fois beaucoup d’espace -ce qui manque assez souvent autour des rings de la ROH d’habitude-un premier match pas emballant pour un centime. Mike Bennett devait ensuite prendre la voie rapide pour filer à New York participer au show de la FWE (rendez-vous demain) et ça s’est vu très vite car déjà que son in ring n’est pas fameux, il touche carrément au néant. Contre le vieux briscard BJ Whitmer bien plus à l’aise avec des objets que dans un match simple, l’action est faiblarde et ne décolle jamais. Bob Evans qui accompagne avec Maria Mike Bennett fait même un ridicule passage sur le ring, une intervention ratée qui le fait passer pour un manchot avec une belle glissade. A l’arrivée, BJ Whitmer gagnant, Bennett ne bat donc pas pour une fois un vieux briscard mais il était surtout intéressé de ne pas louper son avion.

Le match par équipes ne manque pas d’intérêt car entre les American Wolves, tauliers qui ne semblent plus avancer vers un but particulier sinon reprendre les titres par équipes, et la jeune équipe des high flyers composée d’ACH et TaDarius Thomas, des airs de temps changeant rodent. Les jeunes voltigeurs sont particulièrement mis en valeur face à notamment un Davey Richards particulièrement éteint et qui confirme une humeur assez ambigüe depuis des semaines maintenant.  Thomas surprend, au relais d’un ACH toujours aussi percutant, il est l’auteur d’une surprenante séquence très intense sur Eddie Edwards. Mise en valeur des jeunots mais les tauliers font ce qu’ils faut, et tel un loup racé, Richards stoppe le 450 splash d’ACH et fait le tombé, illégal tout de même vu le pied d’ACH sous la corde. Les American Wolves continuent de semer le doute.

Le doute colle aussi au matricule d’Adam Cole, déchiré entre la frontière du bon et du salaud. Contre Roderick Strong dans un match au carrefour des objectifs, Cole a le gout de le revanche. Et après un match très rythmé et très engagé où Strong a montré des choses qu’il montre peu, la fin pose des questions en étant décevante. Adam Cole est donc passé salaud étant donné son attitude de fin de match où après un kick envoyant Strong à travers une table à l’extérieur il commence à relever son adversaire avant de le lâcher. Une victoire par décompte à l’extérieur peu banale à la ROH sachant que le compte va tout de même jusqu’à 20 ! En tout cas, cette victoire à minima plait vraiment à Steve Corino, leader de S.C.U.M, qui abandonne sa position de co-commentateur pour aller féliciter celui qui pourrait vite devenir son nouveau poulain.

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Pour le retour récent de Tommaso Ciampa, grand blessé de la dernière année, une sacrée montagne se dresse. Chercher Michael Elgin n’est pas forcément une bonne idée, à part si on veut tester qu’on est bien remis. Et là-dessus c’est le cas car le combat est très dur, avec notamment de la destruction propre à l’extérieur du ring à laquelle Ciampa résiste. Il faut un Lariat très puissant (porté à la manière d’Okada à la NJPW) pour mettre fin à un pur combat dont le vainqueur Michael Elgin sort autant amoché que le vaincu Tommaso Ciampa. QT Marshall veut en profiter après le match et régler des comptes sur des hommes affaiblis mais ces monstres de puissance en ont encore un peu et une coupure plus tard on voit que Marshall n’a pas pu faire ce qu’il voulait et qu’il repart aussitôt après être rentré sur le ring et on aura un autre commentateur avec Kelly après l’entracte consacrée à l’histoire entre les deux fréros Briscoe qui se battront en main event.

Après l’entracte, on trouve enfin la paix à la table des commentateurs. Kevin Kelly a vu à ses côtés Steve Corino, Veda Scott -ah bah non en fait-, RD Evans se succéder. Là avec le boss Nigel McGuiness, il peut se dire qu’il n’aura pas à surveiller la chaise d’à côté après chaque match, après cet étonnant jeu des chaises musicales de la première partie.

Pour le titre Télévision, même configuration que pour les deux fois précédentes pour le tenant Matt Taven. On change simplement les adversaires, car cette fois pour S.C.U.M il y a Jimmy Jacobs, et pour les bonnes âmes de la ROH il y a Jay Lethal. Côté accompagnement de Taven, il y a la sublime Scarlett Bordeaux et la plus costaude Selisia à la robe bien trop courte et surtout complètement perdue pour se placer lors des présentations. Ce match souffre particulièrement des coupures de retransmission symbolisées par une fin qu’il est impossible de décrire, juste de dire que Matt Taven s’en est sorti. Mais avant les coupures, moment moins 18 ans avec Scarlett Bordeaux qui se fait carrément enlever le haut par Lethal, un fantasme qui a embrasé la salle qui ne savait pas trop quoi penser d’un match fouillis où les Ouplah Girls de Taven ont joué leur rôle au-delà même, prenant le spotlight du match.

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Même configuration que pour le match précédent concernant les titres par équipes cette fois. Les champions heels et opportunistes -l’équipe reDRagon de Kyle O’Reilly et Bobby Fish- , l’équipe S.C.U.M -Rhett Titus et Cliff Compton- et l’équipe face de la ROH -Cedric Alexander et Caprice Coleman- sont dans un cercle d’affrontement classique dans cette ROH version 2013. Le combat est rapide, peut-être un peu trop, très fluide et acrobatique avec des équipes expérimentées. Là encore, la soirée ne semble pas se placer sous le signe du changement car les champions en titre finissent par conserver leur bien, toujours avec autant de roublardise qui est leur marque de fabrique. O’Reilly KO est ainsi placé par Fish sur Alexander pour finir. Ils démontrent encore une fois que face à toute adversité, ils trouvent la clé même si un jour on pourrait avoir un peu moins de roublardise de la part de ces deux excellents techniciens.

Le noeud de la bataille larvée entre S.C.U.M se retrouve avec l’homme entre les deux, Kevin Steen. Repassé face, ce dernier expérimente aussi les frustrations ces derniers mois, depuis la perte de son titre de la ROH. Là, il retrouve dans un match affiche Matt Hardy qui se fait remettre à sa place par rapport à son frère Jeff avant le match, niveau témérité. Hardy a gagné pas mal de heat avant même le match grâce à Steve Corino, bashant bien comme il faut le public local. Il est béni avant même le début du match, avec Kevin Steen et Nigel McGuiness qui se compliquent les choses en décidant que ce serait sans disqualification. Excellent pour le bordel, moins pour le résultat pour Steen encore défait. Le match est frustrant en soi, car plusieurs spots possibles sont finalement évités et le déroulement du match ne surprend pas du tout avec ces interventions logiques et attendues de S.C.U.M. La seule prise de risque réelle sera directement payante pour Matt Hardy qui envoie par le Twist of Fate Kevin Steen la tête la première sur deux chaises. Les chaises, la clé de la destruction de Steen qui va passer l’été au frais probablement tandis que S.C.U.M, sans titre, trouve le moyen de sortir renforcé.

Avec un main event entre les deux frères Briscoe, Jay, l’ainé champion et Mark, le plus jeune frère qui avait pourtant renversé son frère pour son tout premier match il y a 10 ans de cela, la ROH vise un déchirement familial. L’unité entre les deux complices semble pourtant là sous l’oeil de la famille entière. Le sous titre du PPV « No One Fights Like Family » implique une dramatique différente. Un match avec un rythme très coupé, il y a des allures de rounds d’un combat de boxe. L’ainé balloté dans la première partie du combat trouve les ressources pour s’accrocher sans être réellement mis en danger. Dans un match pas vraiment de l’étoffe d’un main event, la dramaturgie particulière porte tout de même jusqu’au bout malgré un ennui certain, mais finalement pas de suspens, Jay frappe avec le Piledriver sur Mark et conserve son bien, dans une stricte intimité familiale assez curieuse, détonnant avec les fins explosives en ambiance qu’il y a habituellement à la ROH.

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Best in the World a été malheureusement très perturbé par des coupures — qui ont poussé la fédération à abandonner les iPPV – qui ont surtout donné droit à des ratés en première partie, dans les matchs paradoxalement les plus intéressants sur le contenu. Une trop grande sagesse dans le main event qui fait que les choses sont parfaitement réglées pour des Briscoes nullement inquiétés au sommet et finalement, rien ne change pour les titres, une stabilité printanière a été été trouvée, reste à voir si elle survivra à un été sans évènement majeur, mais possiblement piégeur.

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