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AAA Triplemania XXI : la Fiesta Loca

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Le Mexique garde son triple A, ou plutôt l’AAA se renforce en cette année 2013 dans un pays où la fameuse Lucha Libre recherche un second souffle ces derniers temps. L’AAA s’est coupée en deux pour grandir, élargissant sa vision dans deux brands, Evolucion et Fusion. Mais pour Triplemania, le grand évènement de l’année dans la monumentale Arena Ciudad de Mexico, tout le monde est réuni pour le tout premier pay-per-view de la fédération mexicaine. Enfin presque, car ce fut en total raté et le 16 Juin aucun acheteur n’a pu voir correctement le show. La compagnie a mis ainsi en ligne gratuitement pour tous l’intégralité du show, la fiesta puede començar.

Sur un ring octogonal de grande taille, l’AAA débute son Triplemania par un concert de feux d’artifices suivi d’un match par équipes mixtes. Toutes les catégories sont représentées dans chaque camp avec d’un côté le nain Dinastía, le costaud El Elegido, et les femmes Faby Apache et Pimpinela Escarlata opposés au nain Mini Abismo Negro, au costaud Silver King et aux femmes Mamba et Taya Valkyrie. Dans la volonté de faire le show au maximum, on est mis dans l’ambiance d’une boite de nuit avec une attention particulière sur les entrées, faites une par une avec une tendance complète à la boum.

Forcément le déséquilibre de temps avec le match se ressent, d’autant que la fameuse stipulation au meilleur des trois tombés n’est ici pas présente comme durant tout le show. La première équipe s’impose à l’issue d’un scénario de pure telenovela sur le ring, ce genre de séries genre Feux de l’Amour chez nous dont l’Amérique du Sud raffole. Un côté comique totalement assumé avec des oppositions ultra libres. Et après une première partie très caricaturale en mouvements très grossiers, la seconde est plus agréable, Faby Apache montrant des qualités au-dessus du lot en faisant le tombé vainqueur.

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Beaucoup d’à côtés et de jeux de lumière entre chaque match et le prochain a pour lot au bout un match pour le titre poids lourd de l’AAA plus tard dans le show. Affrontement typique du bien et du mal dans ce match sans disqualification entre le Tecnico Heavy Metal soit le face et le Rudo Chessman soit le heel, ce dernier ayant une tenue identique à Kane. La différence de styles est assumée et Chessman fait tout dans le match, étant l’auteur du mouvement du match expédiant son adversaire à travers une table à l’extérieur grâce à un spear. Heavy Metal aura pu réserver ses moves pour tout à l’heure, étant là opportuniste au maximum.

L’action s’annonce vive pour les titres par équipes vacants dans un match à élimination entre Crazy Boy et Joe Lider, Angelico et Jack Evans, Drago et Fénix, Mr. E et Sexy B et Psicosis – ancien de l’ECW- et Daga représentant les Perros del Mal. La première équipe nommée sort vainqueur d’un beau morceau très équilibré où chaque équipe a son moment. Débuté par une montagne originale,  le match tient son rythme imprimé par chaque équipe qui a ses propres caractéristiques. Celle qui fait le match est éliminé et ainsi de suite dans un rythme très linéaire et bien agréable d’où Crazy Boy et Joe Lider sortent vainqueurs, félicités par Vampiro qui parle ensuite du respect que ne possède pas Konnan qui vient et ressort avec une bordée de sifflets.

On retrouve la partie TNA comme chaque année dans le show avec la présence de Matt Morgan sous un jour très patriotique et de l’habitué de Triplemania Jeff Jarrett, qui sont accompagnés par Monster Pain, un sado-masochiste qui aime les plaisirs sexuels soutenus. Leurs adversaires Monster Clown, Murder Clown et Psycho Clown sont tous échappés d’un cirque et rentrent sous les musiques des Looney Tunes, du cirque, bref des gentils clowns. On poursuit dans le cirque un match qui ne se prend jamais au sérieux et où les heels dégustent de bout en quasi bout, la présidente de l’AAA Marisela Peña y met même du sien en humiliant Karen Jarrett. Mais au bout sans rien faire, Jeff Jarrett fait le tombé victorieux et finit avec le beau rôle, vite oubliable cet ensemble.

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Du spectacle pour l’entrée de Toscano Jr. qui défend son titre Mega Campionato contre Heavy Metal qui ne s’est pas particulièrement fatigué précédemment. Entre ces deux lutteurs sans masque aux gabarits identiques, pas vraiment de pure lucha libre mais un match montant en intérêt et bien construit. C’est loin de partir dans tous les sens, et le déroulement est même très dans les normes nord-américaines et européennes. Le champion conserve son titre avec un Inverted Clash depuis la deuxième corde, propre mais sans plus. Une légende vient le défier ensuite, Ray Mendoza Jr., avec prochainement un choc générationnel.

Et qui dit grand show annuel dit mise à l’honneur du mur des légendes car il est bien présent là-bas aussi, avec le Salon de Fama et l’entrée cette année d’Abismo Negro, qui se voit remettre une plaque en présence de sa famille pour un hommage sobre mais sympathique.

Autre match très attendu pour une ceinture, El Mesías qui défend son titre Latin America contre Blue Demon Jr. Une cassure s’opère entre les deux hommes et le public, pas vraiment friand de la production sur le ring. Et il le fait savoir rapidement, car le public mexicain a une âme de connaisseur. On passe à une deuxième partie de show réservée aux pointures pourtant, avec El Mesías loué comme la crème de la crème de la crème. Pas vraiment là. Entre ces deux gabarits lourds, l’action est l’oeuvre de deux vétérans qui font une prestation sans rythme et pleine d’ennui. C’est surtout le champion en titre qui fait l’unanimité contre lui et le public accueille avec satisfaction la victoire par un Sharpshooter modifié de Blue Demon Jr. Avec l’arrivée du partant LA Park pour remettre la ceinture, cela se fait en toute sportivité et respect entre tout ce monde, le vaincu remettant même la ceinture entre les hanches de son vainqueur.

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Dans cette place accordée aux légendes respectées par le public, l’efficacité d’un combat entre Dr. Wagner Jr., Electroshock, La Parka et Octagón d’un côté et Canek, Máscara Año 2000, Universo 2000 et Villano IV de l’autre bat son plein. Un match au rythme particulier entre les Tecnicos, premiers cités, et les Rudos, seconds cités. Les Rudos ont la part belle sachant qu’ils allaient forcément perdre à la fin. Les Tecnicos attendant un temps avant de se mettre réellement en évidence, avec pour certains l’art de ne se tourner en dérision. La star en vue est surtout Dr Wagner Jr qui est l’auteur du tombé final d’un match au rythme pépère avec quelques accélérations à base de Tope Suicidas. Mine de rien dans le lot, avec leurs entrées et le match, les anciens ont tenu 40 minutes.

Un émouvant hommage est rendu à Hector Garza, malheureusement décédé récemment des suites d’un cancer.

En main event, pas de titre mais ce match fameux des grands évènements dans la Lucha Libre, le Lucha de Apuestas, un match de paris risqués. Pas de masque en jeu pour cette fois mais des cheveux donc toujours une partie de l’honneur, mis en jeu entre El Hijo del Perro Aguayo et Cibernético. L’action part très fort avec l’envie rapide de faire mal et de faire saigner, ce qui arrive tout de suite pour Cibernético écrasé par un début furieux de son adversaire venant des Perros del Mal. Sans règle, on est dans un environnement hardcore. Le public ne semblait venu que pour ce match, tellement les décibels ont été plus hauts que pour le reste du show. On rentre donc dans tout autre chose par rapport aux 3 heures précédentes. C’est souvent du 3 contre 1, Cibernético l’homme aux cheveux longs étant pris par les Perros. Après un début prometteur et le sang partagé entre les deux combattants, l’action s’éteint avant de reprendre plus fort à base de KO et de tension où le Rudo Hijo del Perro Aguayo s’en sort bien au bout du compte, finissant par la force du Double Stomp son adversaire et le plonger dans le déshonneur. Sous les pleurs de ses fans, Cibernético, la figure en sang,  passe ainsi chez le coiffeur pour achever le show pendant que son adversaire se proclame nouveau Dieu de la Lucha Libre qui reçoit carrément un hommage de grand champion avec « We are the Champions ».

Entre respect et honneur, les deux valeurs essentielles de la Lucha Libre, l’AAA a fait planer surtout ces deux aspects. Dans cette action in ring plus laborieuse et moins aérienne que chez la CMLL, avec cette règle différente du tombé solo, la Lucha Libre est aussi croisée avec le catch dit européen. Parfois sympa, parfois ennuyeux. Niveau spectacle pur en production et environnement, l’ambiance d’un grand show était là mais in ring, même si certains matchs ont eu un bon déroulement, il n’y a pas eu de grande envergure.

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