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Dragon Gate Kobe Pro-Wrestling Festival : Des histoires de clans et de gloire

Un an après son premier pay-per-view Dead Or Alive, la Dragon Gate, fédération japonaise discrète face à la NJPW ou la NOAH, propose un deuxième pay-per-view. Etre dans l’ombre des géants ne veut pas dire que la fédéréation créée en 1997 par Ultimo Dragon et anciennement nommée Toryumon ne regorge pas de qualité. A Kobe pour son plus grand show de l’année, tous les titres sont en jeu et la guerre des clans qui caractérise cette fédération est plus que jamais d’actualité.

Dragon Gate - Kobe Pro Wrestling Festival

La mise en place du pay-per-view est soignée avec les commentateurs qui évoquent d’abord chacun des matchs de la carte. Ensuite, la salle de Kobe bénéficie d’une grande surface et la rampe est particulièrement imposante, ce qui donne vraiment l’impression d’un show de l’année pour la Dragon Gate. Deux entrées l’une à côté de l’autre avec la tradition du Puro de la couleur rouge représentant les heels et la couleur bleue représentant les faces -enfin dans la majeure partie des cas-, voilà pour le décor d’un show retransmis avec les même moyens techniques que la NJPW, parfait donc.

Le show débute par un slam avec un micro au fil vraiment long qui permet à Rich Swann de se lancer dans un rap rythmé. Dans cet opener à trois contre trois, trois catcheurs masqués, une tendance bien présente au Japon. Avec des gabarits tous explosifs, petits et légers, le rythme est enlevé et à l’avantage de l’équipe Rich Swann, Syachihoko BOY et Super Shisa. Chihiro Tominaga, Super Shenlong et Kotoka ne sont pas en reste mais Swann est intouchable dans le match qu’il emballe lui-même. Le public n’a jamais vraiment décollé malgré l’action plaisante, comme si le show n’avait pas encore réellement commencé.

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L’impression est confirmée avec le match qui suit et où le public s’ouvre alors réellement. Curieux que le signal de l’ambiance soit donné par un match à teneur comedy wrestling. Le match à soumission d’abord le plus court de l’Histoire avec la légende Yoshiaki Fujiwara qui soumet en 5 secondes l’excentrique diablotin au sens premier du terme, Stalker Ichikawa. Vêtu comme un diable ayant trempé dans une ruche avec ses antennes, Ichikawa est le personnage purement comédie. Et ne voulant pas rester sur ces 5 secondes expéditives, le match est relancé. Le public peut alors librement s’exprimer avec Ichikawa en amuseur des foules qui fait deux fois le tour des cordes comme un équilibriste avant de se prendre la soumission car quand même, il était temps de finir de rire pour Fujiwara qui repart avec une grosse bouteille de champagne.

La force face à la souplesse, c’est le slogan du match 3 contre 3, pas vraiment équilibré et surtout à 2 contre 1. Du clan des Jimmyz, Jimmy Kagetora est le plus souvent actif sur le ring, davantage que Jimmy Susumu et le troisième partenaire aussi inexistant que son nom est incroyablement long. Mr. Kyu Kyu Naoki Tanizaki Toyonaka Dolphin, ça peut aider sur un Scrabble mais pas sur le ring dans ce match qui malgré la résistance de Kagetora va logiquement dans l’escarcelle des deux masqués costauds Cyber Kong et HUB qui font le bonheur de Nosawa Rongai pas vraiment actif mais qui n’en avait pas besoin ici.

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S’en suit une petite opposition au micro au sommet de la rampe entre CIMA le rouge et Shingo Takagi le bleu -habillé en rouge- le concept des entrées codifiées expliquées plus haut se retrouve imagée complètement à cette occasion. C’est surtout un rappel du main event.

Mais dans l’immédiat, du bordel sur le ring avec les titres Triangle par équipes, comme son nom l’indique par équipes de trois. Un match à élimination à trois équipes, donc exactement ce qu’il faut pour éviter les règles du match triple menace mais où les champions sont autant en danger finalement. Le clan heel MAD Blankey, propose des personnages assez délurés. Kzy et Mondai Ryu, personnages bien ancrées heels et Uhaa Nation leur arme puissante sont les acteurs d’une action franchement inutile dans les gradins tandis que sur le ring, le vétéran Gamma redouble d’ingéniosité avec la prise de l’élastique tendu au maximum arrivant en pleine face.  Très scénarisé, ce match fait la part belle aux mouvements impliquant le plus de monde possible. Logiquement, c’est MAD Blankey qui se retrouve bouté en premier. Il faut dire que les Jimmyz et les vétérans Don Fuji, Gamma et Dragon Kid sont faces et s’accordent donc pour régler l’affaire entre eux. Et les Jimmyz, tout à l’heure pas à leur aise, parviennent à conserver leur bien avec leur autre partie du clan composée de Genki Horiguchi HAGeeMee, Jimmy Kanda et Ryo Jimmy Saito à l’issue d’un match très varié regroupant tous les styles et au déroulement très atypique.

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Pour le titre Open the Brave Gate – tous les titres à la Dragon Gate ayant la dénomination de Gate soit Pont – le champion Masato Yoshino au physique très fin, soit une allumette prête à s’enflammer défend son titre contre K-Ness. Ce dernier, masqué, débute dans des dispositions assez inconfortables avec un saignement de nez. Mais ce petit épisode ne porte pas à conséquence et malgré une domination essentiellement de Yoshino habile sur les transitions et très précis,  K-Ness se voit proche à plusieurs reprises de réaliser la surprise. Mais finalement suite à Hell’s Gate modifié, K-Ness ne répond plus et Yoshino continue la belle soirée du clan WORLD-1 International qui compte deux victoires en deux matchs après l’opener.

Membre du clan MAD BLANKEY, YAMATO, soutenu par de nombreuses bannières massives, a une solide rivalité à conclure avec le vétéran Masaaki Mochizuki. La stipulation sans disqualification aurait été bien pensée si le match avait été différent. Or là, malgré une certaine dureté et une recherche constante du KO de part et d’autre, YAMATO a l’avantage final sur KO après un Sleeper Hold. Mais rien ne prêtait vraiment à disqualification dans ce match en fait, ce qui rend la stipulation inutile.

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Pour les titres par équipes Open the Twin Gate, la guerre des clans est frontale et implique une question de suprématie. Avec un titre solo conservé et une victoire en opener, WORLD-1 International vise le succès total avec un parfait 3 sur 3. A contrario, MAD Blankey reste sur 1 victoire pour 1 défaite ce soir et a tout à perdre, Akira Tozawa et Bxb Hulk étant les tenants du titre. La couleur rose fushia de WORLD-1 International est le tube de la soirée car Ricochet et Naruki Doi sortent vainqueurs et scellent le triomphe de leur clan. Pour cela, il a fallu un combat acharné, avec d’abord une résistance face au vice des sang et or de Mad Blankey. Puis ensuite, le style tout en mouvement des quatre hommes fait merveille avec du KO présent souvent et à l’avantage de Ricochet et Doi. Finalement, Ricochet par le spectaculaire 630 splash assure le triomphe complet de World-1 International, les rois de Kobe.

En main event, pour le titre majeur de champion Open the Dream Gate, le tenant CIMA, arrivant vêtu comme un empereur et échangeant la couronne de lauriers contre des lunettes bizarres, affronte Shingo Takagi, revenu d’une grave blessure et qui a tout de la success story au vu des bannières s’agitant lors de son entrée, même si le public apparait finalement partagé. Ce n’est pas que du catch qui est proposé mais bien un combat comme l’indique l’hymne japonais retentissant avant le début. L’analogie avec un combat de boxe est criarde avec des staffs prompts à éponger leur poulain, ce qui arrive à une reprise pour chacun des deux hommes. Du coup pour coup pendant près de 40 minutes, sur un rythme forcément découpé par la durée et marqué par du à toi à moi comme si plusieurs rounds étaient disputés. Finalement c’est l’usure et le move de trop qui apparaît pour CIMA, terrassé par Shingo vainqueur de haute lutte et aux couleurs rouge et noir allant parfaitement avec celles de la Dragon Gate. C’est donc un retour au sommet 5 ans après avoir déjà dominé…CIMA. Comme un chassé croisé de la gloire entre ces deux monuments du Puro.

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Mais décidément, la Dragon Gate se caractérise jusqu’au bout par ses clans, et les roses de WORLD-1 International arrivent alors, respectueux de CIMA, alors que les sang et or de MAD BLANKEY ne veulent pas être en reste et se régalent de l’infortune de CIMA. Un long discours entre plusieurs intervenants conclue ainsi le show avant que le champion du consensus Shingo finit par des poignées de main et des confettis la nuit.

Dans un show récompensant la gloire collective avec le clan World-1 International et la gloire collective avec le retour au sommet de Shingo, la Dragon Gate a célébré en grandes pompes son deuxième pay-per-view tenu dans une salle archi pleine. Face aux quelques mutations imprimées par la NJPW au niveau de la communication, la Dragon Gate répond bien et sans tenir une concurrence parvient à se faire une place de choix.

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