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WWE SummerSlam 2013 : Les portes grandes ouvertes pour Daniel Bryan

SummerSlam est passé, et on l’a senti : la WWE a mis le paquet pour son deuxième plus gros show de l’année. Les choses deviennent sérieuses jusqu’aux plus hautes instances de la WWE. Bienvenue à Los Angeles.

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Quand on pense SummerSlam on pense gros show. On est presque aussi enthousiaste que pour WrestleMania. Pourtant on ne peut pas vraiment dire que ce fut énorme ces dernières années. Mais le 2013 est un grand cru, on s’en souviendra longtemps. Il est le point de démarrage de ce que sera la WWE dans les prochains mois et de ce que va devenir un Daniel Bryan, et ça donne franchement envie de voir le futur.

John Cena, « The name and the face of the WWE » contre Daniel Bryan, la grande star de l’Indy américain qui tout doucement fait son chemin vers le sommet de la compagnie. Le match qui devait faire la une du show a dû partager cette une avec un autre : CM Punk contre Brock Lesnar, un match dont on se souviendra fort longtemps et potentiel candidat au match de l’année.

Mais avant d’arriver à tout ça il y avait d’autres matchs ce soir-là, quand même. Le premier voyait Dean Ambrose défendre son titre de champion des Etats-Unis contre Rob Van Dam. Une affiche qui partage. D’un côté on a un Rob Van Dam que l’on peut qualifier de vieille légende, qui a fait son temps et qui ferait mieux d’être du côté de ceux qui aident les jeunes à grimper les échelons dans le monde du catch. Mais de l’autre on ne peut nier que contrairement à ce qu’on a pu voir de lui à la TNA, il est encore capable de donner de bons matchs.

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C’est dans le kick-off de SummerSlam que les deux s’affrontent et malgré le contraste entre leurs styles bien différents ils s’entendent bien sur le ring. Là où Ambrose dirige le match, RVD suit et emporte avec lui le public — qui a quand même tendance à en faire de trop. Evidemment une intervention du reste du Shield qui se trouvait en ringside était à prévoir, une autre du Big Show et de Mark Henry un peu moins. Le tout se terminera sur une victoire par disqualification d’Ambrose quand, après avoir porté le Frog Splash au champion des Etats-Unis, RVD reçoit les honneurs d’un beau spear de Roman Reigns, permettant à Ambrose de conserver son titre.

Le show démarre vraiment ici, avec le « Ring of Fire », Kane affronte Bray Wyatt dans un match où le ring est sensé être entouré de flammes. Beau spectacle pour démarrer un show, mais il aurait peut-être été judicieux d’ajouter un peu plus d’action sur le ring, parce que mis à part Harper & Rowan qui ont tout tenté pour entrer sur le ring avec plus ou moins de maladresse, on n’a pas vu grand-chose. Ce qu’on retiendra de ce match : c’était marrant, un peu spectaculaire parce que les matchs de ce genre on en n’a plus l’habitude aujourd’hui, mais ça manquait vraiment d’action, dommage.

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Ensuite venait le tour des deux anciens coéquipiers Cody Rhodes et le Mr Money In The Bank. Un match dans lequel Cody Rhodes a quasiment tout dominé. Un match peut-être un peu court, qui aurait permis à Sandow de se montrer un peu plus. Peut-être était-ce aussi une suite logique à la rivalité où Cody Rhodes est largement au-dessus de son rival. Espérons que la suite mène à un rematch à Night of Champion avec un Damien Sandow un peu plus au-dessus.

Instant féminin : Natalya affrontait Brie Bella. Oui parce que même Total Divas a son match ce soir, ça fait un peu de pub au show de E! et puis ça fait aussi du bien de voir Natalya gagner un match de pay-per-view. Bon ce n’était pas un grand match, forcément, mais on pouvait s’attendre à bien pire. Ça n’a pas été trop vite expédié, Brie paraissait presque légitime en tant que catcheuse face à Natalya. Un Sharpshooter plus tard et elle suppliait l’arbitre d’arrêter le match. Rien à dire, mise à part le fait que finalement, ça aurait été mieux à RAW.

Le titre de champion du monde poids lourd était évidemment aussi au rendez-vous ce soir, et ça se jouait entre le champion Alberto Del Rio affublé de deux jolis yeux au beurre noir suite à une bagarre de bar et le canadien Christian dont la promo d’avant match foutait le cafard tellement elle ressemblait à une promo de retraite. Please no.

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Christian était légèrement au-dessus d’Alberto pendant ce match. Bonne alchimie entre les deux aussi. Mais l’épaule de Christian n’a pas supporté le spear et c’est à ce moment que tout s’est arrêté pour le Canadien. Del Rio a pu profiter de l’occasion pour s’en remettre et porter son Cross Armbreaker pour faire abandonner Christian et conserver le titre. C’était certes le troisième match du nom, et visiblement le dernier avant un moment. Dommage, on aurait bien vu Christian réclamer « One more match », parce que Del Rio champion ça va bien cinq minutes.

Mais le match de la soirée c’était bien celui-ci, même si le main-event était excellent, celui-ci dans un tout autre genre a fait exploser les compteurs du mark out. La stipulation ajoutée en début de soirée y est pour beaucoup, un no-disqualification pour deux bagarreurs comme eux ne pouvait qu’être brute. Et la brutalité il en est question. Assez dominé par Lesnar (logique), il aura fallu quelques chairshots de CM Punk pour allonger la bête et lui permettre de prendre un peu le dessus.

Paul Heyman était bien sûr de la partie, tentant parfois de sauver Lesnar de mauvais coups, poussant CM Punk à s’énerver sur son ancien manager et évidemment, permettant à Brock de reprendre ses esprits et de s’en prendre à Punk. Il aura fallu plusieurs tentatives, soumissions et finishers pour terminer ce match qui mériterait bien ses 5 étoiles. Un F5 sur une chaise et Lesnar l’emporte.

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C’est dans ces moments-là qu’on se dit qu’on voudrait voir plus souvent Lesnar en Weekly, et pas seulement pour se montrer en survet’ et coller un F5 vite fait avant de repartir chez lui tranquille. Il en est encore capable, même s’il n’est plus au top aujourd’hui il est toujours plus en forme qu’un Undertaker et pourrait se permettre de lutter plus souvent, dommage.

Et puis comme souvent, la WWE a pris l’habitude de faire retomber la pression avant le main-event, c’est dommage parce qu’après un match comme le précédent le public était bien chaud, prêt à mettre l’ambiance pour le main-event. Mais c’était sans compter sur cette drôle de logique si propre à la WWE qui veut que l’on mette un match de moindre importance entre deux énormes matchs.

C’est ainsi que le match par équipe mixte AJ Lee & Big E. « Friendzoned » Langston contre Dolph Ziggler & Kaitlyn a trouvé sa place sur la carte. Ce n’est pas ce que l’on a vu de mieux ce soir et en plus le titre des Divas n’est même pas défendu. Pire encore, ce match était carrément sponsorisé par une marque de biscuits apéritifs, ayant permis par le biais d’un concours à quatre personnes d’assister au match en ringside juste devant les commentateurs un paquet de Doritos à la main. Gênant.

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Alors évidemment le public se fout complètement du match mais à un point. L’action s’est majoritairement déroulée entre Ziggler et Big E. Bon l’action faut le dire vite, tu ne fais pas grand-chose d’intéressant avec un gros Big E. C’est finalement Dolph Ziggler qui remporte le match grâce au Zig Zag. Sale exposition pour Dolph Ziggler qui, il y a encore quelques semaines, était dans la course au titre de champion du monde poids lourd. Putain de commotion.

Oublions ça, voilà le main-event. On le savait que ce serait un excellent match. On le sentait qu’il allait se passer des choses. Et bien même en étant prévenu on arrive à être surpris. Quand John Cena a un adversaire de qualité tout se passe toujours bien comme il faut. Ce match a été soigné du début à la fin, avec des hauts et des bas, de la psychologie, de la technique, une bonne alchimie entre les deux et un finish bien marqué : un Running Knee de Daniel Bryan dont vous vous souviendrez longtemps. Là où l’on voit que Daniel Bryan est respecté par la WWE et John Cena, c’est qu’il gagne clean face au champ, lui. Chose assez rare pour être notée.

La suite est quasiment prévisible mais assez folle tout de même. Randy Orton vient gâcher la fête en débarquant avec la mallette de Mr Money In The Bank. L’inattendu venait plutôt de la part de Triple H qui porte un Pedigree au nouveau champion pour permettre ensuite à Orton d’encaisser la mallette. Pourtant avec le recul on se rend compte de quelques indices : Triple H qui entre avec l’autre theme song, « King of Kings », et un t-shirt d’arbitre sans le logo de la WWE. Deux heelturns en un coup, un coup de génie qui même s’il n’est pas/déjà plus champion pour le moment, permettra à Bryan d’atteindre le top de la fédération ces prochains mois.

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Quelque chose de grandiose se prépare. C’était bien préparé depuis longtemps, dans une interview Orton disait qu’il allait bientôt être au top. Un coup de génie de la part de la WWE qui sait pertinemment que désigner Randy Orton en tant que « corporate champion » énerverait facilement les fans et placerait Daniel Bryan en tant que victime du système. Un grand boulevard s’ouvre à lui désormais. Acclamé comme jamais par le public, très certainement apprécié par la WWE, il est bien parti pour devenir la top star de la WWE ces prochains mois à la manière de CM Punk en 2011.

Le reste est tout tracé. Si pour l’instant Daniel Bryan semble seul face au clan McMahon/Orton/Triple H, il ne tardera pas à être suivi par d’autres lutteurs un peu injustement délaissés. Dolph Ziggler est un exemple parmi d’autres, qui dans une interview réalisée pour WWE.com dit qu’il n’a jamais eu confiance en Triple H. On imagine aussi très bien CM Punk le rejoindre.

La WWE est à un nouveau tournant de son existence, cette nouvelle ère dont on  parle beaucoup ces derniers mois se met tout doucement en place et c’est le moment si vous avez un peu lâché la WWE ces derniers temps de vous y remettre. On va kiffer nos races.

Photos : WWE.com

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