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Night of Champions 2013 : Pas vraiment bon pour le business

Il est des fois où l’on est vraiment en droit d’attendre beaucoup d’un pay-per-view, surtout quand il se déroule pendant LA storyline de l’année, celle qui nous tient vraiment en haleine depuis SummerSlam. On attendait donc beaucoup de ce pay-per-view qui allait soit disant entrer dans l’histoire. 

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« What’s best for business », ne cesse de nous répéter celui qui a définitivement enfilé le costume de COO et qui dirige d’une main de maitre le côté sombre de cette rivalité, Triple H. Nous étions donc en droit d’attendre un pay-per-view qui resterait dans les mémoires. Surtout quand on se permet d’ouvrir ce même show par une promo pour nous dire que Night of Champions restera dans l’histoire. L’intention est bonne, mais on a beau être dans le kayfabe, mentir c’est toujours mal.

Histoire de bien montrer que nous sommes dans un pay-per-view où les différents titres sont les stars de la soirée, on a eu le droit à plusieurs petits sondages sur qui furent les meilleurs champions de telle ou telle catégorie, réalisés via la WWE App, topstar 2.0 de la fédération. Des sondages aux résultats plus que douteux quant à leur véracité. On a eu le droit à Hogan meilleur champion de la WWE, Sting meilleur champion des Etats-Unis,  Booker T meilleur champion du monde poids lourds — alors qu’il y avait l’Undertaker et surtout Edge dans la liste, inadmissible.

À Night of Champions donc, tous les titres sont donc en jeu. Même si on a pu en douter jusqu’à ce que Curtis Axel prenne le micro pour hausser le ton face à Triple H, sans aucun stress, alors que quelques semaines plus tôt même le Big Show devenait tout pâle à l’idée de sortir ses quatre vérités au roi des rois. On s’en serait bien passé cela dit, puisque l’idée de Triple H était de désigner le premier type qu’il croiserait en backstage comme challenger au titre Intercontinental. On a échappé de peu à Hornswoggle.

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Le gagnant c’est Kofi Kingston qui doit souvent trainer près de l’entrée des catcheurs, au cas où. Oui, encore Kofi Kingston qui ne sert qu’à catcher — et parfois gagner — dans des matchs pour les titres secondaires. Sacré job. On aurait pu espérer voir CM Punk obtenir cette place et même ce titre, ce ne serait que mérité.

Le problème n’étant en tout cas pas le catch de Kofi Kingston qui s’allie pour le coup assez bien à celui de Curtis Axel. C’est d’ailleurs la seule chose que pouvait avoir ce match, du bon catch parce qu’il n’y avait pas de storyline. Tout reposait sur le fait que Paul Heyman et Curtis Axel ne s’entendaient pas super bien suite à une mésentente durant la promo qui l’a précédé, et que ce dernier devrait se débrouiller seul.

Et puis comme c’était Kingston on ne pouvait pas s’empêcher que sur un coup de fille de petite vertu la WWE ait décidé de changer le titre de hanches, comme ça d’un coup. Heureusement il n’en sera rien, Axel parviendra même à s’échapper d’un SOS de Kingston pour pouvoir lui-même terminer le match et conserver son titre.

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Puis toujours dans la logique de devoir mettre en jeu tous les titres ce soir, et pour le coup ça n’a pas dû être facile pour la WWE qui a souvent du mal à caser celui-ci, le titre de Championne des Divas détenu par AJ Lee a le droit à un Fatal 4 Way. En lice pour ce match : Natalya, Cameron et Brie Bella. AJ semblait totalement en difficulté au début, si bien qu’on a cru qu’elle perdrait le titre, seule face à trois ennemies qu’elle a descendu lors de son excellente pipebomb assassine à propos de Total Divas.

Ejectée du ring, elle laisse les trois catcheuses restantes en découdre, laissant à Natalya l’occasion de porter un double Sharpshooter sur Cameron et Brie. Manque de chance, AJ revient et en profite pour envoyer un joli coup de pied au visage de Natalya pour pouvoir lui porter sa soumission, le puissant Black Widow, et lui permettre de conserver sa ceinture.

Un petit festival de botchs ce match, mais les divas font toujours mieux que ce qu’elles étaient il y a quelques années et ça c’est toujours appréciable.

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Toujours un peu plus loin dans la connerie, c’est Rob Van Dam qui petit à petit fait son chemin vers un titre majeur, celui de champion du monde poids lourds. Le titre qu’on n’a jamais voulu rendre à Ziggler — un truc qui nous reste en travers de la gorge, toujours. Rob Van Dam qui se retrouve affublé d’un Ricardo Rodriguez qui a retourné sa veste.

C’était malheureusement assez chiant, RVD a semblé à son avantage pendant tout le match. Si la disqualification sert souvent le heel pendant un règne, il faut au moins qu’elle soit originale et surprenante. Ici c’est juste Alberto Del Rio qui refuse de lâcher la soumission alors que RVD se trouve dans les cordes. On se serait cru dans un match rapide de weekly. Enfin cela nous évite quand même pour l’instant de voir RVD champion.

The Miz contre Fandango avait une storyline plus construite que le précédent match. Cela  ne le rendait pas plus intéressant non plus, il suffisait de consulter le public pour le savoir, mais c’était à noter. Même s’il a encore bien botché dans ce match, The Miz est resté l’homme fort de l’affrontement. Même s’il a aussi botché comme à chaque fois le figure-four leglock, mais on a l’habitude maintenant.

Avec ce match on ne sait pas si on doit être content pour Fandango parce qu’il a des matchs de PPV contre des gens trop bien pour lui ou si on doit plaindre The Miz parce qu’il a des matchs contre des adversaires pitoyables depuis des mois. Cruel dilemme.

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Le match qui réveille (enfin), le second de la soirée pour Curtis Axel qui devait affronter avec Paul Heyman l’ancien protégé de ce dernier, CM Punk. Si tout avait bien commencé pour l’enfant de Chicago qui a fait abandonner Axel grâce à l’Anaconda Vice après plusieurs minutes de belles actions, les choses ne se sont pas passées comme prévu quand il a fallu s’attaquer à Heyman. Pire scénario ever, après quelques coups de Kendo Sticks et un menottage plus tard, Ryback est venu en aide à Heyman et a permis à ce dernier de gagner.

La WWE continue de nous imposer cette imposture de Ryback alors que le public n’en a toujours rien à faire. Le mettre aux côtés de Paul Heyman n’est absolument pas rassurant, on va le voir plus souvent, et certainement pour encore longtemps. Personne ne veut ça.

Le titre des Etats-Unis a lui souffert d’un trop court match, parce qu’on en a déjà perdu beaucoup ce soir. Dean Ambrose défendait son titre contre Dolph Ziggler, qui n’a rien pu faire contre un Ambrose largement au-dessus de lui pendant tout le match. C’est dommage parce qu’avec une dizaine de minutes en plus et on avait de quoi laisser les deux s’exprimer de par leurs capacités in-ring et on avait un excellent match.

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Mais ce n’est pas fini pour le Shield. Le reste du clan devait défendre ses titres de champions par équipes contre les vainqueurs du Tag Team Turmoil Match organisé plus tôt dans la soirée pendant le Kick-off, les Prime Time Players. Un Tag Team Turmoil accéléré, coupé par des pubs et finalement oubliable.

Malheureusement même constat pour ce match, quand la carte est surchargée (inutilement) il faut couper, ajuster certains matchs pour que le main-event puisse avoir lieu dans de bonne conditions. Et puis cette place sur la carte d’un pay-per-view est parfois fatale, juste avant le main-event, le public est rarement dedans.  Le match s’est terminé sur une arnaque à l’arbitre, comme souvent, avec ce dernier qui part voir Darren Young éjecté du ring pendant que Roman Reigns porte un spear à Titus O’Neil dans le dos sans que l’arbitre le voit, permettant ensuite à l’homme légal de faire le tombé. Un classique.

Et puis vient le main-event. Enfin. Un main-event assez étrange d’ailleurs. Aucune intervention n’est autorisée pendant l’affrontement entre Randy Orton et Daniel Bryan, comme annoncé en début de soirée par Triple H. Cela ne pouvait que donner quelque chose de bon et de propre. Mais c’était surestimer Randy Orton.

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Si John Cena est capable de sortir d’excellents matchs face à des adversaires de qualité comme Bryan ou Punk, ce n’est pas toujours le cas d’Orton. Et ça s’est senti ce soir. On a senti trop de temps morts, trop de lenteur. C’est comme si Orton aspirait tout le talent de Bryan pour le faire disparaitre n’importe où sauf dans ce match.

L’histoire de ce match résidait dans le fait que Scott Armstrong ne devait plus avoir tous ses esprits à la fin du match pour pouvoir faire n’importe quoi, du genre un décompte rapide. Du coup on lui a fait prendre un coup, on l’a laissé somnoler en dehors du ring pendant qu’un collègue l’a remplacé puis quelques minutes plus tard il revenait faire son boulot, jusqu’à la running knee de Bryan qui fera tomber Orton.

Et là se fit sentir le moment le plus étrange de la soirée. Bryan était champion et pourtant rien, pas de marking out, pas de grosse joie. Tout le monde attendant un retournement de situation, tout le monde attendait que Triple H apparaisse sur la rampe et fasse redémarrer le match ou un truc du genre. La storyline fonctionne super bien, on n’ose même plus croire au happy ending. Chapeau.

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Mais le main-event est la seule chose positive que l’on pourra tirer de la soirée. C’est parfaitement explicable par le fait que c’est la storyline qui occulte toutes les autres chaque semaine à RAW et Smackdown. Les autres paraissent totalement inutiles. Si Del Rio et RVD n’apparaissaient nulle part on n’y prêterait même pas attention. De même et on ne s’en plaindrait même pas, pour The Miz et Fandango.

Daniel Bryan sort champion et on n’est même pas heureux, parce qu’on sait que de toutes façons ça va mal se terminer pour lui — on le sait d’ailleurs depuis RAW. L’idée étant de faire de Bryan un martyr, cela fonctionne bien. Mais on reste optimiste parce que la storyline est géniale et parce que le vrai règne, lui, finira bien par arriver.

Photos : WWE.com

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