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CZW Down With The Sickness : L’intensité monte d’un cran

Une semaine après un PPV raté (pas au niveau de la qualité mais de la retransmission), la CZW devait rectifier le tir et rien de mieux que les repères habituels de la Flyers Skate Zone. Plus que jamais, la CZW se met à l’ère du pay-per-view, et Down with the Sickness marque la suite de rivalités avec des plaies pas tout à fait refermées.

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Après une minute de silence teintée de coups de cloche en la mémoire de Chri$ Ca$h, Shane Hollister arrive au rez-de-chaussée. Celui qui défiait le champion CZW il y a encore 7 jours passe brutalement du main event à l’opener. C’est même un peu empoisonné d’être associé pour la première fois à quelqu’un, Caleb Konley en l’occurrence. Leurs styles sont similaires, ce qui donne au moins une bonne assurance et en face l’équipe montante des Beaver Boys du fou John Silver et d’Alex Reynolds n’est pas forcément un cadeau. Le match est pourtant équilibré, assez brouillon mais il prend une bonne vitesse quand Silver se met en marche avec sa folie. Et les Beaver Boys souffrent quand même la plupart du temps et à force d’opiniâtreté s’ouvrent la victoire en malins. Hollister vit vraiment un mois de septembre qui douche son euphorie estivale.

La guerre que mènent les frères Crist à DJ Hyde leur vaut des combats rudes. Ces profils vifs se cognent au solide Biff Busick et à Sozio qui a un air de membre du groupe FBI de l’époque ECW et qui revient surtout d’une longue mise en abîme. Mais à la rudesse, les Crist répondent également avec les mêmes armes. Le match est donc rude, assez rapide, et les Crist sont encore tourmentés par Hyde arrivant en hurlant au microphone, donnant une distraction salutaire pour le roll up victorieux de Sozio. Cette guerre est loin d’être terminée, mais les Crist et la frêle Nevaeh apparaissent franchement isolés face à une armée grandissante.

Les segments ne sont pas une marque de fabrique de la CZW au contraire des grandes gueules et Matt Tremont en est une. De retour de blessure, il veut absolument un match contre son meilleur ennemi Joe Gacy. Ce dernier se pointe d’ailleurs, compliquant les évènements pour le commissionner Maven Bentley en difficulté et qui finit par accéder au désidérata de Tremont. Un match assez curieux aura lieu le 12 octobre à Cerebral avec la stipulation House of Horrors. Pas une horreur ce segment intense.

Matt Tremont CZW

Dans ce début très par équipe, autre équipe de circonstances, avec deux jeunes en plein test. Opposés le mois dernier, JT Dunn et David Starr sont cette fois associés et face à un test de référence par équipe avec les expérimentés Azrieal et Bandido Jr. Tout aurait pu indiquer que les jeunots allaient se faire manger tout crus, or il n’en est rien et après des débuts hésitants ils dominent même largement. Il faudra un semblant de mésentente, une Rolling Elbow que chacun s’envoie en même temps bien involontairement, pour les terrasser. L’expérience aura fait valoir son opportunisme.

La partie hardcore s’enclenche doucement un peu avant la moitié du show. Pas vraiment dans le premier match assez court entre Drew Blood et Lucky 13, deux petits gabarits mais aux caractéristiques différentes. Lucky ne fait que dans la voltige, ce qui lui coute des tours notamment sur des sauts vers l’extérieur. La guerre qui avait éclaboussé le main event de Tangled Web VI se poursuit. Le match se finit sans décision suite à une intervention de Ron Mathis puis ensuite chacun son homme et on repart dans les vestiaires.

Pratique pour enchaîner même si les organisateurs semblent un chouilla perdus, le match prévu entre Rory Mondo et Danny Havoc avec les règles de l’ultraviolence se fait sans transition. Le sang ne tarde pas à venir, mais pas de table étonnamment. Les stars sont des bâtons et des punaises, aussi des chaises savamment installées à l’extérieur depuis le match précédent. Havoc a l’avantage, trouvant même l’opportunité de percer un pied de Mondo qui n’a plus de chaussure. Dans un match au rythme agréable, Havoc finit assommé et il est bien précisé plusieurs fois qu’il n’abandonne pas et que le match est sans décision. Mais Mondo en veut plus et dans une volonté de destruction sort un élagueur. Mais face à la menace de la perte de son travail il lâche le bout mais pas tout à fait,car il ne manque pas de mettre un Double Stomp à Havoc installé sur une civière et qui risque de se reposer un petit bout.

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Après un entracte dédié surtout à bien nettoyer le ring, le « dépunaiser », on reprend très légèrement avec la partie comédie du show. Dans ce match mixte entre d’un côté les tourtereaux Pepper Parks l’homme et Cherry Bomb la femme et de l’autre la belle et la bête à savoir Candice LeRae et Greg Excellent, le in ring est volontairement éludé pour conter une histoire comique et en dessous de la ceinture. Parks est plus à l’aise en combattant contre la blonde Candice qui fait une suplex unique en saisissant les « balls », il fallait y penser. Moins indispensable, l’instant pervers masturbateur d’Excellent. Toutefois, par le vice, les maltraités finissent par prendre le meilleur à la toute fin et le couple repart victorieux.

Après un acte extrêmement décevant et qui avait laissé en plants le mois dernier à Tangleb Web, BLK Out et l’Osirian Portal remettent ça pour les titres par équipe. Cette fois, les plus vicieux sont Amasis et Ophidian passés à plusieurs reprises au bord de la disqualification mais pour le bien du match l’arbitre est resté laxiste. Au bout du compte, petit miracle, les BLK Out de BLK Jeez  et Ruckus s’imposent clairement même si encore une fois le match est fouillis et a été meilleur au bord du ring que sur le ring.

Pour le titre CZW poids-lourd, la nouvelle ère amorcée par Drew Gulak démarre tranquillement. Les challengers ne sont pas bien prestigieux, même si en l’occurrence Chris Dickinson a déjà eu l’occasion de matcher pour le gros titre. Mais avec sa curieuse bande nommée Gulak Campaign qui l’accompagne au bord du ring, le champion a de quoi avoir des certitudes d’avoir les arrières assurés. Mais Gulak est en difficulté, contre Hollister il y a une semaine il affrontait un gabarit similaire à lui, là il accuse un déficit de puissance mais c’est finalement fait pour lui convenir car à ce jeu-là les plus petits sont malins. Surtout lui, qui travaille toujours sur la jambe de l’adversaire pour le faire soumettre à la fin et conserver son titre. Un match au petit rythme mais pas une surprise non plus et tout de même le meilleur match pour le titre CZW depuis un bon moment.

drew gulak

Les high flyers ont la palme du main event, et ce n’est pas toujours le cas. Le mois dernier, Masada avait perdu son titre poids-lourd après un règne fleuve. Pour AR Fox, la menace est plus que jamais réelle dans ce Chris Cash Memorial Ladder match pour le titre Wired TV. Car au lieu de 2 adversaires initialement prévus, il en retrouve 3. Les données sont dès lors chargées d’imprévisibilité face à Alex Colon, Andrew Everett et Shane Strickland. C’est donc l’occasion ou jamais pour un de ces trois challengers. La destruction est terrible dans un match où l’objectif est de massacrer les autres avant de s’y mettre et du même coup la première montée se fait attendre. Mais avant, les trois échelles de la CZW ont montré une solidité à toute épreuve, une échelle étant plus petite et réservée aux sévices corporels. Et dès la première montée, l’échelle du centre casse, immense paradoxe. Everett en sort blessé non sans avoir vendu chèrement sa peau et subissant un terrifiant Lo Mein Pain de Fox contre une échelle et finissant sa soirée par un vol plané à travers une table dans un coin du ring. Une partie du roster de la CZW vient même assister à la dernière partie du match.

Le plus touché est en réalité Alex Colon, resté à terre pendant une grande majorité du match pour finalement se relever à temps et saisir la ceinture en opportuniste dans ce genre de match qui est fait par excellence pour ce genre d’attitude quand il s’agit de choisir le vainqueur. Dommage pour Fox en mode Jeff Hardy préférant le risque à l’objectif. Ce TLC a poussé jusqu’aux dernières limites ses participants, faisant de ce match un des tout meilleurs de l’année à la CZW.

Après six premiers mois très ternes, la Combat Zone Wrestling a amorcé un tournant plus intense et plus engagé qui lui sied mieux depuis le mois d’août. Down with the Sickness ne déroge pas à la règle, proposant un pot pourri spectaculaire de tout ce qui fait le sel d’une fédération malade de sensations fortes.

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