Review

NJPW King of Pro-Wrestling : la rébellion en marche

Au menu de ce mois d’octobre, la NJPW proposait le pay-per-view King of Pro-Wrestling. Beaucoup de titres étaient en jeu et les enjeux décuplés notamment dans le main event. La couronne renforcée comme jamais ou le peuple qui parvient à renverser le pouvoir des CHAOS, tel est l’enjeu majeur.

njpw-kings-of-pro-wrestling

Surprise à plus d’un titre pour ouvrir le show. Comme à l’habitude, les Junior poids-lourds sont sur le pont de départ avec les titres par équipe. Ces titres ont failli rester à la ROH cet été, ayant été brièvement sur les épaules de Davey Richards et Eddie Edwards, mais Alex Koslov et Rocky Romero reviennent de leur tournée aux Etats-Unis sans dommage. En revanche au niveau des challengers, Alex Shelley est sur le flanc en raison d’une hernie discale et du coup l’identité des adversaires change. Ce sont ainsi Taichi et TAKA Michinoku qui se voient littéralement offrir une chance pas vraiment méritée.

Et grande surprise, ils s’imposent, avec le vice aux dépens d’un arbitre baladé. Le match a mis du temps à se mettre en place puis il a été bien dynamisé par Koslov qui a été mis hors course afin que Romero soit pris finalement par le nombre. Du changement rare avec ces ceintures qui concernent très peu d’équipes.

njpw-kopw-1

Le clan Suzuki-gun a commencé de la meilleure manière ce show de la dernière chance pour le drapeau noir. Mais Minoru Suzuki doit impérativement régler le compte de sa bête noire, le déluré Toru Yano, qui l’avait encore battu pas plus tard que le mois dernier. Un match au gout vraiment particulier. Le style est très atypique et pas emballant dans les affrontements entre ces deux-là et ce combat a le gout de déplaire au public en faveur de Yano. Les menottes jouent encore un rôle primordial. Cette fois, c’est Suzuki qui va en tirer avantage à la manière du vétéran qu’il est. A la WWE Paul Heyman avait battu CM Punk en étant menotté mais là, Yano n’a aucune aide et donc l’issue est rapidement inéluctable. Suzuki tient sa pleine revanche et Suzuki-gun conclue un carton plein étonnant.

Les champions par équipe de la NWA Lance Archer et Davey Boy Smith Jr sont revenus de leur tournée américaine victorieux et en pleine confiance après être partis perdants cet été. Leurs titres ne sont pas en jeu face à leur rival éternel Hiroyoshi Tenzan. Ce dernier n’est cette fois pas assisté de Satoshi Kojima sorti blessé de son affrontement du mois dernier. Son coéquipier est le jeune Takaaki Watanabe qui monte progressivement avec son premier vrai combat en PPV. Pas de chance pour le rookie, Archer et Smith sont revanchards et dominent outrageusement et en force un combat à sens unique. Kojima assiste impuissant depuis le bord du ring à cette défaite de son coéquipier et de leur poulain. Il se retrouve même maltraité par Archer qui affiche ensuite ouvertement la volonté de reprendre les titres par équipe de la NJPW.

Après la rédemption complétée de Suzuki-gun, le Bullet Club doit lui aussi ressortir la tête de l’eau. Pas évident toutefois d’y parvenir face aux vétérans Tomoaki Honma et Togi Makabe et Kota Ibushi, qui a récemment signé pour un an et sera pour notre plus grand plaisir souvent présent dorénavant. Ibushi visera à coup sûr le titre Junior poids-lourd de Prince Devitt. Les gabarits sont équivalents et répartis de chaque côté pour un combat vivant marqué par deux oppositions, d’abord celle entre Ibushi et Devitt puis celle entre Anderson et Honma qui tourne à l’avantage final d’Anderson. Pas vraiment un match par équipe donc et Makabe et Bad Luck Fale passaient bizarrement leur temps à se battre hors du ring, pas concernés par le match. Le Bullet Club se rassure et se voit offrir d’autres objectifs.

njpw-kopw-bullet-club

Du stiff en veux-tu en voilà, c’est le menu de l’affrontement entre Katsuyori Shibata et Tomohiro Ishii. Ils avaient eu un affrontement très intense lors de la New Japan Cup  et avaient ainsi convaincu les officiels de réitérer cela dans un contexte neutre. La recherche permanente du KO avec un style pas vraiment spectaculaire mais qui a tendance à tenir en haleine est présente. La Running Knee particulièrement à la mode ces temps-ci est l’élément final vainqueur pour Shibata et son allonge aux perspectives d’avenir bien plus larges que celles d’Ishii révélé sur le tard et qui mériterait une bonne petite rivalité avec un autre adversaire intéressant.

Après l’entracte, place aux vétérans avec un affrontement plus que vu re revu entre Yuji Nagata et Kazushi Sakuraba. Dur d’être surpris et la lassitude vient vite, enfin d’un point de vue extérieur car le public est lui dedans. C’est lent, évidemment très très stylé MMA et au bout du compte Nagata l’emporte finalement sans que ce soit surprenant. Pas de connaissance du MMA donc dur de dire qui sont les deux hommes en costard qu’il défie mais c’est la réconciliation avec Sakuraba se fait pour l’organisation d’un match par équipe.

Du neuf pour le titre Intercontinental avec Shinsuke Nakamura qui défend son titre contre Naomichi Marufuji, qui se voit emporter le titre avec lui à la Pro Wrestling NOAH. L’impression de voir deux jumeaux est assez forte, tant au niveau, du look que du physique comme du style. Les débats sont très équilibrés au coup pour coup avec quelques actions brouillonnes mais l’ensemble est agréable mais le temps est un peu court. Nakamura s’en sort et voit arriver un Minoru Suzuki tout en confiance qui le défie et la bagarre CHAOS vs Suzuki-gun reprendra le mois prochain.

njpw-kopw-suzuki

Pas de neuf dans le main event en revanche pour le titre IWGP poids-lourd. Kazuchika Okada et Hiroshi Tanahashi sont les deux hommes qui en partagent la garde ce titre depuis dix-huit mois. Beaucoup d’affrontements et de batailles furieuses en PPV entre ce couple très dysfonctionnel sont à chaque fois des tournants. Ce match en est aussi un. Tanahashi abat ses dernières cartes au sens propre du terme. C’est la victoire ou la fin de ses chances pour toujours. Il est du coup différent, vicieux en simulant une blessure au début du match et en s’acharnant sur le bras gauche d’Okada puis chambreur en n’hésitant pas à prendre la pose du Rainmaker qu’il infligera aussi deux fois à son rival.

Le match est moins aérien que précédemment, davantage technique et avec différentes phases pour trente-cinq minutes. L’ensemble n’est pas le plus dense en contenu mais surement le plus fort en histoire. Un péché de gourmandise avec un 2ème High Fly Flow va couter cher à Tanahashi qui jusqu’au bout va trouver la parade, éviter les Rainmakers mais il en suffit d’un pour qu’il tombe et abandonne définitivement toute illusion. Le tour de force d’Okada est réussi mais un an après, il revoit Karl Anderson arriver avec son Bullet Club. C’était la rébellion des clans en difficulté et elle est illustrée à merveille par le Cutter infligé par Anderson sur Okada.

njpw-kopw-okada

Avec une première partie aux matchs un peu trop courts, Pro-Wrestling a baissé d’un ton par rapport à ses devanciers avant de reprendre sérieusement de l’énergie dans sa deuxième partie pour finir sur une fin dense. Suzuki-gun et Bullet Club, en ballotage très défavorable en arrivant à Tokyo, ressortent grandis et en pleine faim des titres toujours détenus par les tauliers de CHAOS. La rébellion s’organise et le pouvoir peut-il s’effriter à Power Struggle le mois prochain ?

Cliquez pour commenter

Les plus lus

En haut