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TNA Old School : Quand les bons amis se retrouvent

La TNA poursuit en 2014 sa tournée des pay-per-views One Night Only après une année 2013 catastrophique sur ce thème. Pendant les fêtes, un second souffle a ainsi été recherché à Poughkeepsie, patrie de la House of Hardcore de Tommy Dreamer.

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La salle de Poughkeepsie est la meilleure chose qui ait pu arriver à ce pay-per-view. Autant commencer par le fait qu’il y ait eu de l’ambiance dans ce coin près de New York, ce qui assez rare pour la TNA. L’annonceur est particulièrement bon et change des annonces pas mauvaises habituellement mais ici il s’agit vraiment d’une Voix.

En parlant de voix, la X-Division a comme d’habitude voix au chapitre d’ouverture. Austin Aries contre Chris Sabin, déjà ces deux-là s’échauffaient avant de s’échanger joyeusement les titres en janvier, et à cette mixture on ajoute Sonjay Dutt, l’itinérant appelé pour quelques occasions. Le mélange manque de sel, à peine éclairé par Aries et Dutt avec un Sabin trop emprunté dans le rôle du heel qui fait le minimum. Austin Aries sort solide vainqueur d’un combat court et manquant clairement de contenu, une réelle déception.

Le drame arrive avec Ethan Carter III qui n’a clairement rien à faire là. Déjà que sa présence aussi haut à la TNA est gonflante, alors ici on a droit à un combat « vintage » de ses débuts il y a trois mois contre Dewey Barnes, avec un squash rapide et très oubliable qui rappelle que la TNA d’aujourd’hui ne fera vraiment pas école pour les générations futures.

C’est tout le contraire de Bully Ray, le seul personnage vraiment réussi depuis deux années pleines par la TNA. Il retrouve son ancien pote de l’ECW Tommy Dreamer dans un match illustrant vraiment à merveille le thème du PPV. La genèse est née du show House of Hardcore 3 où Ray avait mis son bordel. Dans un street fight, l’opposition est plaisante et au coup pour coup (bas) enflamme la foule qui évidemment scande des ECW. Une table détruite, une autre presque enflammée. Encore un peu et on aurait atteint des limites déjà dépassées par l’ECW de l’époque. Mais dans cette TNA très PG pas de sang et Bully Ray qui emballe l’affaire au grand dam d’un public qui aurait voulu encore plus, et on le comprendra même si l’action tenait le coup grâce à leur expérience. Mais vraiment curieux de voir ce match placé aussi tôt alors qu’il aurait pu être le main event.

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Eric Young, Piegons lose alias Velvet Sky, Bad Influence, BroMans, Lei’d Tapa, du monde sur le ring. Un segment plaisant et qui débouche sur un match par équipe inédit à tous points de vue. Kazarian et Daniels dans une position de faces avec Velvet Sky, c’est une photo instantanée à prendre rapidement car c’est bien une histoire d’un seul soir. Mais que fait ce match ici ? Ah la question a déjà été posée il y a deux matchs, même si c’est moins dérangeant ici que pour le cas précédent.  Le travail des Bad Influence toujours très bon y est vraiment pour quelque chose et ils obtiennent avec Velvet la victoire dans un match agréable arbitré par Eric Young. On a ainsi la grosse surprise inattendue qui contrebalance la déception du début du show.

Le match suivant s’annonce comme un show stealer. Entre Abyss et Jeff Hardy l’histoire date de 2005 et d’une rivalité vraiment bonne que la TNA a eu la bonne idée de ressusciter ici dans le meilleur des matchs pour Abyss, le fameux Monster’s Ball match. Pas PG pour le coup avec du sang chez Hardy très tôt et du physique à souhait. On est donc dans des réjouissances conduites par Abyss qui frappe juste et fort sur un Hardy qui aime bien passer à travers les tables ou se prendre une chaise en pleine course. L’action reste cantonnée sur le ring mais n’en est pas moins spectaculaire, surtout aux dépens d’un Jeff Hardy qui se prend le Chokeslam l’envoyant se faire placarder le dos et le crâne par les punaises. Il a dû passer un joyeux réveillon du Nouvel An. Cependant, il réussit à pousser Abyss sur une planche de fils de fer barbelés qui lui inspire le move du show. Sa Swanton Bomb compresse Abyss entre deux planches de fils barbelés pour une victoire saignante d’un match qui aura tenu toutes ses promesses.

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Vraiment ce coeur de show est très dans le thème du show. Kurt Angle et Mr Anderson s’étaient pas mal envoyés en 2009 et se retrouvent donc logiquement ici. Problème : Kurt Angle a le genou en compote donc autant dire que sa forme est plus que moyenne. Cela va clairement handicaper le rythme d’un match correct mais très en-dessous de leurs affrontements passés. Victoire sans surprise de Kurt Angle avec son Olympic Slam qui passe comme à ses anciennes années.

Décidément ils ne se quittent plus donc logique qu’ils se retrouvent ici. On parle évidemment ici de James Storm et de Bobby Roode, déjà opposés lors de PPVs One Night Only et évidemment plusieurs fois depuis 2011. Ainsi on va revoir à tour de rôle dans ce Last Man Standing match des scènes de leurs affrontement précédents. La stipu n’est pas vraiment utilisée à outrance ce qui donne du rythme et permet plutôt des scènes sans disqualification plutôt que les barbants comptes jusqu’à 10. Bon point qui donne une phase à l’avantage de James Storm qui amène les chaises avant une deuxième phase physique tournant à l’avantage définitif de Bobby Roode à partir du moment où il envoie Storm contre des chaises. S’en suit un menottage et une bouteille de bière fracassée sur la tête de Storm comme lors du match qui a causé leur toute première discorde. James Storm ne se relève pas et Bobby Roode en profite ainsi pour conforter l’avantage dans leurs différents affrontements qui finissent souvent de la même façon.

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En main event, pas vraiment « old school » même si Magnus et Samoa Joe ont une histoire commune ininterrompue depuis 2011 mais très peu sous les feux des projecteurs. Opposés puis champions par équipe puis potes dans la Main Event Mafia et maintenant adversaires plus que jamais cette fois au premier plan. Ce match est en effet plutôt bien placé et propose ainsi une preview de leur affrontement prévu à Lockdown dans une steel cage pour le titre de la TNA que Magnus étrenne fièrement lors de son entrée et mine de rien le titre est carrément mis en jeu ici pour aller jusqu’au bout de la répétition. Cela commence mal car Magnus ordonne un avertissement public à Joe pour poing fermé. Mais ensuite l’action se bonifie sérieusement avec un Samoa Joe qui mine de rien fait souvent les main events des One Night Only. L’ennui est bien sûr qu’on ne sort pas sans surprise des shows weeklys quand il s’agit de finir le match. Ethan Carter III intervient mais sans mal, cependant cela enclenche la mécanique de fin avec un Earl Hebner étourdi et sur les fesses qui compte la victoire de Magnus qui vient de se servir de sa ceinture pour frapper Joe. Fin dommageable mais atténuée et finalement pas si choquante que cela au sortir d’un match au rythme soutenu donc plein de promesses pour le grand show dans un mois.

Surprenant à dire et à constater  : TNA Old School est un bon show. Les quelques points faibles sont rapidement dissimulés et peu de déceptions. On s’éloigne de la TNA mièvre et médiocre des derniers mois et même si on regrettera vivement l’absence d’AJ Styles et de Jeff Jarrett qu’il aurait été bon de voir ici mais qui étaient déjà partis, les forces vives présentes ont bien joué leur rôle. 2014 serait l’année de la surprise alors que la TNA n’a jamais été aussi mal gérée ? Le paradoxe permanent de cette fédération qui a rarement eu un fil clair mais a fourni ici un show cohérent et agréable.

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