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WWE Elimination Chamber 2014 : Bis Repetita

La Road to Wrestlemania est particulièrement mouvementée entre les contestations des fans sur l’absence de Bryan lors du Royal Rumble, la victoire de Batista dans ce même événement et les semaines de doute autour du départ ou non de CM Punk. C’est dans ce brouhaha de rumeurs et de mécontentement que se présentait le Pay-Per-View Elimination Chamber où les espoirs des fans se concentraient autour de deux événements : la possible séparation du Shield et l’accession au pouvoir de Daniel Bryan. Encore une fois, la WWE a rongé son frein.

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En dehors des matchs Shield vs Wyatt Family et le match pour le titre WWE World Heavyweight, la carte de cet Elimination Chamber paraissait bien faible. Des rivalités récentes, disposant rarement d’un temps d’antenne suffisant pour vraiment passionner le public. Et c’est assez logiquement que l’on a pu observer une scission majeure dans ce Pay-Per-View, où, en dehors des deux matchs principaux, seul le match pour le titre intercontinental a dépassé la dizaine de minutes. Une statistique qui paraît anodine mais qui montre la manque d’histoires derrière les matchs proposés.

Le Pre-Show entre les frères Rhodes et l’association aberrante que constitue RybAxel n’avait que très peu d’intérêt. La possibilité d’une séparation des frangins pour un match à Wrestlemania XXX ne semble toujours pas d’actualité et c’est avec une victoire clean sur un Cross Rhodes que s’en sortent les anciens tag team champions. Un match très quelconque si ce n’est le Moonsault tenté par Cody Rhodes qui semble encore très approximatif. On notera également la longueur du « hot tag », cette séquence où les deux catcheurs à terre lancent leur partenaire. On voit clairement Goldust attendre Ryback, autant dire que la fluidité du match en a pris un coup.

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Oui Dustin, c’était encore la faute de Ryback.

Évacuons également le match entre AJ et Cameron qui finit – heureusement – en quatre minutes. Un match mauvais, vraiment, même dans le standard des Divas. Pas d’enchaînements, de contres, juste un non-événement final où Tamina fait disqualifier AJ. Mauvaise nouvelle, cette DQ est synonyme de rematch entre les deux, et on ne préfère pas trop se projeter vers un tel match. Cameron semble incapable de faire un bon enchaînement sans être approximative et appréhende les coups, ralentissant un peu avant l’impact, un comble sur un ring.

Dernier match où l’intérêt était totalement absent, celui entre Darren Young et Titus O’Neil. Ici, le cas est assez différent, il y a une rivalité qui s’est dessinée depuis quelques semaines et le match était planifié. Malheureusement, personne ne s’intéressait aux Prime Time Players, et personne ne s’intéresse à leur séparation. Le rapprochement avec les Cryme Tyme est rapide et facile, mais pourtant assez juste. Le plus costaud devient heel, veut massacrer le plus agile, match de Pay-Per-View, victoire du gentil, fermez le ban. Ici la différence notable est que le match a été correct et a été gagné par Titus O’Neil.

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On doute cependant assez sérieusement du futur du big man dans un univers qui est déjà assez bouché par des superstars de même gabarit mais avec plus de talent. C’est d’ailleurs un problème récurrent de la WWE lorsqu’elle veut imposer un big man et lui offrir un push. L’horizon est bouché, il y a une impossibilité de placer un big man supplémentaire sans que celui-ci face de l’ombre à un autre. Et pour le moment Titus O’Neil ne semble pas avoir le talent nécessaire pour déboulonner les autres mieux gradés que lui. De plus, l’absence de réaction pendant le match ne va pas encourager la WWE à insister et les deux vont sûrement finir gentiment à Main Event.

Une autre rivalité récente, mais cette fois-ci autour d’un match pour le titre. Jack Swagger, plus que jamais présenté comme le maillon faible des Real Americans, affrontait Big E qui, tout comme Cesaro, a perdu récemment une partie de son nom. Un match pour le titre intercontinental assez court, bon sans être exceptionnel et qui aurait pu avoir sa place à Raw ou Smackdown. Les deux ont fait le job et la victoire de Big E pousse tout doucement les Real Americans vers la scission bien qu’il n’y eu pas de signe ce dimanche soir en dehors de l’échec de l’ancien champion du monde poids-lourd.

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Après ce match, Wade Barrett entama une série de Bad News Barrett dont le seul intérêt sera de tacler les techniciens qui s’occupent de son élévateur, celui-ci ne fonctionnant plus dès le second BNB. Heureusement, le troisième fut le dernier car si le premier où Wade Barrett tacle les USA pour avoir obtenu moins de médailles que la Russie aux JO de Sotchi était plutôt bien vu, le reste des attaques verbales était assez quelconque.

Encore peu de choses à dire autour deu prochain match entre les Usos et les New Age Outlaws. Ces derniers ont obtenu les titres au Royal Rumble et il semblait assez évident qu’ils allaient porter les titres jusque Wrestlemania. Toutefois, on peut se réjouir que la manière dont le match se termine, bien que ce soit un de ces satanés roll-up qui donne envie d’éteindre la télé ou l’ordinateur, permette aux Usos de réclamer une seconde chance et de prendre les titres à Wrestlemania.

Car il faut dire ce qui est, les Usos ont un capital sympathie énorme auprès du public et ils ont un catch vraiment dynamique. On peut aussi souligner la forme encore très correcte des NAO. Le seul soucis du match étant sa fin et sa durée. Un peu moins de neuf minutes c’est trop peu pour offrir quelque chose qui sorte de l’ordinaire si l’on veut offrir quelque chose de différent des shows weeklies.

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Dernier match en dessous des dix minutes et pas n’importe lequel. L’autre mexicain de la WWE après Rey Mysterio contre The Animal qu’on devrait abattre parce que c’est pas gentil de laisser une bête souffrir autant. Le constat est alarmant. Sept minutes de match et Batista célèbre comme s’il sortait d’un Iron Man Match. JBL et son « He looks better than ever » l’ont mauvaise. Ce match avait pourtant une histoire assez solide pour permettre une opposition plus coriace à Batista. Mais celui-ci en est tout simplement incapable.

Ce n’est pas le temps qui manquait mais bien la forme physique de Batista qui empêche la WWE de l’aligner plus de dix minutes. Le pauvre ventile comme s’il courait pour la première fois de sa vie. Pis encore, celui qui a désormais comme chant officiel « Boo-Tista » est conspué par le public. Et vous voulez que ce gars fasse le main event de Wrestlemania? On se plaignait du second The Rock vs John Cena, mais Batista vs Randy Orton sera un véritable calvaire si la WWE n’utilise pas une stipulation qui permet à Batista de s’offrir des temps morts.

Car oui, c’est bien Randy Orton qui conserva une nouvelle fois son titre dans l’Elimination Chamber Match. Mais pouvait-il en être autrement? Il n’y a pas d’histoire commune suffisante entre Daniel Bryan et Batista pour que la rivalité coule de source. Les interruptions extérieures auraient été trop nombreuses. De plus, il ne suffit pas d’offrir un main-event à Daniel Bryan. Il faut lui offrir LE main-event, un match tellement marquant qu’il sera un moment historique de sa carrière, et un match face à Batista ne serait pas idéal, il manquerait d’ampleur.

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« Ça va Dave ?
– Ouais ouais t’inquiète, je viens de refaire mes lacets. Je récupère là. »

Par contre, l’affrontement face à Triple H semble évident. L’énième intervention extérieure qui coûte le match à Daniel Bryan, ici par son ex-partenaire Kane, dirige l’American Dragon tout droit dans les bras beaucoup moins musclés qu’auparavant de Triple H. Dans un match un peu terne, on peut noter le retour dans les bonnes grâces du public de Sheamus. L’Irlandais, qui souffrait d’une baisse de popularité avant sa blessure, a été gratifié de bien meilleures réactions qu’avant son absence. S’offrant même un petit spot en effectuant le Brogue Kick sur le pod où se cachait Orton.

On notera également le Frog Splash gigantesque de Christian sur Sheamus et la trentaine de tours qu’a fait faire Cesaro à Randy Orton. En dehors de cela, une sensation de brouillon s’est faite ressentir, tout le monde enchaînant les temps forts de manière très brève. Étonnement, le manque de véritable homme fort indiscutable dans le match lui a donné sa structure assez confuse. La présence de Brock Lesnar par exemple aurait été souhaitable pour des séquences un peu plus marquées.

L’intervention de la Wyatt Family sur John Cena a finalement brisé le rythme du match jusqu’au dénouement entre Daniel Bryan et Randy Orton. Si l’intervention est logique puisqu’elle servira pour organiser le match à Wrestlemania, elle reste très terne, s’effectuant dans un beatdown classique qui rend celui du Royal Rumble un peu inutile. Pourquoi fallait-il s’attaquer à Cena lors du Royal Rumble si c’était finalement se tourner vers The Shield?

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On excusera toutefois ce petit défaut de logique de la part du trio puisque le match de la soirée restera indéniablement The Shield contre la Wyatt Family. Une rivalité pourtant assez mal agencée. Sans cesse à se tourner autour et à se répondre chacun son tour avant de finalement en venir aux mains, le match de ce dimanche fut en quelque sorte une libération pour un public en forme. Et que dire si ce n’est que l’on a l’a un candidat sérieux au MOTY. Sans stipulation, les deux équipes ont allègrement détourner les règles et si le passage à travers la table de Seth Rollins aurait dû en toute logique coûter le match à la Wyatt Family par disqualification, on fermera les yeux et appréciera la qualité de ce match remporté par le trio sectaire.

Si Ambrose et Rowan paraissent un peu en dessous de leurs partenaires respectifs, le quatuor restant a fait un travail incroyable. Luke Harper sort des sauts et prises comme s’il faisait vingt centimètres et trente kilos de moins, Rollins a fait un match (enfin) à son niveau et les deux stars de chaque groupe confirment tout le bien que l’on pensait déjà d’eux. Si Bray Wyatt avait loupé ses débuts en solo face à Kane, son match face à Bryan et ce match par équipe a permis de voir tout son talent dans le story-telling. Roman Reigns continue de se mettre en avant et dès que The Shield se séparera, ce sera sûrement à son avantage.

Dans un Pay-Per-View assez commun, le match entre les deux stables a vraiment détonné, sauvant un Elimination Chamber très loin d’être la fameuse rampe de lancement vers le final de la Road to Wrestlemania. Les yeux étaient de toute façon déjà orientés vers le Raw du lendemain avec le retour de Hulk Hogan et le lancement du WWE Network. Les résultats restent logiques mais on ne peut s’enlever de la tête l’idée que cette Road aurait pu être bien meilleure si les jetons avaient été mieux placés. On reste finalement avec le même goût amer qu’à la sortie du Royal Rumble, et le sentiment d’un certain classicisme de la part de la WWE.

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