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ROH Supercard Of Honor VIII : Adam Cole au sommet

La Ring Of Honor était aussi à la Nouvelle-Orléans en ce premier week end d’avril dont elle lançait les festivités le vendredi 4 avec le show Supercard of Honor VIII dans une salle pas pleine mais très animée par les fans Anglais et Australiens très nombreux ce soir-là. Sur le ring, toutes les têtes d’affiches étaient là et un champion unifié devait enfin être couronné après des mois passés avec deux champions.

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La première partie du show est concentrée sur le clan Decade qui ici ne fait pas beaucoup de vagues. S’étant fait une spécialité d’attaquer les partants de la fédération ou les revenants, cette fois faute d’adversité de ce calibre ce sont les jeunes pousses qui sont attaquées. Et Roderick Strong débute contre Cedric Alexander qui s’émancipe maintenant en solo après de belles choses en équipe. L’ensemble n’est pas mauvais mais pas digne d’intérêt et cela se ressent dans un match emballé finalement sans grande surprise par Strong.

Pas de grande émotion non plus quand le reste de Décade, Jimmy Jacobs, BJ Whitmer et le jeune Adam Page, affrontent ACH, Tadarius Thomas et Andrew Everett. La déception réside dans le fait de n’avoir cette fois pas vu à l’oeuvre le talent d’ACH. C’est cette fois Everett, l’ancien Chiva Kid, qui sort son épingle du jeu, déclenchant les hourras du public avant de laisser la place à la victoire de Decade sur Thomas.

Il n’y a pas de match mais un segment ensuite avec Matt Taven qui a lâché Truth Martini qui n’apprécie pas et utilise son livre inflammable pour une petite vengeance. Un autre segment de Matt Hardy plus tard se déroulera histoire qu’il attire de la heat, et c’est bien le but recherché des segments qui sont monnaie rarissime dans un show ROH de cet acabit.

Dans ce week end qui se terminera pas une streak abattue comme vous le savez, la ROH joue avec la streak fantaisiste de RD Evans, le manager devenu catcheur et restant sur 82 victoires pour 0 défaite, toutes acquises dans des conditions rocambolesques et beaucoup grâce aux distractions de son avocate Veda Scott. Là, l’obstacle Silas Young est plus élevé et ça se ressent dans un match où Evans évite tant qu’il peut la puissance de Young qui lui inflige une Electric Chair. Mais il faut jouer au filou pour s’en sortir et ainsi, Veda Scott remet une ceinture à Silas Young tandis qu’Evans joue la victime d’un coup imaginaire. La fin est confuse et Silas Young se retrouve piégé par le vice d’un 83-0 acquis sur une disqualification d’un arbitre malencontreusement frappé par Young qui avait cru un instant ensuite avoir gagné quand un autre arbitre était venu acter sa victoire par tombé. Débridé.

RD Evans

Mike Bennett a beaucoup progressé en un an, se faisant une spécialité des matchs à stipulation. Ainsi, dans ce no disqualification contre Mark Briscoe plus que jamais loup garou déjanté et surtout dérangé, Bennett subit mais n’oublie pas de mettre les coups les plus forts, dont un Spear envoyant Briscoe à travers une table sur le côté de l’entrée. Une action qui échappera totalement aux commentateurs et restant dans l’ombre, preuve que la ROH a encore des progrès à faire en vue de ses prochains débuts en PPV. Bennett l’emporte par KO après le Conchairto et l’Anaconda Vice vite stoppé face à un Briscoe inanimé qui avec ce coup aura recouvré de l’esprit il faut espérer.

La deuxième partie du show annonce les combats à enjeu avec plus d’intensité. Trois équipes d’abord se disputent le morceau avec une mise en valeur évidente des Forever Hooligans. Rocky Romero et Alex Koslov aiment faire des aller-retour entre la NJPW et la ROH et ils le montrent bien, donnant le plus souvent le change à Bobby Fish et Kyle O’Reilly. La troisième équipe est plus discrète, là pour prendre les coups, avec ses deux Top Prospects Raymond Rowe et Hanson, barbus costauds faisant un peu penser à la Wyatt Family. Seul Hanson avec un gabarit de viking bien en chair montre un instant qu’il a une étonnante vivacité. Mais au final, l’affrontement se finit bien entre les reDRagon et les Forever Hooligans et comme d’habitude, Fish intervient et O’Reilly fait le tombé en filou sur Koslov. C’est un film dont on connait toujours la fin.

Les hostilités sont donc bien lancées à présent et la rivalité entre Tommaso Ciampa et Jay Lethal prend un tournant final. Pour le titre TV, l’affaire se joue au meilleur des trois tombés mais il n’y en aura que deux avec une énorme surprise. Martini disait qu’il ne reste jamais seul et en effet, après que Jay Lethal ait remporté un premier tombé disputé, on voit débarquer le gourou chevelu qui remet à Lethal le gros protège genou dont s’était délesté Ciampa. Lethal l’utilise et malgré une résistance de Ciampa, Truth Martini manage à nouveau un champion TV.

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Le 17 mai prochain se déroulera le show War of Worlds qui s’annonce explosif avec le mélange avec les têtes d’affiche de la NJPW. Le match entre Michael Elgin et Kevin Steen sert à déterminer l’adversaire du champion de la NJPW qui sera soit Kazuchika Okada soit AJ Styles. Autant dire que la salive pend déjà aux lèvres. Et cette opposition entre Elgin et Steen, deux gabarits très similaires, lourds et puissants mais vifs également, va donner lieu à un match tout simplement ébouriffant.

Il s’agit d’un must see et d’un candidat au Match of the year. Le rythme est très élevé, il n’y a aucune respiration, tout s’enchaine avec une extrême richesse du contenu. Donc tout se joue sur un coup de dés et Steen va plier et rompre sur son propre mouvement, ironie du sort. Elgin ne peut pas l’abattre avec sa Sitout Powerbomb alors il utilise le Package Piledriver gagnant. Il peut ainsi se voir au sommet de la NJPW dans 1 mois tandis que le lot de consolation de Steen est tout de même un match de championnat pour le titre ROH, et la naissance il y a peu d’une petite Elodie pour le carnet rose.

Mais la ROH s’est spoilée en disant que Steen affronterait Adam Cole pour le titre ROH le 17 Mai. Car à ce moment-là, il restait encore le Ladder War entre Cole et Jay Briscoe pour décider une bonne fois pour toutes du champion Undisputed de la ROH. Donc pas de surprise sur l’issue finale avec Cole qui reçoit les assistances de Mike Bennett et de Matt Hardy qui goutent à un festival de Jay Driller, suffisant pour permettre à Cole d’aller se faufiler pour décrocher les deux titres de façon moyenne mais c’est souvent le lot de ce genre de match avec la difficulté de les terminer.

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Adam Cole peut célébrer avec son clan tandis que Jay rumine la défaite et panse ses plaies après avoir saigné à la tête très tôt dans le match puis en s’étant entaillé un peu le dos en atterrissant sur le rebord d’une échelle. Le match a été ainsi plus physique que spectaculaire et seul Mark Briscoe est venu en aide à son frère mais il a subi un autre coup dur d’une soirée à oublier définitivement pour lui et sa famille après que Mike Bennett l’ait envoyé s’écraser sur une table.

Au final, la Ring Of Honor modifie un peu son paysage mais les têtes d’affiche demeurent. D’abord ronronnant, Supercard of Honor VIII prend un tour franchement décapant dans sa deuxième partie très animée. Dans la qualité Michael Elgin sort vainqueur et dans le désordre Adam Cole ressort champion, c’est le résumé d’un show très réussi et qui prépare bien pour les deux gros shows les 10 et 17 mai avec la NJPW.

Photos : Devin Chen Photography

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