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ROH War Of The Worlds : Parcours sans faute pour AJ Styles

Après Global Wars le samedi précédent à Toronto, la ROH et la NJPW se retrouvent cette fois pour des confrontations frontales à New York dans le show au titre bien indiqué War of The Worlds. En effet tout au long de la soirée, deux mondes vont s’affronter pour un show à grande envergure.

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Pour débuter, dans ce Hammerstein Ballroom plein jusqu’aux cintres si cher à la Ring Of Honor, le BULLET CLUB fait son apparition. Ses cinq membres américains qui ont tous une ceinture de champion à la NJPW sont le lien entre ROH et NJPW. L’exemple le plus fort en est AJ Styles qui ne tarde pas à voir débarquer Kazuchika Okada sans micro. Du coup le segment est un peu bizarrement orchestré et le public en est un peu éloigné mais au bout du compte Michael Elgin vient aussi et Nigel McGuiness propose un match à trois pour le titre IWGP poids-lourd au lieu du AJ Styles vs Michael Elgin initialement prévu. Ainsi est densifié le main event après un vote ultra démocratique où absolument tout le monde a donné son accord.

Le premier match n’est pas le plus pimpant et propose côté NJPW les Forever Hooligans et Takaaki Watanabe contre l’équipe ROH très éclectique composée de Tommaso Ciampa, Matt Taven et ACH. Ainsi tous les styles sont réunis dans une équipe de circonstance qui lance la soirée en mode faces contre heels de la NJPW, très internationaux au passage. Watanabe n’est pas un régulier de la NJPW, faisant son apprentissage aux USA depuis un an, et il apparait comme le plus en vue dans son camp, avec un style assez brute. En face c’est celui qui en aura fait le moins qui conclue le match, Matt Taven sur Watanabe après que ACH ait fait le ménage. Sympa, correct mais pas enthousiasmant non plus, 1-0 ROH.

Le début est sur un mode assez cool seconds couteaux. Là c’est l’expérience qui est dans le ring avec Gedo et Jado opposés à Roderick Strong et Bj Whitmer. L’ensemble est inégal et sans grand contenu mais très sérieux. On sent tout du long que bien sûr, Gedo et Jado ont un petit rôle et qu’ils vont finir par être battus. Ainsi, la ROH double la mise sans forcer par un duo pas forcément convaincant. L’après match est davantage mis en avant avec la rivalité entre Cedric Alexander et The Decade qui se poursuit. Alexander privé du match de sa carrière contre Okada prend tout de même une petite revanche sur The Decade à qui il règle brièvement le compte.

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On a presque deux jumeaux dans le troisième match comptant pour le titre ROH Télévision. Le problème est que Jay Lethal ne s’exprime plus du tout à plein depuis qu’il est le champion et protégé de Truth Martini. Ainsi, le rythme est haché et KUSHIDA ne peut ainsi s’exprimer que par bribes et Martini sera encore une fois décisif pour le distraire et permettre à son poulain d’empocher la victoire et le 3-0 pour la ROH. Mais l’ensemble restera une déception car Lethal trop dans un personnage d’heel truqueur n’a ainsi pas donné un match rythmé auquel on aurait pu s’attendre sur le papier.

Les titres par équipe de la NJPW sont en jeu et là enfin la fédération japonaise sort la tête de l’eau mais de façon très difficile. Il faut ses américains du BULLET CLUB Karl Anderson et Doc Gallows pour empocher la première victoire de la soirée. Toutefois, il a fallu toute la malinerie sans ficelle mais avec beaucoup d’esprit à Anderson et Gallows pour se sortir de l’étreinte des frères Briscoe très dominants. Quand les titres sont en jeu et qu’ils sont réunis pour les avoir, Mark et Jay Briscoe sont toujours un danger qui fait monter le niveau qui ronronnait jusqu’à présent.

On a ce qu’on peut très facilement apparenter à un dream match entre Shinsuke Nakamura et Kevin Steen. Là on tient vraiment un sommet car l’action est très vive, brute, engagée et avec une merveille d’alchimie. Les styles ne sont pas forcément les mêmes mais ces deux fortes personnalités transpirent le charisme sur le ring. Le charisme se traduit ainsi dans un combat délicieux, un petit bijou qui voit Steen user de certaines prises de Nakamura. Chacun se nargue et il faut deux Booma Ye à Nakamura pour abattre Kevin Steen. 3-2, la NJPW revient et soudainement après un début ronronnant la mi-show est franchement enthousiasmante.

Mais une chape de plomb tombe quand Kevin Steen fait un discours qui a des airs d’adieux. Enfin peut-être pas, car Silas Young venant d’abord le louer l’a attaqué, donc une autre guerre ou la WWE est en préparation pour Steen qui se trouve à l’heure du choix.

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Match baroque qui se vérifie sur le ring entre Hiroshi Tanahashi et Mike Bennett. Une mégastar de la NJPW opposée à un sans grade de la ROH, ce combat a fait beaucoup parler depuis son annonce et on a ainsi des tas de doutes. Le match à l’arrivée n’est pas surprenant. Tanahashi est ici amené vers un versant plus physique, beaucoup moins fluide que les combats qu’il livre habituellement. Il dispute une sorte d’handicap match avec les interventions régulières de Maria Kanellis pour masquer une différence criarde de niveau. On peut presque croire à la victoire de Bennett mais il ne faut pas exagérer non plus et le High Fly Flow de Tanahashi apporte la troisième victoire à la NJPW. 3-3, les pendules sont remises à l’heure et on sent que les tauliers de la NJPW ont un temps d’avance sur certains membres de la ROH mis en avant. Un meilleur match aurait pu être prévu pour Tanahashi c’est certain mais malgré un ensemble très moyen il faut se contenter de la victoire.

A ne plus savoir où caser leurs titres qu’ils détiennent actuellement, les Young Bucks doivent bien lâcher du lest. Les frères Jackson sont très surement ce qui se fait de mieux sur la planète catch actuellement dans le domaine du par équipe. Les samedis se ressemblent ainsi beaucoup pour eux dans le contenu explosif mais pas dans le résultat. La Super kick party fonctionne à plein et l’ensemble est très échevelé contre Bobby Fish et Kyle O’Reilly, mais ces derniers s’accrochent énormément dans un match extrêmement bien huilé à la dimension de MOTY. Le More Bang for Your Buck a frappé mais la cohésion des reDRagon est aussi très efficace et Matt Jackson ne peut pas échapper à la soumission de Bobby Fish. Ainsi, les titres de champions par équipe de la ROH changent de mains et reviennent finalement au bercail et chez des tauliers du par équipe ultra techniciens.

Le choc des générations est énorme entre Adam Cole et Jushin Thunder Liger. Le show a déjà pris un rythme fort et ici il ne va pas baisser. Bien sûr, avec ses 25 ans de carrière dans les jambes, soit pratiquement l’âge de Cole, Liger est une légende mais n’est pas non plus à son sommet. Cela dit, une légende sait toujours faire le boulot et se transcender dans les grandes occasions. Discret à Global Wars, il est ici remarquable, notamment dans une première partie de match à son avantage parsemée d’une série impressionnante de soumissions différentes. Adam Cole y met un peu de vice et va même se défaire in extremis avec les dents qui mordent une corde. Autant dire qu’il faut un Cole bien dans le rythme tout de même pour tenir la comparaison, ce qui est fait. C’est une espèce de match décisif pour la petite guerre des oppositions directes du soir. Et au fur et à mesure, cette bataille bascule à l’avantage d’Adam Cole qui parvient à suffisamment affaiblir Liger pour le terminer à la vieille école avec le Figure Four Leglock. Adam Cole conserve son titre ROH avec un succès de prestige qui scelle un avantage définitif pour la ROH dans la globalité de la soirée. Toutefois, il restera dans son rôle de heel en refusant la main tendue par Liger.

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Last but not Least est bien l’expression qui illustre le main event. C’est là qu’on se rend compte qu’on a eu une soirée déjà exceptionnelle car on peut être facilement rassasié par le spectacle déjà offert. Mais il serait difficile de ne pas en vouloir plus et on ne peut que nous pourlécher les babines dans ce triple threat pour le titre IWGP entre AJ Styles, Kazuchika Okada et Michael Elgin. A l’applaudimètre, Okada remporte largement le match et le public new-yorkais attend le Rainmaker à la fin. Il est venu, mais AJ Styles en ultimate opportunist a ajouté le Styles Clash au malheureux Michael Elgin qui prend le tombé. Chacun a eu sa part, et après quelques séquences à un contre un le match à trois bat son plein. A ce jeu, c’est Elgin qui se distingue le plus, faisant montre de sa force malgré son petit gabarit. Tous les finishs et prises signature de chacun y sont passées, ajoutant une énergie et une palette technique complète à un match mélangeant les styles. Le spectacle est donc au rendez-vous mais il n’y a pas de temps de la célébration car Adam Cole termine en attaquant chacun des trois hommes avec sa ceinture comme arme.

Le show se termine par une surprise avec une vidéo de Christopher Daniels savourant ses fameux appletinis et annonçant son retour avec son pote juste à côté dont il ne faut pas montrer la tête. Mais Bad Influence sera bien de retour dans le « Biziness » à Best in the World le 22 juin prochain.

A travers deux samedis, la Ring Of Honor et la New Japan Pro Wrestling nous ont offert un panaché du meilleur de ce qui peut se faire hors WWE (voire TNA en étant très sympa). La dimension est supérieure dans ce show War of The Worlds où les petits bijoux sont légion et se succèdent après un début ronronnant. La ROH en ressort gagnante sur le papier, mais la NJPW a pu constater qu’elle a vraiment acquis une envergure internationale sans précédent dans son Histoire.

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