Reportage

ICWA : Une bonne grosse décharge d’Adrenaline qui fait du bien

Il fallait arriver à l’heure cette fois-ci pour Adrenaline, en effet, à peine arrivés que le show commençait déjà. L’arrivée dans la salle par les vestiaires est vraiment une idée formidable avec une impression de constant contact avec des catcheurs très accessibles tout au long de la soirée. La salle, c’est « l’Usine à Catch », un grand hangar avec une pièce où le ring se tient et les fans entourent celui-ci. Disposition vraiment exceptionnelle, puisque si quelqu’un avait voulu être plus proche du ring, il aurait fallu qu’il y monte.

Début de show avec un discours de Pierre « Booster » Fontaine qui nous annonce que des personnes ont dit aux services de police que son show était illégal, qu’il n’avait pas le droit de tenir une buvette pour le show, etc. Mais penser qu’il annulerait le show pour cela, ce serait mal connaître The French Pro Wrestling God qui nous annonce dans un langage assez fleuri ce qu’il pense de ces personnes qui ont provoqué ces ennuis. Le public suit bien entendu, hors de question de se laisser impressionné par la possible arrivée des forces de l’ordre, parce qu’on a tous un peu de Mai 68 en nous. Booster ajoute que les boissons sont en accès libre, et que ce serait sympa de faire un « don » de 0,50€ pour de l’eau, 1,50€ pour des softs et 2€ pour de la bière.

Booster sort sous les vivas des 70-80 personnes présentes dans la salle et laisse place au premier match, un combat triple menace comme l’annonce si bien Célian Varini, toujours présent pour présenter les catcheurs, entre Swede Johansson, Michael Dante et celui qui vient s’ajouter à ce quasi re-match, la moitié de la French Connection, Rosto. Étant d’envergure équivalente, le match est à nouveau une opposition de brawlers, rude et violente bien qu’assez rapidement terminée par un Lariat de Rosto sur Dante pour la victoire du français. C’était agréable, classique et bien réalisé, de quoi bien lancer le show.

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S’en suit une opposition entre Peter Fischer et Tengkwa. Le premier arrive dans la peau du heel même si la salle reste partagée entre les deux catcheurs, après notamment l’énorme performance de la veille de Fischer face à Tommy End. L’opposition de style annoncée fonctionne, donne lieu à de belles séquences entre les deux catcheurs. Une montée crescendo du match jusqu’à un finish où l’arbitre (le même qu’hier à Revolution 6) reprend son gimmick d’aveugle, en ne voyant pas le coup bas porté par Peter Fischer pour mette le tombé sur Tengkwa. Deux défaites du genre sur le week-end pour le néerlandais qui a montré toutefois un style de luchador comme on les aime.

Nouveau match avec un titre cette fois-ci mis en jeu, le titre XTC, un titre hardcore avec un match à la stipulation vraiment rare, un « Fans bring the weapons », c’est-à-dire que c’est le public qui donne les armes aux deux lutteurs. Ces deux lutteurs, c’est Bulk, l’anglais qui revient avec son physique si particulier. Face à lui, c’est le taulier, Booster qui revient cette fois-ci pour casser du sucre sur le dos de Bulk, littéralement. Enfin du sucre, non, mais des guitares, une quille de bowling, une poubelle, des chaises, des punaises, une poupée gonflable – dont l’orifice fera une belle rencontre avec la quille grâce à Bulk, et des films pornos. Un beau mélange entre du classique et de l’original.

Le match débute par l’arrivée des objets, ce qui donne lieu à plusieurs blagues de Bulk qui montrera tout le doigté dont il sait faire preuve avec la gente féminine, en tout cas celle en plastique. Le match commence vraiment par une opposition de forces entre les deux, chacun étant assis sur une chaise. Rien de bien folichon, on reste dans du gentil jusqu’à ce que la poubelle arrive, et là les choses sérieuses commencent. Ça saigne du côté de Booster, ça éclate de la guitare sans même prendre un moment pour l’accorder, un vrai carnage, un vrai combat hardcore, les « E-C-Dub » ne manquant pas d’accompagner certains mouvements. Après plusieurs retournements de situation c’est Booster qui prend le meilleur sur un splash sur Bulk qui avait une chaise sur lui. Beau match, à la fois divertissant par son côté improvisé mais aussi très violent.

 

Pause, la seule de ce show de fin d’après-midi pour nettoyer le ring et c’est déjà l’occasion d’approcher quelques catcheurs, d’acheter du merchandising de l’ICWA ou d’un catcheur hors ICWA avec des prix accessibles, rien d’exorbitant. L’ambiance est bonne, on sent qu’on est en comité un peu plus restreint et cet accès continu aux vestiaires et aux coulisses donnent un cachet particulier à l’expérience qu’est Adrenaline. C’est vraiment plaisant.

On retourne sur le ring avec une grosse affiche entre Lucas Di Léo et Tommy End, champions respectivement de la ICWA et de la WXW – Westside Xtreme Wrestling, fédération allemande basée à Oberhausen. Le style très stiff de Tommy End est définitivement excellent. Agile, travaillant beaucoup sur les kicks et appliquant les Diving Foot Stomp avec une précision diabolique. À l’image du reste de la soirée, le combat est très engagé, avec deux catcheurs très expressifs sur le ring. C’est rapide, les coups s’échangent avec une grande violence qui embarque la foule dans une belle folie.

C’est finalement le néerlandais qui l’emporte avec un Diving Foot Stomp sur Di Leo et devient ainsi champion ICWA en plus d’être celui de la WXW. En tout cas, l’opposition aura un second volet, et c’est tout ce que l’on espère après ce genre d’opposition qui nous laisse vraiment de grandes sensations. Et ce qu’il y avait de mieux dans tout cela, c’est que la soirée n’était même pas fini.

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Tristan Archer vs Chris Hero. Un main-event attendu, avec une opposition qui va être le meilleur match de week-end. Un match excellent, où le storytelling est roi. L’histoire racontée est simple mais interprétée avec brio. Après de longues phases au sol où chacun tente de prendre l’ascendant avec différentes clés de bras, headlock ou torsions, Tristan Archer joue le rôle du catcheur qui résiste à tout face à un Chris Hero en position de domination et criant de nombreuses fois à son adversaire de rester à terre. Stay Down qu’il te dit le monsieur.

Les coups sont très rudes de chaque côté mais c’est bien souvent Chris Hero qui prend l’avantage malgré quelques séquences où Archer reprend le dessus et se retrouve même en position de placer son finisher, qui sera contré par l’américain. Celui-ci, dont les kicks et autres atemis claquent et résonnent dans toute la salle, finit par l’emporter après avoir porter à de multiples reprises son finisher sans les protections. Ce qui on le sait veut dire que c’est bien stiff comme il faut. Clairement une très belle opposition avec un style proche du sportif, très rude avec des coups portés assez violemment, à tel point que Tristan Archer aura un peu de mal à se remettre du match malgré la performance sublime qu’il a livré avec Chris Hero.

Ce dernier, après le match, livre un discours où il encense Tristan Archer en disant notamment qu’il a le cœur d’un champion – et remettant une petite couche en frappant assez violemment la poitrine du français – mais que lorsqu’on a un cœur de champion, il faut le titre qui va avec. Appelant les autorités compétentes, Booster donc, il lui demande d’offrir un title shot à Archer, ce que Booster accepte, désignant le prochain show à Élouges le 7 juin prochain comme une bonne date pour que l’ancien élève de Lance Storm prenne sa chance pour n’importe lequel des titres de l’ICWA.

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Le storytelling s’expliquera d’ailleurs également dans ce discours, où Hero avouera qu’après avoir affronté des gars comme Bryan, CM Punk, Kenta, Misawa et autres Colt Cabana, il avait reçu un message en disant que Archer était particulièrement bon, et que lorsqu’on lui dit que quelqu’un est énorme, il n’a qu’un envie, lui botter le derrière. Et c’est ce qui s’est passé puisque la violence du match était vraiment palpable, une violence dans l’énergie mise à celui-ci et ce match servira sûrement à Archer pour la suite. Surtout que Hero lui a bien demandé d’avoir une ceinture avant qu’il ne repasse en France afin qu’il puisse avoir un match face à lui, peu importe le titre qu’il aura. Une possible affiche pour un potentiel Adrenaline ou Revolution 7 ? On l’espère tellement ce match nous aura enthousiasmés.

Le show se conclut avec Booster nous remerciant et demandant à Hero de dire sa catchphrase avec un joli « ICWA in Béthune, on est chez nous ». De quoi conclure un show radicalement différent de Revolution, avec une qualité supérieure dans les matchs, logique puisque la notion de heel ou de face n’était pas trop à définir et que globalement on sentait que chacun pouvait se relâcher un peu plus. On espère en tout cas une chose, que ce concept fonctionne, car les mains posées sur le ring, c’est bien, mais avoir plus de monde ce sera encore mieux. Ce genre de show mériterait bien plus que 70-80 personnes, qu’on se le dise.

Photos : © Pierre D. (VoxCatch)

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