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ROH Best in The World 2014 : Michael Elgin accède enfin au titre

La Ring Of Honor lançait son premier pay-per-view, Best In The World, à Nashville. Deux arrivées sont attendues tandis qu’il est demandé à un roster qui commence à bien se connaître de faire bien le boulot. A commencer par le main event mettant aux prises Adam Cole et Michael Elgin qui veut enfin décrocher le fruit de son dur labeur.

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En ouverture, on a l’habillage d’un PPV tel qu’on connait pour la WWE et la TNA avec une petite vidéo d’intro. Cette vidéo revient sur l’histoire de la compagnie avec de grands noms mis en valeur tels CM Punk, Bryan Danielson, Austin Aries, Samoa Joe, Nigel McGuiness, Jay Briscoe, Jerry Lynn et le dernier est le champion actuel Adam Cole. Tant de noms qui ont fait et feront le bonheur de l’élite suprême du catch.

Dans le premier match, une opposition à six déterminait le challenger au titre Télévision. Un chaos promis qu’il n’y aura qu’à la fin. Les styles et les expériences sont très variés entre ACH, TaDarius Thomas, Caprice Coleman, Tommaso Ciampa, BJ Whitmer et Takaaki Watanabe, invité bien discret. Le match pourtant pas bien long souffre de l’absence de rythme, la faute à une stipu laissant d’abord deux hommes en action et seuls les tags donnent d’autres oppositions. On est donc loin d’un possible spotfest que peut fournir un match à plusieurs et cet éclat n’arrive qu’à la fin avec ACH en vedette qui enchaine les sauts pour remporter sa chance de titre.

Justement on bascule vers le match pour le titre Télévision. Match pas vraiment emballant à vrai dire car entre Jay Lethal et Matt Taven, l’alchimie et la personnalité ne sont pas présents. Lethal est devenu le champion qui se repose sur Truth Martini qui trouve toujours l’astuce pour lui permettre de gagner. Taven, ancien poulain de Martini qui avait été renvoyé avant de revenir très rapidement, a donc sa chance de prendre sa revanche. Pas forcément évident dans un combat moyen où Taven n’a d’ailleurs que pour objectif de faire la fête à Martini. Mais ce dernier a toujours une aide et même menotté au poteau il trouve le moyen d’en échapper. Lethal gagne mais encore une fois sans saveur.

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Une rivalité qui est montée sans grosses personnalités c’est ce que la ROH parvient régulièrement à faire quand même. La preuve avec Roderick Strong contre Cedric Alexander. Pas de charisme mais de l’engagement et un scénario savamment huilé pour en faire une histoire digne d’intérêt. Le but est de monter Cedric Alexander qui s’acquitte très bien de cette tache. Un match à soumission rebute souvent mais pas là car il y a beaucoup de rythme, les soumissions ne stoppent pas l’action et la font même rebondir. Strong a d’abord les clés avec les prises mais c’est Alexander qui a les soumissions dans l’affaire. Pas vraiment le profil du gars à soumission, Cedric Alexander les combine pourtant bien jusqu’au Boston crab final emprunté à Strong qui goûte sa propre médecine et monte ainsi un talent qui est appelé à affronter des défis toujours plus relevés.

Les Briscoes s’attaquent à Matt Hardy et Mike Bennett, les chiens de garde d’Adam Cole. Hardy a joué la provoc avec la ceinture de Jay Briscoe qu’il a acquis par Cole et qu’il a remixée à son image et baptisée Iconic. Celui qui va faire son retour prochain à la TNA, dont le quartier général est à Nashville, est d’abord préservé. Le match n’en est d’abord pas vraiment un, il n’y a pas de prise, les Briscoe dominent sans forcer et un coup de la ceinture Iconic donne la disqualification. Bien sûr il est impossible de rester sur un scénario pareil et le match maker Nigel McGuiness décrète le match sans disqualification. Et à partir de là, ça devient très captivant. Chaises, échelle, tables, tout y passe souvent à l’avantage des Briscoes. Mike Bennett aplati sur une table, Matt Hardy est seul face à Jay Briscoe qui l’envoie à travers une autre table sur une souplesse arrière depuis le haut de l’échelle. Move du show qui ajouté au Jay Driller dans la foulée envoie Matt Hardy dans les cordes et la revanche de Jay Briscoe est accomplie de belle manière.

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Kevin Steen est en scène presqu’incognito pour un de ses derniers bals à la ROH, c’est du moins ce qu’il dit après le match. Contre Silas Young, c’est un affrontement solide mais basique. Rien de marquant et un Steen dominant aisément son sujet. Même si après match, la rivalité ne semble pas s’arrêter là, elle n’a pas d’éclat et de suspens particulier pour intéresser. Dommage pour Steen qui sur la fin de son contrat n’a pas grand chose à se mettre sous la dent.

Les Bad Influence débarquent à la ROH avec en ligne de mire les titres par équipe pour commencer. C’est un choc générationnel entre les tauliers Daniels et Kazarian et les encore jeunes mais déjà très expérimentés Bobby Fish et Kyle O’Reilly. Le match marque une grande justesse dans son enchainement avec des règles du tag match scrupuleusement respectées et qui donnent du rythme, ce qui est rare. Preuve que le travail fonctionne parfaitement et donne une histoire d’un Daniels maitrisant le match et un Kazarian affaibli par un bras gauche. Cette donnée va coûter cher à la fin quand les reDRagon vont faire ce qu’ils savent le mieux faire, vicier pour gagner. Bobby Fish sort l’arbitre du ring in extremis, permettant ensuite à O’Reilly de prendre le dessus sur un Kazarian résistant mais maillon faible d’une équipe qui n’a pas dit son dernier mot et qu’on a toujours plaisir à voir sur un ring.

Pas beaucoup de matchs car le main event est le 7ème mais l’enchainement est bon. L’antagonisme a bien été monté entre Adam Cole et Michael Elgin qui se sont déjà beaucoup affrontés. L’alchimie est bonne et toute une grosse première partie du combat est excellente, et plutôt équilibrée même si Elgin relooké par Cole sort davantage d’atouts de sa poche. Mais voilà qu’arrive le ref bump de Todd Sinclair parti pour un bon moment dans le pays des rêves. Classique donc de voir Elgin frustré après avoir mis la stitout powerbomb tout comme il est prévisible de voir débarquer Matt Hardy et Mike Bennett, tels deux molosses qui voient de plus gros chiens les chasser en la personne de Raymond Howe et Hanson, War Machine, équipe encore très neuve. Maria Kanellis est là mais MsChif, compagne d’Elgin débarque pour lui cracher son green mist.

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L’affrontement un contre un jusqu’à la fin peut donc reprendre. Dur de remettre du rythme quand il a été abandonné depuis longtemps. Cole s’y attelle avec des Ranas en folie. Mais Elgin a le dessus et fait s’exciter des fans qui jettent les traditionnels rubans sur le ring croyant au compte de 3 sur une nouvelle Sitout Powerbomb. Mais un champion au règne aussi solide que celui d’Adam Cole ne lâche pas comme ça et Elgin empoche le gros lot après une série de powerbombs. La consécration après tant d’échecs pour un profil proche de celui de Kevin Steen.

La ROH n’a commis aucune fausse note pour son premier pay-per-view. Même si le contenu a été parfois inégal, Best In the World verse dans l’acceptable à défaut du vraiment marquant. Aller à Nashville n’était pas forcément la meilleure idée, avec un public très souvent endormi et vraiment pas adapté à un show de la ROH. Maintenant que la route des PPVs est tracée, elle peut tranquillement se poursuivre avec de bonnes certitudes et une nouvelle tête à son sommet qui illustre bien les valeurs de travail de la compagnie.

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