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WWE Battleground 2014 : John Cena gagne la bataille, mais pas la guerre

Placé entre Money in the Bank et Summerslam, la deuxième édition de Battleground se retrouvait dans une position un peu bâtarde entre les rivalités qui continuaient et celles commencées les trois dernières semaines. La WWE ne veut pas trop brûler ses cartes tout en tentant de convaincre les fans de la WWE de souscrire au Network aux États-Unis. Battleground doit donc réussir à créer assez de surprises tout en conservant l’intérêt qu’aura Summerslam. Compliqué.

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Mais avant ce special event, un petit kick-off avec deux matchs sans grand intérêt dont un match ajouté au kick-off à la dernière minute – une première, Adam Rose contre Fandango. La victoire en une petite minute et avec la moitié du temps passé à se focaliser sur Layla et Summer Rae n’est certainement pas ce qui nous fera dire que c’est un bon match. Au contraire, c’est la crainte que cette rivalité nous persécute désormais à Raw qui s’éveille après cette très courte confrontation. Deuxième rencontre avec Cameron contre Naomi qui finit sur un vieux roll-up. Les deux anciennes partenaires nous donnent rendez-vous pour le kick-off de Summerslam, et on s’en réjouit d’avance. Youpi.

Commence alors le vrai show avec un Two out of Three Falls pour les titres par équipe entre les champions, The Usos, et les challengers, Luke Harper et Erick Rowan. Un match dont on attendait beaucoup et qui semblait être celui du sacre pour les deux lieutenants de la Wyatt Family. Le match prend un rythme assez bas au début, et les deux premiers tombés sur un big boot et un roll-up symbolisent bien cette première moitié de match engagée mais qui ne s’envole pas vraiment. C’est lorsque le score reviendra à cette égalité parfaite que ce tag team match s’emballe vraiment.

Tope suicida, superkick, double superkick, frog splash de Rowan, double frog splash des Usos. C’est la surenchère du finisher et du nearfall, un cocktail explosif en opener qui fonctionne très bien sur le public. Ce match prend une dimension folle et du coup le résultat final et la victoire des Usos importent peu même si l’on se dit que l’on a atteint le paroxysme de la rivalité. En effet, on voit mal comment les deux équipes vont pouvoir aller plus loin dans une opposition qui tourne sévèrement en rond à Raw (oppositions interposées, agressions et sauvetages dans la rivalité de Bray Wyatt) et qui vient sûrement de donner son meilleur match. Mais si les quatre se décident à faire mieux à Summerslam, on achète immédiatement.

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Commence ensuite le fil rouge de la soirée avec Dean Ambrose qui attaque Seth Rollins avant le match et qui se fait virer de l’arène par Triple H. Au lieu d’une opposition claire, les deux se la jouent comme à Raw avec le premier qui agresse le second. Encore une fois, on sent que l’on veut garder cela sous le coude pour Summerslam. On pestera toutefois que ce segment ne mène finalement à pas grand chose avec trois agressions d’Ambrose et trois fuites de Rollins. On sait que c’est pour l’empêcher de cash-in, mais quand même, trois fois le même segment juste en changeant le cadre, c’était un peu trop. Rollins entretient toutefois sa heat avec ce segment où il prend la victoire par forfait avant de se faire attaquer par Ambrose. C’est simple mais efficace.

Entre temps, les matchs se déroulent et notamment AJ Lee contre Paige. Un match plutôt attendu, avec le doux espoir qu’il dépasse les cinq minutes, ce qui fut le cas. Un match correct, on sent que les deux belles femmes s’entendent bien et il aura fallu que Paige soit destituée du titre pour qu’elle domine un match. C’est bête de s’y prendre maintenant. On sent que les deux veulent en faire un maximum dans le temps qui leur est donné, et du coup cela reste parfois un peu brouillon. Mais c’est globalement un bon match dans les standards de la section divas, même si l’on en attend plus, beaucoup plus des deux catcheuses, bien qu’il faille pour cela que la WWE donne plus de temps aux deux femmes.

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On retrouve ensuite le remake de WWE Studios de Rocky IV. Après la mort d’Apollo Creed – ou la défaite de Big E si vous préférez la version soft – Jacky Stallone et Mickey Colter s’opposent donc à Rusev et Lana. Cette dernière joue avec le crash du MH17 sans le nommer et défend Papa Poutine en clamant – et pas à tort – que les américains sont responsables de quelques guerres qui ont fait bien plus de morts. C’est basique, mais comme depuis les débuts de Rusev, le public ricain tombe dans le panneau, chants USA, We The People, et vient Jack Swagger.

Un match assez court entre les deux, violent à souhait avec un storytelling uniquement autour de Jack Swagger qui veut tordre la cheville de Rusev. Ce dernier contre à l’extérieur le Patriot Lock et envoie la tête de Swagger en plein dans le poteau. Celle-là elle est pour Barrett. K.O technique pour le Real American et victoire sur le fil par count out pour Rusev. Ce dernier attaque Jack Swagger à la fin du match et marque le premier point dans la rivalité directe contre les USA. Là aussi, ceux-là se donnent rendez-vous à Summerslam même si ici on retrouve une nouvelle dynamique avec Rusev qui réussit à contrer Swagger, ce qui n’était pas le cas aux derniers Raw.

Les matchs ont été assez ternes après l’opener, et l’absence de match entre Dean Ambrose et Seth Rollins a laissé un gros temps mort tout de même avec les segments d’agression assez longs en général. Vient alors Chris Jericho contre Bray Wyatt. Une rivalité naissante et qui manque encore un peu de temps pour avoir une grande intensité malgré son départ en fanfare lors du retour de Y2J. Un match qui manque un peu de décorum pour créer une certaine impatience. Du coup, le match entre les deux hommes a manqué clairement d’enjeu.

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Cette défaite de Bray Wyatt ne remet en aucun cas en cause son personnage puisque Y2J n’a pas assez démontré qu’il voulait le contrer. Et cette victoire de Y2J, on sait qu’elle sert uniquement à entretenir la rivalité jusque Summerslam, décidément le mot d’ordre de ce special event. Le combat aura été peut-être un peu trop long et redondant, et sûrement à cause de l’expulsion de Rowan et Harper, ne permettant pas d’interventions extérieures. Du coup, le match est un peu décevant et l’on attend beaucoup plus des deux catcheurs.

Le titre intercontinental voit quant à lui une bataille royale se dérouler pour déterminer son nouveau propriétaire suite à la blessure de Bad News Barrett qui n’aura pas manqué de dire que dès qu’il reviendrait, celui qui aurait la ceinture se mangerait un gentil Bullhammer, et voir un champion déclarer sa flamme au titre intercontinental, c’est assez rare pour être souligné. Ce que l’on peut dire c’est que l’anglais n’a pas un successeur des plus brillants. En effet, alors que les favoris étaient Sheamus, Dolph Ziggler ou encore Cesaro, c’est The Miz – sur le retour après le tournage de The Marine 4 – qui prend le titre.

Ce qui est encore plus triste que le vainqueur, c’est la manière. Pas que le coup du « Il est passé sous la première corde et il revient gagner » soit stupide, mais la manière dont la WWE a réalisé la chose – soulignant sans arrêt ces sorties sous la première corde, était vraiment affreuse. Du coup, le pauvre Ziggler qui venait de sortir Sheamus de manière sublime, bah on le voit perdre avant même que The Miz ne soit remonté sur le ring, et les larmes coulent bien avant que le couperet final ne tombe.

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Pourquoi The Miz ? On sait qu’il est en rivalité avec Sheamus et l’opposition entre les deux avec pour but l’unification des titres est fort probable. Mais c’était tout aussi faisable avec Ziggler, éliminant Sheamus et justifiant un heel turn, certes basique, mais nécessaire au grand rouquin blanc. The Miz n’intéresse plus grand monde, et Sheamus a peut-être une pop satisfaisante pour des officiels en manque de figures du bien, mais on sait qu’il est bien plus intéressant du mauvais côté de la force. Donner la ceinture au Miz, c’est garantir un désintérêt progressif pour la ceinture, ses derniers règnes montrant bien tout l’ennui que celui-ci provoque désormais.

On attaque après cela le match pour le titre WWE World Heavyweight entre les quatre ténors du main-event que sont John Cena, Randy Orton, Kane et le petit nouveau dans ce statut, Roman Reigns. Ce Fatal-4-Way, dont les règles ont été rappelées des douzaines de fois à chaque show, est d’un classicisme assez décevant. Chacun à sa séquence, on aime l’intensité que Roman Reigns met dans sa série de move et ce spear a travers la barricade, mais les trahisons et affrontements successifs sont assez prévisibles jusqu’à la victoire de John Cena.

Ce n’est pas que la victoire du champion soit aberrante puisque le voir porter les ceintures jusque Summerslam semblait couru d’avance, mais on regrette le fait que tout soit placé si vite. À trop vouloir donner du rythme à un match, on en perd de l’intensité. On retrouve la même sensation de formalisme que dans le Money in The Bank pour le titre, avec en majorité deux catcheurs sur le ring et très peu de phases à trois ou quatre alors que les combinaisons sont tout à fait pensables. Le manque de créativité tue un peu ce genre de match, aussi bon soit-il. Du coup ce Fatal-4-Way n’a rien d’exceptionnel, rien d’impressionnant et la victoire de John Cena a tendance à énerver une bonne partie des fans, finissant de décevoir leur attente.

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De plus, le show se finit un quart d’heure avant la fin – une erreur de timing rare à la WWE – et sans surprise. Le plan B a été évincé, d’accord, et le plan C sera probablement pour le Raw suivant ce Battleground, et c’est donc logique de finir sur Cena célébrant la conservation de son titre. Mais il est très décevant d’observer cette absence de nouvelle intrigue en fin de special event alors que tout le show aura été placé sous le signe de la transition ?

Battleground manque cruellement de finalité, pendant tout le show, l’impression d’un rendez-vous donné à Summerslam se fait sentir. Mais au moment où la WWE doit (re)vendre le Network dans sa période de renouvellement, ce special event n’a pas donné lieu à de grands moments, exception faite du premier match. En dehors de ce dernier, ce n’est que classicisme autour de matchs corrects mais sans grande passion. La WWE nous donne rendez-vous dans un mois, en espérant qu’elle aura réussi à développer au mieux chacune des rivalités qui semblent s’amorcer ou continuer pour Summerslam.

Par conséquent, cette édition de Battleground est très oubliable et justifie les objections quant à son placement dans le calendrier. Trop près de Summerslam pour finir quoi que ce soit, pas assez loin de Money in The Bank pour ajouter de nouvelles rivalités pour la suite, Battleground est trop dépendant pour exister en tant qu’événement à part entière.

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