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NJPW G1 Climax 24 : Le triomphe attendu de Kazuchika Okada

Après 11 journées de compétitions disputées depuis trois semaines, le grand tournoi estival de la New Japan G1 Climax livrait son verdict dimanche dernier dans l’enceinte du Seibu Dome de Saitama. Entre Kazuchika Okada et Shinsuke Nakamura, c’est le billet d’entrée au main event de Wrestle Kingdom en janvier 2015 qui se joue.

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Dans ce show qui lance un peu la Road to Wrestle Kingdom qui viendra en janvier 2015, le théâtre du Seibu Dome, stade de baseball, a de la gueule. Pas plein mais bien garni tout de même, environ 20000 personnes assistent ainsi au dénouement du G1 Climax et d’abord à toutes les rivalités qui en sont ressorties ou qui étaient déjà présentes avant.

En opener, un match quatre contre quatre entre TenKoji -Hiroyoshi Tenzan et Satoshi Kojima- Ryusuke Taguchi et Tiger Mask IV et le clan Suzuki-gun composé de TAKA Michinoku, Lance Archer, Davey Boy Smith Jr et El Desperado. Mais en fait dans ce début rythmé, c’est surtout le duel Davey Boy vs Tenzan qui anime le coeur du match plutôt bien alors que les autres participants sont d’aimables participants apportant les quelques petites transitions. Toutefois, c’est un Ryusuke Taguchi dans l’ensemble discret, ce qu’on comprend fort bien dans un match avec autant de catcheurs, qui empoche la victoire pour son quatuor.

Le BULLET CLUB représenté ici par Bad Luck Fale, Doc Gallows et Yujiro Takahashi n’a rien de particulièrement affriolant mais garde le cap face à une gentille équipe composée de BUSHI, Manabu Nakanishi et Yuji Nagata. L’ensemble est correct, assez sympathique même si l’intérêt est inexistant et d’ailleurs la foule n’y rentre pas trop. Fale a un peu progressé, avec le titre Intercontinental c’est ce que la NJPW attend de lui mais c’est Yujiro Takahashi qui a la palme du tombé victorieux sur BUSHI, sans grande surprise.

Décidément entre Minoru Suzuki et Toru Yano, ça n’en finit plus et accompagné de Shelton Benjamin et de Takashi Iizuka dans un match à trois, le leader de Suzuki-gun a toujours un compte à régler mais il place désormais son attention sur une autre cible. C’est Kazushi Sakuraba, associé dans ce match à Toru Yano et à YOSHI-HASHI, qui déjà à Dominion avait eu une opposition musclée avec Suzuki. Cette fois, c’est en se faisant des soumissions que ça s’envenime avec Suzuki qui refuse de lâcher sa soumission alors qu’ils sont dans les cordes. Il y a fort à parier qu’on tient ainsi un match à venir entre deux anciens du MMA et ce n’est pas vraiment ce qui intéresse le plus.

La Ring Of Honor est venue rendre visite à la NJPW en petit comité. Après les shows conjoints à Toronto et à New York en mai dernier, cette fois quelques représentant(e)s étaient venus au Seibu Dome. Tout d’abord, Adam Cole et Mike Bennett accompagnés par Maria Kanellis qui fera le show durant toute sa présence avec sa plastique qui charmera énormément le réalisateur et pas que. En effet elle bloque la tête de Captain New Japan entre ses seins pour l’étourdir. Captain New Japan, personnage ultra apprécié de la foule mais jobbeur par excellence qui prend systématiquement le tombé et c’est encore le cas ici. En équipe avec un Jushin Thunder Liger bien en rythme et auteur d’un nouveau bel échange avec Adam Cole – qu’il avait affronté pour le titre de la ROH le 17 mai dernier – il concède la défaite du clan japonais expérimenté en subissant le piledriver de Bennett dans un match assez alerte et au déroulement agréable à suivre.

Les reDRagon, Bobby Fish et Kyle O’Reilly, sur leur lancée des titres par équipe de la ROH, veulent imiter les Young Bucks qui avaient il y a quelques mois compilé ces titres avec les titres Junior poids-lourd par équipe de la NJPW. Ils affrontaient ainsi les Time Splitters, Alex Shelley et KUSHIDA, dans un match très équilibré avec une première partie voltige et une seconde bien plus technique. Tout se joue avec KUSHIDA, proche de céder sur une séquence habituelle des reDRagon s’achevant sur soumission, mais au bout du compte c’est lui qui inflige la soumission gagnante, qui est celle de Yuji Nagata par ailleurs. Bilan mitigé donc pour la ROH.

Et avant l’entracte, Jeff Jarrett vient sur le ring accompagné par sa guitare pour signer officiellement l’accord entre son émergente Global Force Wrestling et la New Japan Pro Wrestling, mais on le reverra plus tard pour montrer déjà comment cet accord commencera….

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Mais dans l’immédiat, c’est l’entracte marquée par un sacré orage douchant les quelques spectateurs du haut du stade car le toit ne couvrait pas totalement et laissait une ouverture.

Après une première partie pleine de matchs par équipe, place jusqu’à la fin du show à des matchs solo. On commence avec le moins clinquant mais pas le moins captivant pour le public. Tetsuya Naito avait remporté le G1 Climax l’année dernière, le pic de sa carrière, et un an après, bien des choses ont changé pour lui. Il n’est plus une idole des foules et les résultats ne sont plus vraiment là. Certes là, il s’impose mais celui qui s’attire tous les regards est le vétéran Tomoaki Honma, le perdant magnifique au zéro pointé au G1 Climax alors qu’il remplaçait en dernière minute Kota Ibushi. Dans un pays qui a une culture féroce du succès, on sait apprécier tout de même les perdants et le Hara Kiri fait grise mine ici.

Karl Anderson et Tomohiro Ishii avaient disputé de bons matchs au G1 Climax et un affrontement très intéressant et il est ainsi logique que la NJPW veuille ici remettre le couvert entre eux. Un affrontement biaisé par l’image d’un Ishii affaibli à l’épaule et au nez rapidement cassé ce qui ne va tout de même pas troubler cette force de la nature. Karl Anderson bénéficie de l’aide de Yujiro Takahashi et cet appui lui donnera la main et sans surprise il s’impose dans un match assez décevant par son déroulement.

Hirooki Goto et Katsuyori Shibata, une histoire au long fil se prolonge. D’abord adversaires puis coéquipiers, les revoilà adversaires. Ainsi, après l’éclipse par équipe, le fil de leurs affrontements multiples basés sur l’intensité peut reprendre. Comme à l’habitude c’est à chaque fois le coup décisif qui est recherché et c’est le Punt Kick de Shibata qui va frapper au bout du compte. Et finalement comme d’habitude, ce ne sont pas des rivaux car Shibata raccompagne un Goto forcément sonné.

Les frustrés du G1 Climax dépassés au dernier moment se retrouvent. AJ Styles toujours champion IWGP poids-lourd réalise ici sa meilleure prestation depuis le début de son run japonais à succès. Un ensemble solide et complet marqué par un Hurricanrana parfaitement tenu. Mais jamais il ne parvient à placer le Styles Clash et se rattrape avec des Brainbusters. Et finalement la tentative de trop du Styles Clash va lui couter le match avec une victoire pleine d’opportunisme d’un Hiroshi Tanahashi qui aura énormément subi pour l’emporter de manière minimaliste. AJ Styles avait tellement la main que pour une fois ses hommes du BULLET CLUB sont restés sages, sauf après le match. Un tabassage en règle qui permet enfin à AJ Styles de réussir un Styles Clash. L’arrivée de Jeff Jarrett ensuite avec sa guitare est bien maladroite. D’abord protecteur de Tanahashi, on voit tout de suite qu’il va lui écraser sa guitare dessus et rejoindre le BULLET CLUB. Ainsi, deux départs important de la TNA l’année dernière se retrouvent avec bonheur à la NJPW.

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Le temps du main event est venu avec cette finale du G1 Climax entre l’ainé et le jeune loup aux dents déjà aiguisées. Shinsuke Nakamura et Kazuchika Okada font partie de CHAOS mais aucun cadeau n’est fait. Passé le respect du début, l’affrontement est très physique et suit une graduation de l’intensité coutumière des main events de la NJPW. Dans cet affrontement inédit, il y a donc toutes les bases pour retenir l’attention à tous les instants et chacun applique bien ses gammes et le spectacle est assuré. Les drop kicks d’Okada font merveille tandis que les Enziguiri de Nakamura claquent. Le final est échevelé et marqué par un match de finishers à la suite. D’abord deux Booma Ye puis trois Rainmakers. Décidément après la pluie de l’entracte, on peut dire que jamais dans un show de catch il n’aura autant plu.

Okada n’a jamais autant frappé de Rainmakers dans un match, surtout à la suite comme ici, et c’est presque un miracle que la tête de Nakamura soit encore fixée sur ses épaules tant la séquence a été impressionnante. Juste avant, il y avait eu deux Booma Ye auxquels Okada a survécu puis Nakamura avait esquivé un Rainmaker pour un retournement de situation aussi spectaculaire. Bref, même si la foule aurait dans une petite majorité préféré la victoire du vétéran Nakamura, elle appréciera ce nouveau succès de Kazuchika Okada revenu dans les hautes sphères qu’il n’a en réalité jamais quittées depuis ses vrais débuts à la NJPW. Le voilà ainsi avec un ticket pour le titre IWGP poids-lourd à Wrestle Kingdom, cependant il devra surement le défendre d’ici là. Et sinon le joli chèque dont il a profité a été reversé à un enfant malade comme quoi Okada a autant l’attitude d’un très grand sur les rings comme hors des rings.

On peut dire que oui la NJPW est frileuse et ne change pas vraiment ses têtes d’affiche. Mais il est difficile de se passer de Kazuchika Okada dans les hautes sphères comme c’est aussi le cas de Shinsuke Nakamura et d’Hiroshi Tanahashi. Et de lassitude, il n’y en a pas vraiment car AJ Styles au milieu de tout ça a encore le titre et donne sa pleine mesure. Cette finale du Climax était un show hybride avec peu d’intérêt en dehors du main event, ce qui a donné un concentré de catch agréable mais avec une dernière demi-heure évidemment au-dessus du reste. Et avec Jeff Jarrett et sa Global Force au service du BULLET CLUB, le clan international dominant mais très discret ici cherchera à rappeler lors de Destruction, prochain gros show, qu’il tient toujours la majorité des titres.

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