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John Cena vs Bobby Lashley, Great American Bash 2007 : Un combat de monstres

The Great American Bash, ce pay-per-view mythique de la WWE a été le théâtre de joutes mémorables entre de véritables légendes du catch. Pendant plus de deux décennies, ce show a vu s’affronter des montagnes, des icônes, des destructeurs, mais l’édition 2007 restera celle qui a permis à deux soldats d’en découdre.

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Il y a sept ans, le 22 juillet, les quelques 15 000 spectateurs du HP Pavillon de San José, Californie ont eu l’occasion de vivre des moments dont ils se souviendront toute leur vie. Après avoir s’être délecté devant l’humiliation surprise infligée par le géant Hornswoggle à ses six adversaires, après avoir transpiré devant un duel des déesses remportée par la délicieuse Candice Michelle, après avoir tremblé devant le passage à tabac du bulldozer samoan Umaga, le public présent, ainsi que les millions de téléspectateurs devant leur écran, allaient assister à un affrontement dantesque entre deux boules de muscle. D’un côté, l’ancien soldat des forces armées américaines, The Dominator Bobby Lashley et de l’autre, le futur visage de la WWE, The Champ John Cena.

Sur le papier, Bobby Lashley a tout ce qu’il faut pour meuler la face de n’importe qui, mais voilà John Cena est loin d’être n’importe qui. Certes Lashley est plus jeune, plus puissant, plus explosif, plus technique que son adversaire du soir mais Cena  a dans son escarcelle l’expérience d’un champion, une résistance hors du commun, et surtout une haine inégalable de la défaite. Deux styles bien différents allaient s’opposer, la lutte académique d’un Lashley contre la castagne de bistrot d’un Cena, mais tous deux poursuivaient le même but, être le dernier homme debout.

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Non Bobby, couché sur ton épaule ça compte pas.

Le main event débutait par un combat d’égo où l’un et l’autre voulait prouver qui était le plus puissant. Au bout de quelques minutes, Lashley faisait parler sa puissance et sa technique pour faire plier un Cena qui semblait surpris par la qualité extraordinaire de son ennemi d’un soir. The Champ avait peut-être sous-estimé le talent de son adversaire et commençait à réaliser que la victoire était encore loin d’être acquise. La seule solution que’avait Cena pour battre son adversaire était de l’asphyxier en ne lui laissant aucun répit.

Ce dernier parvenait progressivement à reprendre le dessus sur Lashley et saisissait la moindre opportunité pour tenter un tombé, inexorablement repoussé par The Dominator. John Cena était obligé d’aller chercher dans ses prises les plus risquées, en témoigne cette descente de la cuisse du haut de la troisième corde, qui s’avérait une fois de plus insuffisance pour coucher Lashley. Alors que celui-ci semblait épuisé, il sort du fin fond des tiroirs un brise-abdos destructeur pliant Cena en deux. Bobby Lashley fonçait alors comme un vautour sur l’enfant de West Newbury en l’enfermant dans une prise de soumission au sol, un classique du répertoire de lutte. En puisant dans ses ressources, The Champ décidait de gonfler les muscles pour se sortir de l’étreinte. Cena entrait alors dans son second souffle…

Et la suite tout le monde la connaît. Un Sit-Down Powerbomb des familles et là, à la surprise générale, Lashley se relève et empêche Cena de lui assener son célébrissime Five-Knuckle Shuffle. Cena en remettait une couche avec un deuxième powerbomb, cette fois-ci suffisant pour montrer à la foule, mais surtout à Lashley, que l’heure était venue d’en finir. Les cinq doigts de la main tendue, Cena, ovationné par une foule qui exultait, exécutait son fameux You Can’t See Me ! Les 15 000 spectateurs voyant Cena placer Lashley sur ses épaules s’apprêtaient à faire le compte de trois, mais voilà que ce dernier se défait de la prise.

Dès lors, Lashley commençait son entreprise de démolition en multipliant les coups de plus en plus violents. Coup de bélier, corde à linge, puis un Torture Rack abominable laissant la foule sans voix. En effet, celle-ci voyait son champion dans un bien sale état. C’est à ce moment précis que John Cena choisit de surprendre son monde en retournant le finish de Lashley pour lui porter le sien. Ca y est, le Double-A tant attendu était exécuté et Cena n’avait plus qu’à ramper afin de couvrir le corps inerte du challenger pour en terminer. Et là, Bobby Lashley prouvait une fois de plus qu’il était un grand, un très grand combattant en se dégageant du tombé. Une fois encore, retournement de situation. Lashley reprend le dessus en armant un spear qui ne laisserait aucune chance de survie à Cena, mais ce dernier avait étudié le catch de son adversaire et esquive tout en le bloquant dans STF-U de la dernière chance.

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On vous assure que c’est bien Bobby Lashley qui souffre.

Lashley, au bord de l’agonie trouve la force de rejoindre les cordes pour faire casser la prise. A ce moment précis, impossible de déterminer l’issue de ce match, mais une seule chose est sure, ces deux hommes sont deux combattants qui méritent le respect de tous. Alors qu’on croyait Lashley au fond du trou, celui-ci, lancé à pleine vitesse, découpe littéralement Cena en deux avec un spear monstrueux. La messe est dite, John Cena va perdre sa ceinture. 1, 2… et non ! The Champ s’en sort encore une fois. Les deux hommes se relèvent, The Dominator place Cena dans un coin pour porter une Superplex. Tous deux sur la deuxième corde, la prise s’annonce destructrice mais voilà Cena décide de montrer à Lashley qui est le patron. Il enfourche Lashley, le coince sur ses épaules et lui assène un Attitude Ajustment peu académique mais terriblement efficace. Cena s’écroule sur Lashley et le tombé arrive à son terme.

Au terme d’une lutte sans merci, un quart d’heure de folie, Cena montrait à la terre entière qu’il était bel et bien un surhomme. Lashley, conscient d’avoir probablement livré un des combats les plus difficiles de sa vie, montre à son tour qu’il est un grand champion en tendant la main à son adversaire. Hustle, Loyalty, Respect, ces trois mots sont le crédo de John Cena, c’est donc tout naturellement que ce dernier accepte cette poignée de main. Cette marque de respect mutuelle a rendu ce combat exceptionnel, inoubliable.