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ROH All Star Extravaganza VI : Les Young Bucks laissent échapper les titres

La Ring Of Honor faisait son deuxième pay-per-view à Toronto samedi dernier, l’occasion de revoir ses têtes d’affiche avec un enjeu prometteur. Et l’heure serait-elle au changement ?

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Quand la ROH vient à Toronto, on s’attend à une foule des grands soirs très enthousiaste et lâchant des Holly Shit à la volée. Or ici, autant le dire tout de suite, l’ambiance n’était pas là. La salle était pourtant pleine mais un public particulièrement discret n’a pas forcément aidé par moments.

L’ouverture est un segment où l’on apprend qu’ACH le voltigeur n’est pas là. Et branle bas de combat car on change des matchs du coup et petite incompréhension. Jay Lethal affrontera Cedric Alexander pour son titre ROH TV alors qu’Alexander était annoncé comme affrontant Mike Bennett. Curieux donc de l’entendre dire qu’il n’avait pas de match mais du coup il se voit offrir un accès sympa et il évite le Superkick de Lethal qui s’écrase sur Selezyia Sparx.

Le premier match est l’occasion pour le solide Hanson de faire ses preuves. Au physique de viking musculeux, il affronte Mark Briscoe, un choix judicieux pour faire un opener montrant ses qualités d’explosivité peu communes pour un tel gabarit de big man. En attendant le retour de son coéquipier Raymond Rowe, il propose donc de bonnes choses mais cela ne suffit pas à ébranler un Briscoe toujours plus barbu et vainqueur.

Pour mettre du rythme et réveiller un peu une foule assez apathique, rien de mieux qu’un match à quatre équipes. C’est Moose, l’ancien footballeur américain, qui tient ici la vedette avec RD Evans et sa streak de 149 victoires toutes très cheaps. Ils sortiront vainqueurs de manière opportuniste dans un match où Moose a montré sa puissance et aussi une agilité dans une longue série classique de début où tout le monde fait un saut à l’extérieur. Ainsi plus y a de monde et plus la fête est folle et à ce jeu les locaux Ethan Gabriel Owens et Josh Alexander tirent leur épingle du jeu en tant qu’invités mangeant une bonne partie du repas. En comparaison, on n’aura pas du tout vu Caprice Coleman et Takaaki Watanabe et à peine plus BJ Whitmer et Adam Page, une association de maitre et d’élève assez ambiguë.

Tout de suite après, on voit que cette relation Page-Whitmer reste dans le coin car ils assistent Roderick Strong et Jimmy Jacobs contre Christopher Daniels et Frankie Kazarian. Match assez moyen car même s’il y a beaucoup d’expérience, elle n’est pas forcément manifeste dans l’action. D’abord un petit travail de domination de Strong et de Jacobs sur Kazarian puis quand Daniels entre en jeu, la lumière s’éteint chez le clan Decade et aucun problème pour Daniels et Kazarian qui remportent un succès facile. Adam Page va se frictionner ensuite avec Roderick Strong qui voulait serrer la main de Daniels et Whitmer vient à son aide, preuve que le clan Decade devient de mois en moins serein.

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Etonnement ensuite de voir déjà Adam Cole contre AJ Styles pour conclure cette première moitié de show. L’assurance d’un très bon combat mais placé un peu tôt peut-être. Beaucoup de technique entre les deux. Cole cherche le rebond après plusieurs défaites et une baisse constante depuis sa perte du titre ROH en juin mais il se cogne encore au mur. Pourtant l’opposition est très équilibrée et les near falls s’accumulent de façon très juste comme sur le Styles Clash passé et le tombé qui s’arrête à 2.99 sur un pied de Cole miraculeusement placé sur la corde. C’est avec les honneurs qu’il perd mais d’honneur il n’en a pas car il crache sur AJ Styles qui revenait pour serrer la main avec ce fameux code de l’honneur bafoué ici.

Après l’entracte, Maria Kanellis et Mike Bennett sans match arrivent pour présenter une petite tenue de Maria. Enfin ça c’est le rêve face à ce manteau qui recouvre tout le haut du corps de Maria mais la réalité est bien plus décevante. Elle dévoile l’ancienne ceinture de Jay Briscoe encore customisée, qui n’est plus au symbole de Matt « Jesus » Hardy qui va faire son retour de son escapade à la TNA, mais du couple d’amoureux qui va prochainement se marier. Une ceinture rose de l’amour, et ça n’est pas du gout de Mark Briscoe qui déboule dans le vide.

Cette deuxième partie de show est placée sous le signe des titres. D’abord le titre TV introduit en début de show et on retrouve un Jay Lethal accompagné du seul Truth Martini dont le Book of truth est une vraie arme. Cedric Alexander, talent mur, s’exprime parfaitement dans un match qu’il domine largement mais avec le syndrome Jeff Hardy de celui qui veut faire la prise de trop et se fait alors contrer à ce moment. Et puis, alors qu’il a mis Martini hors course en l’émasculant, Seleziya Sparx revient mais très malchanceuse est à nouveau mise KO. L’échange est alors au gout de KO et Lethal montre une plus grande solidité que d’habitude en plaçant sa Lethal Injection victorieuse.

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Avant le main event, le titre de champion du monde de la ROH est en jeu. Pas assez d’excitation sans doute ce qui vaut cette place. Et pourtant, c’est solide mais il est vrai majoritairement pas spectaculaire et plus rude même si un Jay Driller à travers une table va faire le spectacle. En tout cas, revoir Jay Briscoe reprendre le titre à Michael Elgin fait poser des questions sur ce dernier qui avait déclaré la veille zieuter vers une carrière dans la Ligue Majeure de Baseball. Au centre de rumeurs faisant aussi état d’un visa de travail expiré, le canadien Michael Elgin fait un match solide mais un poil en dessous de ses précédents. La fin est un coup pour coup très clean et c’est vraiment très nettement que Jay Briscoe porte son Jay Driller encore pour la victoire. Statistique dingue à son sujet : il n’a plus subi de tombé depuis deux ans ! C’est vraiment le sommet de la carrière d’un bosseur parfois borderline qui se voit donc offrir un deuxième règne où il essayera cette fois de ne pas connaitre de blessure malheureuse.

Le catch par équipe si performant à la ROH est donc en main event avec un match au meilleur des trois tombés entre les champions reDRagon — Bobby Fish et Kyle O’Reilly — et les Young Bucks en quête de revanche. Il y a du bon sans problème ici et l’attitude discrète du public sera à regretter. Fait assez rare, le temps des trois tombés est très équilibré, et ainsi le match est découpé sur des phases bien distinctes et équilibrées en durée. D’abord domination des Bucks et un super enchainement de Nick Jackson mais le vice habituel des champions frappe encore et l’arbitre abusé ne voit pas O’Reilly frapper Nick avec une crosse de hockey pour permettre à Bobby Fish de faire le tombé.

Ensuite, Fish essaye de capitaliser et tient la main mais quand les Bucks voient une ouverture, ils l’exploitent et la Superkick Party emporte tout et c’est l’égalisation. La dernière partie est équilibrée, le KO est davantage visible du côté des Young Bucks mais c’est bien O’Reilly qui réussira à faire soumettre Nick Jackson, décidément bien malheureux à l’heure des comptes. Ainsi les reDRagon concluent en force, repoussant leurs plus sérieux adversaires qui décidément bien malheureusement subissent la colère de Tommaso Ciampa suspendu par Nigel McGuiness mais qui fait gouter le bois du ring à Nick Jackson dont ce n’était décidément pas la soirée.

A défaut d’offrir une action vraiment spectaculaire, All Star Extravaganza VI n’a donné aucune fausse note et les matchs solides sont tous présents. Du changement qui plus est, de l’incertitude sur à peu près tous les matchs, l’ensemble est agréable même s’il fige vraiment des positions. Toutefois, Matt Sydal et Matt Hardy reviennent, le prochain grand show intitulé Champions vs All Stars le 11 octobre annonce encore des cartes brouillées et redistribuées. Gare aux champions qui ne sont pas si tranquilles que ça.

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