Portrait

Les grands managers de l’histoire : Harvey Wippleman

Parmi les grands managers, il y a des fous, des hommes hors de tout radar et qui restent dans la mémoire comme de vrais dingues. Et même associés à de mauvais souvenirs pour le fan de catch, ils restent aussi dans l’imaginaire par quelques folies. C’est le cas d’Harvey Wippleman, le sujet de ce dernier numéro de la série, à la carrière spéciale.

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Harvey Wippleman, c’est forcément un nom des années 90 qui parle. Ce petit manager à lunettes teigneux portant parfois une moustache voulant mener à tout prix la vie dure de l’Undertaker avec des monstres, c’est lui. Bien sûr, dans ce cas, ce n’est pas une grande image car il aura amené à tour de rôle le massif mais peu talentueux Kamala face au Taker puis le gigantesque mais vraiment médiocre Giant Gonzalez. On pourrait résumer Wippleman à ces seuls faits qui sont des bas dans la carrière du Taker mais son rôle n’y a pas été aussi médiocre que celui de ses poulains.

Bruno Lauer de son vrai nom s’était déjà fait un nom, sous une autre identité que celle qu’on lui connait. Avant ses faits d’armes à la WWE, il s’illustrer fortement dans les années 80 comme manager irascible sous l’identité de Downtown Bruno. S’illustrant à Memphis, autant dire qu’il avait déjà tapé dans l’oeil de Jerry Lawler et surtout de Sid Vicious nommé à l’époque Sid Justice qui va pousser pour sa venue à la WWF en 1991.

Dans sa première année, il construit par pièces progressives sont nom d’Harvey Wippleman en manageant Biff Busick, The Warlord et son ami Sid Justice en vue d’un affrontement contre Hulk Hogan. Autant dire qu’être en guerre contre une légende, dans son cas c’est quelque chose qu’il a testé juste avant de passer à la vitesse supérieure face au terrifiant Undertaker en 1992. Ainsi, c’est le début d’une guerre sans merci quoique perdue d’avance face au nouveau phénomène de la WWF. Il lui faut donc bien du courage pour accompagner Kamala dans cette rivalité molle contre le Taker terminée dans un cercueil aux Survivor Series.

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James Harris, a.k.a. Kamala.

Et voilà donc Harvey Wippleman chargé de poursuivre l’Undertaker et de mine de rien être un témoin direct de l’ascension de ce dernier vers le palier de légende. C’est surement gonflé de dire cela quand on connait l’adversité d’alors mais cette phase a surement permis au Taker de petit à petit continuer sa construction dans sa gimnick de Dead Man. Ainsi, début 1993, Wippleman ramène avec lui le géant Giant Gonzalez qui va priver l’Undertaker de la victoire lors du Royal Rumble. Et ainsi, c’est le processus de la route vers WrestleMania directement enclenché. Depuis le bord du ring à WrestleMania IX, la recette pour finir le match désastreux de la façon qu’on connait est évidemment de l’esprit de Wippleman. Ainsi, le chloroforme est de sortie pour étourdir le Taker, un acte aussi perturbant qu’unique.

Et du coup après WrestleMania, l’affaire n’est pas enterrée aussi vite qu’avec Kamala mais la conclusion sera la même quand le Taker battra Giant Gonzales dans un Rest in Peace match à Summerslam. Ainsi, en un an, Harvey Wippleman aura à chaque fois été dans le coup directement face à l’Undertaker dans les quatre gros pay-per-views historiques. Et pour compléter le tableau, il manage le très bref et très vite oublié Mr Hughes aussi contre le Taker.

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Harvey Wippleman avec Mr Hugues lors du tournoi King Of The Ring 1993

Mais voilà, ce ne sera pas la seule guerre menée par Wippleman et il y a aussi celle moins connue mais toute aussi longue face à l’annonceur Hall of Fameur Howard Finkel qui aboutit à un Tuxedo match tout début 1995 où il finit déshabillé. Bon, il faut admettre que là, le succès ne lui colle pas à la peau mais l’excentricité oui et vous êtes loin d’avoir tout vu. Il se met ensuite à manager Bertha Faye et est ainsi témoin de sa prise du titre féminin à SummerSlam contre Alundra Blayze.

Le titre féminin et Wippleman c’est une sacrée histoire car il créera l’histoire en devenant le seul champion féminin de la WWE de sexe masculin. Et là c’est la dinguerie pure car au milieu de l’Attitude Era sous les traits d’Hervina il remporte le titre le 31 Janvier 2000 contre The Kat. Tout est fou dans cette histoire où travesti il remporte un match dans une piscine de neige. Il est tout de suite démasqué par sa voix au micro de Michael Cole et se définit bien comme la légende de la WWE qui vient d’écrire la légende, et en effet c’est comme cela qu’il restera surtout de la façon la plus excentrique possible.

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Harvey Wippleman sous les traits d’Hervina.

Un chapitre tellement fou qu’il ne durera qu’une journée en temps réel, avec une défaite express le lendemain. Et puisque son parcours s’achève dans la folie, autant finir habillé en lapin, le même que celui accompagnant Adam Rose ?

C’est donc une voie loin des hautes altitudes qu’Harvey Wippleman aura arpenté mais toujours en faisant le show. Car de 1995 à 2000, sa grande gueule qui est bien commune à celle d’un manager l’amène à une carrière d’arbitre en pointillés. Et aimant les déguisements, il sera une doublure de Rick Rude introduisant la DX alors même que le même soir en pleine période des Monday Night Wars, Rude se produisait à la WCW. Ainsi, Wippleman est vraiment l’électron libre par nature, pouvant passer par toutes les extrémités. Et pourtant, il aura mené la vie dure au Taker rappelez-vous.

Aucun doute que l’excentricité joue un rôle déterminant dans son accomplissement et la dernière apparition à ce jour de ce contemporain de Paul Heyman date de novembre 2010 quand il avait managé le Brooklyn Brawler dans le rôle qu’on lui a connu, face à Ezekiel Jackson. Ainsi, il était bien défini dans cet épisode old school à quel style Wippleman appartenait. Bien que n’ayant pas encore la cinquantaine, il est vraiment associé à un catch des années 90 en pleine mutation avec ses périodes folles, ses personnages ultra caricaturaux et bien exagérés, et autant il en aura accompagné autant il en aura été également un.

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Le Brooklyn Brawler accompagné d’Harvey Wippleman à Monday Night RAW Old School le 15 novembre 2010

La folie et la créativité font le sel dans un monde du catch souvent anti-conformiste et Harvey Wippleman se pose là. Sous ses airs de premier de la classe hyper sérieux, il n’en reste pas moins un manager à l’image très lunatique, capable de tout et de ramener des personnages venus d’une autre dimension. Ce jeune sans ambition se saoulant encore et encore dans les bars de Memphis a finalement réussi à avoir une image de fou étant peu parvenu à ses desseins mais ayant réussi à se faire une place dans le monde de la WWE qui hors caméras a même été très longtemps une place de road agent.

Il y a un air de chapelier fou dans Harvey Wippleman et son monde a toujours été différent du notre. Ainsi, entre usine à monstres et parcours final excentrique, il restera dans l’histoire de la WWE à la fois comme étant le tourmenteur de l’Undertaker pendant deux ans et le seul champion féminin de la WWE. Tout un programme pour désigner ce manager vraiment pas comme les autres.

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