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Bound For Glory 2014 : Pas mieux qu’un simple weekly au Japon

La TNA organisait dimanche dernier son premier pay-per-view à l’étranger à Tokyo au Japon. Et c’est son plus gros show de l’année Bound for Glory qui était organisé conjointement avec la Wrestle-1, fédération locale partenaire. Ce show est vraiment spécial et est vraiment à part entière cette année, au risque de tuer définitivement le concept des pay-per-views de la TNA.

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Quand on est à cette période de l’année et qu’on voit Bound for Glory arriver, on se dit que c’est là que la TNA va mettre tous les meilleurs atouts. Or en cette année où les tapings ultra groupés et très avancés sont primordiaux pour l’économie d’une fédération plus que jamais en difficulté financière, Bound for Glory est ainsi frappé de plein fouet par la réalité financière. La TNA ne pouvait pas organiser ce grand show aux Etats-Unis où elle a toujours le plus grand mal à remplir les salles, et ainsi l’accueil fait par la Wrestle-1 à Tokyo au Japon est une vraie bénédiction pour Dixie Carter — qui n’avait d’ailleurs pas fait le déplacement.

Seulement voilà, il y a beaucoup de contreparties parmi lesquelles celle de faire venir un roster de la TNA très limité en nombre, rappelant ainsi fortement le show One Night Only Outbreak. Le plus grave est de ne pas voir de tête d’affiche, car tant les Wolves, champions par équipe, que Bobby Lashley, champion du monde poids-lourd, ou des Bobby Roode, Austin Aries, Jeff Hardy et Eric Young ne sont pas là. Incroyable dommage fait au show qui assure ainsi des chiffres de vente plus faibles que jamais alors que la TNA organise à peine quatre pay-per-views à l’année.

TNA vs Wrestle-1 en ouverture

Ainsi, en tuant le prestige de son grand show, elle en a fait un One Night Only finalement, avec juste un poil plus de prestige, et encore c’est très discutable. La première partie du show est rythmée par du TNA vs Wrestle-1. Le premier match a la palme avec Manik repackagé et sorti d’un coup des oubliettes qui affronte l’expérimenté Minoru Tanaka, son mentor au début de sa carrière au Japon. L’action est vive, rythmée, se joue sur un coup de dés et au bout Tanaka fait soumettre Manik, c’est forcément idéal pour lancer le show mais ça a surtout très vite des allures de show stealer quand on voit ce qui vient après.

Ethan Carter III, toujours invaincu au bout d’une année pleine, ce qui est suffisamment choquant en soi, se retrouve face à la réplique japonaise de Rikishi, l’ex sumo Ryoto Hama. Autant dire que ce n’est pas l’éclate même si Hama montre quelques bonnes choses et presque une plus grande vivacité qu’EC3. Match à sens unique remporté par l’opportuniste Ethan Carter III qui après avoir été confronté aux fesses d’Hama lui inflige un coup bas face à l’arbitre mais tant pis, il enchaine sans souci pour faire le tombé et la foule qui ne le connaissait pas s’est bien ennuyée.

En revanche pour MVP, c’est presque une résurrection. Bon, c’est vite dit quand son adversaire s’avère être Kazma Sakamoto, l’ancien souffre douleur de Tensai à la WWE, et ça n’augure pas d’un bon programme. D’ailleurs Sakamoto avec une gimnick de heel frappé a vraiment très peu de prises, on comprend mieux pourquoi il n’a presque jamais été sur un ring à la WWE. Mais MVP se fait plaisir, de retour au Japon après un passage à la NJPW précédant son arrivée à la TNA. Preuve que ce show est en marge de la réalité actuelle d’Impact Wrestling et de ses storys, MVP est un favori de la foule et agit très sérieusement, loin de l’image du calculateur très opportuniste de la TNA. Et c’est même le MVP WWE qui est proposé avec le Ball In, des séquences mieux rythmées et une victoire obtenue par le Shining Wizard. Vraiment c’est une soirée à part et ce n’est pas positif de dire ça.

Samoa Joe l’indéboulonnable

Un match intéressant quand même ensuite, à trois pour le titre X-Division que Samoa Joe ne pouvait pas perdre. Low Ki et Kaz Hayashi, ses opposants, lancent très fort les hostilités dans un match bien équilibré, et quand Samoa Joe revient dans le match dans la deuxième partie, c’est Hayashi qui s’éteint. L’homme de la Wrestle-1 aura ainsi été un sparring partner brutalement éjecté du final entre les deux hommes de la TNA qui au passage s’étaient déjà affrontés sur le sol japonais il y a quelques années. Autant dire qu’ils captivent un public bien motivé pour tout le show, et Joe s’impose par son Coquina Clutch mettant Low Ki KO.

Voilà ensuite la particularité du show, zéro gars de la TNA dans un match par équipe. Ainsi, Jiro Kuroshio et Yusuke Kodama battent Andy Wu et El Hijo Del Pantera. Ce n’est pas mauvais en soi, et c’est surtout la lucha libre imprimée par le duo des perdants qui donne le maigre intérêt à ce match qui n’en avait pas, comme l’ensemble du show. Toutefois, les historiques réguliers du catch japonais par Mike Tenay sont à souligner positivement, car autant parler du catch du pays hôte quand tu n’as aucune story à raconter.

Les Hall of Famers n’emballent pas

La TNA a au moins mieux fait les choses avec une vraie cérémonie du Hall of Fame organisée la veille avec un Tommy Dreamer très ému d’avoir intronisé ses deux amis Bully Ray et Devon. Mais il faut maintenant les affronter, là encore autant vous dire que ça n’entre dans aucune story de la TNA et pour rajouter un piment extrême, Abyss est de la partie avec ses punaises. Heureusement qu’il y a les objets car l’ensemble est lent et bien sûr Tommy Dreamer goute à la table japonaise. La Team 3D s’impose et c’est juste ce qu’on retiendra d’un match qui aura excité par périodes la foule japonaise mais qui n’a rien offert d’inédit pour autant, avec au final le genre de match sympa dont on connait déjà les séquences.

Avant le main event, match baroque entre la puissante championne des Knockouts Havok et sa frêle challengeuse Velvet Sky. Pour donner de la durée, on fait croire que Velvet Sky peut faire vaciller Havok. Et puis il suffit d’un move, et encore pas le plus sympa, une simple prise de soumission, celle de l’ours, la plus ancienne et basique qui abat Velvet Sky, ce qui illustre bien que l’opposition était bien trop déséquilibrée et n’avait pas lieu d’être.

Même le main-event ne relève pas le niveau

Et nous voilà donc dans le match sensé être le main event. C’est la rivalité Sanada / Great Muta qui est exposée dans un match par équipe où James Storm a pris les rênes de Sanada, tandis que le Great Muta partage la passion du mist avec Tajiri. Un peu moins de dix minutes, avec deux petits coups d’éclat mais sinon une action bien plate qu’on a très vite oublié l’instant d’après. Et donc voilà comment après 2h35, le show se termine même si en extra James Storm balance son Superkick à Tajiri et Muta qui sont alors secourus par la Team 3D, tant qu’à aller jusqu’au bout d’un show ne suivant pas les storys et quand il s’agit de la seule story illustrée par un match, autant s’en écarter ensuite. Le comble est une coupure finale rapide faite par la TNA… 10 heures après le show, car avec le décalage horaire, Bound for Glory avait lieu le matin chez nous et forcément pour les USA il fallait diffuser à une heure convenable donc à 3h la nuit d’après.

On aura ainsi bien compris jusqu’au bout que la TNA s’est presque forcée à faire ce show tant elle a donné l’impression de ne lui donner la moindre importance. Et puis ça s’est terminé par l’annonce du départ de la Team 3D qui va à la NJPW, d’où la coupure soudaine. Au moins il y a un effort sur les fins de match. Une action pas si dégueulasse mais qu’on aurait préféré voir dans un show weekly.

Un Bound for Glory donc sans aucune lumière qui ne porte pas son nom et ne mène nulle part. Alors que ses shows weekly sont bons actuellement, la TNA trouve le moyen de briser sa seule vitrine. Jusqu’où ira-t-elle avec la fin de contrat prochaine avec Spike TV ? Une sacrée question chargée d’inquiétude par cette escapade japonaise en tout cas.

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