Reportage

WWE à Bercy : Public et ambiance étaient au rendez-vous

© Pierre Dereppe/VoxCatch

Chaque année, la WWE organise sa tournée française en deux temps : Avril pour le Wrestlemania Revenge Tour et un show à Bercy en automne. C’était donc hier que John Cena et consorts ont fait leur show à Paris, devant une foule conquise. C’est d’ailleurs le point fort de la soirée, une ambiance qui aura été – presque – de chaque instant. Que ce soit pour Cena, Sheamus ou même le duo Big E / Kofi Kingston, la foule aura encouragé ses héros à l’instar de Seth Rollins, Luke Harper ou Rusev qui n’auront eu que huées.

Sheamus ouvre les festivités

Un show qui débute par le Celtic Warrior qui arrive sous une pop des grandes heures. Face à lui, Luke Harper accompagné par Erick Rowan. Et c’était un très bon opener, alternant avec habileté les moments de domination de Luke Harper et les come-backs de Sheamus. Ce dernier l’emporte sur un Brogue Kick, et aura impressionné par une aptitude physique de premier ordre. L’alchimie avec Harper est vraiment à creuser, ce dernier n’a d’ailleurs pas grand chose en ce moment et Sheamus aura besoin d’un programme après les Survivor Series.

Suit le match entre le Real American Jack Swagger et un revenant que l’on aimerait garder au placard, Curtis Axel. Et, sans grande surprise, ce fut mauvais. Curtis Axel n’a pas de move-set, pas de charisme, obligé d’aller chercher de la cheap heat à l’extérieur. Alors par conséquent le manque d’opposition met Swagger dans la position tout aussi délicate de la cheap pop, mettant la main sur le cœur tous les deux enchaînements. La foule suit sans se lasser, pourtant il y avait de quoi. Victoire de Swagger sur son Patriot Lock dans ce qu’on est pas loin d’appeler une purge. Zeb Colter vient après, désormais face, et relance un dernier We The People en soulignant que si nous ne sommes pas américains, on est de vrais français.

On enchaîne avec un tag team match – on a heureusement échappé au dance-off – avec Slater-Gator avec Hornswoggle opposés aux Los Matadores et leur taureau, mascotte parmi les mascottes. Slater et Titus O’Neill étant d’ailleurs du meet & greet. Alors malgré toute les limites in-ring du catcheur, il faut bien dire que Titus  O’Neill est très impressionnant en vrai. Une armoire à glace qui fait facilement le double en largeur d’un être humain classique. Il fait d’ailleurs une partie du match en dominant Diego – ou l’autre masqué on ne sait jamais. Schéma classique. Un tag match avec des phases de domination des heel entrecoupé par des moments de comedy wrestling notamment avec Hornswoggle et El Torito. Les deux finissent d’ailleurs le match, nous rappelant leur plus belles heures dont ce Wee-L-C d’anthologie. Victoire finalement des faces qui ont eu moins de succès que leur prédécesseur, même si c’est de l’ordre du détail tant l’ambiance reste quasi permanente.

Unique match de championnat ce soir : celui des Etats-Unis

Seul match de championnat de la soirée, celui pour le titre des États-Unis. Initialement prévu entre Sheamus et The Miz, le changement récent transforme la confrontation en un Rusev vs Big Show. Une confrontation qui a eu le mérite d’être plus intéressante qu’à Hell in a Cell.

Avec plus de séquences enchaînées notamment du côté du Big Show, le match était plus intéressant, malgré la fin en disqualification, Rusev frappant le Big Show avec une chaise. Mark Henry vient continuer le travail mais récolte un KO Punch des familles. Rusev semble de plus en plus devenir l’ennemi numéro un à la WWE tandis que le Big Show conserve toujours sa côte de sympathie. Une foule plus réactive que Lana s’est permise de provoquer dans une promo rappelant les victoires passées de Rusev, dont celle du Big Show.

C’est l’heure de l’entracte. Chouchous, glaces, bonbons au chocolat, etc. Le dispositif déployé est assez massif mais on regrettera un shop à la marchandise limitée – Du merchandising Cena, Sheamus, Wade Barrett et Paige accompagnait des masques de Rowan et des programmes WWE. Les merchs Cena se vendent bien entendu comme des petits dans une foule pro-face essentiellement.

Christophe Agius et Philippe Chéreau arrivent pour lancer quelques catchphrases et lancer le match des divas. Les deux commenteurs sont toujours aussi acclamé et cela fait plaisir, surtout qu’ils avaient également répondu sans langue de bois au fan fest / conférence Planète Catch dans l’après-midi. Les deux se donnent un maximum et ne sont pas étrangers au maintien du catch WWE en France.

Brie Bella accueillie par la YES Mania

Reprise avec le match féminin de la soirée opposant Paige et Nikki Bella à AJ Lee et Brie Bella. Cette dernière, entrée sous les YES d’un public qui ne demandait que ça – on n’ose pas imaginer ce qu’aurait été l’ambiance avec Daniel Bryan – mais refroidi par Nikki demandant à sa sœur de quitter le ring. Moment gênant d’ailleurs quand Nikki demande à la foule si elle voulait du « Brie Mode » et qu’elle reçoit des huées, ce à quoi la diva réagit en demandant légitimement si on comprennait les mots qui sortaient de sa bouche. Brie en ringside se charge toutefois de l’ambiance en chauffant la foule avec des Yes Chants lorsque AJ Lee a le contrôle du match.

Rentrée sous les clameurs de la foule, Paige corrige le tir pendant le match, avant de ne pas laisser Nikki faire le tag, cette dernière en ayant pourtant bien besoin mais avait refusé la faveur à sa camarade anglaise plusieurs fois auparavant. Nikki se retrouve alors bien seule, et pourtant sur le point de gagner quand sa sœur la distrait offrant à AJ Lee l’occasion de placer le grand finisher des divas : le roll-up. Match toutefois de bonne facture, dans le standard Divas actuel avec un peu plus de rythme toutefois, ce qui est appréciable.

Avant-dernière opposition entre The Miz et Mizdow contre le duo Big E et Kofi Kingston accompagné par le déjà nouveau prêtre du gospel. Le révérend Xavier Woods nous fait d’ailleurs un sermon sur le WWE Network gratuit ce mois-ci mais qui coûte actuellement NINE NINETY NINE. Un discours qui fait toutefois un bon flop. Qu’à cela ne tienne, le match débute avec l’habituelle attention supplémentaire accordée à Damien Mizdow, celui-ci récoltant progressivement une pop méritée. On voit d’ailleurs progressivement que cette concentration particulière autour de Mizdow agace The Miz qui laisse souvent son partenaire dehors. Victoire finale de Kofi et Big E sur un finish en tag team après un match assez aérien. Kofi Kingston est toujours une valeur sûre pour apporter dj spectacle et Big E bénéficie d’une popularité toujours excellente en live quand il vient en France.

Gentil Street Fight en main-event

On termine avec le main event, un street-fight match entre John Cena et Seth Rollins des plus classiques. On a eu le droit à une bonne domination de Seth Rollins en début de match mais le John Cena du soir était en service minimum. Five Moves of Doom et contres sous forme de tentatives d’Attitude Adjustement, rien d’original dans une confrontation de laquelle on pourrait attendre bien plus. Les quelques spots avec les tables dont le AA final dans la seconde table sont tout de même appréciables.

Mais voilà, peu de grands enchaînements sur ce dernier match, des chairshots et des tables pour justifier le No DQ du match de catcheurs qui n’ont toujours pas saisi qu’un Street Fight devait au moins se faire en tenue de ville. Là, c’était juste un match classique sans disqualification. Énorme ovation toutefois pour John Cena et réaction totalement inverse pour Seth Rollins, une foule acquise donc à la cause du Superman de la WWE qui se permet un discours en français pour nous remercier et conclure le show.

Aucune victoire heel ce soir, c’est à noter dans un show à l’ambiance indéniable mais à l’originalité absente. Choses assez courantes lors des live-events de tournées où les catcheurs enchaînent voyages et shows soirs après soirs et où la présence des superstars et l’ambiance suffit à faire plaisir au public. On regrettera tout de même l’absence d’un champion de la WWE et de quelques superstars mises sur le côté à cause de leurs blessures.

Le succès était toutefois au rendez-vous et le show annoncé en avril à Toulouse devrait lui-même révéler la date du prochain live à Bercy. La salle, bien que n’étant pas pleine, a été assez remplie pour donner envie à la WWE de revenir dans cette même optique : offrir un show classique pro-face à des fans qui ne demandent que ça.

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