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Royal Rumble 2015 : Mauvais démarrage pour la Route vers WrestleMania

La nuit dernière, les fans du monde entier avaient les yeux rivés vers sur Philadelphie. L’histoire s’écrivait au Wells Fargo Center. Trente Superstars ont mis tout leurs espoirs dans le Royal Rumble et sa loi implacable: 30 appelés pour un élu. L’élu se veut Samoan en 2015.

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Lorsque tout être humain compte les jours en attendant l’été, le fan de catch préfère l’hiver. La Road To Wrestlemania, source intarissable de fantasmes depuis 1993, année où la victoire du Royal Rumble Match est devenue synonyme de match de championnat sur la plus grande scène au monde, est son plaisir.

La soirée a débuté avec Renee Young entourée de ses consultants du soir: le Hall of Famer Booker T, Byron Saxton et le jeune retraité Corey Graves. Le premier sujet abordé par le panel n’est pas le match pour le titre de champion du monde de la WWE ni le Rumble en lui-même mais la possible apparition de The Rock. Deux ans plus tôt, Rocky avait remporté son dixième titre de champion en mettant un terme à l’un des plus grands règne de l’ère moderne. Les rumeurs vont bon train. Et si The Rock participait au Rumble ?

Avant de le savoir, gardons notre enthousiasme pour le match du pré-show qui opposait l’équipe bleue à l’équipe noir et blanc, Kofi Kingston et Big E d’un côté, Tyson Kidd et Cesaro de l’autre. Xavier Woods et Adam Rose, qui devaient combattre, sont aux abords du ring avec Natalya et les Rosebuds. On s’échauffe, que ce soit dans le ring ou aux commentaires où JBL vérifie qu’il n’a pas oublié ses statistiques sur le Rumble Match. Big E semble pressé, en particulier avec Cesaro qu’il malmène avec une étrange facilité. On aura même le droit à un petit botch. Mais peu importe ce que peuvent faire New Day, ils ne parviennent pas à clairement dominer leurs adversaires ni à convaincre le public qui ne se gêne pas pour chanter « You still suck ». Philadelphie, ville qui a bien connu Cesaro lorsqu’on le nommait Castagnoli, n’a d’yeux que pour le Suisse. Ses coups d’avant-bras portés à l’européenne menant à la victoire enchante la foule.

La jeunesse de The Ascension garde le dessus sur les New Age Outlaws

Vous n’étiez pas au courant ? Les New Age Outlaws sont présents et ont bien l’intention de corriger la jeunesse arrogante et irrespectueuse représentée par The Ascension. Si Konnor et Viktor ne veulent pas être tournés en ridicule, il va falloir qu’ils passent sur les corps de deux légendes de l’Attitude Era, une équipe parmi les plus populaires de tous les temps, « Bad Ass » Billy Gunn et le « Road Dogg » Jesse James, les New Age Outlaws. Un an après avoir remporté les titres par équipe, les anciens membres du clan Degeneration-X n’ont pas encore pris la retraite, bien qu’ils aient sué, saigné et pleuré pendant des années pour le contribuable américain. Une première déculottée pour le premier PPV de The Ascension ? Ce ne sera pas pour tout de suite. Les chants « You still got it » fusent rapidement, ce qui donne un peu plus d’énergie aux deux vétérans. James, malgré ses frappes toujours aussi originales, n’est plus capable d’encaisser aussi longtemps qu’avant les coups. La puissance des anciens champions par équipe NXT a raison des Outlaws avec un découpage final de Billy Gunn. On espère que l’épaule de Billy se remettra du finish de Konnor et Viktor, déjà l’an dernier le corps de Mr. Ass n’avait pas apprécié la rudesse du Shield.

Troisième match par équipe du soir, enjeu différent. Miz et Mizdow sont insufflés par un esprit de reconquête des titres par équipe que les frères Uso leur ont pris il y a quelques semaines à Raw. L’épisode Naomi est oublié, l’or a plus d’importance que la femme du voisin, qu’importe la taille de son fessier. Plus qu’à l’accoutumée, la foule est derrière Mizdow, et comme chaque semaine, la Superstar qui a été un jour la plus « en vue » du roster veut garder la lumière des projecteurs sur sa personne. JBL traite Mizdow d’abruti de première classe mais on pourrait prendre cette insulte pour son coéquipier qui s’inflige chaque semaine un match handicap. Lorsque Mizdow supplée son employeur, ce n’est toujours pas suffisant pour river les épaules des champions pour le compte de trois. Jimmy et Jey conservent leur titres en toute logique et l’association Miz/Mizdow se rapproche un peu plus du précipice.

Interlude Total Divas. Les Bella Twins sont opposées à la princesse de la dynastie des Knight et la nièce préférée de Bret Hart. Pas de surprise d’un côté sur la qualité in-ring, en revanche certains mouvements portés par les jumelles sont plus rares. On notera l’arbitre quelque peu déconcentré, on le comprend, et le public peu intéressé. Les Bella Twins remportent ce match sans enjeu en privant Paige de venir en aide à la Canadienne.

Seth Rollins, l’homme de la soirée

128 jours. La dernière défense du titre mondial de la WWE a eu lieu il y a 128 jours le 21 septembre. Il y a une époque où le champion se voyait destitué de son titre s’il ne le défendait pas au moins une fois dans une période de 30 jours. Depuis ce mois de septembre, John Cena a été occupé avec The Authority qui lui en a fait voir de toutes les couleurs (comme ses t-shirts). Or, dès la présentation par Lilian Garcia des trois catcheurs qui vont se donner corps et âme pour ce titre, on comprend de suite que le public de Philadelphie n’acceptera pas que John Cena égale le record des seize titres mondiaux de Ric Flair (record au passage biaisé mais là n’est pas l’argument). La foule n’acceptera qu’une défense du titre par son champion à moitié présent – dans l’optique de voir un affrontement céleste entre la bête et la chèvre – ou la confirmation que le temps passe plus vite qu’on s’en aperçoit et que le futur est devenu présent.

On surnommait Taz dans les années 90 The Human Suplex Machine mais on a définitivement trouvé sa version 2.0 avec la bête qu’est Brock Lesnar. Il subissait les German Suplex de Kurt Angle il y a quelques années, il est désormais celui qui les inflige avec sévérité. C’est le troisième affrontement entre Cena et Lesnar, pourtant, le Champ chute toujours aussi mal, les bras en avant, comme s’il essaie désespérément d’échapper à son sort. Les corps sont mis à rude épreuve: Rollins manque de se déboiter l’épaule sur – devinez – une German Suplex de Lesnar, la nuque de ce dernier prend un sacré coup de genou de l’ex-membre du Shield… Puis Rollins se fait attraper en plein air, tel une otarie choppée par l’orque qui a fini de s’amuser pour un F5 que Lesnar a dû imaginer des milliers de fois depuis deux semaines. Pourtant ce n’est pas assez. Puis SuperCena passe la vitesse supérieure. Trois couches d’Attitude Adjustment et un Curb Stomp sont placés. Lesnar n’abdique pas. Le champion vacille, voit trouble puis ne voit plus rien après le spear de Cena qui détruit une partie de la barrière de sécurité. Mais ce ne sera pas ce moment que retiendront les téléspectateurs, c’est l’envol de Seth Rollins – digne de HBK – qui vient s’écraser sur Lesnar couché sur la table hispanique. Ce saut est mis en valeur par des ralentis de toute beauté (ralentis testés à NXT et déjà proposés à Battleground).

(gif via WrestlingWithText.com)

Le match se terminera sur quelques minutes endiablées entre Cena et Rollins qui sont confrontés l’un à l’autre chaque lundi, des minutes plus que précieuses pour que Lesnar vienne mettre un terme à la fête. S’il existait un titre d’homme de la soirée, Rollins l’emporte, plus que jamais proche du titre suprême qu’il lorgne du coin de l’œil. Un début d’année 2015 sur la lancée de 2014 pour Mr  Money in the Bank.

Un Rumble Match à oublier

Pic d’une soirée jusque là satisfaisante, le Royal Rumble met tout le monde sous tension. Les deux premiers à entrer dans le ring sont, avec surprise, R-Truth et The Miz. La moitié du main-event des Survivor Series 2011 est là. Et si… Non, bien mieux, Bubba Ray Duddley est présent dans la ville qui l’a forgé. Sous une ovation et des chants qui pourraient éclipser toute la carrière de Bubba à la TNA, celui qui aurait gagné plus d’une trentaine de titres par équipe dans sa carrière se rappelle le bon vieux temps avec R-Truth comme faux frère. Le deuxième retour, un peu moins inattendu, est celui du King of Badabim Badaboum Bada Bang. Diamond Dallas Page est accueilli comme il se doit et n’est pas venu les mains vides. Pas moins de trois Diamond Cutter avec même un sur Bray Wyatt.

L’ancien leader de la Wyatt Family est d’ailleurs l’un des participants à retenir de ce match. À l’instar de CM Punk avec la Nexus en 2011, il élimine ses adversaires un par un, même l’autre bizarre de Boogeyman. Wyatt est également à l’origine des éliminations de son ancien frère Luke Harper sorti avec Erick Rowan. Rowan ne devait pas participer mais s’est inspiré d’Edge (No Way Out 2009) en attaquant Curtis Axel pour entrer à sa place. La victime la plus marquante de Wyatt n’est pas Sin Cara, ni le Long Island Iced Z! Zack Ryder mais le favori de tout un peuple, Daniel Bryan.

Le blizzard de huées s’est alors abattu sur l’état de Pennsylvanie. Les fans, incrédules, qui pensaient voir Daniel Bryan atteindre une nouvelle fois le sommet tombent de leurs chaises. Après avoir été privé de compétition pendant neuf mois, après un retour dans le ring à Smackdown, B. Dazzle voit son rêve de faire tomber Brock Lesnar à Wrestlemania pour le titre suprême se briser en mille morceaux. Dix pauvres minutes. Wyatt a fait grâce à Bryan de dix pauvres minutes. On se dit donc que 2015 est l’année de Bray Wyatt, comme il le proclame lui même en plein match au micro. On ne se remet pas de cette injure, comme ont pu le remarquer les Rey Mysterio de 2015, Kofi Kingston et Big E par exemple, lourdement sifflés.

Dans notre chute, on essaie de se raccrocher à ce qu’on peut: Damien Mizdow, Dolph Ziggler, Cesaro, Dean Ambrose. Mais le destin en a décidé autrement. Bray Wyatt, Rusev, Big  Show et le vainqueur ont éliminé 23 Superstars à eux seuls, les trois quarts des participants, ce qui montre le déséquilibre des forces en présence. Il est ironique de voir à quel point les situations se répètent sans en avoir les mêmes conséquences. L’an dernier, tout le public souhaitait la victoire de Roman Reigns, signe du refus de l’éventuelle victoire de Batista. Sauf que depuis, le Shield a volé en éclats, dévoilant les imperfections de l’armure du Samoan. Et même l’apparition de The Rock, probablement l’un des pseudo-retraités les plus appréciés de la WWE, ne cachera pas la déception des fans. L’adoubement de Reigns par son cousin hollywoodien se fait sous une bronca.

La WWE se prend les pieds dans le tapis en ce début d’année en voulant forcer le destin d’un Roman Reigns cible des foudres bien malgré lui. Certains points sont néanmoins porteurs d’espoir, comme le futur avènement de Seth Rollins. N’oublions surtout pas que rien n’est impossible à la WWE.

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