Review

WWE Fast Lane : Roman Reigns reste en route pour WrestleMania

© WWE.com

Un Pay-Per-View certes, mais gratuit sur le Network pour les nouveaux abonnés puisque ce mois de février était #FreeFreeFree comme la WWE aime le souligner. Cela avait déjà été mis en place pour Survivor Series, avec un résultat assez mitigé, pour un show manquant de conclusion à l’exception de son main-event.

Ici, on se retrouve dans un postulat similaire : beaucoup de rivalités démarrent à peine, et verront sûrement leur opposition avoir un nouveau volet à Wrestlemania 31. Et c’est l’allure qu’entreprend dans sa promotion Fast Lane, une posture assumée et donnée d’entrée aux spectateurs : Ici, on prépare Wrestlemania, rien de plus.

Du coup, les oppositions ne sont pas très engageantes, outre le Bryan vs Reigns très mis en avant ces dernières semaines – heureusement, puisqu’il fait le main-event, seul le Rusev vs Cena a semblé prendre une posture semblable, réussissant à prendre un ampleur autre que celle d’un simple match de transition.

Mais loin de tout cela, le pré-show s’annonce avec un Miz TV avec comme invité Paul Heyman où il est question de rappeler encore une fois, que notre champion est Brock Lesnar, et que ce soit Bryan ou Reigns le vainqueur du match, il se fera détruire par le champion à Wrestlemania. Un segment de pré-show assez basique, sans grand intérêt mais qui a tout de même chauffé la foule grâce à Mizdow et le jeu entre ce dernier et le Miz. On attend toujours la rébellion de Damien Sandow pour un probable futur match en pré-show ou en transition lors de Wrestlemania.

Un opener digne d’un match de Raw

Mais le show débute avec son habituelle promo sur les rivalités du soir. Le premier match est un six-man tag team match entre l’équipe de Dolph Ziggler, Ryback et Erick Rowan et l’équipe de Seth Rollins, Kane et Big Show. Un match qui arrive bien trop tard, dont les enjeux ne sont plus présents et qui a perdu de son intérêt à cause du Royal Rumble et de l’absence de continuité.

Le pire pour ce match étant finalement sa teneur assez générique. C’est un six-man tag très classique, sans véritable enjeu ou pression, et du coup comparable à un match de Raw. On a même le droit à un retour de Randy Orton après le match pour sauver tout le monde et tenter de mettre ses mains sur Seth Rollins. Les deux se dirigent vers Mania tandis que Ziggler, Rowan et Ryback ont intérêt à vite trouver un nouveau plan, sinon cela se fera sans eux.

Qu’on soit bien clair, ce match est consistent, solide avec chacun dans son rôle très classique, mais il a un timing tellement décalé par rapport à ce qu’aurait pu être la rivalité, qu’il en devient totalement inutile. Mais bon, tout cela sert de rampe de lancement à un Rollins vs Orton à Wrestlemania 31, haut les cœurs, Orton est de nouveau face.

Une rivalité fratricide qui ne prend pas

Le show se poursuit avec une rivalité toute neuve, fratricide, entre Goldust et Stardust. Un match qui ouvre le bal des fins foireuses. Mais avant celle-ci, il y a un peu moins de dix minutes d’un échange quelconque, un peu brouillon mais surtout, un échange dont le public se fout totalement. On se retrouve à nouveau dans un timing totalement désastreux pour ce match. L’équipe que formait Goldust et Stardust n’était plus aimée de la foule, ils avaient même fait un heel turn, on comprend donc assez mal le choix de leur donner un match qu’il voulait certes, mais à un moment où il n’est pas attendu.

On sent beaucoup trop une rivalité forcée, un peu donnée parce que les deux le demandent depuis un moment, et qui finalement intervient au plus bas de la popularité des frangins depuis leur passage en équipe. Goldust avait une popularité bien plus forte l’an dernier et Cody Rhodes n’a jamais pu retrouver un personnage digne de ce nom, campant un Stardust un peu trop poussif, et avec lequel le public n’a jamais accroché. Le match se termine sur un compte de deux et demi qui fait finalement trois pour Goldust, qui ne peut contenir ensuite la rage de son frère en coulisses. Hourra.

Une victoire de Cesaro et Tyson Kidd après une rivalité quasi absente

Premier match de championnat de la soirée, avec les titres de champions par équipe défendus par les Usos contre Tyson Kidd et Cesaro. Une rivalité encore une fois assez récente et sans grande passion obtenue auprès de la foule. Cesaro revient à un temps lointain où il défendait le titre US avec une ambiance de mort dans l’arena. Cette fois-ci le public a un peu suivi notamment grâce à quelques mouvements des deux équipes, assez énergiques, mais on sent une rechute de la division dans la carte.

Là où elle faisait figure d’opener de choix encore en été, elle est redevenue un peu quelconque, manquant clairement d’originalité et tournant autour d’une seule équipe : les Usos. Le reste n’est que rassemblement de midcarders perdus dans la carte. Elle semble loin cette Andre The Giant Battle Royale qui avait consacré Cesaro. La chute libre du catcheur est incompréhensible, et là on est loin du miracle pour le Suisse, mais plutôt dans un loupé en règle de la WWE.

Reste la prise des titres, tout de même, pour l’équipe de Tyson Kidd et Cesaro, mais on ne peut pas dire que cela semble particulièrement attendu, tellement la rivalité n’a pas vraiment eu de construction, ni un temps d’antenne suffisant pour la mettre en avant.

Petit intermède micro, avec notre amateur de stand-up favori, Triple H. Le COO de la WWE repasse dans son vêtement semi-fan de métal, semi-motard du dimanche pour répondre à Sting. Ce dernier arrive après quelques mots de Triple H qui nous rappelle les précédents Raw et le discours de Hunter tourne autour de l’héritage que va laisser Sting, le menaçant de détruire la carrière que Sting a construit à la WWE. Triple H finit par agresser Sting après que celui-ci n’ait pas répondu.

Retour du Sledgehammer, par quoi Sting répond avec sa batte de baseball. Des images un peu iconiques, avec du pointage du logo de Wrestlemania pour assembler le tout, voilà, vous avez votre affiche. Ajoutez un Scorpion Death Drop, le tour est joué, vous avez un match pour Wrestlemania. Pas un grand segment, mais ça fait le travail, en attendant que Sting finisse par prendre la parole, lui qui n’a pas encore pris un seul micro depuis son retour.

Un match féminin injustement pauvre

On reprend un tracé plus classique avec un match féminin entre Paige et Nikki Bella. Un match de cinq minutes, là où les catcheuses de NXT en ont une quinzaine pour s’exprimer, ces cinq minutes sont une régression aussi pour la division, qui a vécu une année toujours pas à un niveau satisfaisant mais qui s’améliorait. Et là, c’est le drame de voir cette division retomber dans ses travers.

Une fin en roll-up avec une victoire de Nikki Bella, un seul move vraiment marquant — la powerbomb assez puissante de Nikki Bella sur Paige — et des approximations qui donnent au match un manque d’intensité assez navrant. Il faudrait prendre le virage de NXT, définitivement, et enfin proposer un produit un peu plus dense au fan, qui seront réceptifs si les matchs deviennent meilleurs, il faudra un jour que la WWE prenne le risque de donner des longs matchs, en espérant qu’une possible arrivée de Charlotte dans le main roster soit un pas de plus vers ce virage.

Autre match pour un titre où la rivalité est récente, c’est l’opposition entre Bad News Barrett et Dean Ambrose. Comme pour le précédent pay-per-view offert aux fans souscrivant au WWE Network, Dean Ambrose a le droit à une fin en disqualification, celui-ci refusant de cesser son assaut sur Bad News Barrett, qui fuyait le combat.

Encore une conclusion bancale, logiquement organisée toutefois pour que les deux se retrouvent à Wrestlemania. L’échange était court, un peu trop coupé pour réellement voir le potentiel d’un vrai match entre les deux catcheurs, même si le côté agressif de chacun donne une certaine alchimie dans le ring. On grogne un peu toutefois, d’avoir un match au rabais pour la ceinture Intercontinental, un peu en manque d’exposition, là où plus tard le titre US en aura une bien plus importante.

Bray Wyatt veut l’Undertaker

Mais nouvel intermède avec le thème de l’Undertaker. L’entrée est assez dense, avec les traditionnels « moines » qui encadrent l’entrée du cercueil. Sauf que dans celui-ci, ce n’est pas le Deadman mais Bray Wyatt qui est allongé. Une promo dans la lignée de ses vidéos, où le défi pour Wrestlemania est lancé. Apparemment l’Undertaker sera encore là, malgré tout, et on hésite entre crainte et joie.

Crainte car la condition physique de celui qui a perdu sa streak l’année dernière n’est plus au beau fixe, ce que souligne Bray Wyatt dans sa promo de manière détournée, avec des métaphores très efficaces. Joie car justement, Bray Wyatt semble amener cette rivalité dans un domaine un peu plus haut que la simple volonté de briser la streak. Celle-ci étant partie, on retourne à une rivalité autour du personnage du Taker, pour un dernier round, encore un, en espérant qu’il soit plus un baroud d’honneur qu’un autre match de trop.

Rusev à son meilleur

On se dirige vers deux matchs plus consistants, enfin. Le premier est celui pour le titre des États-Unis, entre Rusev et John Cena. Et on peut dire que le Bulgare, pour son premier match solo dépassant le quart d’heure à la WWE, aura fait une prestation solide. De même que John Cena, il y a eu une bonne intensité entre les deux, et Rusev est définitivement un des rares talents issus de cette version de NXT à offrir un niveau solide.

Celui-ci obtient la victoire après une distraction de Lana qui lui a permis de placer un coup pas très légal et d’assommer le poster boy qui concède une victoire par soumission. Vous avez bien lu, John Cena a perdu par soumission, et ça, c’est assez rare pour être souligné. Un privilège fait à peu de catcheurs, et même si la perspective d’une défaite du poulain de Lana est probable à Wrestlemania, on sent que la WWE ne va pas lâcher son monster heel, avec pourquoi pas des perspectives de main-event dès cette année, après près d’un an d’invincibilité. Il ne faudra surtout pas comparer à Kozlov, Rusev étant tout de même un bien meilleur catcheur.

Roman Reigns confirme sa victoire du Rumble

Et finalement vint le main-event, sous tension. Daniel Bryan et Roman Reigns ont joué une prestation remarquable devant un public moyennement présent. Il était intéressant de voir les deux partitions jouées par les deux catcheurs. Daniel Bryan était plutôt dans un aspect provocateur, parfois proche de l’attitude heel quand Roman Reigns s’est rappelé qu’il devait paraître fort, très fort.

Un match très bon, où Roman Reigns a très bien suivi le rythme imposé par Daniel Bryan, rassurant sur sa capacité à tenir le match – là où Batista s’était effondré l’année dernière, puisque certains veulent comparer – et tenant assez aisément les vingt minutes. Finalement, la victoire de Roman Reigns affirment le choix de la WWE, même si les fans sont toujours mitigés pour ne pas dire contre, donnant une ambiance assez bâtarde pour cette fin de show.

Daniel Bryan se retrouve un peu sans grande solution pour Wrestlemania, et c’est un peu triste vu sa position l’année dernière, mais la WWE ne pouvait pas redonner le main-event à Daniel Bryan, surtout face à quelqu’un d’aussi stiff que Brock Lesnar. C’est trop tôt, et même s’il paraît bel et bien guéri, il est plus responsable de la part de la WWE de maintenir son choix et de créer une nouvelle superstar pour le main-event, malgré la scission du public assez claire.

Fast Lane aura finalement tout simplement tenu son rôle, être un PPV de transition, une entrée, en attendant le plat de résistance (et le dessert aussi) qu’est Wrestlemania. On reprochera au show un manque de consistance marqué, avec des conclusions qui sont décevantes et qui manquent clairement. On reste malgré tout sur un plan qualitatif correct dans les deux principaux matchs, sans pour autant être plus enthousiaste que cela.

On se satisfera de voir un large panel de rivalités pour Wrestlemania, là où la WWE avait tendance à prendre du retard ces dernières années, il lui reste un bon mois pour épurer les quelques oppositions peu satisfaisantes mais aussi pour développer celles qui en ont le plus besoin. Mais avec des affiches comme Cena vs Rusev, Bray Wyatt vs The Undertaker, Sting vs Triple H et Roman Reigns vs Brock Lesnar, la WWE s’offre quelques matchs au minimum solides sur lesquels s’appuyer pour la 31 ème édition du plus gros show de la WWE, avec un clivage passé/présent/futur toujours plus sensible.

3 commentaires

Les plus lus

En haut
//ad6media