Décryptage

2015, l’année de la réorientation pour Randy Orton

Il est de retour, après une absence de pratiquement quatre mois, Randy Orton est revenu en s'attaquant à la raison principale de ce break forcé, Seth Rollins. Dans une opposition qui sera très probablement à l'affiche de Wrestlemania, une question se pose : Seth Rollins aura-t-il l'occasion de river les épaules du Legend Killer?

Wrestlemania n’est pas tellement le Pay-Per-View favori de Randy Orton. Un record à 4-7 en onze participations, où les victoires du catcheurs ne sont pas nécessairement d’un prestige énorme avec une seule victoire pour conserver son titre de champion du monde face à John Cena et Triple H en 2008, une victoire en équipe et deux victoires dans des rivalités moins développées contre Ted Dibiase et Cody Rhodes puis sa dernière victoire à Wrestlemania XXVII face à CM Punk.

On ne peut alors pas vraiment dire que ce match face à Seth Rollins qui se profile à l’horizon soit vraiment de bonne augure pour celui qui va probablement redevenir officiellement face dans peu de temps. Surtout qu’à l’inverse de sa nemesis actuelle, celui que l’on annonce de Saint Louis dans le Missouri est plutôt dans un momentum fragile, qui ne tient uniquement du fait de son retour récent.

L’alter-ego de John Cena jusqu’au bout

Il fait parti des meubles. Comme John Cena, cela fait bientôt treize ans que Randy Orton est un catcheur permanent des programmes de la WWE. Plus jeune catcheur devenu champion du monde poids-lourds (à 24 ans), le catcheur de troisième génération pointe à un total de douze titres mondiaux, avec un dernier règne entre Summerslam 2013 et Wrestlemania 30.

En parallèle de ces titres mondiaux, Randy Orton n’a gagné qu’une seule fois le titre intercontinental – lorsqu’il était avec Evolution – et une seule fois le titre mondial par équipe, formant alors l’équipe Rated-RKO avec Edge. Un nombre de titres secondaires qui montre une présence constante dans le main-event, avec en apogée cette période de la Legacy et cette rivalité avec John Cena.

Néanmoins, depuis cette perte de titre à Wrestlemania, celui qui était le visage de la WWE s’est peu à peu fait grignoter par Seth Rollins. Restant dans un premier temps dans la title picture jusque Battleground, Randy Orton a connu ensuite deux petites rivalités face à Roman Reigns et Chris Jericho, avant de quitter les écrans du fait de Seth Rollins, qui a lui pris la pente inverse, avec en point d’orgue ce match pour le titre au Royal Rumble.

Ce match entre Seth Rollins et Randy Orton, même si la rivalité n’est pas tout à fait lancée, devrait marquer ce croisement des deux figures phares de The Authority. Et la probabilité de voir Randy Orton perdant au soir de Wrestlemania est loin d’être faible. On sent l’ancien Legend Killer dans une période un peu moins faste, et son retour lors de Fast Lane n’a pas eu autant d’effets qu’il aurait pu avoir.

On sent le main-event surpeuplé, la présence d’un unique titre mondial n’y étant pas pour rien. Tout cela pour bien pointer cette absence de place pour la Vipère. Actuellement, c’est bien Seth Rollins qui semble en position favorable pour prendre la suite face à Roman Reigns après une hypothétique victoire lors de Wrestlemania. La rivalité entre les deux anciens frères d’armes du Shield se dessine même dans le même instant que le match pour le titre en l’absence de Brock Lesnar.

La suite pour Orton semble quant à elle bien plus floue. Une fois sorti de The Authority, il redeviendra face dans un show qui en manquait cruellement il y a quelques mois. Mais l’horizon lui semble bien bouché, avec des tops stars changeantes et poussant même John Cena vers un match pour le titre des États-Unis lors de Wrestlemania 30.

Randy Orton déjà trop vieux ?

À 34 ans, Randy Orton semble paradoxalement avoir déjà fait le tour de sa carrière. Et de « présent » de la WWE il y a à peine un an, il semble glisser progressivement vers ce statut de star du passé, dont l’heure de gloire s’essouffle progressivement. Il reste bien évidemment un cadre de la WWE, comme John Cena, mais il fait partie des catcheurs qui passent progressivement dans un nouveau statut, où il s’agit à la fois de maintenir un certain prestige tout en se chargeant de soutenir une nouvelle génération de catcheurs.

2015 pourrait alors être assez pauvre en titre pour Randy Orton, qui devrait s’orienter dans des rivalités face à des catcheurs moins établis, avec une ré-orientation vers les titres secondaires également. La densification de la midcard/upcard que l’on peut observer depuis quelques années obligent à faire descendre quelques main-eventers dans une sphère moins glorieuse. Un dispositif assez lent à se mettre en place, et dont la première forme vraiment marquante est cette opposition prévue entre Cena et Rusev.

La Vipère pourrait aussi accueillir des arrivages de NXT un peu plus frais que Rusev et moins établis, pour des premières rivalités assez importantes pour ces catcheurs pour les rendre crédibles auprès du public. De plus, la versatilité entre le personnage de heel et de face de Randy Orton est assez aisée, celui-ci s’étant même parfois essayé à la délicate position du tweener, à une époque où il commençait seulement à dégainer des RKO Out of nowhere plus vite que son ombre.

Une transition soumise à conditions

Randy Orton pourrait poursuivre le même chemin, seulement si le catcheur franchit deux étapes. La première, c’est l’entretien du personnage auprès du public, réussir à ce qu’il maintienne ce star power suffisant pour porter une rivalité, et que le-dit public y porte un intérêt. On avait pu voir Orton subir quelques difficultés lors de son dernier run face, notamment lors d’un lendemain de Wrestlemania où le désintérêt du public pour son opposition face à Sheamus était très audible.

L’autre, c’est tout simplement le fait que la Vipère accepte la situation. On connaît la tendance à agir en diva de Randy Orton, notamment avec Kofi Kingston, un énervement qui bloqua définitivement le Ghanéen sous le plafond de verre. Mais il serait trop facile de réduire le catcheur à cet écart, et il faut appuyer sur le fait que Randy Orton reste aussi très corporate. Il peut autant accepter la situation, que finalement errer dans l’upcard sans but et retourner des rivalités sans grand intérêt.

Il faudrait une combinaison de bonne volonté de Randy Orton avec une bonne dose de rivalité attirante. Car on n’oublie pas qu’au-delà du catcheur lui-même, c’est tout un tas d’autres paramètres qu’il faudra surveiller : le booking, l’intensité de la rivalité ou encore le temps d’antenne. Des éléments qui ne sont pas parfois entre les mains même des catcheurs, et qui sont délicats à gérer.

Quoiqu’il arrive, 2015 s’annonce comme une année compliquée pour Randy Orton, sans plan hors de sa rivalité avec Rollins, si celle-ci venait à s’écourter juste après Wrestlemania, il est fort à parier que l’ex-Legend Killer soit repoussé un certain temps du main-event, devant tout d’un coup la proie à de jeunes louveteaux avides de victoires de prestige. Une position inversée sur laquelle devrait miser la WWE, tant Randy Orton, mis dans les bonnes conditions, peut offrir des oppositions solides parfois sous-estimées.

On te fait confiance Randy, va pas te refaire chopper par la Wellness Policy d’ici-là.