Culture Catch

Lucha Underground, la formule du succès

Le 29 octobre 2014, un nouveau show télévisé a fait irruption aux Etats-Unis. L’AAA, célèbre fédération mexicaine, a lancé une promotion à part entière nommée Lucha Underground qui prend toujours plus d’importance dans le coeur des fans de lucha et du catch en général.

L’AAA a eu le nez creux quand elle a décidé de s’associer à la chaine du câble El Rey Network pour faire sa promotion chez le géant américain. Mais il ne s’agissait pas seulement d’apporter un show de catch à la télé mais un vrai produit unique. Le producteur Mark Burnett dirige ainsi lors de chaque enregistrement de show une pure production de série et ainsi à l’exemple des Raw, Smackdown, Impact ou OVW, on parle bien d’épisode.

La grosse différence c’est que l’on est vraiment dans une nouvelle manière de regarder du catch avec un vrai style telenovela, des angles de caméra innovants, on pense notamment à celui au-dessus du ring, et des segments en coulisses uniques, vraiment placés dans le contexte d’une série qui se déroule toujours dans le temple situé à Boyle Heights en Californie. Un lieu vraiment authentique et rustique donnant vraiment l’impression que la seule et unique priorité est de briller dans le ring.

Un show dynamique

Les atouts pour attirer de nouveaux fans et des fans chevronnés sont multiples. Il y a une part divertissement avec un groupe latino qui introduit chaque show, il y a cette scénaristique qui peut tout aussi bien concerner des néophytes du produit que des habitués et bien sûr il y a ce qu’on voit dans le ring. Dans ce show au format dynamique de 45 minutes par épisode, aucune fausse note n’est tolérée et tout se déroule à vitesse grand V car comme on se dit souvent, c’est quand c’est bon qu’on ne voit pas le temps défiler.

Pour bonifier cette présentation visuelle, il faut des acteurs au niveau. Là aussi la Lucha Underground met les petits plats dans les grands. Aux commentaires, on retrouve l’ancienne voix de la WWE Matt Striker et une légende de la lucha libre, le canadien Vampiro. La nouveauté se situe dans le poste de general manager qui s’apparente plutôt à celui de parrain. Dario Cueto est un acteur espagnol vraiment très à l’aise dans ce rôle de riche patron manipulateur toujours classe, les cheveux gominés et qui garde des sombres secrets cachés dans une cellule de prison.

Un savant mélange de l’AAA et du catch indépendant

L’atout principal de la Lucha Underground est la variété de son roster qui bénéficie de l’apport de luchadores de l’AAA ainsi que de catcheurs indépendants américains. Ce savant mélange fonctionne à la fois pour faire sortir la lucha libre de ses frontières mais aussi pour la mêler au catch traditionnel. La liste de l’AAA est longue et peut encore s’allonger au fur et à mesure. L’ajout principal est celui d’Alberto El Patron, champion de l’AAA et qui prend ainsi sa revanche sur la WWE qui l’interdisait de se produire pendant un an sur le sol américain, mais cette interdiction a été cassée pour la Lucha Underground notamment.

Le rival d’El Patron à l’AAA, le brutal Texano Jr, a fait une entrée récente qui a encore densifié le chant des possibles avec le titre de l’AAA défendu lors du dernier show de mars. La nouvelle vague de l’AAA composée de Fénix, Drago, Angélico, King Cuerno et Pentagon Jr s’ouvre ainsi à l’international et annonce un grand futur pour la lucha libre tellement ils démontrent de grandes qualités avec un style très spectaculaire mais aussi très sûr. Beaucoup plus expérimenté, El Mesias porte ici le masque de Mil Muertes, personne mystique fortement inspiré de l’Undertaker avec une pierre qui tient office d’urne.

La Lucha Underground mise aussi sur des noms connus des fans américains et pas des moindres. Ainsi on retrouve Johnny Mundo, alias John Morrison, déjà engagé dans beaucoup de gros matchs et de rivalités intenses qui ont régalé. Il y a aussi le masqué Prince Puma qu’on connait sans le masque sous le nom de Ricochet, et ce virevoltant athlète est le champion de la Lucha Underground et ici il bénéficie des conseils de Konnan. Moins connu mais qui vaut le détour, le barbu Matt Cross, qui porte le masque de Son of Havoc et est avec Ivelisse qui a fait un sacré bon chemin depuis Tough Enough. Plus brutaux, Ezekiel Jackson qui est ici Big Ryck et Brian Cage qui montre qu’il peut jouer un grand rôle dans une grosse fédération dans le futur, comme c’est déjà le cas ici.

D’autres noms connus tels Blue Demon Jr et Chavo Guerrero sont passés à la Lucha Underground et l’ex de la TNA Hernandez fera prochainement ses débuts. On a pu aussi s’apercevoir de la variété du catch mexicain avec la spectaculaire Sexy Star, le mini Mascarita Sagrada, et le catcheur travesti Pimpinela Escarlata. Bref une sacrée palette de personnages pour tous les gouts qui donne ainsi lieu à beaucoup d’affiches variées et très riches en contenu. Et cela s’avère être la meilleur pub pour l’AAA, la lucha libre mais surtout pour…la Lucha Underground qui développe son propre business. Forte de sa réussite, un show de deux heures intitulé Ultimo Lucha a été annoncé pour le mois d’Août.

Des matchs spectaculaires

La Lucha Underground est une promotion qui ose tout et après le stade des premières promesses, elle n’a pas fléchi bien au contraire. De nombreux formats de matchs s’ajoutant très régulièrement montrent qu’elle en a vraiment dans le moteur et ne cesse de surprendre à chaque semaine. Les matchs sont très engagés, le sang coule parfois, aucun tabou ici. Chaque rivalité finit toujours inévitablement sur un match au caractère vraiment unique.

Ainsi on a vu Johnny Mundo prendre le dessus sur King Cuerno dans un Steel Cage match, Prince Puma prendre le dessus sur Big Ryck et Johnny Mundo dans un ladder match, Fénix enterrer Mil Muertes dans un Casket match, Alberto El Patron battre son challenger Texano Jr dans un Bullrope match, ainsi on voit que les stipulations sont très diversifiées et chaque semaine une nouvelle surprise arrive sur le ring avec un signe aztèque placé au centre.

La nuit du mercredi au jeudi est chaque semaine folle pour le fan de vrai bon catch in ring car entre 2h et 3h, il est dur de faire son choix entre NXT et la Lucha Underground. Un show qui vaut largement le coup d’œil, tel un enchantement il suffit de se plonger une seule fois dans cet univers hebdomadaire de 45 minutes pour ne jamais en ressortir.

Lucha Underground, la formule du succès
5 commentaires
En haut