Reportage

On y était : APC Luchanniversary à Nanterre

Ce dimanche, l’Association des Professionnels du Catch (APC) fêtait son dixième anniversaire dans le studio Jenny à Nanterre. À l’affiche, une bataille royale et deux matchs respectivement pour le titre PWH (fédération hollandaise) et de l’APC.

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Tengkwa vs Harlem  — © APC

C’est dans le cadre du studio Jenny que quelques deux cents personnes se sont installées autour du ring, avenue Jenny à Nanterre. Installés dans ces locaux à chacun de leurs shows, l’APC est donc comme chez elle pour une fin d’après-midi plutôt prometteuse. Entre catcheurs installés de l’APC ou de la scène européenne et catcheurs moins expérimentés, l’APC n’avait définitivement pas le regard tourné vers le passé mais bien sur un mélange d’expérience diverses et variées.

Une bataille royale pour lancer la soirée

Le show débute d’ailleurs avec une bataille royale regroupant quelques catcheurs récents sortis de l’école de l’APC, qui avait notamment eu Chris Masters récemment pour diriger un de leurs stages, et quelques autres de l’Association Catch Essonne (ACE). L’expérience n’est pas forcément le point fort des dix participants qui appuient tous lourdement sur l’aspect show local avec la nécessité de rapidement faire comprendre qui est face et qui est heel.

On oppose les catcheurs des deux associations pour finalement se retrouver avec trois catcheurs de l’APC, puis un duel final entre Christianium et Adam Benseba, qui avait été en équipe récemment. Finalement, c’est Christianium qui l’emporte après deux coups bas et un envoi par dessus la fameuse troisième corde. Il gagne ainsi le trophée mis en jeu pour les dix ans de l’APC. C’était propre, honnête et le trio final peut vraiment espérer encore progresser, ayant proposé le travail le plus abouti des dix catcheurs présents.

La suite voit deux membres par équipe s’affronter en solo. Stan Corey représente les White Wings et Dick Rivière la Mafia Française. Annoncé à 2m15 pour 115 kilos, alors que sa physionomie est tout à fait classique, le personnage de Dick Rivière fonctionne bien dans ce gimmick de heel cocky un peu ridicule. Là aussi on voit deux catcheurs n’ayant pas nécessairement le plus d’expérience mais dont l’alchimie reste bonne. C’est un peu mécanique par moments, mais le tout est dans l’ensemble agréable à suivre.

Ce qui le sera un peu moins, c’est l’intervention du camarade de Dick Rivière, El Matador pour permettre à son camarade de reprendre le dessus. Mais c’est devant les yeux de l’arbitre qui par conséquent donne la victoire par disqualification à Stan Corey. La problématique de ce genre de finish étant qu’il faudra probablement être là au prochain show pour en observer les conséquences, ce qui ne sera pas nécessairement le cas de chaque personne présente dans la salle.

Les heels dominent la première partie de la soirée

El Matador, encore lui, est lui dans un triple threat match face à Dragan, un lutteur annoncé provenance de Bosnie-Herzégovine par Célian Varini, au poste de commentateur ce dimanche. Le troisième lutteur n’est autre que le patron lui-même, Fabio, qui va au charbon. Dragan est de l’ex-URSS et ça s’entend, donc nécessairement heel. Il s’allie avec El Matador mais chacun se trahit au fur et à mesure du combat.

Fabio reprend progressivement l’avantage avec une sommersault plancha qui fait lever le ring quand le patron prend l’élan sur les cordes. Littéralement. Mais Fabio subit le jeu d’alliances et de trahisons des deux heels avec finalement une victoire de El Matador. Décidément les heels ont la côte ce soir.

Pause, la seule du show, après une heure de show, un petit quart d’heure qui permet à tout le monde de faire un ravitaillement avant les deux matchs pour le titre. Le premier entre Tengkwa et Harlem, est une opposition de deux catcheurs aériens même si Harlem n’est pas vraiment d’un calibre léger. On se tourne dans un combat plus orienté force pure que ce que l’on pouvait attendre des deux hommes.

Cela surprend mais la qualité in-ring est présente, il y a une bonne intensité entre deux catcheurs faces. Opposition qui se terminera malheureusement sur un petit paquet, le genre de finish que l’on rechigne un peu tant la montée en puissance du match avait été sympathique. Le néerlandais Tengkwa conserve ainsi sa ceinture, n’oubliant toutefois pas de saluer son adversaire, précisant qu’il n’attendait pas un combat de ce style et espérant le recroiser prochainement.

Yan Colby malheureusement absent de l’action ce soir-là

On file alors vers le main-event, un dernier combat modifié puisque Yan Colby, plus tôt dans la soirée, a annoncé une blessure, plus précisément une commotion. Dans un segment du plus français des adeptes du « party hard », celui-ci laisse sa place à Kenzo Richards quand celui-ci vient effectuer le sauvetage des mains de Hellmer Lo’ Guennec, actuel champion de l’APC.

Kenzo Richards effectue donc son entrée sur un peu de Terminator, et pour cause, même s’il n’est pas Triple H, le néerlandais rentre avec quelques effets sympathiques et un look mixant Bret Hart avec le personnage fétiche de Schwarzenegger. Ça peut paraître étrange expliqué ainsi, mais le look rend vraiment très bien pour ce qui reste l’entrée la plus convaincante de la soirée.

Un main-event entre deux catcheurs moins aériens, plus brawler dans l’âme sur certains aspects, mais vraiment intense et qui se fera même le plaisir d’avoir du story-telling grâce au segment de première partie de soirée. Il faut en effet savoir que c’est un match revanche pour Kenzo Richards qui avait perdu suite à un coup bas de son adversaire le mois dernier.

Lo Guennec se fend d’un personnage heel breton et fier de l’être, qui n’hésite pas à agresser verbalement le public. S’il se prend les nombreux atémis du King of chops, le champion APC conserve finalement sa ceinture en s’appuyant sur les cordes aux dépends du néerlandais. Celui-ci se venge toutefois après le match en sortant Lo Guennec du ring, le show se terminant sur la célébration de Richards. Les catcheurs viennent par la suite prendre quelques photos, toujours sympa.

Un show qui globalement aura eu un niveau propre dans le ring sans pour autant avoir dégagé son plein potentiel. On se frustre un peu des multiples fins peu définitives malgré des move-sets qui le permettent – Richards a notamment un très bon Piledriver. Mais le point le plus important, c’est que le show reste malgré tout dans une logique de volonté de progresser.

L’APC, forte d’une présence de dix ans, est désormais installée, et en ramenant, à l’image de ce qu’a pu faire l’ICWA et Ouest Catch, des catcheurs à la renommée internationale pour des shows ou des stages, elle reste dans une logique de progression de ses événements. Le Studio Jenny est un cadre prometteur, qui serait probablement plus attrayant en soirée, mais qui a le cachet nécessaire pour offrir une ambiance particulière.

Il reste cette composante de show local, où le public est en majorité loin du type smart comme on peut en voir en Angleterre ou en Allemagne. Le show de l’APC n’a pas eu à être parfait, il devait juste montrer une envie de fêter un anniversaire mais aussi de marquer une volonté de l’association de grandir encore. Peut-être pour les prochaines années, on l’espère en tout cas, tant le potentiel global est là. Il n’y a plus qu’à concrétiser.

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