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Payback : Quand Seth Rollins se la joue comme Triple H

Soyons bien clair, Payback n’est pas et ne sera jamais un pay-per-view majeur, on ne demande pas à ce que tous les pay-per-view soient de l’envergure d’un Wrestlemania également, mais il faudrait sincèrement que la WWE pense à faire un booking qui offre un plus grand vent de fraîcheur. Il ne suffit pas d’installer des nouvelles têtes pour qu’une rivalité paraisse moins redondante, il faut aussi des nouveautés scénaristiques, ce dont manque pas mal la WWE en ce moment.

Le cas ne se pose pas seulement pour le main-event, il suffit de regarder le « I Quit » match entre John Cena et Rusev dont le résultat ne laissait alors que très peu de doutes dans la tête des fans. En dehors de ces deux matchs, les rivalités de midcard essaient de prendre le peu de temps qui leur ait laisser, offrant des oppositions plus ou moins bonnes mais là aussi manquant cruellement de piquant.

Dolph Ziggler paie le prix du sang pour avoir sa revanche

Le pre-show aura eu le droit à deux petits matchs. Le premier, non-prévu, voit R-Truth battre Stardust, deux anciens prétendants au titre Intercontinental à Wrestlemania mais clairement hors course désormais. On sent qu’on ne sait pas trop quoi faire de ces deux catcheurs, même si Stardust arrive souvent à tirer son épingle du jeu avec le public qui rappelle son passé de Cody Rhodes, assez faible, mais c’est déjà ça.

Deux qui ont eux trouvé le chemin du cœur de la foule, c’est Curtis Axel et Damien Sandow, ou appelez-les Curtis Hogan et Macho Mandow. Prenant l’apparence des deux légendes qu’ils parodient, ceux qui reforment les Mega Powers pour une soirée se sont fait surprendre par The Ascension, qui obtient une victoire sur une équipe qui n’en est pas vraiment une en à peine trois minutes. Peu de conséquence pour l’une et l’autre équipe, The Ascension est tellement bas qu’ils ne peuvent que remonter la carte, mais le souhaite-t-on vraiment?

Le show débute réellement avec un match retour de Extreme Rules entre Dolph Ziggler et Sheamus. Pas le temps de s’observer que Ziggler emballe le match, ce à quoi Sheamus offre une réponse tout aussi rythmée. Les deux hommes mettent en avant le côté le plus stiff de leur catch et il n’y a que très peu de temps mort.

Le tournant du match se trouvera dans la vengeance de Dolph Ziggler, offrant sa fesse droite au visage de Sheamus qui est du coup pris d’une rage que n’arrivera pas à contrôler Dolph Ziggler, malgré un coup de tête monstrueux, à tel point que le Show-Off finira en sang, achevé par un Brogue Kick de l’Irlandais.

Il est là dommage de voir que deux catcheurs avec autant de talent soient tenus au simple « Tu me bats, je veux te battre » mais avec une victoire chacun, il n’y a aucun doute dans le fait qu’ils sortent de la rivalité avec un statut de combattants rudes, ce que Ziggler et Sheamus avaient déjà certes, mais qu’il était important de réinstaller pour le second, de retour depuis seulement moins de deux mois. On tiquera simplement sur la simplicité de la rivalité, car on se dit qu’avec un match pareil, si l’enjeu avait été présent, on serait bien plus emballé par une suite potentielle.

Bray Wyatt se relance, The New Day imite les Bella Twins

Première affiche pour un titre de la soirée, ce match revanche entre l’équipe de Cesaro et Tyson Kidd et The New Day partait très bien pour les anciens champions par équipe, prenant l’avantage dans un 2 out of 3 falls match. Mais finalement, le jeu du surnombre finit par prendre le dessus avec le Big Ending amélioré – mais botché – de Big E et Kingston donnant l’occasion à New Day de revenir à 1-1.

C’est finalement un grand hommage à la section féminine avec cette version « New Day » du Twin Magic, Xavier Woods faisant le tombé à la place de Kofi Kingston sans que l’arbitre ne voit le subterfuge. Un moment un peu rageant, plus original qu’un simple roll-up mais ce n’est pas non plus le nirvana en terme de nouveauté. La division tag team aura toutefois le droit à son Elimination Chamber, et ça c’est assez nouveau pour faire plaisir, surtout que le nombre de tag teams a augmenté considérablement ces derniers mois.

On a l’impression de se répéter mais les matchs de la soirée, à l’exception des matchs pour le titre de la WWE et celui des États-Unis, n’ont pas eu un build-up exceptionnel. Pire encore, on craignait pour cette opposition entre Bray Wyatt et Ryback. Pas tout le temps à son plein potentiel, « The New Face of Fear » n’est pas connu pour briller face à des catcheurs vraisemblablement plus moyen. Et Ryback fait partie de cette catégorie.

Mais force est de reconnaître que les deux ont su élever leur niveau sur dix minutes et offrir une opposition sans longueur, avec des spots très sympathiques comme cette Senton Bomb vers l’extérieur du ring de Bray Wyatt sur Ryback. Ce dernier s’est lui aussi mis en avant avec un Splash depuis la troisième corde dont l’impact était assez impressionnant.

On a même eu le droit à un – très léger – storytelling autour d’une blessure aux côtes de Ryback, qui finira par causer sa défaite, Wyatt envoyant le Big Guy sur le coin exposé du ring avant de lui appliquer son Sister Abigail. Une victoire qui sert à relancer Bray Wyatt et qui n’affecte pas vraiment Ryback qui semble avoir acquis une certaine stabilité auprès du public, et nous en sommes les premiers surpris. Reste à voir le futur des deux hommes. Si The Ryback aura sa chance lors de l’Elimination Chamber pour le titre Intercontinental, reste à savoir quel est le projet pour Bray Wyatt, qui a plutôt intérêt à ne pas trop tergiverser dans la carte.

Cena en termine avec Rusev, les Divas stagnent

Le premier des deux matchs majeurs se présente alors à nous lorsque John Cena et Rusev font leur entrée dans le ring pour un « I Quit » match. Une stipulation que John Cena aime particulièrement et dans laquelle il n’a jamais perdu. Avec un slogan comme « Never Give Up », le poster-boy de la compagnie ne peut pas perdre ce genre de match, une défaite serait presque synonyme de fin de carrière.

On craignait alors beaucoup pour Rusev, un peu jeté en pâture et qui subirait alors sa troisième défaite d’affilée, un peu rude. Mais le booking de ce match a été fait pour présenter Rusev sous un jour encore plus robuste. Il a bien entendu perdu certes, mais sa résistance tout au long du match, comme ses moments de dominations, a eu un aspect particulièrement spectaculaire.

On n’évitera pas toutefois les écueils de ce genre de stipulation, avec ces longueurs dus à de nombreuses demandes de l’arbitre avec la phrase « Do you want to quit? », refrain assez énervant à la longue et qui nuit au rythme d’un tel match. On a pourtant senti un surplus d’engagement de la part des deux catcheurs, un supplément d’âmes permettant d’amener une particularité à l’opposition, un vrai sentiment de finalité pour cette rivalité.

Une conclusion qui laisse Rusev avec une défaite globale sur l’ensemble de la rivalité mais dont l’avenir semble prometteur. Il se retrouve désormais dans la position de Bray Wyatt l’année dernière, en attente de transition après avoir eu une grosse opposition avec John Cena. Le bulgare a l’embarras du choix dans le roster et l’angle suivant tournera probablement autour de sa séparation avec Lana, qui a dit les mots à la place de son champion.

La soirée prend une grande pause en terme de rythme avec le match des Divas. On ne sait pas ce que veut vraiment faire la WWE avec cette division. Le #GiveDivasAChance tourne sacrément à l’échec et on ne peut pas dire que l’attention portée par la fédération à la partie féminine de son roster soit vraiment plus forte qu’auparavant. Le retour de Tamina est assez quelconque et on sent que le départ de AJ Lee et l’absence de Paige ont laissé un vide assez important.

De plus, une nouvelle fois, le titre n’était en jeu et le match était en Tag Team entre l’équipe de Naomi et Tamina contre celle des Bella Twins. On cherche à appuyer sur une perturbation de Brie Bella autour de la possible fin de carrière de Daniel Bryan pour affaiblir le duo, Nikki ayant du coup à défendre son titre un peu plus seule.

Dans un match court et assez quelconque finalement, c’est Naomi qui l’emporte et se replace dans la course au titre. Il faudra toutefois insuffler un vent frais à ce roster et lui donner un peu plus de raisons pour s’y intéresser, car c’est très difficile de trouver quoique ce soit de particulier dans un combat de six minutes.

Barrett et Neville se neutralisent, Seth Rollins compte sur ses alliés

Autre match revanche de la soirée, celui entre Bad News Barrett et Neville. Les deux anglais ont montré une bonne alchimie sur leur deux précédentes oppositions lors de Extreme Rules et le King of The Ring et c’est encore le cas lors de Payback. C’est assez brutal, le style très physique de Barrett se mariant assez bien avec la combinaison de rapidité et d’efficacité de Neville, qui a définitivement l’un des physiques les plus particuliers du roster actuel.

Le match se termine toutefois par un décompte à l’extérieur du nouveau roi du ring. Ce dernier vient tout de même ensuite déloger Neville de son territoire, une sorte d’égalité aux points, Neville gagnant le match et Barrett terminant seul debout, qui est toutefois assez troublante, comme si les bookers n’avaient pas trouver le moyen dans le temps imparti de faire gagner l’un sans affecter le push de l’autre. Un entre-deux assez étrange et un peu frustrant, qui ne risque pas de faire avancer en quoique ce soit la rivalité.

Le dernier match était celui avec le plus d’attentes à la vue du temps d’antenne qui lui est dédié, celui autour du titre majeur. Un affrontement qui est parti dans tous les sens assez rapidement. Seth Rollins comptant alors sur la J&J Security et Kane – qui s’est finalement rangé du côté du champion – pour maîtriser ses trois ennemis du soir.

Des ennemis à l’exposition variable. Quand Roman Reigns et Dean Ambrose prennent le devant de la scène, on peut dire que Randy Orton a pas mal servi les intérêts des autres. Encaissant la Triple Powerbomb pendant la réunion de trente secondes du Shield ainsi que le Pedigree de Seth Rollins, L’Apex Predator a encaissé un sévère coup d’arrêt et risque d’être distancé de la course au titre pendant un moment.

Pour les deux autres faces, ils ont reçu un traitement favorable, Dean Ambrose étant clairement plus over que Roman Reigns, même si ce dernier a enfin trouvé une certaine stabilité avec une pop elle aussi stable. Ils se sont offerts, avec Seth Rollins, le moment de la soirée qui a rendu l’arène totalement folle. Cet instant d’ivresse où le Shield se réunit fait partie des clins d’œil que l’on attendait pendant ce match et c’était un réel mark moment comme on les aime.

On appréciera également que la match ne soit pas tombé dans les écueils des matchs à plusieurs comme la Superplex à plusieurs dans un coin du ring, absente pour notre plus grand plaisir tant cette prise est devenue trop commune. Il faudra aussi faire attention à ne pas laisser Seth Rollins trop longtemps dans cette position de champion qui se cache derrière une tonne d’acolytes et retrouver le Seth Rollins du Royal Rumble, capable de se transcender dans ce genre de match. Son seul défaut hier soir aura été son Pedigree absolument dégueulasse, la perte du Curb Stomp se fait sentir tellement le champion cherche un nouveau finisher.

Il sera de bon ton de dire que Payback aura été une agréable surprise. Avec un build-up si tardif, une carte pas forcément si attrayante du fait du manque d’intérêt pour certains matchs, le show a globalement été bon dans le ring et logique dans sa construction globale. La WWE ajoute en plus du contenu en donnant un special event dans deux semaines exclusif au Network avec Elimination Chamber.

Déjà que le build-up est assez vague, il faut faire attention à ne négliger personne dans le roster. L’arrêt de la rivalité entre Cena et Rusev met un vide dans la carte et il va falloir reconstruire le tout assez vite. Note positive, les deux prochains événements sont assez propices à cette relance, car avec Elimination Chamber et Money in The Bank, on tient de quoi nourrir le spectateur. Finalement, la WWE semble gérer assez bien son calendrier, même si on aimerait un peu plus de punch quand même.

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