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À Best In The World, Jay Lethal règne en maître sur la ROH

Avec un nom de pay-per-view pareil, on sait que la ROH va proposer ses meilleurs atouts ainsi que ses révélations. C’est le cocktail servi pour une nouvelle étape médiatique avec ce retour en PPV qui suit l’arrivée sur Destination America.

Le premier combat comme plusieurs affrontements du soir oppose la nouvelle vague à la vieille garde. Mark Briscoe trouve face à lui le vainqueur de la dernière édition du Top Prospect Donovan Dijak, grand costaud qui est l’armoire à glace de la House Of Truth. La force de Dijak domine grandement dans ce combat où on a souvent l’impression que Mark Briscoe est un sac baloté de part et d’autre du ring. Et pourtant, c’est le vétéran en difficulté qui a le dernier mot après qu’ODB qui l’accompagnait ait déchiré le Book of Truth.

Le clan The Decade est toujours là malgré le fait qu’il n’est présente pas beaucoup d’intérêt. Le match n’est d’ailleurs pas très emballant malgré l’équipe en face composée d’ACH et de Matt Sydal. Mais au plus grand regret de beaucoup de fans, ce match ne prend pas la hauteur permettant des voltiges. A la place, c’est plutôt bourru et vite oubliable. Le succès est pour la paire Adam Page et BJ Whitmer et c’est à peu près tout ce qu’il faudra retenir.

Dalton Castle est le nouveau produit en vogue avec une démarche et un style qui ne sont pas sans rappeler Brian Kendrick. Il est accompagné de deux espèces d’indigènes qui aiment bien danser quand il place des soumissions. Face à Castle, Silas Young, le dernier vrai homme auto-décrété. Il y a du rythme après un début très soumissions et l’essentiel est à l’avantage de Young. Finalement il faut un coup vicieux dans l’entrejambe donné par Castle pour qu’il décroche un succès très cheap. Décevante fin qui du même coup donne la rage à Silas Young qui met KO un des indigènes.

Dans la division par équipe, il s’agit de se placer et l’équipe War Machine à nouveau en place avec le retour il y a trois mois de Ray Rowe reprend de la hauteur. Rowe et Hanson sont opposés à Cedric Alexander et Caprice Coleman qui refont équipe avec l’espoir de s’offrir enfin les ceintures. Mais dans ce combat où seuls les vainqueurs peuvent rêver des sommets, les War Machine s’imposent finalement très rapidement, ce qui est une surprise. Mais on voit un Cedric Alexander très passif qui n’aide pas un Caprice Coleman facilement désarmé qui prend ainsi le tombé.

Roderick Strong en route pour le titre suprême

A la mi-show on a déjà droit au triple threat pour déterminer le prochain challenger aux titres mondiaux. Les populaires Roderick Strong et Moose se disputent le précieux sésame avec le beaucoup moins populaire Michael Elgin. Elgin n’en reste pas moins un précieux atout pour la qualité d’un match avec notamment toujours une preuve de sa force malgré son petit gabarit et ici c’est Moose qui va en faire les frais. Moose était arrivé comme un roi entouré de filles et en footballeur américain comme à la vieille époque.

Mais dans le match il est le grand malheureux car il va rester longtemps étourdi, beaucoup trop d’ailleurs car il va subir un Sick Kick de Strong pour consacrer ce dernier comme nouveau challenger. La part était égale dans ce match où toute l’action s’est cantonnée dans le ring même si Strong a été le plus percutant et donc le mieux récompensé au final. Dans l’après match, Moose qui vient d’encaisser une défaite rarissime se fait gifler par Veda Scott. Il veut répondre en retour mais Cedric Alexander vient le mettre à terre ainsi que Stokely Hathaway, cela situant ainsi une soudaine scission en deux pour une rivalité à venir.

Le BULLET CLUB fait lever les foules

Dans un show indépendant il y a aussi souvent au moins un belle praline à déguster dans un show et ça s’appelle le spotfest. L’opposition des trios du Kingdom et du BULLET CLUB donne à merveille dans ce style de match sans calcul avec un gros rythme et des moves à la pelle. Les Young Bucks et AJ Styles sont davantage à l’honneur avec des Superkicks face à Adam Cole, Mike Bennett et Matt Taven qui petit à petit tombent un à un, y compris la toujours délicieuse Maria Kanellis sonnée par deux Superkicks et un Pelley Kicks mêlés. Seul, Adam Cole se prend le Styles Clash concluant finalement une démonstration éclatante d’un trio du BULLET CLUB franchement bon et dominateur d’un match où l’action à plusieurs a toujours été présente.

Les titres par équipe étaient en jeu dans un combat sans disqualification. The Addiction, composée des vieux briscards Christopher Daniels et Kazarian, n’est pas gênée par cette stipulation et va même en tirer un avantage total qui va d’ailleurs laisser un gout d’inachevé. Pourtant, les choses partent bien, l’affrontement est rythmé. Bobby Fish et Kyle O’Reilly évoluent sans calcul avec  pas mal de physique. L’échelle et les chaises sont introduites mais pour un usage finalement nul. Alors qu’on aurait pu attendre une fin plus explosive, Chris Sabin intervient tranquillement pour donner la victoire à The Addiction qui restent les champions à l’issue d’un combat dont tous les fans attendaient quelque chose de meilleur.

L’heure du main event que tout le monde attendait arrive. Jay Lethal le champion TV et Jay Briscoe le champion du monde s’affrontent dans un choc de champions à l’issue duquel le vainqueur repartira avec les deux ceintures. Le public est chaud, les parents des deux champions aussi. Dijak et J-Diesel se font immédiatement virer des bords du ring, laissant ainsi la place à un combat clean, idéal pour consacrer un champion incontesté.

Jay Lethal maître de la Ring of Honor

Pourtant, dans un combat parti sur des bases assez lentes avec le rythme saccadé d’un brawl que Jay Briscoe aime bien imprimer, il ne faut pas oublier Truth Martini revenu avec un livre tout neuf. Mais même si une distraction permet à Lethal de mettre un coup vicieux, Nigel McGuiness expulse aussitôt le manager excentrique. Briscoe a droit au premier vrai moment du match avec le Jay Driller qui va exploser une table à l’extérieur du ring. C’est une opposition de styles car Lethal n’est pas du genre bagarreur et longtemps Jay Briscoe pense rentrer davantage dans l’histoire en devenant le troisième champion ayant détenu tous les titres de la compagnie.

Mais à peine Jay Briscoe desserre l’étreinte, Jay Lethal peut s’exprimer et place sa séquence favorite menant à la Lethal Injection d’abord sans effet. Mais le champion TV dans un combat à deux faces prend le dessus dans le dernière partie décisive. Et c’est un vrai ouragan qui se déchaine car Briscoe ne voit plus le jour et Lethal lui inflige même le Jay Driller avant de frapper une nouvelle fois la Lethal Injection pour finir le combat sur une image rarissime. Jay Lethal réalise l’histoire à plus d’un titre car en plus de détenir à présent les deux ceintures mondiales de la Ring Of Honor, il a réalisé la performance d’être le premier homme à faire un tombé sur Jay Briscoe depuis deux ans et demi. Ainsi, Lethal ouvre la grande porte de la manière forte et finalement de façon très clean affirme son emprise totale sur la ROH et par la même celle de la House Of Truth.

Pour son retour en pay-per-view, la Ring Of Honor a proposé un show en montagnes russes, variant entre le très vite oubliable et des tauliers bien au rendez-vous. Et un main event longtemps décevant s’achève de fort belle manière pour un Jay Lethal qui mérite sa place tout en haut comme le public le chante.

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