Review

WWE Beast In The East : Finn Bálor, le prince qui devient roi au Japon

nxt-balor
Pour la toute première fois, la WWE organisait un show en direct du Japon. Ainsi à l'heure de l'apéro en ce début de weekend, c'était Beast In The East qui était au programme avec à l'affiche Brock Lesnar et le titre NXT en jeu.

C’était une sacrée surprise révélée par la WWE d’offrir à 11h30 en direct le dernier house show de la tournée asiatique avec comme cadre le Sumo Hall de Tokyo. Pour une fois, il n’y avait donc pas à veiller et ce sont même les américains qui ont dû se lever plus tôt ou faire nuit blanche en ce jour de fête nationale pour eux.

Mais pour autant, les héros de ce show ne sont pas tous américains. Au départ on craignait assister à un match bien inutile entre Cesaro et Diego mais ça n’a pas été le cas. Le MVP du dernier RAW s’est imposé en dark match mais il aurait quand même été sympa de le voir sur le WWE Network dans une meilleure opposition. En revanche, le match entre les Lucha Dragons et New Day remporté par les Lucha Dragons aurait pu passer sans problème à la télé mais la WWE devait faire un choix car le show durait deux heures, le format adopté pour les NXT TakeOver.

Chris Jericho très applaudi par le public japonais

C’est Y2J en personne qui ouvre le bal. Le présentateur de Tough Enough qui a annoncé qu’il ne voulait plus lutter dans les shows télé traditionnels nous offre ainsi une représentation de gala au milieu d’une série d’house shows qu’il va faire jusqu’au mois d’août. C’est sans problème d’un calibre de pay-per-view car il a trouvé un parfait partenaire en la personne de Neville. Ainsi pendant près d’un quart d’heure c’est à un pur bijou bourré de rythme auquel on a droit.

On peut vraiment regretter que Jericho ne soit plus un régulier à la WWE car sa démonstration est superbe et tout y passe, le Lionsault, les dropkicks, le Codebreaker prenant Neville en plein vol et les Walls. Neville n’est pas en reste mais il n’arrive pas à placer le Red Arrow que Jericho en bon vétéran contre toujours et au final c’est avec le Liontamer que Jericho très applaudi par le public japonais fait taper Neville pour remporter un combat vraiment enthousiasmant.

Un vrai match de catch pour les Divas

Les Divas ont droit au chapitre avec le titre en jeu tout de même. Il y avait quand même peu de chance qu’il quitte les hanches de Nikki Bella mais elle avait quand même face à elle sa meilleure adversaire Paige et la puissante Tamina — qui remplace Naomi, absente pour cause de deuil familial. Et le fait qu’il n’y avait aucun accompagnement donc aucune intervention dans l’air donnait une petite incertitude. Pas de coup fourré et un match plutôt agréable à suivre notamment les échanges entre Nikki et Paige qui ont beaucoup communiqué entre elles parfois un peu trop fort.

Les deux jeunes femmes ont souvent écarté Tamina des débats mais cette dernière revenait avec force, notamment sur une powerbomb. Dans un match de Divas c’est quand même très souvent la fin qui pèche. Et ici, pas du tout de Rack Attack tenté par Nikki sur la robuste samoane mais un simple coup d’avant bras suffisant pour l’emporter et conserve son titre ce qui d’un coup rabaisse fortement l’impression générale d’un match sympa mais mal terminé.

La bête ne fait qu’une bouchée de Kofi Kingston

Quand le match a été annoncé il y a quelques semaines, on éprouvait déjà beaucoup de pitié pour Kofi Kingston qui allait être jeté en pâture à Brock Lesnar qui faisait sa première apparition sur un ring au Japon depuis neuf ans. Et c’est même beaucoup plus que de la pitié qu’on a éprouvé quand on a vu que ce match allait bien se dérouler. Kofi est un bon talent mais en solo il n’est vraiment pas de taille face à The Beast. Et c’est donc logiquement que ce match a donné lieu à un échauffement léger pour Lesnar.

Pour commencer, un footing léger pour poursuivre Kofi, puis quelques souplesses pour amener Kofi dans un petit quartier de Suplex City et enfin un F5 pour gagner dans un squash assez gênant. Bon quand même il fallait encore un peu d’échauffement pour justifier le déplacement et Kofi a droit à une souplesse désintégrante. Xavier Woods et Big E viennent participer un peu histoire de se prendre un F5 chacun comme pour faire une simulation de ce qu’il pourrait faire à J&J et à Kane à Battleground. L’idée d’un handicap match entre Lesnar et New Day aurait été plus indiquée mais tant pis pour le pauvre Kofi.

Un des match de l’année pour couronner Finn Bálor champion de NXT

Il ne faut pas se mentir, malgré l’intitulé ce n’est pas pour Brock Lesnar que des millions de personnes ont regardé ce show et qu’il a été placé en trending topic dans le monde et en France. C’est ce match pour le titre NXT qu’on attendait, ce match ô combien indécis dans son verdict final. Car même si la règle veut que quand un champion de NXT rejoint le roster principal à plein temps il perd son titre, Kevin Owens a quand même potentiellement en vue une bataille contre Samoa Joe et elle aurait pu être pour le titre.

En face de lui, Finn Balor est prêt, fort d’un tombé sur Owens dans un match par équipe à NXT trois jours auparavant, il est donc plein de confiance d’autant qu’il tient le rôle de héros local, lui qui a tant fréquenté les rings japonais pendant près de dix ans. Chose promise chose due, comme à chaque grande occasion le démon recouvert de peintures fait son entrée pour un plaisir toujours égal.

Le match est un pur régal avec une attaque totale de Balor d’entrée avant que Kevin Owens dicte le tempo en se permettant même de faire la séquence du You Can’t See Me histoire de bien rappeler que sa cible est surtout John Cena. Cependant, il a face à lui un Irlandais qui le pousse jusqu’à ses derniers retranchements, résiste à sa force brute et ne lui permet pas de porter le pop-up powerbomb. Finn Balor a lui porté son Double Stomp mais Owens s’en est d’abord dégagé après l’avoir évité à deux reprises. Mais Balor n’est pas démobilisé et même si Kevin Owens l’enfonce avec le Cannonball, il refait surface, assommant Owens avec des kicks pour porter à nouveau son Double Stomp qui n’a jamais aussi bien porté son nom de Coup de Grâce.

C’est donc la consécration pour Finn Balor qui « libère » ainsi Kevin Owens qui va pouvoir pleinement se consacrer à la conquête du titre des Etats-Unis. L’Irlandais est bien le roi du Japon et reçoit les félicitations de Tatsumi Fujinami qui a rejoint le Hall Of Fame de la WWE cette année. Les possibilités d’une revanche existent bien sûr et ce serait dommage de se priver à nouveau d’un combat de cette qualité mais ce titre ouvre la voie à de nouveaux affrontements de haut niveau qui vont mener à terme Finn Balor au roster principal.

Un John Cena version house-show pour le main-event

Franchement tout le monde aurait voulu que le match pour le titre NXT soit dans le main event mais la logique mercantile nous donne plutôt un John Cena et Dolph Ziggler contre King Barrett et Kane pour conclure la mi-journée. Compliqué de s’intéresser à ce match qui en plus ne bénéficie pas vraiment d’un grand rythme. Là il s’agit vraiment d’un match d’house show où parfois les Superstars font passer les expédiants.

C’est particulièrement vrai pour John Cena qu’on retrouve dans un rôle où on ne l’apprécie pas vraiment, c’est à dire du Cena qui subit un peu, regarde beaucoup le match, fait sa séquence signature et distribue les Attitude Adjustments à la fin pour conclure sur King Barrett, le John Cena version house-show — service minimum et victoire facile. C’était donc bien fade et même si quelques échanges entre Dolph Ziggler et King Barrett étaient bien rythmés et si Kane a bien tenu son rôle de powerhouse, il n’en reste pas moins que c’était juste un combat basique pour faire plaisir au public japonais.

Ces deux heures japonaises ont été une belle expérience, essentiellement et en fait uniquement grâce au grand match à enjeu entre Finn Balor et Kevin Owens et au super Neville contre Chris Jericho. Au pays du Soleil Levant, c’est une légende irlandaise qui s’est affirmée et l’ère des grands succès de Finn Balor à la WWE est désormais bien lancée.

Brousti
Auteur :
Rédacteur hyperactif. Spécialiste de l'overselling.
Réglement concernant les commentaires