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Comment Hulk Hogan tente de se racheter une conduite (et échoue misérablement)

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Depuis jeudi dernier et la révélation des propos racistes prononcés par Hulk Hogan qui lui ont valu d'être viré de la WWE, celui-ci tente de se racheter, mais d'une manière très maladroite.

L’affaire a fait grand bruit vendredi dernier. La WWE virait Hulk Hogan après la révélation par le National Enquirer de propos racistes prononcés dans la sextape qui avait été enregistrée à son insu avec Heather Clem, la femme d’un de ses anciens amis Bubba the Love Sponge. Depuis, le Hulkster est boycotté de partout. La WWE a supprimé toute mention du catcheur sur son site, 2K Sport a emboité le pas et l’a retiré de WWE 2K16 tandis que la TNA a suivi le mouvement et a retiré toute mention de la star sur son site web. La WWE aurait aussi demandé à Mattel, qui produit les figurines de la WWE de ne plus produire celle de Hulk Hogan.

Depuis, Hogan et son entourage font tout pour donner une bonne image du Hulkster dans les médias après tout le bruit qu’a fait cette affaire. Son avocat David Houston a d’abord pointé du doigt le site Gawker, qui possédait la sextape en question : « J’ai des soupçons, comme vous pouvez l’imaginer. Si je peux prouver que c’est bien Gawker qui a fait fuiter les propos, je vais les enterrer », menace-t-il, interrogé par Fox Sports. De leur côté, Gawker a répondu par la voix de son PDG Heather Dietrick « Hogan n’a qu’une seule personne à blâmer dans cette affaire et personne à Gawker n’a participé à cette fuite ».

Houston ne manque pas de préciser que suite à cette affaire, Hulk Hogan est « dévasté », et « présente ses plus sincères excuses à sa famille, ses amis et à tous ses fans ». Selon lui, Hulk Hogan « n’est pas raciste (…) son histoire présente les choses autrement ». Du côté de ses défenseurs, on peut aussi noter la présence de Mick Foley ou encore Virgil. Hogan n’hésite d’ailleurs pas à afficher les tweets de soutien.

L’affaire du Hogan’s Beach qui remonte

En septembre 2014, TMZ révèlait ce qui aurait pu mettre la puce à l’oreille à beaucoup de monde. À Tampa, Hulk Hogan a donné son nom à un restaurant, le Hogan’s Beach. Seulement le restaurant s’est retrouvé lui aussi à l’époque dans une affaire de racisme. Le restaurant est accusé d’avoir un dresscode raciste. Sur une affiche à l’entrée dudit restaurant était affiché qu’il était interdit de porter baggys, pantalons taille-basse, t-shirts larges, casquettes portées à l’envers ou sur le côté, tenue sportswear, bijoux trop voyants ou trop nombreux ou encore baskets hautes.

Bien que Hulk Hogan précise qu’il n’est en aucun cas le propriétaire du restaurant et qu’il a juste autorisé celui-ci à utiliser son nom, le site Radar Online — à l’origine du scandale qui a éclaté la semaine dernière — avait enquêté et découvert que Hulk Hogan était bien le propriétaire du restaurant. Juste après l’article de TMZ, le dresscode avait été retiré.

Le responsable du restaurant s’est d’ailleurs exprimé cette semaine et semble prendre ses distances avec Hulk Hogan: « Le restaurant n’a rien à voir avec les propos de Hulk Hogan. Nous sommes ouverts, accueillons et servons tout le monde ». Il ajoute aussi que Hogan n’est pas venu au restaurant depuis un long moment. Mais le tweet d’un fan qui s’est pris en photo avec le Hulkster prouve le contraire, le Hall of Famer de la WWE était bel et bien présent dans son restaurant il y a une vingtaine de jours.

Une défense maladroite

Toujours chez TMZ, on rapporte que « Hulk est outragé de la façon dont Vince McMahon a agi de manière égoïste, le condamnant pour avoir utiliser le mot en privé alors que lui-même l’a utilisé de façon prémédité à la télévision ». Il pointe du doigt le fait que le chairman de la WWE a utilisé une fois face caméra le n-word dans un segment avec John Cena et Booker T accompagné de sa femme Sharmell.

Mais Hulk Hogan n’a pas pensé à une chose. Si lui l’a prononcé délibérément et de façon très personnelle, Vince McMahon l’a fait sous couvert de sa gimmick. C’est d’ailleurs ce que la WWE n’a pas tardé à répondre, expliquant que ce segment est tournée de manière « extravagante et satirique, impliquait des personnages de fiction dans un show télévisé écrit comme on en retrouve dans les films et séries ».

Mais la maladresse ne s’arrête pas là. Hier soir, Hulk Hogan a commencé à retweeter et remercier ses followers pour les messages de soutien qu’il a reçu ces derniers jours. Sauf qu’il oublie qu’Internet peut-être vicieux et que dans ces soutiens se cache parfois des gens qui aiment se moquer. Et c’est ce qui est arrivé, tandis que lui continuer à retweeter, se doutant de rien, comme le montre la capture ci-dessous — certains d’entre vous auront reconnu le rappeur Drake et le footballeur Rio Ferdinand.

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Le pire restant ce retweet venant d’un compte qui soutient le Gamergate et Donald Trump:

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« Le président métisse Obama utilise le n-word, est applaudit et conserve son job. @HulkHogan utilise le n-word, est vilipendé et perd son job ». Malheureusement pour cette personne « défendant les valeurs traditionnelles » comme l’explique sa bio, le raisonnement est complètement biaisé. Barack Obama avait utilisé le n-word en discutant de la façon dont il avait été traité en tant qu’homme noir, démontrant la façon dont on lui a manqué de respect, même en tant que l’un des hommes les plus puissants du monde. Hulk Hogan l’a lui utilisé de manière irrespectueuse envers toute une communauté. En retweetant ce message, Hogan ne fait qu’aggraver sa situation.

S’il n’y avait qu’un conseil à donner à Hulk Hogan aujourd’hui, ce serait de laisser son entourage et ses avocats s’occuper de la communication sur cette affaire et d’éteindre Twitter, cela devrait lui éviter d’autres dérapages.

Darren Fog
Auteur :
Fondateur et rédac-chef de VoxCatch.
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