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Survivor Series 2015 : Roman Reigns le maudit

Ce dimanche 22 Novembre à Atlanta c'était les Survivor Series. Les 25 ans de la carrière de The Undertaker y étaient célébrés en la présence de l'intéressé sur le même pay-per-view où il avait débuté. Et ce n'était pas le seul intérêt car deux ceintures étaient en jeu dont celle de la WWE rendue vacante suite à la blessure de Seth Rollins. Et finalement au bout du compte la soirée fade aura réservé une demi-surprise.
roman-reigns-survivor-series Roman Reigns à nouveau victime de Mr Money In The Bank — © WWE

Quand arrive la fin du mois de novembre, les Etats-Unis en sont à leur moment de gratitude avec Thanksgiving. Et dans le catch depuis 1987 c’est aussi le moment des Survivor Series, faisant partie du Big Four mais n’ayant pas l’aura des trois autres. Pourtant il s’y passe toujours quelque chose et ce sera encore le cas ici. Mais il faut avouer que ces dernières années l’intérêt pour ce pay-per-view a baissé, surtout celui de ses matchs signatures traditionnels, même si celui de l’an dernier avait scellé le départ de The Authority… au final toujours présente en 2015.

Dans le traditionnel preshow d’une heure, on assiste au plus long match dans cette tranche bâtarde d’une heure durant laquelle les fans s’installent à leur place au compte goutte. C’est donc dans une relative indifférence qu’a eu lieu le premier des deux matchs à élimination de la soirée. C’est fait de bric et de broc avec d’un côté les grands méchants que sont Stardust, ses potes de The Ascension, The Miz et Bo Dallas. Et puis en face pas vraiment des rivaux habituels mis à part Neville qui croise toujours la route de Stardust, mais sinon les Dudley Boyz et Titus O’Neil — évoluant beaucoup en solo en ce mois de novembre — composaient l’équipe. En fait, l’unique intérêt de ce match réside dans l’identité du cinquième homme qui s’avère être Goldust, de retour pour donner une leçon à son frère. Et il s’agira bien de cela car en dehors de Neville, tous les faces seront là à la fin pour célébrer après s’être fait plaisir sur un Stardust trop vite isolé mais il est vrai entouré d’une équipe bien faible.

Des demi-finales prévisibles

Après que Lilian Garcia ait chanté l’hymne américain — douce façon de Vince McMahon de répondre aux rumeurs d’attentats annoncés le soir-même, le pay-per-view en lui-même pouvait commencer à se dérouler avec les demi-finales du tournoi pour le titre poids-lourd de la WWE. Tout le monde connait déjà le dénouement du premier combat avant même qu’il ait commencé même si Alberto Del Rio, revenu le mois dernier, n’est pas un faire valoir et est même bien affuté. Mais en face de lui il y a Roman Reigns, tout aussi favori de ce tournoi qu’il l’était du Royal Rumble en début d’année avec les mêmes huées du public. Le match est bon pour un petit quart d’heure mais trop sage. Alberto Del Rio domine mais sans abimer Roman Reigns qui peut ainsi s’imposer avec un froid réalisme grâce à son Spear.

La deuxième demi-finale était plus attendue car elle opposait tout de même Dean Ambrose à Kevin Owens. Il y avait quand même un peu de suspens même si le résultat ne surprend personne. L’immense regret de cet affrontement est sa durée, pas même dix minutes. Et ce sera souvent le problème durant cette soirée, le manque de durée des matchs pour qu’il y ait le temps de raconter quelque chose. Il y a bien des choses à se mettre sous la dent comme l’hurricanrana d’Ambrose pour contrer la Pop-Up Powerbomb d’Owens signant d’ailleurs la fin des chances du québécois. Mais il y a trop peu de temps pour en faire beaucoup mais on peut se consoler en se disant que ces deux-là sont appelés à se retrouver très vite pour de nouveaux affrontements plus longs qui leur donneront davantage de terrain d’expression. En attendant, Dean Ambrose apprécie ce scénario où sans grande fatigue il accède à la finale contre son grand copain.

Pas grand chose à voir dans le traditionnel match des Surivivor Series

Mais avant d’arriver au dénouement de ce tournoi, il y a le fil d’une soirée comprenant quasi exclusivement des combats sans grand intérêt. C’est d’abord le cas du match traditionnel à cinq contre cinq avec une poignée de noms et de potentiels mais aucune saveur. L’équipe des heels est même bien baroque avec Sheamus associé à son complice des dernières semaines Wade Barrett et surtout au trio de New Day avec un Xavier Woods toujours aussi déjanté qui a mis de la laque sur ses cheveux, lui donnant un air de James Brown.

En face, deux équipes, celle des Usos sur le retour et des Lucha Dragons associés à Ryback. Il y a d’abord match avec notamment quatre tope suicidas simultanés malheureusement suivis d’un splash de Ryback heureusement bien discret dans ce match. Mais comme dans le preshow, l’homme fort des heels se retrouve isolé et il s’agit de Sheamus qui constate que les New Day sont partis suite à l’élimination de Big E qui suivait celle de Barrett. Aucune chance pour l’Irlandais, notamment face à un Kalisto virevoltant et porté en triomphe par Ryback et Jey Uso, les autres survivants de l’équipe vainqueur.

Il y avait tout de même une touche de suspens du côté des Divas avec le combat attendu depuis deux mois entre la championne Charlotte et Paige qui disputait son onzième match pour le titre. Une rivalité que la WWE met beaucoup en avant, notamment en propulsant les deux catcheuses dans le main-event de RAW juste avant le pay-per-view pour la signature du contrat. La story donne un match physique avec des soumissions portées à tour de rôle. Charlotte a quand même bien la main, et son Figure Eight est imparable même s’il a fallu qu’elle le porte deux fois. Mais pour autant cette rivalité ne semble pas s’achever même si pour le moment Charlotte a vraiment la main. On notera malheureusement un public complètement indifférent à l’action qui se déroule sur le ring.

C’est cruel d’avoir été le héros des Survivor Series l’année dernière et d’en être un simple figurant perdant cette année. C’est le scénario qu’a vécu Dolph Ziggler, et en fait c’est même le reflet de sa carrière faite de hauts et de très bas. Face au rookie de NXT Tyler Breeze, Ziggler voit même un successeur pointer le bout de son nez. Breeze a les mêmes aptitudes athlétiques, le même style, bref tout ce qui peut le faire oublier. L’homme à la perche à selfies accompagné de Summer Rae est opportuniste dans un combat bien rapide conclu avec l’Unprettier. Son avenir n’est pas encore tracé mais celui de Ziggler s’assombrit franchement.

Une courte célébration pour l’Undertaker

En fait, tout le monde n’était venu que pour ce moment du match de l’Undertaker. Cette foule d’Atlanta bien silencieuse s’enflamme dans un affrontement évidemment à sens unique car il s’agit d’un jubilé. Un vrai hymne à l’Undertaker associé à Kane qui laisse le beau rôle pour toutes les prises. Ainsi on retrouve un condensé de ce qui fait la légende du Taker en dix minutes. Pourtant en face ce ne sont pas des faire valoir, mais la Wyatt Family n’aurait pas voix au chapitre c’était une règle écrite.

Bray Wyatt avait choisi son plus fidèle lieutenant Luke Harper pour servir de chair à canon. La bête Braun Strowman est écartée sur un double Chokeslam explosant la table des commentateurs mexicains puis un concert de deux Chokeslams signe la fin de la récré conclue par le Tombstone Piledriver tranquillement placé par un Undertaker en forme pour son quatrième match de l’année. Un match un peu court et pas tellement à la hauteur de tout le teasing fait ces dernières semaines.

Après ce beau moment visuel d’hommage à une légende vivante, il s’agit de savoir qui va succéder au malheureux Seth Rollins. Ce sont ses deux anciens potes du Shield qui se retrouvent donc et qui vont directement à l’essentiel. Pas de préliminaire car à l’exemple de ce pay-per-view il faut aller à l’essentiel car ce match ne sera pas long. Moins de dix minutes au final d’un affrontement qui aurait mérité d’en valoir le double. Sans arrière-pensée donc, c’est du bel ouvrage proposé avec beaucoup de rythme essentiellement insufflé par Dean Ambrose. Roman Reigns n’est quand même pas en reste avec un joli Superman Punch aérien et s’impose donc comme prévu suite à son Spear.

Roman Reigns le malchanceux

Pas forcément programmée si Seth Rollins ne s’était pas blessé, cette consécration arrive enfin pour le Samoan qui n’a fait que tourner autour du titre en cette année 2015. Un déluge de confettis et une explosion de pyros le laissent savourer sa joie. Mais il va devoir encore chasser le titre car son instant de gloire n’aura duré que trois minutes, le temps que Triple H arrive pour à nouveau s’incruster dans une rivalité qui n’avait pas forcément besoin de lui.

Roman Reigns n’est pas disposé à lui serrer la main et à devenir ensuite son boy et ainsi il inflige un Spear au patron. Mais au milieu du brouillard des confettis, Mr Money In the Bank s’est infiltré et a frappé. Sheamus a trouvé la fenêtre idéale pour porter un Brogue Kick et encaisser son contrat. Reigns se relève et tout étourdi veut frapper le Spear mais un deuxième Brogue Kick le laisse à son désespoir d’homme encore abattu et encore victime d’un cash de la fameuse mallette après Seth Rollins à WrestleMania.

On pouvait légitimement se demander quelle pouvait être la fenêtre de tir pour Sheamus tant que Seth Rollins était le champion. Le problème ne s’est plus du tout posé à partir du moment où Rollins a été mis hors jeu, Sheamus pouvait tranquillement frapper pour devenir champion du monde pour la quatrième fois. Il sera surement le nouveau golden boy de The Authority, un changement à 360° par rapport à Rollins. Le mohican est donc au sommet et est d’un coup moins stupide. Maintenant son grand défi sera de tenir le rôle de grand heel de la compagnie, mais ça il a déjà connu à ses débuts.

Au final, les Survivor Series ont été fidèles à leur légende. Même sans saveur, il s’est encore passé quelque chose et c’est d’abord le principal. Pour le reste, on oubliera rapidement des matchs pas bien longs, sans grand enjeu bien que corrects dans l’ensemble. Mais on était loin d’un contenu solide de PPV et il est navrant de constater que le combat le plus long aura été celui du preshow. Maintenant on attend forcément des oppositions plus savoureuses et physiques d’une fin d’année consacrée à TLC.

Brousti
Auteur :
Rédacteur hyperactif. Spécialiste de l'overselling.