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Tables, Ladders and Chairs 2015 : La Wyatt Family fait une nouvelle fois les poussières

wyatt-family © WWE
Après une défaite face aux Brothers of Destruction pour les 25 ans de carrière de l'Undertaker, The Wyatt Family se retrouve dans une dynamique négative, et doit faire face à de nouveaux vétérans, un peu plus extrêmes cette fois-ci.

C’est la fin d’année, et la WWE aime proposer un dernier événement un peu plus extrême à ses fans, personnifié par trois lettres : TLC. Ici, seul le T nous intéresse, puisque l’affrontement entre la Wyatt Familly et la team ECW – composée des Dudley Boyz, de Tommy Dreamer et Rhyno – sera un 8-Man Tag Team Elimination Tables Match. Une rencontre non seulement longue à annoncer, mais qui sous-entend beaucoup de mobilier brisé dans un laps de temps réduit.

Depuis le retour des Dudley Boyz, il semblait évident que TLC serait le temple du match fétiche de la paire Bubba Ray / D-Von. Restait à savoir dans quel contexte cela se produirait. Et l’on peut dire que c’est un contexte assez surprenant, compte-tenu que leur retour était plus dans une optique de nourrir la division tag team. Mais face à un New Day de plus en plus imposant, difficile de donner le titre à des vétérans même lorsque ceux-ci sont encore dans une très bonne forme.

Nous avions donc la stipulation, mais pas vraiment les opposants, et l’arrivée de la Wyatt Family est une assez bonne surprise. Il est assez difficile de trouver de quoi nourrir ce clan de la WWE, surtout quand ces derniers adversaires sont Roman Reigns, l’Undertaker et Kane. De plus, Bray Wyatt a déjà longuement croisé le fer avec John Cena et Dean Ambrose, ce qui laisse peu de places à des noms bien installés à la WWE. Il fallait donc trouver un groupe conséquent et pas trop bas dans la carte pour suivre les Brothers of Destruction.

La fibre nostalgique une nouvelle fois de mise

L’idée de ramener les Dudley Boyz est donc loin d’être mauvaise. Ils ont un excellent contact avec le public de la WWE, même le plus récent, tout en étant assez crédible pour affronter la menace Wyatt, qui sort quand même d’un duel de pouvoirs mystiques, ce qui en terme de storytelling est un sacré morceau à avaler. L’orientation sur un match plus terre-à-terre, extrême et très chaotique ne détonne pas avec la dernière rivalité des Wyatt.

Mais en situation d’infériorité numérique, il fallait deux entités supplémentaires pour permettre aux deux équipes de faire jeu égal. Pour le coup, la WWE a décidé de rester dans la thématique de son pay-per-view et de rappeler d’abord Tommy Dreamer puis Rhyno. Ce dernier, déjà de retour depuis quelques temps à NXT, n’a pas eu vraiment un accueil des plus chaleureux, et semble vraiment faire le nombre. Il faut dire que l’homme n’a pas énormément marqué la fédération de Vince McMahon et a connu ses plus belles heures à Philadelphie, avec ces trois autres camarades.

C’est d’ailleurs assez dommage de l’avoir fait arriver si tardivement, lors du dernier Raw. Ça ne lui permet pas de vraiment s’affirmer plus que cela, et l’élimination de sa team juste après celle des Wyatt dans le grand capharnaüm de l’opener du dernier Raw ne lui a pas vraiment permis de briller. Cela place Rhyno comme de la chair à canon, probablement premier éliminé de l’opposition de ce dimanche.

Même Tommy Dreamer n’a pas vraiment eu le temps de se réaffirmer, et même s’il est un peu plus présent dans l’histoire récente de la WWE – et notamment lors de la version édulcorée de l’ECW à la WWE – où il a pu offrir quelques matchs en pay-per-view, notamment avec ce cher Christian. Mais dans un laps de temps aussi court que celui entre deux pay-per-view, la rivalité a eu à la fois l’avantage de monter assez vite en intensité mais pas suffisamment pour que Dreamer et Rhyno ne soit autre chose qu’une valeur quantifiable dans ce match.

Les Wyatts en quête de succès

Il faut cependant mesurer la suprématie théorique des Wyatt. Leur booking récent est plutôt mitigé, entre des oppositions d’envergure mais des défaites nombreuses. Ce croisé de fer entre eux et la Team Extreme est l’occasion de se relancer à l’aube du Royal Rumble, un objectif crédible pour le clan de la WWE. Mais la famille a ses points faibles, notamment Erick Rowan, ramené lui aussi dans une certaine indifférence, comme s’il ne s’était jamais rebellé contre Harper ou Wyatt.

Luke Harper est lui plus sympathique à observer sur le ring, mais pas pour autant plus mis en valeur que son camarade. Il faut bien dire que le retour du clan les a mis dans l’ombre du mouton noir, Braun Strowman. Celui dont le déguisement en Mère Noël ne quittera jamais vos cauchemars a eu une exposition très importante en tant que nouveau monster heel de la bande, notamment dans l’axe entre Bray Wyatt et Roman Reigns.

Lui et Bray Wyatt auront une place plus primordiale dans le combat, avec une bonne exposition avec le leader, toujours dans ce rôle de gourou qui lui va si bien. C’est un peu l’occasion pour lui de se réaffirmer sur le ring en tant que menace. C’est un peu l’avantage de la Wyatt Family, on peut les faire perdre assez souvent, mais ils restent crédibles à la moindre série de victoires car l’aura que dégage les quatre hommes est vraiment perceptible.

Ne pas confondre chaos et désordre

Le dernier enjeu de ce match sera dans sa teneur. En tant que Tag Team Elimination Tables Match, au moins sept tables vont y passer, de quoi satisfaire le fan en quête de son moment extrême mais aussi un risque pour les huit catcheurs de rendre le match un peu trop désordonné. Il ne faut pas tomber dans l’extrême inverse et faire cela dans un ordre un peu trop classique où chaque équipe descend au fur et à mesure dans l’ordre.

Dans ce schéma qu’on peut vraiment qualifier d’inédit à la WWE – difficile de trouver une telle stipulation dans le passé de la fédération de Stamford, il faudra se différencier du tables match classique, surtout en présence des Dudley Boyz. Une double élimination, une utilisation un peu inédite des tables. Le nombre et la stipulation vont permettre aux catcheurs, s’ils le veulent, de créer quelques mouvements impressionnants et peut-être d’offrir l’un des meilleurs spots du show.

Le meilleur étant qu’on voit très mal ce match faire dans la dentelle, entre les trois géants de la famille Wyatt et le fait qu’avec un nom comme « Team Extreme », on doute que les deux équipes aient peur de se mouiller concernant la destruction de tables. On ne demande pas de tourner au sang non-plus, et vu l’état du roster actuel, le pay-per-view qui arrive reste malheureusement sous le signe de la prudence, on pense notamment à Bray Wyatt qui a une certaine importance dans le haut du tableau. On manque de ressources dans le main-event, ça commence à se voir même si la WWE joue tant bien que mal avec des cache-misère – on pense à toi, League of Nations.

Il faut d’ailleurs bien se dire que tout l’enjeu du match réside dans sa construction et sa qualité. Comme trop souvent avec la WWE, les rivalités sont trop courtes pour offrir des enjeux plus importants à ses matchs. Mais il ne faut jamais sous-estimer l’importance d’un match à l’aube de la Road to Wrestlemania. Sur l’issue du match, la seule exigence apparente serait celle de faire gagner le clan de Bray Wyatt et de lui offrir une fin d’année dominante, afin d’offrir un peu d’enjeu autour du Royal Rumble Match.

L’opposition va avoir besoin de temps pour offir son plein potentiel et le temps d’antenne qu’elle a occupé ces dernières semaines laisse à penser que la WWE va laisser ce beau monde se battre un petit moment, dans un pay-per-view qui l’air de rien a une carte assez dense. Il faut s’offrir les moyens de lancer Bray Wyatt, et ce rassemblement des ECW Originals est une bonne occasion d’offrir un morceau de nostalgie à une partie des fans, mais aussi un combat intense et une rampe de lancement vers la Road to Wrestlemania au leader de la Wyatt Family.

À condition bien sûr que ce soit ce que la WWE veuille.

Pierre D.
Auteur :
Analyse de pay-per-view, décryptage. Lieutenant de VoxCatch.
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