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NJPW New Beginning In Osaka : Kazuchika Okada reste le grand patron

okada-goto-new-beginning © NJPW
En ce week-end de la St Valentin, la NJPW fêtait son 44ème anniversaire avec deux shows. Le premier, vendredi à Osaka, présentait beaucoup d'intérêt avec quatre titres en jeu et du changement en perspective 40 jours après Wrestle Kingdom.

La New Japan Pro Wrestling habitue désormais à organiser ses grands shows sur deux dates — hormis pour Wrestle Kingdom, évidemment. C’est le cas pour New Beginning, quarante-quatrième du nom dont la première partie se déroule cette année à Osaka devant une salle comble. Le ton de la soirée est donné : il y reste des odeurs de Wrestle Kingdom avec quelques rematchs proposés, tandis que l’ère post-Nakamura se met en place.

La première heure est consacrée aux combats sans enjeu. Tout d’abord un match simple entre deux jeunes pousses, le néo-zélandais Jay White et David Finlay, fils de Fit. Toujours un manque d’intensité dans les prises parfois mais une bonne impression laissée par White qui domine l’essentiel du match et le conclue victorieusement sur soumission. Ensuite, les vétérans sont à l’honneur, avec les victoires de Jushin Thunder Liger, Ryusuke Taguchi et Tiger Mask sur Gedo, Yoshi-Hashi et Kazushi Sakuraba puis de Satoshi Kojima et Hiroyoshi Tenzan sur Yuji Nagata et Manabu Nakanishi. Pas grand chose à retenir de ces deux affrontements qui ont quand même bien représenté un intérêt pour un public japonais toujours sensible aux légendes.

Premier bonne impression pour les Ingobernables de Japón

Formé en fin d’année 2015 au Mexique, le clan Los Ingobernables de Japón s’exprime réellement pour la première fois dans un match à trois contre trois. Un combat assez court mais suffisant pour montrer que Tetsuya Naito, EVIL et BUSHI peuvent faire leur trou ensemble et chasser quelques titres, à commencer par les titres NEVER à trois ou le titre IWGP Junior poids-lourd pour BUSHI lors du prochain show. Leurs premières victimes sont KUSHIDA, Michael Elgin et Juice Robinson, qu’on a connu à NXT sous l’identité de CJ Parker, et qui a surtout servi de chair à canon face à la puissance collective des Ingobernables.

Les titres NEVER Openweight par équipe étaient justement en jeu. Créés lors de Wrestle Kingdom, ils avaient été remportés par les frères Briscoe et Toru Yano. C’est exactement le même match et longtemps un scénario similaire qui est proposé. Bad Luck Fale, Yujiro Takahashi et Tama Tonga tentent encore leur chance dans un match sans vrai contenu et pas bien emballant une nouvelle fois. Yano subit parfois et joue au filou encore. Mais cette fois, le trio du BULLET CLUB a retenu la leçon et les Briscoes ne peuvent pas conclure sur leur Doomsday Device. Ainsi, c’est à un changement de titre sans émotion auquel on a assisté et le palmarès comporte déjà deux trios champions en à peine deux matchs pour cette ceinture qui représente un intérêt pour l’heure très mineur.

C’est bien le contraire pour les titres IWGP Junior poids-lourd habitués à être mis en jeu en ouverture des shows et surtout à offrir un spectacle aérien. Les trois duos qui s’opposent sont de nature à faire se soulever les foules et logiquement ce match a donc trouvé sa place dans la deuxième heure. Les Young Bucks s’avancent en champions ultra confiants face aux reDRAgon, qui avaient été dépossédés de leurs titres à Wrestle Kingdom, et à Aerial Dogfight, la paire neuve formée par Matt Sydal et Ricochet qui avaient particulièrement impressionné au Tokyo Dome. C’est surtout Ricochet et ses qualités athlétiques hors pair qui chauffe toutes les foules dans le monde que ce soit sous cette identité comme sous celle de Prince Puma. Le public attend chaque de ses interventions avec impatience même s’il apprécie le travail des reDRagon toujours très bons techniquement, ainsi que les éclairs des Young Bucks qui ont placé moins de Superkicks que d’habitude, si ce n’est parfois entre eux sur des mésententes. Matt Sydal subit beaucoup dans une partie molle avant une deuxième partie plus enlevée d’où les reDRagon sortent au sens propre du terme, Cody Hall embarquant carrément Kyle O’Reilly loin du ring à un moment. L’affrontement se finit de façon explosive avec le double 450 splash qu’on avait déjà vu à Wrestle Kingdom et qui fait cette fois bien mouche. Double tombé et Ricochet et Matt Sydal décrochent leurs premiers titres à la New Japan et une nouvelle force s’impose dans ce concert des meilleurs équipes indépendantes au monde.

Un combat très physique entre Ishii et Shibata

Le titre NEVER Openweight pourrait se rebaptiser différemment ces temps-ci en Stiff title. Tomohiro Ishii et Katsuyori Shibata se retrouvent à nouveau dans un clash attendu où le défi physique est toujours présent. On a l’impression de voir Brock Lesnar affronter Brock Lesnar lors de plusieurs séquences du match. Aucun ne veut montrer le moindre signe de faiblesse même si à la différence du combat de Wrestle Kingdom, ça se décante plus vite à ce niveau. Shibata subit d’abord la séquences des souplesses arrière avant de prendre irrésistiblement l’avantage après une séquence d’atémis à la gorge.

Les coups d’Ishii n’ont presque plus d’effet alors que ceux de Shibata font très mal. C’est d’abord sur soumission qu’il aurait pu conclure mais c’est d’une façon brutale qu’il va achever victorieusement cet affrontement. Un punt Kick assomme définitivement Ishii à bout de forces, laissant l’image d’un Shibata plus fort que jamais qui confirme qu’il sera bien compliqué de lui prendre la ceinture NEVER. Et qu’il faudra surtout être très costaud et résistant.

Dans cette séquence des combats pour les titres se cache un match sans intérêt direct mais qui présente un sacré avant-goût de la deuxième soirée de New Beginning. Pour une de leurs dernières représentations à la NJPW, Karl Anderson et Doc Gallows font équipe avec Kenny Omega qui s’est imposé en patron du BULLET CLUB. une sacrée charge pour le canadien qui succède à Prince Devitt et AJ Styles partis à la WWE. On peut souhaiter le même destin à cet individu fantasque mais il a déjà bien l’intention d’arriver au sommet de la NJPW. Et pour cela, il doit marquer son territoire en écartant Hiroshi Tanahashi qui fait équipe avec les champions par équipe Togi Makabe et Tomoaki Honma. Ce combat assez court n’a comme intérêt que sa fin, une victoire du trio du BULLET CLUB et un après match terrible pour Tanahashi qui se fait bien amocher le bras gauche contre une poubelle. Le BULLET CLUB même secoué par des départs reste fort et le renouvellement ne semble pas baisser son emprise sur la New Japan.

Okada fait tomber la pluie sur Goto

Toutefois, le boss actuel est toujours Kazuchika Okada, qui défend son titre IWGP poids-lourd contre Hirooki Goto. Les deux hommes se connaissent bien mais Goto est quand même devenu plus agressif ces dernières semaines. Il récolte même des sifflets et apparait recouvert de peinture blanche et de symboles japonais sur le corps et le visage. Ce n’est pas le meilleur match entre les deux hommes qui parfois s’enferment dans un rythme moyen, notamment de la part d’un Goto assez lourd dans ses déplacements.

Okada s’exprime aussi moins que d’habitude, il ne peut pas installer sa palette comme d’habitude. Goto l’embrouille bien mais ne donne pas vraiment l’impression de pouvoir le faire tomber. Ainsi, lors de son deuxième Rainmaker, Okada remporte un match d’une durée de vingt-cinq minutes qui aurait pu être meilleur. Mais quand même après le match, Okada révèle que ce qu’il a vu de Goto l’intéresse suffisamment pour prendre la succession de Shinsuke Nakamura dans le clan CHAOS. On attendra donc la réponse de Goto qui serait alors appelé à franchir un grand palier même si cette soirée ne l’aura pas mis en valeur.

Ce premier show New Beginning aura soufflé entre le chaud et le froid pour un ressenti mitigé. Corrects dans l’ensemble, les matchs n’ont pas pris beaucoup de hauteur pour être revus, à part celui pour le titre NEVER. Mais les forces et les tendances de 2016 sont affirmées et devraient être confirmées lors du deuxième show New Beginning tenu deux jours après à Niigata, avant que les stars de la Ring Of Honor viennent en nombre pour les shows Honor Rising le 19 et le 20 février.

Brousti
Auteur :
Rédacteur hyperactif. Spécialiste de l'overselling.
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