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NJPW New Beginning in Niigata : Kenny Omega parmi les grands

Deux jours après le premier show anniversaire de la NJPW conclu par le mainmise d'Okada, place à un deuxième show qui porte sur l'avenir immédiat du BULLET CLUB. Ce grand clan qui a posé sa patte sur la New Japan et même au-delà des frontières japonaises depuis 2012 peut-il encore être une grande force ? La pression est sur son nouveau leader Kenny Omega.
© NJPW

Après un premier show à Osaka, nous voici à Niigata encore dans une salle comble pour une deuxième partie de New Beginning moins dense en matchs à enjeux mais présentant de bons points chauds. Un choc des générations et des attitudes ouvrent la soirée avec le trio des Young Bucks et Cody Hall contre les anciens Jushin Thunder Liger, Tiger Mask et Captain New Japan. Quand on voit ce dernier nom cité dans une équipe, elle est quasi certaine de connaitre la défaite et là encore c’est le cas. Les Young Bucks ne font pas grand chose, Liger non plus, donc pour parler d’un bon match on repassera. Cody Hall est mis en valeur dans un combat court où Captain New Japan finit bien amoché par un Meltzer Driver à trois lui clouant fortement la tête. Et on apprendra en coulisses que le masque du Captain tombera prochainement, ce qui ne bouleversera pas le destin de quiconque et sera même un soulagement.

Même affrontement entre jeunes et anciens ensuite avec l’impertinence en moins. La technique est à l’honneur et tour à tour Bobby Fish et Kyle O’Reilly s’essayent à faire soumettre Kazushi Sakuraba qui adore le combat au sol. Mission pas vraiment réussie mais au final les reDRagon s’imposent en appliquant leur Chasing The Dragon sur Gedo. Ensuite c’est un match par équipe à quatre contre contre qui figure au programme. L’association de TenKoji avec les champions IWGP Junior par équipe Aerial Dogfight se révèle gagnante sans grande surprise malgré les efforts de Yuji Nagata et Ryusuke Taguchi notamment. Manabu Nakanishi et David Finlay figurent également dans le quatuor perdant et c’est évidemment le plus jeune, le fils de Fit Finlay, qui subira le tombé final face à Ricochet décidément irrésistible même quand il n’y a pas d’enjeu particulier autre que la simple victoire.

Pour d’autres, un simple match par équipe a pour but de s’affirmer encore davantage et ainsi Los Ingobernables de Japón ont réussi leur coup en collectant deux succès par équipe en deux jours. Mais cette fois-ci c’est moins brillant, la faute à Michael Elgin et Jay White qui ont bien fonctionné en équipe et beaucoup bousculé EVIL et Tetsuya Naito. C’est donc par un froid réalisme que Naito à la popularité retrouvée et EVIL — qui sait bien utiliser un laser — concluent victorieusement avant de molester deux arbitres.

Une histoire qui n’en fini pas autour des titres NEVER Openweight

Les titres NEVER Openweight par équipe ont beau représenter un intérêt nul pour le moment, ils sont souvent défendus et grosse particularité, avec un trio vainqueur à chaque affrontement. Le souci c’est que cela appelle à une histoire sans fin de rematchs car ce sont les deux mêmes équipes qui se partagent les trois premiers règnes. A ce jeu, le BULLET CLUB composée par Bad Luck Fale, Tama Tonga et Yujiro Takahashi tient le rôle de dindon de la farce avec un règne de deux jours seulement. Ainsi, les Briscoes et Toru Yano sacrés à Wrestle Kingdom retrouvent déjà leurs titres. En quarante jours, on aura ainsi eu droit à trois affrontements sans grande saveur. Mais quand même ce troisième match est meilleur dans le contenu avec des Briscoes qui ont pu s’exprimer davantage. Takahashi est aussi un peu sorti de sa torpeur mais la star reste Toru Yano. Toujours autant amuseur des foules mais aussi très vicieux, il subit moins que d’habitude et conclue même victorieusement après un coup bas dans le dos de l’arbitre. L’enjeu essentiel du prochain match pour ces ceintures sera de savoir si les Briscoes et Yano les conservent pour passer à autre chose.

Dans une deuxième partie consacrée aux titres se cache comme deux jours auparavant un match par équipe à 3 contre 3 à forte dimension psychologique. Kazuchika Okada, champion IWGP poids-lourd et leader total de CHAOS désormais, n’avait qu’un but avec Tomohiro Ishii et Yoshi-Hashi : torturer Hirooki Goto à qui il a été proposé de rejoindre le clan. Et l’objectif est atteint car chaque passage de Goto dans le ring s’avère très pénible pour lui qui a subi à chaque fois face à Okada. Katsuyori Shibata avec un bon passage contre Ishii et Juice Robinson, surprenant face à Okada, rééquilibrent les forces. Mais Goto revenu à un look traditionnel manque son intervention et l’ex CJ Parker goute au Rainmaker d’Okada qui s’empresse ensuite de demander une réponse rapide à Goto plus que jamais à la croisée des chemins.

Los Ingobernables de Japón s’inclinent

Victorieux par équipe, Los Ingobernables de Japón veulent passer à l’étape supérieure en s’emparant d’un titre. BUSHI tente sa chance contre KUSHIDA pour le titre IWGP Junior poids-lourd. Il bénéficie pour cela de l’appui d’EVIL et de Naito très présents en menace constante du bord du ring. KUSHIDA est ainsi proche de connaitre une défaite sur décompte à l’extérieur après s’être fait coincer la tête dans une chaise par EVIL. Toutefois BUSHI sait aussi bien se débrouiller seul et domine l’essentiel du match. Le Great Muta pourrait même être jaloux de BUSHI qui a craché deux fois du mist à la figure de KUSHIDA parfois vraiment en survie. Mais le champion est solide et quand il le faut il bénéficie lui aussi de soutiens que sont Ryusuke Taguchi et Jay White. Et quand Naito s’en mêle, c’est KUSHIDA en personne qui le repousse avant de coincer BUSHI dans une Kimura Lock décisive après s’être ouvert le chemin de la victoire avec un Codebreaker.

Karl Anderson et Doc Gallows font leur tournée d’adieux à la New Japan mais pourquoi pas l’agrémenter par un nouveau règne par équipe. C’est l’enjeu de cette revanche de Wrestle Kingdom contre Great Bash Heel, le duo formé par les très populaires Togi Makabe et Tomoaki Honma. Cette fois, Honma est moins à la fête et en fait aussi moins à sa tête dans une première partie très frustrante pour lui qui est constamment repoussé et mis à terre par le duo du BULLET CLUB. Makabe intervient plus rapidement dans le combat qui devient davantage par équipe qu’il y a quarante jours où Honma avait tout fait. Anderson peut sortir frustré car il aura beaucoup tenté le Cutter mais sans jamais pouvoir le passer. Et à l’arrivée c’est un vrai travail par équipe qu’il subit. Makabe place la King Kong Knee Drop mais laisse Honma conclure cette fois avec son Headbutt. L’émotion est vive pour Anderson et Gallows qui viennent surement de disputer leur dernier combat à enjeu à la NJPW. Mais Honma et Makabe n’en ont pas fini avec le BULLET CLUB car Tama Tonga les défie tout en annonçant l’arrivée d’un tout nouveau membre du BULLET CLUB qui décidément parvient à toujours se renouveler et à viser les ceintures.

Kenny Omega star du main-event

Le main event marquait le commencement de deux ères. AJ Styles et Shinsuke Nakamura sont partis en même temps, le premier cédant péniblement le leadership du BULLET CLUB à Kenny Omega alors que le second a abandonné le titre IWGP Intercontinental qui est l’enjeu de ce combat. La symbolique de ce match entre Kenny Omega et Hiroshi Tanahashi est importante et comme le jour où AJ Styles est arrivé, le BULLET CLUB est au soutien. Et pour Omega, le grand défi est de faire mieux que Prince Devitt qui avait tout gagné chez les Junior poids-lourd avant de tenter sa chance sans succès à l’échelon supérieur. Le Canadien se montre d’abord bon seigneur en demandant aux siens de le laisser seul pour affronter Tanahashi. Et il relève bien le défi en dominant Tanahashi, notamment avec une souplesse arrière sur les chaises du public. Le match s’équilibre ensuite et vire même à l’avantage de Tanahashi qui comme d’habitude aime travailler sur la jambe droite de son adversaire en utilisant le Dragon Screw de nombreuses fois.

Cody Hall revient alors pour mieux permettre aux Young Bucks de sortir de sous le ring pour infliger le Meltzer Driver sur Tanahashi qui se reçoit en suivant un Styles Clash d’Omega décidé à bien chambrer à distance celui qu’il a viré du clan. De son côté Tanahashi avait utilisé quelques mouvements de son ami et ancien rival Shinsuke Nakamura. L’esprit des deux grands partants flotte au-dessus du ring durant toute la demi-heure. Michael Elgin vient au secours de Tanahashi et le Japonais est alors proche de conclure avec son High Fly Flow. mais trop gourmand, il en tente un de trop, et Omega aime bien ce genre de situation où au plus mal il resurgit. Deux V-Striggers, mouvement copiant le Bomaye de Nakamura, ne lui donnent pas l’avantage décisif mais il évacue très vite la frustration pour enchainer avec sa One-Wing Angel et un V-Strigger qui abattent définitivement Tanahashi. Kenny Omega réussit ainsi à valider sa place parmi les grands de la New Japan avec le titre IWGP Intercontinental, et cela en faisant ses preuves dans un main event énergique bien dans son tempo. Le BULLET CLUB a toujours un roi dans son jeu.

Ce deuxième show New Beginning meilleur que le premier, aura entamé un nouveau chapitre de l’histoire du BULLET CLUB. Kenny Omega a montré qu’il peut assurer l’avenir d’un clan renouvelé et où deux nouvelles figures débarqueront prochainement. La NJPW était attendue au tournant après des départs importants annoncés et elle a répondu en partie, en attendant de nouvelles arrivées qui devraient faire beaucoup de bruit.

Brousti
Auteur :
Rédacteur hyperactif. Spécialiste de l'overselling.