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ROH 14th Anniversary : Jay Lethal et les stars de la New Japan à la fête

En cette année 2016, la Ring Of Honor intensifie son partenariat avec la New Japan Pro Wrestling. Après avoir envoyé son champion à Wrestle Kingdom, ce sont toutes les têtes d'affiches qui participaient au week-end Honor Rising à Tokyo. Une semaine plus tard, retour aux Etats-Unis pour le 14ème anniversaire de la compagnie qui a révélé des grands comme Daniel Bryan, CM Punk ou Samoa Joe. Mais cette fois, les stars de la ROH doivent faire face à la concurrence de celles de la New Japan dans une cohabitation de l'excellence.
© ROH/Sinclair Brodcast Group (capture d'écran)

Pour conclure un mois de février riche en partenariat avec la New Japan Pro Wrestling, la Ring Of Honor invitait la compagnie japonaise à sa fête d’anniversaire à Las Vegas qui avait déjà été le lieu du 13ème anniversaire l’an dernier. C’est même tout un week-end de festivités qui est organisé avec une soirée du samedi consacrée aux enregistrements télé des prochains shows hebdomadaires, mais le show du vendredi était bien celui qui comptait avec une mise en lumière en pay-per-view réussie dans la présentation et dans l’organisation avec un public de vrais fans massés dans un des multiples grands hôtels de la capitale du jeu.

Ishii reste le champion TV contre Strong et Fish

Un three-way ouvre le show avec le titre de champion TV en jeu. La semaine précédente à Tokyo, Tomohiro Ishii avait créé une petite surprise en s’emparant de cette ceinture que détenait un Roderick Strong totalement arrogant. Les deux hommes se retrouvent pour une revanche mais Bobby Fish, habitué des rings japonais, participe aussi au match pour ajouter une certaine incertitude. C’est plutôt de la confusion d’abord dans l’esprit d’Ishii qui lutte pour la deuxième fois aux Etats-Unis et aussi pour la première fois dans un match à trois. Le japonais habitué aux combats intensifs est perdu dans un premier temps, semblant ne pas savoir où se placer mais le plus surprenant est qu’il met une petite intensité dans ses coups. Roderick Strong règne alors en maitre sur un match auquel Fish a peu voix au chapitre. Strong met le rythme, contrôle bien les opérations et masque les problèmes connus par Ishii. Heureusement cela ne dure pas tout le combat. Le japonais a un titre à défendre et prend de l’assurance dans une dernière partie bien menée. Le match ne dure pas dix minutes, ce qui fait qu’il fallait vraiment mettre du rythme rapidement et Strong à ce niveau aura été important. Il aura du mal à reprendre ce titre de sitôt car il n’est pas récompensé de ses efforts en subissant le tombé et Ishii sort indemne et rassuré de sa première défense de titre.

Le clan Decade a longtemps animé les shows de la ROH mais majoritairement en bas de carte. Les départs successifs de Roderick Strong et Jimmy Jacobs ont réduit ce clan au minimum absolu composé de BJ Whitmer et d’Adam Page. En fait, le clan est même totalement mort depuis quelques jours après que Page se soit rebellé contre son mentor. Ainsi on a un match générationnel entre l’élève et le maitre. Un combat où Page se montre bien mais se heurte au style très rude de son adversaire très roublard qui veut introduire une chaise dans le jeu. L’arbitre se laisse abuser et un coup bas donne une victoire très moyenne de Whitmer. Page va devoir encore attendre pour passer un palier supplémentaire.

Le match suivant est une vraie curiosité et un test particulier pour Dalton Castle, la révélation de ce début d’année 2016. C’est même très spécial de le voir affronter Hirooki Goto mais ça vaut le coup d’oeil pour voir ce que Castle peut faire dans un match sérieux de bout en bout et s’il peut viser mieux. Clairement, ce qu’il a montré depuis quelques semaines se retrouve en application dans ce match où il rivalise parfaitement dans l’intensité et dans l’enchainement des prises. Il se montre aussi résistant et sort ainsi grandi de cet affrontement contre une valeur sûre de la New Japan. Goto s’impose quand même sans surprise avec son Shouten Kai qui cloue Castle au sol mais les ambitions de ce dernier restent intactes.

Les Motor City Machine Guns se reforment

Alex Shelley contre Christopher Daniels, c’est un match qui sent bon la TNA d’une autre époque. Avec Kazarian et Chris Sabin dans le coin et la réunion des Motor City Machine Guns au bout, c’est même carrément une forte odeur de TNA qui a émané pendant un quart d’heure à Las Vegas. Shelley était entré en rivalité avec The Addiction après leur avoir couté les titres par équipe. Sabin, allié de Kaz et Daniels, n’avait pas voulu s’impliquer, et cette tendance s’était vue lors d’un match par équipe à Final Battle où ils s’étaient évités. Tout était tracé pour retrouver cette fameuse association Shelley-Sabin à l’issue de ce combat. Alex Shelley et Daniels montrent leurs prises dans un match soigné où Kazarian ne manque pas d’intervenir dès que possible. Shelley a donc dû faire face à deux adversaires, mais ça ne l’empêche pas de sortir doublement gagnant, d’abord de son match en évitant un coup de corde de Daniels pour un petit tombé. Puis après le match il bénéficie de l’intervention de Sabin qui lui vient en aide face à Kaz et Daniels. On tient forcément une rivalité d’un mois avec très certainement un match par équipe Motor City Machine Guns contre The Addiction à Dallas. A voir si Brian Kendrick qui était venu aux commentaires viendra y jouer un rôle.

Michael Elgin s’essoufflait à la Ring of Honor où le courant avec les fans ne passait plus. Tout va bien pour lui depuis un an et de fréquentes excursions à la NJPW. Il s’y est même fait des amis très appréciés du public nord-américain. C’est ainsi qu’il fait équipe avec Hiroshi Tanahashi pour affronter les Briscoes qui restent encore une équipe sûre pour fournir un bon combat par équipe. Le rythme est très plaisant, chacun a droit à son exposition, même si Elgin et Tanahashi ont la plus grosse part. C’est sans surprise qu’ils concluent victorieusement sur Mark Briscoe qui se reçoit un High Fly Flow. Elgin et Tanahashi pourraient viser prochainement les titres IWGP par équipe.

Moose a tellement plu lors de la tournée au Japon qu’il se voit offrir un affrontement contre le champion Kazuchika Okada qui ne met pas son titre en jeu. Le prodige japonais peut vérifier qu’il est même presque plus soutenu aux Etats-Unis qu’au Japon. Dans ce match, le but est de faire de Moose un perdant magnifique, comme Castle auparavant. Les stars de la New Japan ne peuvent pas être battues ce soir-là et même si Moose sort une bonne prestation, malmène parfois Okada en osant même lui infliger des dropkicks, l’issue finale ne fait aucun doute. On le comprend bien quand Okada passe ses deux premiers et seuls dropkicks du match qui vont enclencher la fin pour Moose terrassé dès le premier Rainmaker, preuve que la montagne était trop haute pour lui, mais il a gagné le respect total de son adversaire et l’objectif est ainsi atteint.

Kenny Omega et les Young Bucks volent le show

Dans cette deuxième heure où les stars de la NJPW sont à l’affiche, le public est monté progressivement en température pour entrer en totale ébullition lors d’un match par équipe à trois contre trois pour les titres NEVER Openweight par équipe. Le trio qui logiquement se surnomme The Elite du Bullet Club détient ces ceintures encore neuves qui présentent déjà un intérêt certain. Les Young Bucks n’ont pas toujours été idolâtrés par les fans de la ROH mais depuis qu’ils partagent leur temps entre ROH et NJPW, ils sont les stars qui reçoivent les plus fortes ovations. On rajoute Kenny Omega le leader du Bullet Club et on tient le trio idéal pour enflammer une foule quels que soient les adversaires. Et c’est d’autant plus plaisant quand les adversaires se nomment ACH, KUSHIDA et Matt Sydal.

Les styles sont identiques et c’est une folie de catch aérien qui peut être proposée. C’est d’abord ACH qui se met en valeur avec son élasticité toujours incroyable qui fait de lui le high flyer le plus sous-estimé du circuit indépendant. KUSHIDA a aussi l’occasion de rappeler qu’il est le champion IWGP Junior poids-lourd qui a réussi à remporter sa rivalité contre Omega. Matt Sydal a lui aussi une ceinture de champion par équipe à la New Japan et se retrouve à subir le plus non sans montrer quand même avec notamment une série d’hurricanranas qu’il reste aussi un très bon talent. Tout le monde a été bien mis en avant dans les deux camps pour donner le show stealer évident dès le coup de cloche. Le rythme est dingue, c’est le combat le plus long de la soirée avec près de dix-sept minutes, la Superkick party se fait même à trois, bref tout pour en faire un grand classique à revoir encore et encore. Omega est un vrai général du ring qui dirige la manoeuvre à la perfection et c’est particulièrement visible pour conclure le match. Il s’agit d’abord de neutraliser KUSHIDA et ACH à l’extérieur du ring avant d’achever Sydal et c’est Omega qui conclue un festival qui n’a pas fini d’enflammer la planète catch.

L’énergie du match précédent était tellement folle qu’inévitablement le soufflet retomberait lors du match pour les titres par équipe de la ROH disputé dans un quasi silence. C’est bien dommage pour les All Night Express (Kenny King et Rhett Titus) et War Machine (Hanson et Rowe). Les deux équipes s’affrontent dans un match sans disqualification où l’engagement est de mise mais pas le sang. Ces deux équipes ne bénéficient pas d’une grande popularité pour l’instant ce qui donne ce climat étrange. Tout est bien fait, les tables craquent, King s’écrase sur une échelle, mais ça manquait quand même du plus de folie qui peut vraiment donner une dimension totalement sans disqualification à ce match. Presque tout s’est passé au bord du ring, les deux équipes se sont échangé leurs finishers sans réussite. Et finalement War Machine conservent leurs ceintures en infligeant leur Fallout sur Titus. Le tout sans grande émotion et c’est bien dommage car il y a de la qualité chez ces deux équipes.

Jay Lethal toujours solide champion face à Adam Cole et Kyle O’Reilly

Le main event avait de quoi soulever certaines passions et raviver aussi les rancoeurs. Adam Cole et Kyle O’Reilly sont dans une rivalité cyclique depuis la fin de leur équipe FutureShock. On aurait pu penser que l’affaire était entendue à l’issue de Final Battle en décembre 2015 avec Cole vainqueur. Mais quand le titre mondial de la Ring of Honor entre en jeu, on peut tout recommencer et c’est bien ce qui va plaire au champion Jay Lethal. Ce dernier est tranquille, repousse tous ses adversaires au fur et à mesure et quand il se retrouve dans ce three-way, on ne peut pas se dire qu’il apparait en situation de handicap. La haine est tellement forte entre Cole et O’Reilly que Lethal doit même parfois se faire une place et frapper à tour de rôle ses deux adversaires. Il apparait intouchable ce qui provoque une excitation avant l’heure de Truth Martini qui se fend d’un Spinaroonie mais les deux adversaires reviennent ensuite bien.

Les séquences de soumission à trois sont notamment bien trouvées. Une plus grande longueur de match que le quart d’heure proposé en aurait fait un classique à revoir mais ça restera un bon main event. Cole et O’Reilly sont tellement aveuglés par la haine qu’ils se portent qu’ils oublient Lethal à la fin. Erreur fatale car le champion n’a plus qu’à se servir avec une double Lethal Injection avec un tombé sur Adam Cole. C’est l’histoire sans fin qui s’annonce dans les prochaines semaines entre Cole et O’Reilly mais la qualité de leurs affrontements ne rendra pas ça lassant. Jay Lethal peut parader, maintenant la question est : qui peut le battre à la ROH ?

La Ring of Honor a été un bon hôte avec la New Japan dont toutes les stars sont ressorties vainqueurs. La ROH a son champion très établi mais une construction de talents encore récents à monter et ce genre de show les a bien aidés. Ce partenariat très profitable pour les deux compagnies pourrait donner quelque chose de très intéressant à Dallas.

Brousti
Auteur :
Rédacteur hyperactif. Spécialiste de l'overselling.