Actualité

Freddie Prinze Jr. : « Vince McMahon est comme un enfant qui vient juste d’ouvrir son coffre à jouets »

Generated by  IJG JPEG Library © Jemal Countess/Getty Images
Dans une interview au site du magazine GQ, Freddie Prinze Jr — ancien auteur à la WWE — raconte son passage au sein de la compagnie.

Comédien notamment dans les films Scooby-Doo mais aussi et surtout ancien auteur pour la WWE entre 2008 et 2011, Freddie Prinze Jr. a donné une interview au site du magazine GQ pour parler du travail qu’il y effectuait et de l’actualité de la compagnie à l’approche de WrestleMania 32.

Freddie Prinze Jr. raconte comment les auteurs travaillaient à l’époque où il était auteur et comment il fallait se battre pour mettre ses idées en avant et ne pas se faire renvoyer aussi vite qu’on est arrivé:

Nos auteurs s’asseyaient et n’importe qui pouvait proposer n’importe quoi. Si c’était ridicule, c’était refusé de façon très très violente. À partir de cela vous appreniez à commencer petit et y allez étape par étape. Ou alors vous arrêtiez de proposer des idées et vous étiez mis à la porte au bout de trois ou quatre mois.

Pour expliquer la façon dont lui et son équipe travaillait à son époque, il prend un exemple d’aujourd’hui, Kevin Owens:

Mais imaginons que nous voulions donner un match de championnat à Kevin Owens à WrestleMania, nous planifions d’abord ce moment-là et ensuite nous travaillions sur tout ce qu’il se passerait avant ce match en partant de la fin pour savoir comment il en arriverait là. Comment il se mettrait dans la peau de son adversaire, comment il mériterait ou ferait son chemin vers le match pour le titre, quels seraient les matchs sur cette route jusqu’au moment final, quels types d’interactions il y aurait.

Les officiels et les talents s’occupent de ce qu’il se passe dans le match, les auteurs n’ont rien à voir avec les matchs. Alors quand nous construisions les storylines, j’écrivais les segments en avance. Genre les dialogues. Tous ne faisaient pas ça, mais je voulais vraiment présenter les choses dans leur ensemble parce que ce que je proposais était parfois bizarre, même pour du catch.

Il parle évidemment de Vince McMahon et de son implication dans l’écriture des shows et confirme ce que tout le monde sait déjà quant à sa manière de contrôler le booking:

Vince [McMahon] est comme un enfant qui vient juste d’ouvrir son coffre à jouets. Je ne dis pas ça de façon mauvaise, mais ce sont ses jouets, son coffre à jouets et il en prend énormément soin. Il en a certains qui sont plus spéciaux que d’autres à certains moments, et vous pouvez vous en rendre compte à la TV, mais c’est son droit. C’est son coffre à jouets.

Alors quand ça marche, ils vous gracie d’un « c’était bon ». Parfois vous aurez même un « Bon sang! » et là vous savez que c’était réellement bien. Dans le cas contraire il vous le fait savoir, « Ça n’a pas marché. Je n’ai pas aimé un seul mot de tout ça, ce n’est pas ce que je lui ai dit de dire. Bordel qu’est-ce qui se passe ? ».

J’étais dans une position dans laquelle je pouvais prendre beaucoup de balles, et j’ai toujours pris les balles pour mon équipe et dit « Je lui ai dit de dire ça. Je l’ai écrit. Je suis désolé, ça n’arrivera plus ». Et il répondait « T’as raison, bien sûr que ça n’arrivera plus! ». Tu prends ça, ça craint, ensuite tu te casses et tu vas bosser pour la semaine prochaine.

S’il parait difficile de travailler au sein de l’équipe créative de la WWE sans avoir les nerfs solides, ce n’est pas la raison pour laquelle il a décidé de quitter la compagnie en 2011, mais plus à cause de certains des propos de Stone Cold Steve Austin lors de l’émission Tough Enough à une des candidates:

Nous avions cette émission appelée Tough Enough sur USA Network que Stone Cold présentait. Il y avait une fille dans l’émission qui disait qu’elle faisait tout ça pour ses enfants. Et Steve [Austin] lui a rigolé au nez. Il lui a dit « Laisse moi te dire une chose. Tu sais combien de fois j’ai gagné l’award du père de l’année en étant catcheur ? Et à sa manière il lui a répondu « Zer-oh ». Ces mots m’ont énervés. Je voulais être père de l’année. Je voulais vraiment cet award. Alors je suis parti. Je leur ai donné ma démission et suis parti le lendemain. C’était très dur, mais je voulais être père.

Il parle aussi de l’époque de CM Punk et de son ascension vers le titre de la WWE en 2011, et explique que la compagnie s’est rendu compte trop tard du potentiel de CM Punk et de ce qu’elle aurait pu en faire:

Le truc avec CM Punk c’est qu’il était meilleur que n’importe qui au micro. Il était tellement bon qu’il parlait pour les autres. Il s’est littéralement appelé lui-même « la voix des sans-voix ». Et aussi arrogant que cela puisse paraître, le public l’a accepté et était d’accord avec ça, parce qu’il avait raison. Quand quelqu’un parle comme il le faisait, vous vous devez de le soutenir. Il est l’un des rares avec qui ça a marché.

Personne n’écrivait pour Punk. Je ne lui jamais donné une seule directive ou quoi que ce soit. Il avait ce truc brillant comme Bruce Lee avait. Alors on écrivait quelque chose de brut ou parlions d’une idée, mais Punk allait faire du Punk. Et ce qu’il faisait était incroyable quand ils se sont rendus compte du potentiel qu’il avaient. Mais ça a pris trop de temps à la compagnie de réaliser ce qu’ils pouvaient faire avec lui.

Mon sentiment personnel c’est que tout ça a été découvert un petit peu trop tard. Après autant de frustrations refoulées, il y a un moment où un employé, dans n’importe quelle entreprise — même si vous lui dites « Tu es vraiment bon! » — ils vous répondra « Ouais, ben merci mais je me casse ». C’est à peu près ce que la relation entre lui et la WWE était. Mais cette relation est devenue la storyline que l’on nous présentait sur le ring. Tous ces propos que lui et CM Punk faisaient ensemble sur le ring, c’était du réel. Rien de tout ça n’avait été écrit, c’était eux qui débattait sur le ring. Et les gens savaient que c’était réel ! Ils savaient qu’ils se disaient des vrais choses et que c’était plus du tout de la fiction.

Il parle aussi de l’actuelle storyline qui va mener au match entre Shane McMahon et l’Undertaker et donne un avis plutôt intéressant sur la façon dont pourrait se dérouler les choses à l’issue du match le 3 avril prochain:

Cette famille est très liée et rien ne peut la diviser, mais Shane est partie de l’entreprise pour devenir son propre patron et c’est probablement ce qu’il est devenu depuis. Il n’est pas en accord avec toutes les philosophies de cette entreprise. Je pense d’ailleurs que personne ne l’est aujourd’hui. Même Vince brise ses propres règles. Je ne suis même pas certain que cette storyline du retour de Shane aurait eu lieu si Seth Rollins ne s’était pas blessé.

Quand j’ai entendu l’annonce du match j’ai eu le même moment d’arrêt que tout le monde a eu. Je pense que c’est normal parce que c’est venu d’un peu nulle-part. Partant du côté logique de la chose, ce sera soit incroyable ou terrible. Je ne pense pas qu’il y aura d’entre-deux. Je ne sais pas si je devrais dire ça, je n’ai aucune connexion avec qui que ce soit dans l’écriture de tout ça, mais je ne pense pas que l’Undertaker va faire ce que Vince lui demande. Je pense que l’Undertaker et Shane vont finir par faire quelque chose ensemble. Je pense que ce sera le dénouement de tout ça.

Darren Fog
Auteur :
Fondateur et rédac-chef de VoxCatch.
Réglement concernant les commentaires