Hall of Fame

Stan Hansen, le cowboy au lariat

Le Hall Of Fame de la WWE fait honneur aux légendes qui ont marqué le business. Il y a des noms plus remarquables que d'autres et qui concernent des territoires autres que ceux de la WWE. Stan "The Lariat" Hansen rassemble tous ces critères au point d'être une légende vivante au Japon. Histoire d'un bagarreur au sommet.
stan-hansen-pwi © Pro Wrestling Illustrated

Bob Orton ne sera plus le seul cowboy au Hall Of Fame de la WWE. Stan Hansen pourrait même lui donner des leçons en matière de cowboy badass. On peut être brutal, très fruste et porter cela en art suprême avec un personnage tenant le haut du pavé avec les mêmes ingrédients pendant toute une carrière. C’est le tour de force d’Hansen qui n’est pas un esthète technique du ring mais qui aura pourtant apporté sa pierre à l’édifice gigantesque du catch à travers le monde par un style stiff incomparable.

Stan The Lariat

Ce qui est encore plus fort dans ce milieu, c’est d’avoir un move bien identifié à soi. Et pour Hansen, c’est le terrible Lariat, provoquant l’effroi de nombreuses foules car avec son gabarit il était du genre à pouvoir arracher les têtes. C’est au Japon, la terre de ses plus grand exploits, qu’il va faire en sorte que les commentateurs japonais s’habituent à hurler LARIATOOOOO. Et aujourd’hui ce move est toujours érigé en art avec le champion de la New Japan, Kazuchika Okada. Une légende se définit surtout par la marque visuelle qu’elle laisse et nul doute que le lariat a de beaux jours encore devant lui.

Stan Hansen a trainé son gimmick de cowboy très bourru et toujours muni d’une corde avec une cloche à l’AJPW, provoquant l’âge d’or d’une fédération aujourd’hui bien dans le creux de la vague. C’est là qu’il y a laissé les souvenirs les plus marquants après avoir pourtant foulé juste avant les rings de la NJPW avec des affrontements contre Antonio Inoki et surtout le premier clash avec son meilleur ennemi compatriote, Vader. Ces deux gaijins -nomination des étrangers au Japon- grâce à leurs nombreux succès et leur mise en avant constante ont vraiment pavé le chemin aux Lesnar, Balor, AJ Styles qui ont ensuite connu le succès sur les rings japonais. C’est une époque où la WWE, qui ne s’appelait évidemment pas tout à fait comme ça à l’époque, venait faire des shows avec enjeu. Le catch était très international et Hansen est bien un précurseur de cette ouverture des cultures et il était associé à Hulk Hogan lors de ces tournées.

Légende au Japon face à d’autres légendes

Les japonais n’avaient pas l’habitude de voir un moustachu débarquant avec une corde et ruant partout. Mais ils se sont habitués à un vrai méchant dans le ring, un homme qu’on ne peut que détester tellement il avait de mépris pour les règles du jeu. C’est là qu’Hansen a toujours excellé, dans cette faculté d’embrouiller tout le monde pour parvenir à ses fins car plus que jamais pour lui, la fin justifiait les moyens avec une fin brutale éteignant complètement l’adversaire après le Lariat ou un Piledriver. Il s’est constitué ainsi un gros palmarès à l’AJPW avec le titre Triple Crown notamment acquis avec des matchs contre le regretté Misawa, particulièrement entre 1990 et 1993. Il aura aussi croisé la route de Terry Gordy, autre entrant au Hall Of Fame en 2016.

Jamais avare en effort, il a mis son corps à rude épreuve pendant plus de vingt ans, mais c’est surtout car il s’est habitué à affronter uniquement des poids-lourd comme lui. Il a eu ce privilège rare pour l’époque d’être toujours mis en avant au Japon par rapport aux locaux. Ses affrontements dans un style vintage valent le coup tellement le brawl est élevé à un vrai style d’art et qu’il se marie volontiers au catch stiff et technique et japonais qui fait de plus en plus école aujourd’hui.

Commencer par parler de sa carrière au Japon, en partie dans les années 80 puis davantage dans les années 90, illustre sa longévité et sa réussite dans un pays longtemps très fermé aux étrangers. Sinon, sa place dans le Hall Of Fame de la WWE ne concerne en réalité vraiment pas son parcours au Japon. C’est au bord de l’Océan Pacifique qu’il a été le plus remarquable mais avant cela, à l’époque des guichets fermés de la WWWF au Madison Square Garden de New York, il était une grande star, enfin pas au niveau des acclamations mais plutôt des huées et des insultes, et plus on est hué plus on est bon, alors Stan Hansen était carrément extraordinaire.

Stan Hansen, grand rival de Bruno Sammartino

Son personnage heel s’est très vite affirmé au plus haut niveau avec des affrontements contre Bruno Sammartino du temps du plus long règne de champion de ce dernier, et c’est une rivalité qui a souvent été remise au gout du jour pendant quatre ans à la fin des années 70. De légende à légende il n’y a finalement qu’un pas et il aura croisé le fer avec bon nombre de hall of famers, notamment le tout premier, André The Giant, mais aussi Bob Backlund. Malgré tout, ce n’est pas chez l’ancêtre de la WWE qu’il aura laissé les meilleurs souvenirs aux Etats-Unis, et c’est ça qui est fort car il a quand même des combats mémorables. L’AWA l’a davantage mis en avant au milieu des années 80 en en faisant un champion ultra controversé avec une rivalité avec Nick Bockwinkel, autre hall of famer de la WWE. Il aura montré un caractère impossible en refusant de céder la ceinture de champion.

Et pour finir ce parcours américain, il a aussi lutté pour la WCW durant une courte période, mais suffisante pour avoir le titre des Etats-Unis au début des années 90. Sur le temps, il aura ainsi réussi à toujours se constituer un palmarès même si on peut regretter qu’il n’ait jamais pu décrocher un titre à la WWE, mais il faut avouer qu’il y était à la pire des périodes pour ça.

Désormais, c’est un cowboy fourbu par ces combats mais très charismatique qui est à chaque fois reconnu où qu’il aille. On ne doute pas que ce sera le cas lors de la cérémonie du Hall Of Fame sinon il n’aura pas de problème à distribuer encore des lariats ou à vous étrangler avec sa corde.

Brousti
Auteur :
Rédacteur hyperactif. Spécialiste de l'overselling.