Preview WrestleMania

Le fourre-tout Intercontinental de WrestleMania 32

Pour le titre de champion Intercontinental, la WWE nous ressert la même formule que l'année dernière : un match de l'échelle à sept participant. Dommage, puisqu'elle avait une rivalité toute prête à nous présenter.
ic-match-echelle-wm32 © WWE

Ce n’est plus un secret pour personne, Kevin Owens est un champion qui a fait ses preuves. Nous délivrant tout d’abord du règne de Ryback comme champion Intercontinental, Owens nous a tout simplement montrés ce qu’il avait déjà fait quelques mois auparavant à NXT. Enchaînant les démonstrations de force et prouvant sa pop naturelle au micro au fil des semaines, Kevin Owens s’est imposé comme le heel à abattre au sein du main roster. Les strates du main event ne sont plus très loin pour celui qui, en moins d’un an, aura été couronné deux fois champion intercontinental.

Mais alors que la route vers WrestleMania commençait à peine, on se demandait déjà qui Kevin Owens allait pouvoir affronter ce dimanche 3 avril. Échouant dans un premier temps à récupérer son titre face à Dean Ambrose au Royal Rumble puis effectuant une apparition remarqué au Royal Rumble — éliminer AJ Styles, ça c’est se faire remarquer, il ne faudra pas attendre bien longtemps afin que Owens passe lui aussi par dessus la troisième corde et se fasse éliminer par son rival de NXT, Sami Zayn.

Une rivalité pourtant évidente

Si vous n’avez pas suivi NXT ces deux dernières années, sachez que la rivalité entre Kevin Owens et Sami Zayn est sans l’ombre d’un doute l’une des plus importantes de l’histoire de de la brand jaune — et même d’avant leur arrivée à NXT. L’arrivée très remarquée d’Owens, sa prise de titre extrêmement rapide et surtout la blessure de Zayn qui l’a conduit à s’écarter des rings pendant presque un an. Tout était fait (scénarisé ou non) pour que la rivalité se poursuive à leur arrivée dans le roster principal.

Seulement voilà, ici, on est à la WWE. Et à la WWE, on aime bien répéter des choses qui ont marché. C’est n’est donc pas que contre Sami Zayn que Kevin Owens devra défendre son titre lors de KO-Mania, comme il l’appelle, mais aussi contre cinq autres catcheurs prêt à en découdre. La même formule que l’année dernière où Wade Barrett avait dû défendre son titre dans un match similaire à la fin duquel Daniel Bryan est ressorti vainqueur.

Cette année les catcheurs sont les suivants : Stardust, Dolph Ziggler, The Miz, Sin Cara et… Zack Ryder. Si la présence de certains noms n’est pas étonnante comme celle de The Miz ou Dolph Ziggler, qui occupent assez bien le milieu de la carte ces temps-ci, certains par contre laissent perplexe.

Des participants ici par accident

Stardust tout d’abord. Que les choses soient dîtes : le personnage ne fonctionne plus qu’en demi-teinte. Les nombreux « Cody ! Cody ! » que l’on entend à chacun de ses matchs en sont la preuve. Beaucoup de fans attendaient tout de même beaucoup de ce personnage, mais un booking très désordonné (on repense au Cosmic Wasteland avec The Ascension) a fait que le personnage n’a jamais vraiment pris auprès du public. De plus, sa présence au ladder match de l’année dernière n’a pas réellement changé la donne. S’il est là, il n’est pas impossible que l’on trouve la raison dans le fait que la WWE n’a pas réussi à proposer une revanche entre lui et Stephen Amell, pourtant teasée en ce début d’année.

Sin Cara ensuite. On peut dire beaucoup de choses sur Sin Cara mais rien ne serait suffisant pour décrire à quel point le personnage a été enterré vivant dès son arrivée sur les rings de la WWE. On en veut pour témoin les nombreux botchs et la série de memes très virulentes à son sujet. Malgré un changement de catcheurs sous le masque, la mayonnaise n’a jamais prise. Ce « nouveau » Rey Mysterio s’est donc très vite vu remplacé par Kalisto. Sa présence encore une fois laisse donc à désirer.

On arrive enfin à l’outsider du match : Zack Ryder. Considéré comme un jobber depuis la fermeture de l’ECW et malgré un run en tant que champion des États-Unis, le personnage est et restera toujours un personnage de second plan. Il serait malhonnête toutefois de le qualifier de bouche-trou puisque ses récentes interviews et les RAW et Smackdown précédents ont montré une réelle volonté de la part du catcheur d’avoir son WrestleMania moment.

Sami Zayn à la place de Daniel Bryan

Mais il y a peu de doute, même si la rivalité n’a pas eu lieu, l’histoire de l’an dernier se répétera. Sami Zayn a le rôle qu’avait Daniel Bryan dans ce même match à WrestleMania 31, l’ultra-favori de la foule, sa victoire est quasiment assurée. Pas de doute non plus sur le spectacle qu’offrira le match, rempli de catcheurs capables de spots impressionnants.

Car oui si on assiste à un tel florilège de catcheurs, c’est bien à cause de ça. Ce festival de blessures n’a pas du tout aidé la WWE à construire un véritable build-up autour de son grand pay-per-view. Lorsque l’on voit que toutes les personnes ressorties champion de WrestleMania 31 ainsi que des personnalités telles que Bray Wyatt, Luke Harper ou encore Randy Orton seront absentes, la WWE vide les fonds de tiroirs afin de pouvoir tenir la route.

Même s’il est difficile de leur reprocher ça, pourquoi alors se coincer dans un match à plusieurs ? De plus, le titre des Etats-Unis a surfé sur une vague de popularité dès l’instant où John Cena a regagné le titre. Offrant sa chance à énormément de catcheurs, le titre des Etats-Unis a été vu comme un titre accessible à tous et auquel n’importe qui pouvait prétendre. Dommage donc qu’un match à plusieurs n’ait pas plutôt été prévu pour ce titre, au lieu de encore une fois foncer droit dans le mur en mettant Ryback dans un match solo.

En bref s’il faut retenir une leçon de tout ça, c’est qu’il aurait mieux fallu nous proposer un match efficace entre deux catcheurs basés sur une forte rivalité de longue date, plutôt que de glisser cinq autres catcheurs rapidement afin de contenter plus de monde, au risque de se priver d’une histoire forte et intéressante. Espérons que la rivalité reprennent un jour.

Auteur :
Manger. Dormir. Basher. Recommencer.