Blog

Longue vie à Jay Lethal

Salut les amis !

C’est difficile d’aborder un sujet relatif à Ring of Honor alors qu’on la représente. Mais quand cette idée de billet m’est venue à l’esprit, je l’ai trouvée irrésistible car il n’y a pas grand-chose que j’aime plus qu’écrire sur des coups de cœur. A part le vin rouge et le tartare de boeuf, peut-être.

Je suis un vieux réac’ du catch sur pas mal de points. Pas au point de Jim Cornette non-plus mais disons que j’aime tout ce qui est simple et efficace. Less is more, les copains, et un nombre réduit de catcheurs nord-américains luttant à moyenne ou à grande échelle médiatique semblent suivre ce credo. Le heel qui, pour moi, incarne le mieux cette idée et a su m’époustoufler grâce à une évolution fulgurante est bel et bien Jay Lethal.

Quand on parle des catcheurs US en vogue, on oublie assez souvent le champion mondial de ROH et c’est une erreur terrible. Son passé n’a pas toujours été hyper simple mais il toujours su tirer le meilleur de ce qu’on lui proposait. On se souvient tous aujourd’hui de Special K (clan qui a plus de 10 ans, maintenant) justement parce qu’il en était membre et qu’on le soupçonnait de valoir mieux que ça. On se remémore la période « Black Machismo » chez TNA avec un petit rictus mais malgré la réussite indéniable de ce gimmick, on savait tous, déjà à l’époque, qu’il ne rendait pas justice au très catcheur qui l’incarnait.

Jay Lethal ne m’a pas toujours fait rêver. C’est bien son dernier run chez ROH après son retour de TNA qui m’a ouvert les yeux. Ne le voyant pas particulièrement sortir du lot malgré ses capacités in-ring indéniables, son travail de babyface ne me transportait pas particulièrement. C’est là qu’il faut donner du crédit à Truth Martini, le performer le plus sous-estimé du catch américain aujourd’hui. Martini est un grand manager et son mariage avec le premier champion unifié de l’histoire de ROH est une idylle sans nuage. Lethal est rapidement devenu un grand heel et son règne de champion est mon préféré de l’histoire de la compagnie depuis celui de Bryan Danielson.

Lethal n’a rien de flashy. C’est un heel old-school arrogant, un peu lâche, conscient de son talent, un talker maintenant incontournable et surtout, SURTOUT, un heel qui sait prendre son temps. A l’instar des grands antagonistes historiques du catch comme Ric Flair ou Triple H, Lethal a trouvé une formule qui marche. De sa rivalité avec des brawlers renommés comme Jay Briscoe ou Roderick Strong, ses défenses contre AJ Styles ou des powerhouses comme Michael Elgin, elle s’adapte a absolument tous les styles. Lethal et son catch ont également su révéler de futures stars potentielles de la profession comme Hanson ou récemment Lio Rush qui sont tous les deux sortis grandis de leur match contre le champion quand on se demandait bien ce qu’ils allaient pouvoir nous montrer contre le mâle alpha de la promotion.

Le point que je viens d’évoquer est la marque des grands catcheurs. Mais si on suit ce raisonnement, est-ce que ça veut dire que Lethal est au bout de son parcours chez Ring Of Honor ? Les choses ont changé depuis que Samoa Joe a terminé son règne extraordinaire pour signer chez TNA, je n’ai pas besoin d’expliquer en quoi le paysage américain est différent à présent. Il n’a pas l’air d’être question pour Jay Lethal de rejoindre NXT ou WWE au sens large, et ma crainte est seulement que Lethal n’ait plus de réelle compétition au sein de cette compagnie à long terme tant il me semble au-dessus d’une bonne partie de ses collègues. Celui qui semble prêt à le détrôner serait Kyle O’Reilly, technicien et prodige du ring qui, en revanche, a été approché avec Bobby Fish par NXT et qui est loin d’avoir tout accompli chez Ring Of Honor. Que manque-t-il à Jay Lethal pour que WWE finisse par se pencher sur son cas ? Jay Lethal n’a que 31 ans et le ciel paraît être la limite quand je réfléchis à son travail et à ses facultés d’adaptation.

En ce qui me concerne, Ring Of Honor a enfin trouvé un nouveau visage et de ce point de vue, Jay Lethal n’a pas flanché d’un iota depuis que les Young Bucks s’imposent en haut des cartes de ses shows. Le catcheur fraîchement arrivé de JAPW en 2004 sous le nom de « Hydro » est aujourd’hui incontestablement un de mes catcheurs préférés. J’encourage tous les gens qui ne regardent que WWE à checker des combats de Jay Lethal, qui donne désormais l’impression de lutter comme un vétéran, pour une transition en douceur mais passionnante vers le produit de ROH à la direction nettement différente de celle de la promotion de Stamford.

Bref, ce fût un billet bref mais intense, et plein de subjectivité.

Longue vie à Jay Lethal !

Cliquez pour commenter

Les plus lus

En haut