WWE CWC

WWE Cruiserweight Classic : Review de l’épisode du 13 juillet

Mercredi la WWE diffusait le premier épisode de son tournoi poids-moyen, le Cruiserweight Classic.
tristan-archer-cwc © WWE

Après des mois d’attente, nous avons enfin pu voir dans la nuit de mercredi à jeudi sur le WWE Network le premier tour du Cruiserweight Classic. Un programme très différent de tout ce que la WWE nous offre, nous revenons sur les quatre matchs et cette approche particulière de présenter les poids moyens.

Les nouveautés

Une approche sport inspirée des Mixed Martial Arts : Une poignée de main au début, l’arbitre au milieu des deux catcheurs qui lève la main du vainqueur, c’est une influence MMA qui est donnée à ce tournoi comme le notait Mauro Ranallo. Les commentaires de ce dernier et Daniel Bryan, deux grands fans de la discipline, ne font que renforcer ce sentiment. Les deux commentateurs mentionnant régulièrement des aspects purement techniques comme les clashs de styles, les pertes de poids qui peuvent affecter les performances, les parties du corps impactées.

Personne pour nous parler de storylines, d’applications mobiles à vendre ou autre aspect commercial du produit principal. On a eu droit à des références à Misawa, Chris Hero, Okada et Super Crazy. Impensable de la part de Michale Cole ou Jerry Lawler.

Absence de storyline : Pas de segments backstage hormis les interviews post ou pré-match, simplement des packages vidéo pour présenter les catcheurs et Corey Graves expliquant le tableau et les conséquences des résultats. C’est à la manière d’un véritable sport de combat que ce Cruiserweight Classic est formaté. Cela fait très fortement penser aux tournois Pride Grand Prix au Japon au début des années 2000 pour la promotion de MMA Pride FC. Mauro Ranallo en était par ailleurs le commentateur, il n’y a pas de hasard.

À part une séparation naturelle heel/face inhérente au catch, la personnalité des catcheurs se fait dans le ring et de par leur travail entre les cordes. Au mieux, on peut penser que seuls les affrontements passés entre les lutteurs seront mentionnés pour raconter une histoire et donner du relief au combat. Par exemple Johnny Gargano contre Tomaso Ciampa, ou les éventuels Rich Swann contre Johnny Gargano, TJ Perkins contre Johnny Gargano ou Zach Sabre Jr contre Noam Dar. Si la WWE veut mentionner les storylines extérieures, il y a de quoi faire.

L’aspect graphique et sonore du show : ce sont des petites choses qui font un cocktail très rafraichissant. Le thème musical est rapide, puissant et rythmé, et donc colle à 100% à l’image que Triple H veut donner de la division cruiserweight. De plus, contrairement à NXT, la rampe d’entrée des catcheurs débouche vers un coin du ring comme au début de WCW Nitro. Les tons violets des lumières et du ring donnent un aspect particulier et spécifique à l’événement. Les caméras sont proches du ring, dont une au niveau de la corde la plus basse comme c’était le cas dans la fédération de MMA Pride, afin de pouvoir suivre l’action comme dans cela doit se faire dans un véritable sport.

1er match : Gran Metalik contre Alejandro Saez

Le premier match est l’exception qui confirme la règle car il s’agit d’une opposition entre deux luchadors ayant passé leur carrière au Mexique et au Japon sous les pseudonymes respectifs de Mascara Dorada et Xtra Large. Première observation, malgré la présentation sportive de l’événement, il y a quand même une dichotomie heel/face dans laquelle Alejandro Saez est clairement le méchant dans l’histoire.

Ce match était très agréable mais assez court. Le match commence par des moves de Saez visant à garder Metalik au sol. Ensuite, le Mexicain enchaîne avec des mouvements assez aériens comme par exemple un magnifique step-up dive vers l’extérieur du ring et son habituel ropewalk into a springboard standing dropkick. À noter l’excellent travail de Bryan et Ranallo aux commentaires qui discutent les effets des 13 kilos que Saez a perdu pour participer au tournoi.

Dans un moment assez incroyable, le chilien amène Metalik à l’extérieur avec un enzuigiri et envoie une Shooting Star Press du tablier vers l’extérieur qui enflamme les commentateurs qui hurlent « SHOOTING STAR PRESS » en stéréo. Moment très très cool. Saez enchaîne ensuite avec un Spiral Tap raté, ce qui permet à Grand Metalik de réaliser son Dorada Screwdriver (un Michinoku Driver) pour la victoire.

Vainqueur : Gran Metalik en 4:04

Gran Metalik rencontrera au prochain tour le vainqueur du match opposant Tajiri et Damian Slater.

2ème match : HoHo Lun contre Ariya Daivari

Daivari s’affirme directement en heel en refusant de serrer la main du représentant de Hong Kong. Comme on pouvait s’y attendre, Daivari est un lutteur très classique, utilisant sa taille et son avantage au niveau de la force pure pour garder HoHo Lun au sol avec des coups de genoux, des coups d’épaules et des coups d’avant-bras.

Lun revient dans la partie avec des très beaux kicks mais apparaît étonnement lent. En toute honnêteté Daivari apparaît mieux et plus expérimenté. Dans la séquence finale Daivari manque un frog splash et HoHo Lun enchaîne avec des kicks pour un compte de deux. Il finit par gagner le match avec une Bridging German Suplex. Certainement le match le moins impressionnant de la soirée en raison d’un finish très plat.

Vainqueur : HoHo Lun en 5:04

HoHo Lun affrontera au prochain tour le gagnant du combat entre Garv Sihra et Noam Dar.

3ème match : Clément Petiot contre Cedric Alexander

Notre compatriote Clément Petiot est clairement le heel de ce match en lançant des insanités au visage de Cédric Alexander dès la poignée de main. Très bon match dans lequel Clément a très bien joué son rôle de vilain. Après quelques spots à l’avantage de l’Américain, on a droit à une phase de domination du Français avec des coups de béliers, des souplesses et pas mal de trash-talk. Clément travaille très dur et rallie bien le public derrière Alexander.

Beau boulot du frenchy. Après une série assez sympa de contres des deux côtés, Clément arrache à moitié la tête de Cédric avec un discuss lariat qui aurait mérité un meilleur sort et un meilleur son pour donner plus d’impact. Malheureusement pour lui ça ne sera qu’un compte de deux et Alexander ensuite parvient à placer son Lumbar Check pour la victoire.

Vainqueur : Cedric Alexander en 5:59

Cedric Alexander n’aura pas à attendre longtemps pour connaitre son adversaire car il rencontrera le vainqueur du match suivant.

4ème match : Sean Maluta contre Kota Ibushi

Pas vraiment de heel ou de face dans ce match, mais la foule était massivement en faveur du Japonais. Il s’agit là du meilleur match de la soirée où Sean Maluta est apparu très très en forme. Après un début assez lent, le Samoan tente rapidement un frog splash qu’il rate. Excellent commentaire de Daniel Bryan qui fait remarquer qu’il était beaucoup trop tôt pour tenter ce genre de manœuvres à hauts risques. Ibushi enchaîne avec un missile dropkick pour un compte de deux.

Maluta revient avec un superbe codebreaker de la deuxième corde qui envoie Ibushi en dehors du ring. S’en suit un flip dive de Maluta qui aurait pu très très mal finir car il se prend le pied dans une corde si bien qu’on croirait voir un tope in to a 630 splash. Vraiment sympa malgré le botch. Maluta enchaîne ensuite avec ce qu’il sait très bien faire et ce sont les kicks, mais Ibushi répond de la même manière avec en point culminant un magnifique Pelé kick sur Maluta qui était assis sur le turnbuckle.

Le Samoan se retrouve en dehors du ring ce qui permet au Golden Star de placer son exceptionnel Moonsault de la deuxième corde vers l’extérieur. Une fois de retour dans le ring Maluta envoie un magnifique superkick sur Ibushi qui ravive Bryan et Ranallo comme jamais. Compte de deux et Sean enchaîne avec des kicks dans la figure auxquels Ibushi répond avec un high kick. S’en suit une magnifique Elevated Liger Bomb pour le compte de trois.

Vainqueur : Kota Ibushi en 9:40

On salive déjà à l’avance pour l’alléchant Ibushi contre Alexander qui arrive au tour suivant.

Un très bon premier épisode qui pose bien les bases du show. Les matchs étaient techniquement bons sans être exceptionnels avec un très bon main-event. Il est normal de penser que le niveau montera en puissance à partir du prochain tour — attention à un Gargano contre Ciampa qui sera surement excellent pour le dernier match du premier tour — avec des affrontements qui s’annoncent excellents comme Ibushi contre Alexander ou des éventuels Gargano/Ciampa contre TJ Perkins ou Zach Sabre Jr qui affrontera probablement Drew Gulak.

La seule chose qu’on peut espérer est que les prochains tours auront un peu plus de temps par combat, car quatre ou cinq minutes c’est très peu pour certains lutteurs comme Alejandro Saez ou Clément Petiot qu’on a envie de revoir dans un ring de la WWE.

Auteur :