SummerSlam

WWE Summerslam 2016 : Dolph Ziggler, l’outsider parfait de Dean Ambrose

Ce dimanche Dean Ambrose défendra son titre contre un challenger qu'on n'avait plus l'habitude de voir à ce niveau de la carte : Dolph Ziggler. Une énorme remontée pour le catcheur qui a été laissé de côté trop longtemps.
ziggler-ambrose-sd © WWE

Depuis le Brand Split, on ne peut pas dire que tout soit parfait dans chaque show, loin de là, mais de chaque côté on décèle des points de contentement. Ce qui tombe très bien pour SmackDown, c’est que le point de contentement principal tourne autour du titre de la WWE et s’appelle Dolph Ziggler. Dans un roster qui promettait du challenge, des opportunités pour des lutteurs qui n’en ont pas forcément, Dolph Ziggler était un peu l’incarnation de ce que disait Daniel Bryan.

Et pourtant, la rivalité n’a pas été tout à fait évidente à construire. On sait que Dean Ambrose n’est pas gêné par les oppositions entre favoris de la foule et que par son personnage, il peut se permettre quelques coups à son challenger. La question était plutôt de savoir quelle serait la réaction de Dolph Ziggler. Loin du main-event depuis l’après-Survivor Series 2014, le Show-off commençait sérieusement à être mis de côté, notamment avec cette rivalité face à Baron Corbin où il a perdu la majorité des matchs.

Cette réaction de Ziggler, elle a eu lieu en plusieurs temps, par des victoires face à Bray Wyatt qui essayait de s’incruster dans le match pour le titre, mais aussi dans l’agression faite par le champion Dean Ambrose, après un match par équipe remporté par le champion et son challenger face à la Wyatt Family. La semaine suivante, lors du Miz TV, Ziggler donne un superkick après un long discours sur son envie de prendre le titre de Dean Ambrose.

Une rivalité progressive en terme d’intensité

C’est toute la réussite de la gestion du temps du côté de SmackDown. La ceinture est déjà en place et son champion sort d’une grosse défense de titre à Battleground, sa légitimité n’est donc pas vraiment à remettre en question et on peut dire que le personnage de Dean Ambrose a plutôt stagné —  ce qui n’est pas une mauvaise chose puisqu’il est en position de force — lorsque celui de Dolph Ziggler était le plus important à faire évoluer.

Ce n’est donc pas étonnant que Dean Ambrose ait été au second plan dans un premier temps, il n’y avait pas vraiment de grande raison de s’affoler, Ziggler n’était pas une menace plus grande que cela et la première confrontation verbale s’est d’ailleurs terminée par Dean Ambrose, quittant le ring, alors que Ziggler venait de lui dire qu’il allait prendre le titre.

C’est à partir du moment où Bray Wyatt s’est impliqué dans la rivalité que les choses ont changé. Apportant une première victoire à Ziggler, Bray s’est ensuite mis à perturber les deux opposants ce qui engendra le premier coup porté par Dolph Ziggler sur le champion par un Superkick involontaire, alors qu’il visait Bray Wyatt. Alors qu’il venait de remportait leur tag team match face à Erick Rowan et Bray Wyatt, Dean Ambrose répond en portant son Dirty Deeds.

Le point culminant arrive lors du dernier SmackDown où Ziggler applique ce superkick en expliquant une nouvelle fois que malgré son statut d’underdog ultime en coulisses, cette fois, c’est la bonne, et que c’est un nouveau Ziggler qui arrivera à SummerSlam. Une construction parfaite puisque beaucoup de monde envisage ce qui paraissait assez peu probable au début de la rivalité, une victoire de Dolph Ziggler.

La victoire de Dolph Ziggler, principal enjeu du match ?

Cette potentielle victoire, c’est l’espoir d’un premier règne accompli de champion de la WWE pour Dolph Ziggler. Car lorsque l’on regarde ses deux règnes de champions du monde, le premier a été très court et sans victoire – le titre lui avait été donné par Vickie Guerrero en l’enlevant des mains de Edge — et le second a été terni par une commotion cérébrale malgré un cash-in qui restera probablement comme l’un des plus grands mark moment d’un public de RAW.

L’enjeu peut-être là, créer un nouvel élan pour Dolph Ziggler en interrompant le règne de Dean Ambrose, qui aura eu le mérite de conclure l’histoire du Shield en l’emportant sur ses deux anciens camarades. Un règne court, mais pas dénué de sens pour l’underdog qui peut toujours le récupérer plus tard. L’histoire de ce SummerSlam, ça peut-être celle de la fin d’un upcarder qui a loupé plusieurs fois l’occasion de faire partie de la cour des grands, l’avènement d’un outsider éternel.

L’essentiel est là, mais l’enjeu du match est aussi dans un aspect plus extérieur. Loin de l’enjeu entre les catcheurs, il y a celui de la place de ce match dans la carte. Avant ou après le titre de RAW ? Avant ou après Brock Lesnar ? Si l’on imagine mal ce match être le main-event de la soirée — malgré le fait qu’il concerne deux catcheurs aimés par la foule, il serait avisé de ne pas mettre ce match en trop mauvaise posture. Quand on a mis en avant le titre de la WWE comme celui qui représentait le visage de la compagnie, le mettre à une place bâtarde dans la carte serait malvenu.

Hors de question de le voir également en opener, ce qui serait déjà reléguer la ceinture à un statut secondaire, celui pour faire se chauffer la foule avec un enjeu certes élevé, mais placé bien trop rapidement quand le match est sensé être un des « main-events » de la soirée. Plus probablement, on risque de voir ce match dans la troisième heure de SummerSlam si le match entre Brock Lesnar et Randy Orton est vraiment considéré comme le main-event de la soirée. Si, par surprise, le titre de la WWE fait le main-event, cela augmentera la portée du match et la victoire de Dean Ambrose ou Dolph Ziggler.

Finir SummerSlam sur une victoire de Dolph Ziggler, ce serait une fin avec un message encore plus fort, qui marquerait le spectateur et donnerait un élan supplémentaire au Show-Off pour se relancer lui mais aussi SmackDown en général.

Un challenge à la hauteur des deux hommes

Le point final, ce sera la qualité du match. On l’a vu, récemment, Dean Ambrose n’est pas vraiment le plus marquant dans le ring quand il est en un contre un. Il manque souvent de rythme et a un peu de mal avec des adversaires qui vont dans son style. Ici, Dolph Ziggler est capable de jouer sur différentes plates-bandes que le champion. La qualité du match influera énormément sur la réaction du public au résultat final. C’est un peu le même enjeu que pour le titre Universal à RAW.

Même si la rivalité a été mieux gérée à SmackDown, il faut souligner qu’elle n’en reste pas moins très courte et que pareillement au match entre Finn Bálor et Seth Rollins, c’est le match en lui-même qui va réellement nous donner une raison d’aimer ou non cette rivalité. Si l’affrontement ne vaut pas le coup, les deux catcheurs n’auront pas énormément de soutien par la suite pour continuer l’opposition.

On sent toutefois que les deux hommes ont envie de créer quelque chose ensemble. Il serait assez surprenant que les deux ne s’entende pas sur le ring et même si Dolph Ziggler est expérimenté, il campe très rarement un seul type de match et s’adapte énormément à son adversaire. Son selling, moins mis en avant, pourrait aussi être une part essentiel du match. Ziggler est un catcheur qui met énormément en avant son opposant et cela devrait permettre de voir un bel échange entre les deux hommes.

Bien plus important en terme de portée que le match pour le titre Universal, le main-event de SmackDown a plusieurs objectifs. Il faut affirmer la crédibilité de Dolph Ziggler tout en gardant celle d’Ambrose, offrir un match qui justifiera la place donnée dans la carte ou qui donnera envie de placer les matchs de SmackDown à une plus haute marche et enfin il faut tout simplement une opposition de qualité entre deux catcheurs qui, s’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, auront la foule dans leur poche.

Pierre D.
Auteur :
Analyse de pay-per-view, décryptage. Lieutenant de VoxCatch.