SummerSlam

Brock Lesnar est une mauvaise publicité pour la WWE

lesnar-summerslam © WWE
Dans le main-event de SummerSlam, Brock Lesnar est allé très loin. Beaucoup trop loin. Un événement qui démontre que le catcheur et combattant de MMA est une très mauvais publicité pour la WWE.

SummerSlam 2016 s’est terminé sur une note très désagréable. Le main-event de cette soirée interminable voyait Brock Lesnar affronter Randy Orton. Le match n’avait rien d’intéressant sur le papier, on s’attendait plutôt à un match de quinze à vingt minutes sans grand moment, et on aurait préféré qu’il en soit ainsi.

Malheureusement c’est un spectacle bien plus affligeant qui nous a été offert. Le début du match était plutôt pas mal, les deux catcheurs s’envoyaient déjà leurs signature moves mais à ce moment l’action restait intéressante, rien ne laissait présager la suite. C’est au moment où les deux catcheurs remontent sur le ring que les choses deviennent graves. Randy Orton est au sol et Brock Lesnar en profite pour envoyer plusieurs coups de poing à son adversaire, puis enchaîne avec des coups de coude bien trop réels pour que le combat soit encore considéré comme un match de catch.

Le match dérape à ce moment : après un coup de coude dans le front Randy Orton tourne la tête et se tient le front, quelques secondes plus tard alors que l’arbitre s’approche pour observer, Orton retire sa main et le sang coule et il n’y a rien de faux. Du sang dans un match de catch de la WWE, ce n’est pas rare mais pas en cette quantité assez surprenante. La quantité de sang est surtout expliquée par le fait que le front et le cuir chevelu sont des régions très vascularisées et saignent énormément en cas de blessure. Randy Orton baigne littéralement dans son sang et a une énorme entaille sur le haut du front. Un médecin monte sur le ring pour tenter de stopper le saignement et permettre au match de continuer mais en vain, Randy Orton est sonné et n’est même plus en mesure de se battre.

Une fin aux allures totalement improvisées

La suite semble alors totalement improvisée : alors qu’en temps normal en cas de blessure grave, l’arbitre fait un signe « X » avec les bras pour stopper le match comme ce fut le cas récemment pour Enzo Amore à Payback, l’un des arbitres va annoncer à la speakeuse du soir, JoJo, que Brock Lesnar est déclaré vainqueur par TKO. Normalement tout aurait dû s’arrêter là, Randy Orton aurait été ramené en coulisse pour se faire soigner et le pay-per-view se serait terminé prématurément, mais cela n’aurait rien d’anormal. Malheureusement c’est mal connaître Brock Lesnar qui retourne s’attaquer à Randy Orton et lui assène encore quelques coups de poing, la scène se répète plusieurs fois et est très dérangeante.

Randy Orton ne simule absolument pas la blessure et doit être pris en charge rapidement. Shane McMahon est envoyé ensuite pour s’interposer sans succès et prend un F-5, un petit passage qui sème le doute sur la réalité de la fin de ce match mais qui en réfléchissant bien a tout aussi bien pu être improvisé. On n’entend jamais ce que se disent deux personnes dans un ring, sauf si c’est John Cena. Mais la scène qui s’est déroulée hier soir sous nos yeux pose un énorme problème.

On ne sait pas encore quelques heures plus tard ce qui était prévu ou pas dans ce match et le segment qui l’a suivi. D’un côté on peut se dire que Brock Lesnar retourne s’attaquer à Randy Orton alors entre les mains d’un médecin « parce que c’était prévu », mais de l’autre on sait très bien comment fonctionne Brock Lesnar, qu’il va en général toujours trop loin. Réel ou pas, c’est allé beaucoup trop loin. Jamais dans un show de catch de la WWE nous n’avons besoin de voir un catcheur terminer inanimé ou en sang comme ce fut le cas hier soir pour le trouver génial. NXT TakeOver : Brooklyn II la veille en est un parfait exemple.

Un Brock Lesnar habitué à dépasser les limites

Cette scène n’est malheureusement pas le seul argument qui va à son encontre. Cela fait déjà quatre ans que Brock Lesnar a fait son retour à la WWE en venant catcher uniquement dans les grands événements. Ceux qui suivaient la WWE à l’époque se souviennent: son premier adversaire à son retour en 2012 était John Cena, qui venait d’en finir avec The Rock à WrestleMania 28. John Cena et Brock Lesnar s’étaient affrontés à Extreme Rules. La scène est exactement la même que ce dimanche à SummerSlam, dès les premières minutes du match Lesnar se rue sur John Cena et les coups sont violents, bien plus que nécessaire dans un match de catch et la topstar termine le haut du front ouvert.

Le problème c’est que Brock Lesnar traîne déjà beaucoup de casseroles. Pas plus tard que cet été le catcheur et combattant en MMA a été épinglé par l’USADA, l’agence de contrôle anti-dopage américaine pour plusieurs tests révélés positifs avant, pendant et après son combat à UFC 200 en juillet dernier et n’a pas du tout été sanctionné. Ni par l’UFC et encore moins par la WWE qui normalement écarte ses catcheurs pour une durée de 30 jours minimum à chaque infraction à la Wellness Policy. Brock Lesnar est un part-timer et ne tombe visiblement pas sous le coup de ce règlement pourtant important.

Quand on sait que Roman Reigns, Alberto Del Rio, Paige et Eva Marie ont été suspendus ces deux derniers mois — et qu’il est bien possible que d’autres catcheurs et catcheuses de la WWE subissent le même sort ces prochaines semaines à cause de l’Adderall — et que de son côté Brock Lesnar s’en sort sans aucune sanction, il y a de quoi s’indigner. Brock Lesnar fait office de mauvaise pub pour la WWE.

Lesnar, le cynisme de Vince McMahon fait homme

Des controverses dans lesquelles Brock Lesnar est impliqué on peut en lister beaucoup. D’une sortie homophobe en 2004 envers un journaliste d’ESPN jusqu’à une condamnation pour une chasse illégale au Canada en 2011, en passant par quelques accrochages en coulisse à la WWE avec Vince McMahon lui-même dont l’un avait notamment vu Lesnar alors champion de la WWE à cette époque refuser d’apparaître à RAW, la liste est longue. D’autres ont été écartés pour beaucoup moins que ça.

Brock Lesnar représente complètement le cynisme de Vince McMahon : c’est une énorme star de par son succès à l’UFC, mais controversé suite à une affaire de dopage, incontrôlable au point de blesser dangereusement ses adversaires sur le ring, et doté d’un ego qui a pris la forme d’un contrat de Superstar de la WWE qui lui assure à peu près tout ce qu’il demande et qui le laisse travailler comme il le souhaite, ou ne pas travailler du tout d’ailleurs, comme le racontait Dean Ambrose récemment à propos de son match à WrestleMania 32. Mais comme il semble rapporter beaucoup d’argent à la compagnie, peu importe si cela pose des problèmes, Vince McMahon fait appel à lui pour ses gros événements.

Le débat sur ce qui était réel ou pas ce dimanche soir est loin d’être terminé et l’on devrait en savoir plus ces prochains jours, mais peu importe : que ce soit réel ou pas c’est allé beaucoup trop loin. Brock Lesnar est une mauvaise pub pour la WWE qui pourrait bien s’en passer. Le reste de SummerSlam le prouve. Le show n’aurait pas été mauvais sans ce main-event, bien au contraire.

Darren Fog
Auteur :
Fondateur et rédac-chef de VoxCatch.
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